Au fil de l’eau d’Aoi Ikebe

Au-fil-de-leau

Titre : Au fil de l’eau

Auteur : Aoi Ikebe

Editeur vf : Komikku (Horizon)

Année de parution vf : 2016

Nb de tome : 1 (série terminée)

Résumé : Où que nous vivions, d’où que nous soyons… nous avons tous le droit de rêver. Rêver de devenir astronaute ou pilote, se voir en chef d’orchestre, rêver de faire des repas somptueux, de vivre dans un milieu distingué.
Pour une vieille dame, les souvenirs du bonheur de l’enfance se calquent sur l’univers occidental très lointain des filles du Docteur March et autres romans pour jeunes filles.
Dans le bas de la ville, un quartier défavorisé, une rivière polluée stagne, comme un passé qu’on voudrait oublier. Mais ses habitants aussi ont le droit de rêver, et les rêves parfois se croisent…
Il y a des bonheurs qui traversent notre vie sans qu’on s’en doute…

Au-fil-de-leau-annonce

Mon avis :

Au fil de l’eau est avant toute chose un très bel objet. Je n’avais pas encore testé la nouvelle collection de Komikku inspirée de celle de Ki-Oon (Latitudes) mais elle est très réussie. Le grand format correspond très bien aux dessins d’Aoi Ikebe. La couverture légèrement cartonnée dans ces teintes rouge orangée est très harmonieuse et j’aime les petits ajouts des danseuses qu’on aperçoit grâce au vernis sélectif sur les 1e et 4e de couverture ainsi que sur les rabats.

Pour en venir à l’oeuvre elle-même, j’ai d’abord été séduite par la simplicité et l’émotion qui se dégage des dessins, des dessins qui font plus josei que shojo selon moi. L’auteur a aussi sorti Ritournelle chez nous, mais j’avoue que le côté tout en couleur me gênait, là avec le noir et blanc je trouve que c’est bien plus beau ^^

Côté histoire, nous suivons des instants de la vie des habitants d’une petite ville dont l’un des quartiers est traversé par une rivière malodorante. Une petite vieille a pris l’habitude de traverser cette rivière pour aller s’asseoir sur un banc et y rêver. Elle est un peu devenue l’emblème du quartier et c’est à travers elle et les rencontre qu’elle fait que l’histoire se déroule. J’ai tout d’abord beaucoup aimé le personnage de cette petite vieille qui malgré son âge a conservé son coeur de jeune fille comme le montre ses rêves qui mêlent quotidien et vision fantasmée ou revisitée de l’histoire des Quatre filles du Dr March (une de mes histoires préférées étant enfant). C’est doux, touchant, émouvant et même drôle car tournant souvent autour de la nourriture, mais ces rêves soulèvent aussi des questions en lien avec son quotidien actuel. Parmi les autres personnages qu’on découvre au fil des histoires, il y a aussi ces deux jeunes garçons dont l’un rêve de devenir astronaute tandis que l’autre plus terre à terre se voit déjà comme un raté ce qui est bien triste, mais cela ne l’empêche pas de se rapprocher de la vieille dame et surtout de vouloir faire changer les choses et en premier lieu nettoyer cette rivière. J’ai beaucoup aimé ce petit blond qui n’est pas le raté qu’il croit. Puis il y a cette famille dont le père travaille à la mairie et pense que sa femme ne le voit plus, la femme qui veut faire plaisir à tout le monde mais s’est un peu perdue et la fillette qui fait de la danse et a plus de qualité qu’elle ne le croit. Chacun d’eux doit apprendre à s’aimer et à aimer l’autre. Puis vient le tour de cet ancien joueur de baseball qui arrête suite au divorce de ses parents, et qui doit déménager près de la rivière. Il y fait la rencontre de son voisin mélomane, qui lui travaille consciencieusement dans une usine, mais qui à ses heures perdues fait écouter de la bonne musique à ses voisins.

Je ne sais comment l’exprimer mais il se dégage une vraie alchimie entre tous ces personnages dont les vies se croisent et se recroisent au fil de l’eau. C’est simple mais touchant. C’est juste des petits moments du quotidien mais c’est vraiment prenant. Aoi Ikebe arrive à rendre la vie de tous les jours vraiment intéressante alors qu’elle n’est faite que de petits instants banals. J’ai dévoré cette lecture qui m’a rappelé ce que pouvoir faire Tetsuya Toyoda (Undercurrent, Coffee Time, Goggles) et je la recommande à tout amateur de tranche de vie.

Ma note : 18 / 20

Publicités

2 réflexions sur “Au fil de l’eau d’Aoi Ikebe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s