Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Kasane : La voleuse de visage de Daruma Matsuura

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Titre : Kasane, la voleuse de visage

Auteur : Daruma Matsuura

Editeur : Ki-Oon (seinen)

Année de parution vf : Depuis 2016

Nb de tomes vf : 9 (en cours)

Résumé du tome 1 : Kasane est une fillette au visage repoussant, presque difforme, régulièrement insultée et maltraitée par ses camarades de classe. Sa mère, actrice de premier plan célèbre pour son immense beauté, lui a laissé pour seul souvenir un tube de rouge à lèvres et une consigne mystérieuse : “Si un jour ta vie devient trop insupportable, maquille tes lèvres, approche l’objet de ta convoitise et embrasse-le.”
Quand, au bord du désespoir, Kasane s’exécute, elle fait une découverte incroyable : le rouge à lèvres légué par sa mère lui permet de s’approprier le visage de ses victimes ! À la fois malédiction et bénédiction, cet héritage va offrir à la jeune femme un avenir auquel elle n’osait rêver jusqu’alors…

Mes avis :

Tome 1

Voici un titre assez particulier aussi bien du côté des dessins, de la mise en page que de l’histoire.

J’ai trouvé la couverture très belle et je pensais trouver les dessins à l’intérieur à l’avenant, mais je suis un peu déçue. Le titre fait vraiment très seinen alors qu’au départ sans m’être renseignée je pensais trouver un josei déguisé en seinen, la déception s’en ressent. Le découpage et la mise en page sont classiques. Ils n’ont rien d’exceptionnel et ne m’emballent pas, cela manque d’envergure, dommage. Les dessins sont assez fades et les décors quasi inexistants.

L’histoire est dérangeante mais intéressante. L’idée de créer en quelque sorte un sortilège pour permettre à une fille laide mais douée pour le théâtre de voler le visage des jeunes premières pour sublimer leur jeu est bonne, mais ce n’est pas très bien amené. Au final, on ne voit jamais vraiment la laideur de Kasane, c’est surtout sa folie qui marque. Pourquoi d’ailleurs faut-il qu’en plus d’être moche, elle soit folle ? Cela manque de subtilité. L’avancement de l’histoire est assez classique aussi. Elle découvre le pouvoir de sa mère, le teste étant enfant et a une mauvaise expérience. Elle ne le re-teste donc pas avant plusieurs années et cela se passe mieux. Bien sûr, elle se fait remarquer par une ancienne connaissance de sa mère qui va vouloir se servir d’elle maintenant. Rien de bien palpitant pour le moment. On se demande juste à qui sa mère avait pris son visage et comment elle faisait pour le conserver.

Ce qui pourrait vraiment être intéressant, c’est la réflexion sur le talent et la beauté. Ne peut-on avoir l’un sans l’autre ? Et comment réussir quand on n’a que l’un des deux ? Mais je ne suis pas sûre que l’auteur pousse vraiment la réflexion jusque là. J’ai peur qu’il reste trop en surface comme c’est le cas dans les relations de Kasane avec ses camarades. Pour l’instant, elle a juste l’image d’une fille laide, renfermée, qui ne fait aucun effort pour s’intégrer.

Ce titre a un petit quelque chose de Conductor qui était sorti chez le même éditeur mais en moins beau et moins abouti pour le moment. J’espère que ça va s’améliorer sinon la série ne va pas faire long feu pour moi.

Tome 2

Un an plus tard, je redonne finalement sa chance au titre et je reviens en partie sur mon jugement. J’ai trouvé ce tome 2 bien mieux construit. L’histoire démarre vraiment ici avec la premier « hôte » de Kasane. La relation d’amour/haine et de co-dépendance entre les deux est très intéressante et bien décrite. J’ai aimé voir les premiers pas de Kasane sur scène avec son nouveau visage. J’ai aimé la voir petit à petit sortir de sa coquille, trouver quelqu’un qui semble voir au-delà de son nouveau beau visage. Mais surtout, j’ai aimé l’inéluctable moment où tout se casse la figure parce que son hôte est jalouse de son succès. Le talent de Kasane ainsi que sa détresse parce qu’elle ne peut l’exprimer qu’en volant la vie d’une autre est criant. L’idée de faire de son hôte une jeune femme victime d’une maladie qui l’oblige à dormir pendant de longues périodes est bien trouvée et justifie du coup leur relation même si celle-ci devient de plus en plus malsaine au fur et à mesure parce qu’au final son hôte n’est pas aussi talentueuse qu’elle. C’est dérangeant mais plein d’émotions aussi. Je vais continuer encore un peu l’aventure.

Tome 3

Je confirme que la série a pris une bien meilleure direction que je le croyais dans le tome 1. J’ai encore pris beaucoup de plaisir dans ce tome où Kasane endosse pleinement le rôle de Nina après un dénouement tragique de leur relation. Celle-ci était tellement malsaine qu’elle ne pouvait que se terminer ainsi, je ne suis pas surprise. L’auteur nous livre un vrai drame shakespearien à chaque chapitre puisque après la chute de Nina, nous avons droit à la crise de remords de Kasane. Ceux-ci la rendent d’autant plus humaine et montre peu à peu ce que cachait sa folie. J’aime énormément la voir dévoiler toute la richesse de son caractère. L’importance que sa mère revêt pour elle est criant dans la seconde partie de ce tome et j’ai aimé la façon dont l’auteur met en scène sa nouvelle vie pour la faire se détacher de ce personnage tutélaire. C’est tordu et puissant à la fois. Je suis aussi sous le charme de son nouveau compagnon de scène et j’espère qu’on le reverra. Il semble, lui aussi, voir derrière le masque et sait la pousser dans ses retranchements pour qu’elle donne tout.

Tome 4

Ici, l’auteure a choisi de faire basculer son histoire en introduisant un nouveau personnage assez inattendu : la demi-soeur de Kasane. On en apprend ainsi un peu plus sur la mère de Kasane et sur celle à qui elle avait volé le visage. C’est vraiment passionnant même si c’est aussi très sombre et franchement glauque. La vie que Nogiku a connu est juste horrible et j’en ai vraiment frissonné d’horreur. Par contre, j’aime beaucoup ce qu’elle ajoute à l’histoire. Tout le parallèle entre sa vie et celle de sa soeur, et leur façon diamétralement opposée de concevoir le théâtre est assez intéressant et bien fait. Cela donne une autre dimension à l’histoire, on va s’intéresser plus profondément au fait de jouer un rôle et d’être soi-même. Au passage, on remarque encore plus avec ce tome à quel point les romances ne sont pas le sujet de l’histoire, Kasane a besoin de s’accepter elle-même et non d’être reconnue par les hommes et ceux qui croisent son chemin ne sont là que pour combler un manque et non pour vraiment la soutenir et la faire progresser ce qui est un peu dommage. En attendant ce nouvel axe de l’histoire me donne encore plus envie de poursuivre.

Tome 5

Avec ce tome, on plonge encore un peu plus dans la noirceur et la folie de Nogiku, la soeur de Kasane, délaissant un peu cette dernière. Daruma Matsuura continue à nous livrer un drame de plus en plus shakespearien où les deux soeurs se rapprochent sans savoir qui elles sont vraiment. Le double jeu auquel elles se livrent toutes les deux est bourré de tension et en même temps plein de tristesse parce qu’on sent qu’elle pourraient bien s’entendre et qu’elles ont besoin l’une de l’autre. J’aime beaucoup la façon dont Nogiku mène l’enquête en se servant de ses charmes pour obtenir des informations, c’est tordu à souhait. De même, quand elle revient chez elle et commence à assembler les différentes pièces, la scène donne des frissons. Avec juste 5 tomes, le mangaka a réussi à créer un univers très riche, plein de tension et de drame avec un vrai côté théâtral qui correspond parfaitement à la série.

Tome 6

Ce tome amorce la fin d’un cycle et préfigure le suivant. A l’image de la couverture, nous sommes en plein drame. Nogiku a décidé de se venger et de ne pas laisser sa soeur faire impunément ce qu’elle veut, mais ça pose la question de savoir qui est la plus cruelle des deux au final. J’avais pourtant beaucoup aimé revoir Kasane sur les planches. Le rôle lui allait à merveille et était très beau (ça m’a donné envie d’essayer de lire du Tennessee Williams ><). Alors je suis un peu triste qu’elle doive déjà renoncer à cause de Nogiku même si c’était inévitable. Je trouvais qu’elle s’ouvrait enfin aux autres et là il va falloir tout recommencer mais heureusement une nouvelle voie s’ouvre à elle et un nouveau drame est sur le point de se jouer. La tension est toujours aussi présente chez les deux soeurs même si elles agissent un peu chacune de leur côté et j’attends la prochaine confrontation avec impatience.

Tome 7

Nous plongeons dans un tout nouvel arc avec ce tome 7. Je suis assez surprise de voir où en est arrivée l’histoire, je n’aurais pas cru ça au début. Ici, j’ai été ravie d’en apprendre un peu plus sur le passé de la mère de Kasane même si je suis restée sur ma faim tant il y avait d’ellipses dans son récit. Du coup, je comprends pourquoi mon amie Les voyages de Ly me dit et répète de lire le roman Izana qui lui est consacré. Mais au moins grâce à ce qu’on voit ici, on comprend un peu mieux le personnage de Kingo et on devine aussi ce qu’il va bientôt suggérer à Kasane. Celle-ci pour pouvoir poursuivre sa carrière a dû trouver un nouveau visage et elle s’est naturellement tournée vers sa soeur, tombant dans le piège qu’elle lui avait savamment tendu, mais au final je commence à me demander qui est vraiment tombé dans les filets de qui. Les deux soeurs sont tellement perdues et traumatisés par leur passé que leur folie les bouffe chacune d’une façon différente. J’ai tout de même aimé la franchise avec laquelle finit par se livrer Kasane, ça montre sa grande faiblesse au niveau relationnel et sa naïveté. Et j’aime aussi les changements qui commencent à s’opérer chez Nogiku maintenant qu’elle s’est libérée d’un poids en brûlant la maison de son père. Maintenant, il va falloir guetter leur collaboration notamment après que Kasane ait décroché le rôle de Lady MacBeth auprès de son ancien amant. C’est toujours aussi passionnant à suivre. On s’inquiète, on tremble pour elles et on se demande comment ce drame va bien pouvoir finir.

Tome 8

Quel tome magistral ! On sent monter la tension à chaque page d’abord au fur et à mesure que chacune des filles sombre dans la folie, puis au fur et à mesure que chaque « camp » élabore ses plans pour anihiler l’autre. J’ai vraiment trouvé ça jouissif. Nogiku est un personnage vraiment fort et fascinant à suivre, sa fragilité, son désir de vengeance mais aussi ses petits changements vis-à-vis de Yuto la rendent diablement humaine, ce qui dérange encore plus. Les hésitations de Kasane lors des répétitions sont aussi passionnantes à suivre. On voit bien à quel point c’est dur pour elle de se laisser aller, de regarder en face ce qu’elle a fait et tout sans sombrer dans la folie comme sa mère. C’est superbement mis en scène par l’auteur dans ce parallèle avec la pièce de Shakespeare que joue Kasane. Ça me donne d’ailleurs très envie de relire MacBeth ^^

Tome 9

Je suis un peu déçue par ce tome car même si le drame que j’attendais se produit enfin, l’histoire est coupée en plein élan au milieu pour revenir encore une fois sur le passé d’Izana. Certes, il est très intéressant et il fallait bien un jour qu’on apprenne comment elle avait fait pour devenir actrice mais je ne sais pas si c’est très judicieux de le placer là et sous cette forme assez longue et lourde (pas subtile) au passage. En plus, il y a une grosse zone d’ombre au plus mauvais moment, c’est-à-dire concernant l’apparition du rouge à lèvre magique dont au final on ne sait rien sur la provenance, ce qui est bien dommage. Sinon le reste, une fois de plus, est digne d’un vrai drame shakespearien aussi bien du côté du passé d’Izana que du présent de Kasane. Cette dernière a enfin compris que Nogiku l’avait trahi et sa vengeance est terrible. Seul point noir, j’avais deviné ce qui allait se passer grâce à quelques petits indices qui avaient été glissés dans le tome précédent, c’est dommage pour l’effet de surprise. Mais je suis contente qu’elle sache enfin la vérité, ça va pouvoir faire avancer l’histoire. Reste encore Kingo qui semble cacher bien des secrets mais on ne devrait pas tarder à les découvrir, je sens. Maintenant, l’attente jusqu’au prochain tome va être longue après avoir enchaîné ceux-ci jusqu’à présent…

Ma note : 16 / 20

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7 commentaires sur “Kasane : La voleuse de visage de Daruma Matsuura

  1. C’est tellement dommage :/ en ayant lu le syno, je trouvais l’idée très bien trouvée, en plus le graphisme de la couverture collait bien, un sorte de beauté avec un regard d’horreur, j’adore. Mais ayant lue ton avis, il me tente pas plus que ça du coup :/

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