Le monde selon Uchu d’Ayako Noda

Titre : Le monde selon Uchu

Auteur : Ayako Noda

Editeur : Casterman (Sakka)

Année de parution vf : 2016

Nb de tomes : 2 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Alice arrive dans une nouvelle école et fait la connaissance d’Uchu, camarade de classe taciturne. Il apprend à la jeune fille que leur monde est en fait un manga dont il est le héros, et qu’à ce titre il ne peut pas mourir. Alice commence alors à remarquer que des cercles contenant des mots apparaissent parfois au-dessus d’elle et a la sensation d’être constamment épiée.

Mes avis :

Tome 1

Ce titre est une véritable expérience, un OVNI dans le paysage manga. Nous suivons l’histoire de personnages qui ont réalisé qu’ils étaient dans un manga. Nous les voyons donc interagir directement avec le paysage visuel qui les entoure : toucher les bulles, lire les bulles de pensées des autres, ajouter des éléments de nulle part, modifier le passé ou le présent, changer les actions… Au début, c’est un peu perturbant, très vite cela devient amusant et motivant. On se demande qu’elle sera la prochaine modification, la prochaine interaction. Le titre pose aussi des questions sur les formules utilisées lors de la réalisation de mangas : choix narratifs, choix esthétiques… C’est plaisant à suivre mais je ne sais pas si ça tiendrait bien longtemps sur la longueur. Heureusement, le titre ne fait que 2 tomes ce qui laisse le temps au concept de s’installer sans laisser le temps qu’il lasse.

Parce qu’il faut quand même dire que les personnages de cette histoire sont assez passifs et antipathiques. Leur côté mollasson a vraiment de quoi agacer, notamment chez Uchu. Son frère jumeaux, lui, est juste là comme faire valoir. Je ne vois pas bien l’intérêt d’Alice non plus, si ce n’est pour faire le pont entre eux et nous les lecteurs, par contre elle est vraiment très belle. A l’inverse, Iya est excessif, pas très beau, et franchement pénible mais je trouve que son rôle nous apporte quelque chose en questionnant le monde dans lequel ils vivent et ceux qui sont au courant. Sa copine, par contre, est juste là pour nous faire rire en jouant les filles amoureuses avec plein d’étoiles dans les yeux. Enfin, le dernier personnage introduit, le prof de dessin est intrigant parce qu’il est au courant et qu’en plus il sait manipuler leur univers. Je me demande d’où il tient se savoir.

Pour finir, l’édition est soignée avec une belle jaquette qui met de suite dans l’ambiance. J’aime beaucoup le style des pages d’introduction de chaque chapitre. Le dessin avec son petit côté crayonné parfois est assez plaisant dans l’ensemble même s’il y a parfois quelques ratages dans les personnages en arrière-plan.

Tome 2 :

La suite et fin de cette série est tout aussi originale que la découverte l’augurait dans le tome 1. L’auteur a parfaitement su gérer ses effets de styles qu’elle a introduit au fur et à mesure pour nous plonger dans cette histoire atypique de manga dans le manga.

J’ai aimé être décontenancée par les premières pages de ce nouveau tomes. En effet, le choix de mettre un chapitre d’ouverture composée de scénettes en quelques cases est original et inattendu, mais cela montre la richesse des techniques que peut utiliser une mangaka. Ayako Noda ne se contente pas d’une narration classique, elle utilise toutes les armes qu’elle a à sa portée.

Le retournement de situation introduit à la fin du tome 1 est aussi bien géré et utilisé par changer la dynamique de ce tome. L’angle d’attaque est différent, nous sommes avec Uchu qui est avec l’auteur ce qui nous offre encore un regard différent sur l’oeuvre. Leurs longs dialogues m’ont parfois perdue et agacée parce que je trouvais que ça ne faisait pas avancer les choses, mais dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé ce nouveau « personnage » introduit dans l’histoire. Les autres, les amis d’Uchu, naviguent entre connaissance et ignorance de ce qui se passe. Il est amusant de voir leurs différents points de vue : celui du frère, celui d’Iya et celui d’Alice qui reste quand même fortement sous-exploitée et cantonnée un peu à la belle fille de service. Iya, lui, se révèle plus intéressant et bien décidé à percer le mystère à sa façon, de même que Shinri. Le personnage du prof d’arts plastiques sera resté un mystère pour moi jusqu’à la fin. On ne sait pas comment ça se fait qu’il en sache autant et c’est laissé tel quel. Mais le personnage clé de ce tome, celle qui apporte le plus de questions, de réponses et de réflexion, c’est bien l’auteur ou du moins son avatar : « Black Alice », qui offre un parallèle très intéressant avec l’Alice blanche qu’on connait depuis le début.

Ce titre sera donc resté original du début à la fin, notamment par les effets de style et les différentes techniques de narration qu’Ayako Noda utilise au fur et à mesure de l’histoire sans que jamais ils ne semblent superficiels. Le sujet est intéressant et inédit à ce jour en France. Il est traité de façon concise sans rallonger inutilement le propos. Les personnages ne sont pas forcément attachants, mais ce n’est pas le propos, ils sont là pour nous interroger sur le principe d’écriture et en cela il joue très bien leur rôle. Une jolie découverte !

Ma note : 15 / 20

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2 réflexions sur “Le monde selon Uchu d’Ayako Noda

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