Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

L’enfant et le maudit de Nagabe

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Titre : L’enfant et le maudit

Auteur: Nagabe

Éditeur vf : Komikku

Années de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 6 (en cours)

Résumé du tome 1 : Il y a très longtemps, dans une contrée lointaine, existaient deux pays… “L’intérieur” où vivaient les humains, et “l’extérieur”, où habitaient des créatures monstrueuses qu’il ne fallait surtout pas toucher, sous peine de subir la malédiction. Cette histoire commence le jour où se sont rencontrés deux êtres qui n’auraient jamais dû se croiser…
Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…

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Mes avis :

Tome 1

L’enfant et le maudit, le nouveau titre de Komikku, est un shonen à l’ambiance très particulière à la fois lente, dramatique et poétique. Le dessin est à l’aune de cela avec son côté minimaliste et un peu expérimental, il ne peut pas laisser indifférent, on aime ou on déteste, je pense. De mon côté, j’ai bien aimé mais ce n’est pas non plus le coup de coeur. J’ai trouvé que le dessin correspondait parfaitement à l’ambiance du titre même si dans les premières pages j’ai eu un peu de mal. En effet le trait et surtout l’encrage de Nagabe peuvent laisser penser qu’il y a eu un problème à l’impression tant les traits qui s’effacent par moment ne nous sont pas habituels.

Concernant l’histoire, celle-ci avance tout tout doucement dans ce tome d’introduction. On suit dès les premières pages une petite fille qui vit avec une créature mis animale mi humaine qui semble devoir cette apparence à une malédiction. La petite fille attend que sa tata vienne la chercher mais elle a été en fait abandonnée et recueillie par la créature. La petite fille a un passé encore plus sombre qui l’attend d’après ce qu’on apprend dans les dernières pages. Ces deux individus très différents cohabitent sans que la petite fille ait le droit de toucher la créature de risque d’être maudite à son tour. On apprend rapidement que ceci tient d’une dispute entre deux Dieux où l’un a maudit l’autre ce qui a donné naissance à cette malédiction et à la séparation de leur monde en deux territoires distincts.

Nagabe installe vraiment un paysage fantastique solide et mystérieux qui a ravi le coeur de la fan de fantasy que je suis. C’est fait avec beaucoup de doigté et de douceur, on sait qu’elle aime prendre son temps. Les deux univers se marient très bien dans cette ambiance à la fois médiévale et ancienne façon campagne anglaise du XIXe. On est intrigué par Le maudit et aussi par les habitants de l’autre royaume. On se demande comment la situation a pu en arriver là et comment elle va encore évoluer.

L’enfant et le maudit est un vrai titre d’ambiance, un peu lent à démarrer mais qui semble assez prometteur.

Tome 2

Je ressors mitigée de ma lecture après ces deux tomes. Je trouve que l’histoire n’avance pas vraiment dans ce tome. On n’en sait toujours pas plus sur la malédiction, comment la lever, comment on en est arrivé là, comment en sortir. Pourtant tout commençait bien. Ça a démarré sur les chapeaux de roues avec l’attaque de Sheeva par cet être de l’extérieur et l’intervention du professeur. En suivant cette créature, j’ai cru un temps en apprendre plus mais au final ce ne fut pas le cas et au contraire j’ai encore plus de questions qu’avant. Il ne se passe pas grand-chose dans le reste du tome, si ce n’est que ceux de l’intérieur se préparent à enlever Sheeva et utilisent sa tante pour cela. Le reste avec le Professeur qui s’interroge sur ce qu’il doit dire à la petite est juste redondant.

Alors ça a beau être un titre à ambiance et j’ai beau aimer le côté poétique et intrigant de celle-ci, je commence vraiment à rester sur ma faim. Je laisse encore un tome pour voir si ça évolue avant de lâcher l’affaire, surtout que le parti pris du dessin se révèle assez gênant parfois avec des scènes illisibles.

Tome 3

L’histoire n’avance toujours pas énormément mais je me suis un peu réconcilier avec la série grâce à ce tome. Je l’ai trouvé très fort émotionnellement, cruel et puissant à la fois. On ressent toute la noirceur du monde de Sheeva dans ce tome aussi bien dans les situations que dans le dessin. Celui reste brouillon et difficilement lisible parfois mais il correspond bien au titre. Dans ce tome, nous suivons d’abord le retour de Sheeva parmi les siens. Bien sûr, c’est un plan orchestré par le roi à la suite d’une prophétie qui la concernerait. Mais tout tourne mal et elle finit pour retourner vivre avec le Prof à qui elle manquait beaucoup, avec sa tante nouvellement transformée. Sheeva est de plus en plus mystérieuse. L’auteure semble promettre de lever le voile sur ses origines dans le prochain tome, on verra si elle tient ses promesses. En attendant, on constate ici toute la cruauté du monde dans lequel elle vit où on peut sacrifier tout un village et sa population dans la tentative de réaliser une obscure prophétie. Les autorités du royaume sont impitoyables et ça claque vraiment dans un titre comme celui-ci où l’on suit une petite fille naïve. Ça frappe en plein coeur et ça touche vraiment une telle violence aveugle, rappelant les plus sombres moments de notre histoire. Ici, les humains transformés subitement en monstres m’ont furieusement rappelé les irradiés japonais des bombes atomiques…

Tome 4

L’ambiance est toujours au rendez-vous dans ce quatrième tome qui oscille tendrement entre joie et tristesse. C’est fou toutes les palettes d’émotions qu’arrive à exprimer Nagabe avec ses dessins pourtant si minimalistes. Je suis encore scotchée par la beauté et la poésie de certaines pages, et le travail sur les silences.

Dans ce nouveau tome, on se concentre un peu plus sur les « adultes »et la façon dont ils vivent ces nouveaux bouleversements. C’est très touchant de voir d’abord la Tata de Sheeva tout faire pour la protéger, puis se perdre peu à peu. C’est déchirant de voir le Prof expérimenter la jalousie, la tristesse puis la joie, tout ça grâce à la petite Sheeva. J’ai vraiment été très émue par ces deux personnages à l’histoire si tragique dans ce tome. J’ai également apprécié découvrir un peu plus le passé de Sheeva même si son immunité reste encore bien mystérieuse.

Après un tome doux-amer, le prochain risque d’être plus sombre avec la perte qu’ils vivent dans les dernières pages, c’est triste.

Tome 5

Comme je le pressentais, ce tome est terriblement sombre mais pas seulement à cause de la perte qu’ils viennent de vivre mais aussi parce qu’on commence à s’intéresser de plus près à la malédiction. Les intrigues deux mondes s’entremêlent avec Sheeva au centre et le drame n’est jamais bien loin. L’ambiance est lourde et pesante, dégageant une poésie un peu macabre, à l’image de toute la métaphore sur la mort au début du tome. C’est beau mais lourd de sens. On nous parle de la vie, de la transmission à la génération suivante, mais aussi de la fin de vie et de la mort, puis de l’incompréhension et de la colère que ça engendre. C’est fort et douloureux, et le dessin minimaliste de l’auteur s’y prête bien.

L’histoire continue donc sur la voie du drame même si on n’oublie pas de nous donner quelque petits moments de répit pour pouvoir souffler un peu. La petite vie de Sheeva n’est pas non plus fait que de drame et elle sait trouver du plaisir des les petites choses et les petits instants de la vie. Sa relation avec le Professeur s’approfondit après qu’ils se soient ouvert l’un à l’autre. Ce dernier a compris qu’il pouvait compter sur elle pour résoudre ses problèmes.

Et des problèmes, il y en a cette fois encore. Des soldat du Royaume vont venir leur chercher des noises, persuadés que Sheeva est la clé de la malédiction. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur les croyances autour de celle-ci aussi bien du côté du Royaume de l’intérieur que des Maudits eux-même. Cela donne un fil rouge pour la suite de l’histoire et nous intrigue vraiment sur le rôle de Sheeva mais aussi sur la place de Prof qui semble ne pas ressembler aux autres de son espèce. Ce tome est donc riche et complet, avec plus de rythme et d’action que les précédents. Ça fait du bien.

Tome 6

Après un tome assez sombre, ce nouvel opus offre un bel équilibre entre noirceur et lumière, violence et douceur ou plutôt espoir. Nous suivons les nouvelles aventures de notre duo qui a changé d’environnement suite aux dernières péripéties. C’est donc un nouveau départ auquel nous assistons et c’est toujours aussi touchant, surtout que Nagabe commence à rendre ses personnages plus bavards ce qui leur permet de se rapprocher et de s’ouvrir l’un à l’autre renforçant leur relation. J’ai beaucoup aimé les voir ainsi, Prof osant devenir proche de Sheeva et Sheeva recevant enfin l’affection qu’elle désirait tant. Ça m’a émue.

En parallèle, pour le plus grand plaisir du lecteur, les mystères entourant l’univers où ils déambulent sont creusés entre révélations et nouveaux mystères. On en apprend plus sur Prof, ou du moins des hypothèses commencent à surgir sur lui, sur qui il est ou était, homme ou créature. Ça interroge une nouvelle fois sur ce qui définit l’humanité de chacun. La menace est aussi toujours présente. Elle se rapproche encore une fois et vient de tous les côtés malgré le havre de paix qu’ils ont essayé de se créer. Vont-ils bientôt frapper ? En attendant cela crée une attente inquiétante qui renforce l’ambiance mystérieuse du titre, ce que j’apprécie, tout comme la composition des planches que je trouve de plus en plus séduisante dans leur étrangeté. Une série qui devient de plus en plus captivante.

Ma note : 14 / 20

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2 commentaires sur “L’enfant et le maudit de Nagabe

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