Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Somali et l’esprit de la forêt de Yako Gureishi

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Titre : Somali et l’esprit de la forêt

Auteur : Yako Gureishi

Éditeur vf : Komikku

Année de parution vf : Depuis 2016

Nombre de tomes vf : 6 (en cours)

Résumé du tome 1 : L’équilibre du monde, régi par différentes créatures fantastiques telles que les esprits, lutins, gobelins, est mis en péril par l’homme, qui persécute et exploite la nature. Devant ce désastre qui les attend, deux personnages que tout oppose ; un Golem gardien de la forêt et une jeune fille humaine, vont s’allier pour tenter de réparer le mal fait. Un long périple les attend alors…

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Mes avis :

Tome 1

Avec cette nouvelle série, Komikku nous propose de suivre la quête d’un golem à la recherche des parents d’une petite humaine. L’histoire est assez plate, il ne se passe pas grand-chose et le seul fil rouge est la recherche des parents de Somali, mais c’est l’occasion pour Yako Gureishi de déployer tout son talent et son imagination. Au fil des rencontres, elle nous peint un univers fantastique de toute beauté qui n’est pas sans rappeler celui de certains Ghibli. Les décours aussi bien que les créatures ou les costumes sont vraiment soignés. Ils foisonnent de détails et sont vraiment originaux. Que ce soit les villes ou la forêt, tout est un enchantement pour les yeux. J’ai aussi bien aimé la rencontre du vieil ermite dans sa forêt que celle des magiciennes dans leur ville très surprenante. Le titre est à la fois drôle, frais et attachant. Il respire la bonne humeur et les bonnes intentions et en même temps il se passe dans un monde où sévit une forte ségrégation contre les humains, ceux-ci étant réduit en esclavage quand ils sont capturés par les bestioles qui peuplent désormais la Terre. J’ai donc espoir que dans les prochains tome, l’histoire ait un côté un peu plus sombre et qu’on ne s’en tienne pas juste à une visite de tout ce joli petit monde.

Tome 2

Comme pour The Ancient Magus Bride, je me demande pourquoi j’ai tant attendu pour lire ce nouveau tome. J’ai juste adoré l’ambiance et j’ai trouvé ce tome bien plus abouti que le premier.

Toute l’histoire autour des sorcières est passionnante, notamment grâce au flashback de la doyenne qui nous permet d’en apprendre plus sur la séparation des monstres et des humains. Cela occupe quand même les trois quarts du tome mais cela permet de relancer ensuite vers la quête de la famille de Somali et de voir également un autre golem. J’ai vraiment beaucoup aimé. Le dernier quart par contre est plus faible mais c’est normal vu le peu de pages, cela annonce juste la prochaine orientation.

Visuellement, c’est toujours aussi beau. Ça foisonne de détails dans tous les sens. Cela donne vraiment un côté féérique mais pas cul cul au contraire. L’auteur a su inventé un univers très riche, un peu comme J.K. Rowling (oui, je me risque à la comparaison ><). L’ambiance un peu sombre et triste parfois donne une vraie touche au titre qui le différencie des autres. Je suis fan.

Tome 3

Encore un bien joli tome pour cette histoire qui continue à se révéler tendre et poétique. J’aime énormément l’ambiance douce et féérique comme dans les contes pour enfants, qui se mêle avec une noirceur plus proche des récits fantastiques pour adultes. Ici, nous continuons à découvrir de superbes pans de l’univers dans lequel vivent Somali et son Golem. Dans les premiers chapitres, on en termine avec leur aventure dans l’auberge avec une descente dans un monde souterrain digne d’Alice au pays des merveilles où la beauté de la nature environnante cache bien des dangers. On en tire une jolie leçon de vie et surtout d’amour entre Somali et son Golem. Puis ils repartent à l’aventure. Cette fois, c’est un paysage désertique onirique qu’on découvre qui fait scintiller les yeux de Somali et les nôtres en même temps. Pour finir, lors d’une étape au milieu de celui-ci, ils font une rencontre fort intéressante avec Ouzoï et Hytra dont la relation ressemble à la leur dans un sens. Mais la tragédie de leur histoire va aussi vite les rattraper. Il me tarde de découvrir ce que l’auteure leur réserve dans le prochain tome.

Tome 4

Ça faisait un moment qu’on n’avait pas eu un tome de Somali, presque un an, du coup, ce ne fut pas facile de rerentrer dans l’histoire. Même si on a l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose dans chaque tome, finalement les deux héros avancent et font des rencontres quand même.

Ici, nous disons déjà au revoir à Hytra et Ouzoï une fois qu’on a eu mis cartes sur table sur le passé du premier et son rôle dans le destin de la seconde. C’était mignon mais sans surprise aucune. Et puis, les au revoir ont été un peu expédiés.

Ensuite, nous repartons dans les pérégrinations de notre duo, on les suit dans leurs découvertes de nouveaux lieux, nouvelles bêtes, nouvelles connaissances. On passe ainsi d’un zone montagnarde, à une ville spécialisée dans les soins dentaires, à une forêt carbonisée pour enfin finir dans une ville qui craint un peu. Leurs aventures sont simples mais bien racontées. C’est un calme tranquille mais entraînant. On recroise d’anciens personnages comme des nouveaux et on se repaie des petits moments de leur vie quotidienne. Le Golem cuisine pour la première fois pour Somali, celle-ci perd sa première dent de lait, etc.

Au final, on a l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose et c’est vrai, mais l’histoire reste très mignonne à suivre. C’est dommage que les tomes mettent tant de temps à sortir et qu’un vrai fil rouge plus conséquent n’apparaisse pas, parce que la trame narrative est fort mince. A dans un an ?

Tome 5

Après de longs mois d’absence, nous retrouvons enfin Somali et son ami le Golem. Ça m’a fait tout drôle de devoir replonger dans leur histoire et leur univers tellement dépaysants, mais j’en aime toujours autant l’ambiance.

Les dessins sont vraiment somptueux, ça ne change pas, même si ici il y eu très peu de nouvelles découvertes à faire avec eux. C’était en mode déjà connu, un peu plan plan qu’on les a retrouvés. Le rythme est toujours aussi lent. On est vraiment dans un titre contemplatif et les dessins s’y prêtent bien. Mais du coup, l’histoire n’avance pas et quand on referme le tome, on se dit un peu qu’on risque de devoir attendre un moment et ça c’est triste…

Pourtant, j’ai été touchée par cette lecture. J’ai aimé retrouver Somali et son Golem, découvrir leur première rencontre, que je n’avais pas du tout imaginée ainsi, voir une jeune Somali totalement différente de celle qu’on connait et un Golem qui n’a pas encore les sentiments qu’il a désormais. C’est un moment nostalgique, très chaleureux, mais aussi calme qui montre comment ils se sont attachés l’un à l’autre. On continue d’ailleurs dans cette veine pendant un moment dans l’intrigue présente avec une Somali qui cherche encore comment cimenter leur relation. Ce sont donc des moments assez doux et mignons.

Mais brusquement, une menace vient briser cela et le rythme s’emballe alors, pour mon plus grand plaisir, parce que je rongeais quand même un peu mon frein… Les créatures sont là pour chasser de l’humain et Somali est la cible toute trouvée, il faut alors s’enfuir. Une course poursuite s’ensuit qui nous fait vibrer tant le danger est partout. Mais elle se termine bien vite et on découvre alors que les apparences sont bien trompeuses. L’autrice nous laisse au final, encore une fois, en plan. J’espère juste que l’éditeur français qui semble vouloir reprendre du poil de la bête ne tardera pas trop à sortir la suite !

Tome 6

Après un début fort tranquille, cette série monte petit à petit en intensité et gagne ses lettres de noblesse.

Dans un chapitre d’ouverture étrange et brutal, car l’édition française ne propose pas la moindre page de titre ou de sommaire avant… , nous retrouvons Golem qui a littéralement explosé. Il est en pleine crise et ne reconnait plus personne, il sait juste qu’il doit tuer ses ennemis. Dans ces quelques pages, j’ai eu l’impression de me retrouver dans Nausicaä ou le Château dans le ciel avec les créatures inventées par Miyazaki pour détruire l’humanité. C’était terrifiant et brutal car c’est un personnage qui fut longtemps la douceur même dans l’histoire. On sent bien qu’on est à un point de bascule. Avec cet événement, l’histoire prend un autre tournant. Les questions arrivent enfin sur l’origine et la nature du Golem qui ne ressemble en rien aux autres apparemment. Sauf que lui-même ne sait pas qui il est d’après ses dires.

Autre point de bascule dans ce tome, qui rejoint cette interrogation sur la nature et l’origine des personnages, la mise en vente des Mémoires de Paraiso, un livre écrit par l’ancienne doyenne des magiciennes, qui parle des humains, et qui a été volé puis est passé de mains en mains avant d’arriver sur l’île des ventes aux enchères. Forcément, on sent que cet objet et cet événement vont être des catalyseurs pour Somali, qui elle aussi ne se rappelle pas de ses origines, tout comme son « père ».

De plus, l’univers de la série continue à s’étoffer tout en rattachant des éléments déjà connus. Ainsi Golem et Somali continuent à être accompagnés par leurs deux camarades démons dans leur voyage, et ils croisent également à nouveau la route d’une magicienne qu’ils connaissent. La découverte, elle, a lieu sur l’île où ont lieu les mises en enchères. C’est un autre pan sombre de leur univers qu’on découvre avec la vente de tout et n’importe quoi, ce qui met le focus entre autre sur le recel de biens et le trafique d’êtres humains. Le décor de l’île et l’organisation des enchères sont déjà en soi assez fascinants, surtout quand on observe les réactions des participants, mais en plus le focus mis sur la bande à l’origine de la vente donne des frissons dans le dos. La découverte du clan Tokowaka et de leur dirigeant est important pour l’histoire. Nous n’en sommes qu’aux prémices mais je pense que ce sera plus subtil que juste la présentation d’une bande de méchants et en plus SPOIL : le fait que leur cheffe soit une humaine qui potentiellement vient du même endroit que Somali fait palpiter mon coeur de lectrice curieuse.

Alors que depuis le début, pour moi Somali était plus une série contemplative, invitant au voyage, avec ce tome elle commence à offrir une intrigue plus sombre et plus dense. On s’intéresse enfin au passé et origines des héros, qui étaient la grande énigme de la saga, et je sens que ça ne peut faire que du bien à la série, pour lui conférer une autre aura, plus étoffée et sérieuse, et bien mettre en évidence la filiation avec Miyazaki.

Ma note : 15 / 20

Quelques images des décors pour le plaisir des yeux ^^

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3 commentaires sur “Somali et l’esprit de la forêt de Yako Gureishi

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