Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les royaumes carnivores de Yui Hata

Titre : Les royaumes carnivores

Auteur : Yui Hata

Editeur : Akata (M)

Année de parution vf : 2017

Nombre de tomes vf : 3 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Dans un monde dirigé par la tribu royale, la famille des Lions, les carnivores règnent d’une main de fer sur les autres espèces animales. Véritables tortionnaires sans pitié, ils ne considèrent les espèces végétariennes que comme leur nourriture évidente. Et si la tribu des gazelles de Thomson est épargnée, c’est pour une seule et unique raison : les lions n’aiment pas le goût de leur chair. Asservies au rang d’esclaves, les gazelles servent hélas trop souvent de défouloir à la colère de leurs maîtres. Un jour, face à tant cruauté et à la tyrannie, Buena, jeune gazelle de Thomson, décide de se lever ! Commence alors son voyage, sa quête… à la recherche de la dernière guépard blanche de son espèce, la seule à pouvoir l’aider dans sa lutte.

Mes avis :

Tome 1

La première surprise de ce mois-ci. Je ne pensais pas tester le titre parce que ça ne me disait trop rien de suivre les aventures d’un groupe d’animaux mais la bonne critique de Manganews m’a donné envie de tester et j’ai eu raison.

Les royaumes carnivores est un titre très original avec une narration très bien maîtrisée, des dessins superbes, un découpage des planches dynamique et une histoire avec un vrai message. On est de suite happé par l’histoire de ces gazelles qui vivent sous la coupe des lions, comme des esclaves, pour échapper à leur mise à mort. L’auteur s’applique au fil des pages à nous décrire le fonctionnement si particulier de cette société animale qui sur fond de « loi du plus fort » brosse aussi un portrait très critique de notre propre société. On sent bien que Yui Hata fait de vrais parallèles entre cette société animale et la nôtre. Il dénonce la main mise des plus forts sur les plus faibles et la façon dont ils les exploitent. C’est universel et ça touche.

Bien sûr, il fait cela sous couvert d’une histoire fort originale puisqu’on suit Buena, un jeune gazelle, dont toute la famille est soumise aux lions. On découvre comment les gazelles sont exploitées, soumises et humiliées au détour du retour de la chasse des lionnes. Puis avec la perte de son frère, Buena se sent pousser des ailes et décide de se rebeller contre cet état de fait. On entre alors encore un peu plus dans cette société animale en découvrant « la tanière » des lions, les interactions entre les mâles et les femelles, la société hiérarchisée qui s’est organisée entre eux et autour d’eux avec les gazelles mais les hyènes aussi. Et comme toute bonne histoire, il y a bien sûr une menace encore plus grande qui pèse sur les lions : la démone blanche, dernier guépard blanc, dont les lions ont exterminé la famille et qui veut s’en venger.

Les personnages bien qu’animaux sont très charismatiques du fait qu’ils sont très humanisés. Le débat sur la bipédie est d’ailleurs très intéressant. J’ai aussi beaucoup aimé découvrir les différentes races, l’auteur ne se contentant pas de ce qui se passe dans la ville construite par les gazelles pour les lions, mais parlant également des autres espèces de la savane qu’ils peuvent croiser. L’histoire est très riche et se déploie peu à peu pour notre plus grand régal. J’ai trouvé son déroulement vraiment bien maîtrisé nous faisant peu à peu passer d’une petite histoire à une histoire plus vaste. Le souffle de la rébellion se fait vite sentir et nous emporte vers un prochain tome que j’attends avec impatience surtout que la série est terminée en 3 tomes.

Tome 2

Dans ce nouveau tome, nous continuons à suivre le souffle de révolte porté par la démone blanche et notre chère petite gazelle. Les bases de l’univers ayant été posées dans tome précédent, on peut désormais se concentrer sur le conflit violent et âpre qui opposent les Lions aux autres espèces. Cependant l’auteur fait ici le choix de quelque chose de moins ouvert que je l’aurais espéré. En effet, dans ce tome 2, elle plante le décor en plein coeur d’une forêt occupée par les chimpanzés. Le conflit va dont désormais opposer ceux-ci aux terribles lions. Le changement de décor permet de renforcer l’aspect brutal du titre, donnant la vision de Lions de plus en plus répressifs et prêts à tout pour l’emporter. J’ai de suite été intéressée par le chef du clan des Chimpanzés, Mad, qui a beaucoup de pragmatisme mais aussi de vrais idéaux à défendre. Du coup, je comprends assez facilement son rapprochement avec certains de nos protagonistes. Cependant, je n’avais pas vu venir le secret qu’il cache et qui ramène encore un peu de tension dans le titre. Ce changement de décor est aussi l’occasion de montrer de très belles scènes de chasse en pleine forêt, les lions et les chimpanzés rivalisant d’ingéniosité pour se poursuivre et s’attaquer, chacun utilisant toutes les ressources à sa portée.

Mais cet affrontement entre Mad et Marsias, l’émissaire des lions, a aussi tendance à nous faire un peu oublier que le conflit est plus vaste que ça, que les Lions oppriment toutes les espèces et qu’il est grand temps que ça change. Il faudrait donc dans le dernier tome qu’une révolution plus vaste et globale les emporte et qu’on sorte de cette forêt pour cela. J’espère que cela sera le cas mais j’ai peur que ce ne soit un peu précipité vu que ce sera le dernier tome. A suivre.

Tome 3

Déjà la fin de cette série animalière qui revisite si bien la vie dans la savane africaine. Je suis un peu déçue que l’histoire prenne fin ici alors que j’avais l’impression que ça ne faisait que commencer. Alors j’aimerais vraiment que l’auteur reprenne cet univers et lui apporte une suite.

En effet, dans ce tome le combat entre Marsias, la démone blanche et ses alliés est à son comble. Les scènes d’affrontement sont d’un dynamisme fou. Elles sont percutantes et pleines d’émotions. La lutte de la démone pour son petit est superbe et très intense. J’ai aimé que l’auteur fasse intervenir tous les animaux qu’on avait croisés et qu’il les fasse revenir à leur instinct premier pour tenter de l’emporter sur les lions dans cette lutte désespérée.

Au final, le titre aura plus été l’occasion de montrer la prise de conscience des animaux sous le joug des lions qu’une révolte à proprement parler. Celle-ci est en germe à la fin du tome et elle ne demande qu’à se concrétiser. J’aurais tout de même aimé la voir en action après cet épisode avec la démone blanche qui n’est que l’un des déclencheurs, mais peut-être le mangaka en a-t-il été empêché.

Les royaumes carnivores (Jasmin en VO) aura été un titre fort et original avec un vrai message, des dessins et une mise en page superbes, que je recommande malgré son côté inachevé ou sa fin ouverte selon comment on l’interprète.

Ma note : 16 / 20

 

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Un commentaire sur “Les royaumes carnivores de Yui Hata

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