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À fleur de peau d’Asakura George

Je reviens avec probablement l’un des meilleurs shojos publiés actuellement aussi bien scénaristiquement qu’esthétiquement !

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Titre : À fleur de peau

Auteur : Asakura George

Années de parution vf : 2010-2017

Editeur vf : Delcourt

Nb de tomes vf : 17 ( série terminée)

Résumé du tome 1  : À douze ans, Natsume, jeune fille populaire et un brin superficielle, quitte Tokyo – contrainte et forcée – ainsi que son travail de jeune mannequin pour suivre ses parents à la campagne. D’abord déprimée, elle finit par faire la connaissance de Kôichiro, un garçon envoûtant qu’entoure une aura de mystères. A son contact, elle commence à prendre conscience de sa propre singularité. Mais tandis que Natsume est subjuguée par son camarade, celui-ci l’ignore superbement devant les autres. Bien décidée à ne pas rester dans l’ombre, elle fera tout pour reconquérir la position de leader qu’elle avait autrefois. Débute alors une étrange parade, mêlant séduction et domination, entre ces deux êtres à fleur de peau…

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Mes avis :

Tome 07
L’un des meilleurs volumes de la série qui est LE shojo du moment pour moi. Une Natsume touchante qui se rapproche d’Ôtomo pour se reconstruire et s’éloigner de Kô qui semble se détruire peu à peu… Une adolescence entre doute, douleur, et lueur d’espoir.

Tome 08
Encore un tome magnifique avec un chapitre d’ouverture magistral sur la naissance et la mort d’une amitié. Une douce mélancolie en ressort. Puis la vie reprend et certains sentiments semblent se réveiller chez Natsume. Sa peur d’avancer est poignante. Quelle joie de voir Otomo si présent !

Tome 09
Une couverture magnifique qui illustre parfaitement ce tome. Natsume essaie de s’assumer et d’assumer ses sentiments pour avancer. Au détour des pages, on voit comment Ôtomo y contribue, et elle le réalise aussi. Les plans sur leurs pieds à chaque fin de chapitre l’illustrent subtilement. Que d’émotions !

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Tome 10
Encore un très beau volume, où on voit bien que même si l’amour y fait beaucoup, il en faut plus pour se relever après un traumatisme comme celui qu’a subi Natsume. C’est intéressant de voir le tournant que prend sa vie et le retour annoncé de Kô promet. Quant à la fin, elle fait froid dans le dos

Tome 11
Un vrai plaisir de retrouver cette saga, avec un tome qui rompt avec les autres puisqu’il est centré exclusivement sur Kô et son cousin, et qu’il se passe en parallèle avec les précédents. C’est agréable de découvrir Kô sous cet angle, ça nous le rend plus sympathique et on le comprend mieux.

Tome 12
J’ai beaucoup de mal à dire si j’ai aimé ou pas ce tome. Je trouve que l’auteur maîtrise à merveille son propos, mais j’ai un sentiment de malaise assez désagréable, à l’image de la couverture où l’on voit une Natsume dans un demi-sommeil glaçant. Les répercussions de son agression sont toujours palpables et Natsume finalement n’en est toujours pas sortie.  Bref, je me demande où l’on va.

Tome 13
Un tome un peu particulier encore où on découvre une nouvelle Kana, une Kana psychotique qui fait souvent froid dans le dos et qu’on n’aimerait pas avoir comme ennemis. Elle amorce ainsi un nouveau tournant dans l’histoire probablement le dernier et que j’appréhende pas mal tant j’ai peur de ce qu’elle risque de faire à Natsume même si j’espère me tromper. Et sinon, c’est toujours aussi beau !

tumblr_mi74ddWtsV1s3eklfo1_500 Tome 14

Intense ! Voilà le premier mot qui me vient pour parler de ce tome. Il marque clairement une coupure dans la série et probablement le début de la dernière partie. Dans un premier temps, j’ai vraiment été rebutée, voire révoltée et écoeurée face ce qu’il se passait. Kô et Natsume se retrouvent mais celui-ci utilise un moyen vraiment pervers et sordide pour cela, en la faisant chanter grâce à des photos d’elle, nue. Aussi bien l’horreur de la situation avec un Kô complètement fou et perdu, que la passivité de Natsume face à tout cela, m’ont vraiment énervée. ça m’a soulevé le coeur par moment et remué beaucoup de choses en moi, ce qui prouve le talent de l’auteur. La noirceur dans laquelle vivent ces deux personnages est tragique. Comme le dit Natsume, ils sont restés coincés dans le temps qui suit l’agression qu’elle a subi autrefois, et ils sont englués là-dedans n’arrivant pas à s’en sortir. Elle montre finalement que sa relation avec Otomo n’a rien changé pour elle au fond. Et pauvre Otomo qui a pourtant tout fait pour elle, mais qui se retrouve encore blessé cruellement ici. Natsume me fait vraiment de la peine, à subir son passé, à être bloquée, à se détester ainsi, alors que je pensais qu’elle avait surmonté tout ça. Le désespoir de Kô qu’on sent à la fin du tome m’a fait mal aussi. J’ai vraiment peur pour lui. Et je vois mal comment ils pourront s’en sortir sans le faire tous les deux ensemble. Dans ce tome, une fois de plus, les dessins et la mise en page sont sublimes. La profondeur des noirs est à l’unisson des sentiments des personnages. Et la narration est toujours aussi bien maitrisée, de même que la mise en page toujours aussi originale et vive. Cette série met mal à l’aise, elle remue en nous des choses cachées, ce qui est la marque d’une grande série !

Tome 15

Avec ce nouveau tome, on reste un peu sur la donne du précédent et on approfondit les tenants et les aboutissants des changements qui s’opèrent en Kô. Malheureusement, du coup, Otomo disparait complètement de l’histoire, et Natsume est un peu en retrait. C’est dommage parce qu’on sent clairement qu’elle commence à changer dans les premières pages. Après, ça ne veut pas forcément dire qu’elle sort complètement du marasme dans lequel elle est. Elle est encore beaucoup trop passive dans sa relation avec Kô. Elle tente bien parfois de prendre les rênes, pour l’entraîner avec elle vers la lumière et sortir de cet engrenage de violence dans lequel il est pris, mais cela reste lettre morte. En effet, Kô a l’impression de ne pas pouvoir vivre en dehors de ce lieu qu’il a toujours connu. Comme si le quitter, signifiait sa mort. Leur relation est vraiment très complexe, entre interdépendance, pansement de plaies, recherche de la lumière et attachement pervers et narcissique. C’est vraiment étrange et dérangeant même. Natsume semble avancer et tourner le dos à son passé (sauf la partie avec Kô bien sûr). Elle a trouvé ce qui lui plaît, ce qui la fait vibrer. Mais Kô, lui, a du mal à faire la même chose. Il tente de s’accrocher à elle pour ça, mais n’y arrive pas. Il retombe continuellement dans ce monde de violence qu’il a toujours connu. Il est d’ailleurs intéressant de voir dans ce tome sa relation avec son cousin, Ôji. Celui-ci est devenu complètement fou et aimerait que Kô le soit aussi. Il ne supporte pas de le voir s’éloigner et changer. Il fait vraiment froid dans le dos avec ses accès de violence et de folie. L’apothéose avec l’incendie est frappant. On voit alors clairement lequel des deux, entre Ôji et Kô, est vraiment le plus sain d’esprit. Mais en même temps, quand on voit les familles dans lesquelles ils ont grandi, on les comprend bien. Ses familles complètement défaillantes et dérangeantes me rappellent certaines des vieux titres sociaux de Tezuka. Du coup, cela donne encore une ambiance très sombre et glauque dans ce tome. Les décisions de chacun étant souvent bien dérangeantes. Malgré les tentatives d’atteindre la lumière qui se glissent parfois, on retombe toujours dans la noirceur, ce qui se voit énormément dans la composition des pages. En début de série, elles étaient lumineuses, maintenant elles sont très sombres et donnent une impression d’enfermement. Je me demande toujours si Kô et Natsume vont finalement s’en sortir. La fin du tome me fait craindre que non…

Tome 16

Effectivement comme je le pressentais cette suite reste vraiment sombre. J’ai eu beaucoup de mal avec un début un peu trop chaotique à mon goût. Les choix de Natsume ne m’ont pas toujours plu, elle reste encore beaucoup trop soumise et elle pardonne trop facilement à Kô. Autant l’auteur a bien su montrer combien Kana idolâtrait Kô, ce qui la fait peu à peu tomber dans une certaine folie. Autant, elle n’a pas bien su montrer ce côté idolâtre chez Natsume à part dans son enfance. Ici, on ne comprend pas bien qu’elle en soit encore là. Leur relation est donc très bancale surtout que Kô fait vraiment n’importe quoi après nous avoir fait croire qu’il allait se reprendre. Et c’est justement, le côté très répétitif de leur relation qui m’a agacée ici. Ils avancent toujours pour mieux reculer et en font des caisses ensuite. Heureusement, le dernier tiers est bien meilleur avec un Kô qui renoue avec ses origines. On en vient enfin à parler de la source de leur problème : l’agression subie par Natsume il y a des années et on sent que chacun cherche à la surmonter avec cette promesse lors du Festival des Feux. Malheureusement, il fallait bien qu’il y ait un drame et on l’a d’ailleurs bien senti venir. L’auteur fait se répéter l’agression de Natsume en nous faisant espérer un meilleur dénuement puisque cette fois aucun d’entre eux n’aura été impuissant, mais au contraire se sera battu. La violence et l’horreur dégagées par ce moment me gênent tout de même, même si c’est logique pour l’auteur d’en arriver là. Je suis quand même triste de voir Kô sombrer à nouveau dans la noirceur alors que les quelques instants où on l’avait vu à nouveau briller étaient lumineux. J’espère donc que le prochain tome s’annonce moins noir et au passage, je ne remercie pas Delcourt qui nous promet une sortie pour juin 2017 après un final aussi frustrant, c’est un peu se moquer du monde !

Tome 17

Après toutes ces années, c’est avec une certaine tristesse et un peu une boule au ventre que je referme ce dernier tome qui est sorti plus vite que prévu finalement (mars 2017). Je remercie déjà énormément Delcourt d’avoir publié la série jusqu’au bout alors que je me doute bien qu’elle ne devait plus trop bien se vendre. C’est pourtant dommage parce que c’est l’un des plus beaux et plus forts titres que j’ai pu lire ces dernières années. J’aurais été fan du trait de George Asakura jusqu’à la fin de la série. Elle a su créer un style vraiment marquant et j’ai encore en tête des doubles pages magiques que j’ai pourtant lues il y a des années, c’est dire.

Avec A fleur de peau, c’était un peu quitte ou double, on aime ou on déteste cette histoire. Il y avait une ambiance très forte, très prenante, limite sordide et angoissante parfois mais très intense et passionnante. L’histoire de Kô et Natsume est dérangeante, obsessionnelle et donc forcément particulière. Je sais que certains n’ont pas aimé la tournure complètement abracadabrantesque qu’elle a pu prendre, mais je suis restée fidèle. J’aime depuis le début la force des personnages, leur passion pour la vie et leur côté extrémiste et destructeur ; et j’ai aimé aussi la force de l’histoire qui part d’une banale romance pour se transformer en quelque chose de bien plus profond et puissant.

Dans ce dernier tome, j’ai d’abord eu l’impression de me tromper de série avec le premier chapitre, comme si, comme Natsume, je faisais un rêve éveillé dans un monde parallèle. J’ai senti une boule s’installer peu à peu dans ma gorge au fur et à mesure où je sentais le voile glisser pour révéler ce que ça cachait. L’émotion qu’il y avait derrière, avec ce qui était arrivé encore une fois à Kô, mais surtout à Kana, était très puissante. J’ai enfin réussi à comprendre et à apprécier ce personnage si particulier qui vit dans l’ombre des deux héros. Par la suite, c’est vraiment leur relation à tous les trois qu’on décortique à nouveau et on voit comment ils sont un moteur les uns pour les autres. Mais bien sûr, le plus gros est l’histoire entre Natsume et Kô. Elle est bien plus apaisée ici malgré les événements dramatiques qui l’ont peuplée. On sent vraiment que l’ombre qui planait sur eux s’est levée. On voit Natsume revivre et Kô essayer dans une moindre mesure. George Asakura nous offre même la chance de revoir l’ensemble des personnages qui ont marqué la série. Je suis peut-être juste un peu déçue de voir que l’auteure n’a pas trop su quoi faire d’Otomo alors que j’ai adoré ce personnage et qu’il avait un vrai intérêt dans le titre, pas juste à cause de sa relation avec Natsume.

Par contre, j’ai aimé son message dans le dernier chapitre où elle montre que chacun d’eux peut avancer sans l’autre, peut s’en sortir dans la vie, peut être heureux et que la séparation n’est pas une fin en soit. J’ai vraiment trouvé les dernières pages avec les retrouvailles avant leur nouvelle séparation très belles et puissantes. Elles concluent bien l’histoire aussi bien pour Kana que pour Kô et Natsume. Je pense que cette oeuvre restera longtemps dans ma mémoire et j’aimerais un jour lire un nouveau titre de l’auteure en France.

Ma note globale : 17 / 20

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2 commentaires sur “À fleur de peau d’Asakura George

  1. Un mangas faisant définitivement parti de mon top 5 ! Je trouve les dessins magnifiques et vraiment particuliers, je comprends les gens qui n’y adhèrent pas ^^.
    L’histoire est pleine de charmes et de poésie, je relis les tomes dès que j’en ai l’occasion ! Je n’ai pas encore lu les deux derniers qui sont sortis mais je suis impatiente de les acheter et de connaître la conclusion de cette saga fantastique et vu ta note, ça doit valoir le coup **

    Aimé par 1 personne

    1. Effectivement, je trouve que ça vaut clairement le coup même si je trouve que le retour de Natsume vers Kô n’a pas été très bien fait et que ça donne un côté très malsain à leur relation qui est dur à oublier. J’aime quand même beaucoup la force de leurs sentiments ! J’espère que la fin te plaira autant qu’à moi ^^

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