Moving Forward de Nagamu Nanaji

 

Titre : Moving Forward – Aruitou

Auteur : Nagamu Nanaji

Editeur vf : Akata (M)

Année de parution vf : Depuis 2017

Nombre de tomes vf : 3 (en cours)

Résumé du tome 1 : Sourire pour quoi ? Sourire pour qui ?
Pour masquer ses blessures… ou exprimer sa joie ?
Kuko, jeune lycéenne, affiche toujours un sourire radieux ! Mais autour d’elle, personne ne semble soupçonner que derrière cette apparente bonne humeur se cache une profonde douleur. Ni son père. Ni Kiyo, son voisin métisse. Ni Ibuki, son amie d’enfance fan de shôjo mangas. Seul Outa, jeune étudiant en école d’art, réussit à lire en elle, au-delà des apparences. Car en réalité, depuis sa plus tendre enfance, Kuko souffre d’une absence : de celle d’une mère décédée lors du grand séisme de Kobé. Alors, pour exorciser tout son mal-être, la jeune fille aime tenir son blog photo, sur lequel elle poste « sa vision du monde », à travers le regard des animaux. Mais l’arrivée dans son quartier d’un garçon plus perspicace que les autres pourrait bien chambouler son quotidien…

Mes avis :

Tome 1

Nanamu Nanaji est une auteur dont j’ai déjà lu et dévoré les précédentes oeuvres, en particulier Parfait Tic ! où j’avais adoré suivre les aventures d’Ichi et Daiya. Mais ici, l’auteure a choisi de changer de direction, de sortir de ses comédies romantiques habituelles pour faire un titre plus sérieux et c’est une franche réussite.

J’ai de suite adhéré à l’ambiance que la mangaka a voulu créer dans ce titre. C’est empreint de mélancolie, de spleen, de vague à l’âme et ça me touche particulièrement. Que ce soit par le tableau qu’elle peint de la ville ou par les personnages dont elle fait le portrait, j’ai été touchée. La ville de Kobe est magnifiée sous son trait et j’ai maintenant très envie d’y aller pour découvrir ses petites ruelles et ses coins secrets. Les personnages sont plein de subtilités et de niveaux de lecture différents.

J’ai en particulier été touchée par l’héroïne, Kuko, dont le vague à l’âme a résonné en moi. Son mal être qu’elle cache derrière un sourire de façade me parle. On comprend très vite que son côté enjoué et le courage dont elle fait preuve sont un masque cachant de grandes faiblesses. Ce moment clé qu’est l’adolescence est en train de fissurer ce masque peu à peu et on sent que quand il va tomber, ça va vraiment faire mal.  Pour le moment, c’est à la fois l’arrivée de Mister grognon qui joue du saxo et ne veut pas être à Kobe, et sa prise de conscience naïve de ses sentiments pour Outa qui viennent faire basculer son équilibre. La métaphore de la perte de celui-ci avec sa chute était toute trouvée. On sent vraiment plein de choses sous-jacentes chez elle, que ce soit dans ses relations avec les autres (ses amis, son père, Outa) ou dans sa vision d’elle-même. C’est pourquoi j’ai été particulièrement touchée par la phrase du joueur de saxo qui est vraiment très représentative de ce titre et de ce premier tome mais que j’ai trouvé un peu simpliste pour quelqu’un qui ne sait pas quelle souffrance elle peut vouloir cacher.

En quoi ce serait une souffrance d’exprimer ce qu’on a à l’intérieur de soi ?

Mais Kuko n’est pas la seule à avoir su susciter mon intérêt. J’ai également aimé sa relation enjouée et naïve avec son voisin ami d’enfance, qui est amoureux d’elle, ce qu’elle fait semblant d’ignorer pour ne rien changer à son quotidien. J’ai également apprécié le côté un peu farfelu de sa meilleure amie qui a l’air d’être une jeune fan de manga qui a arrêté ses études, ce qui pourrait beaucoup apporter à la série si c’était traité avec justesse. Mais j’ai surtout été touchée par le portrait d’Outa, ce jeune artiste complètement perdu, qui suscite tellement de sentiments contradictoires chez Kuko. J’espère vraiment qu’on ne restera pas au stade du cliché avec lui, parce que l’aspect artistique du titre m’intéresse beaucoup.

Nagamu Nanaji signe donc ici un titre qui change de ce qu’elle a pu faire auparavant. Elle a tout de même su conserver ses petites touches d’humour, une héroïne un brin naïve et son joli coup de crayon qu’elle a mis cette fois à disposition d’une très belle ville de Kobe. La mélancolie du titre me touche énormément et j’espère bien qu’elle ne perdra pas cette marque de fabrique par la suite.

Tome 2

Ce deuxième tome confirme mon coup de coeur. J’aime décidément beaucoup l’ambiance de ce titre.

J’ai versé ma petite larme lors du chapitre d’ouverture qui explique la fêlure de Kuko. Le flashback sur le tremblement de terre de Kobe et la perte de la mère de Kuko était terrible. Celle-ci était tellement lumineuse que je comprends qu’indirectement Kuko ait tout fait pour lui ressembler et/ou être telle qu’elle attendait qu’elle devienne. Du coup, je me dis que sans s’en rendre compte son père et tous les gens qui l’entourent lui ont mis une sacrée pression sur les épaules et c’est ce que je trouve intéressant dans ce titre. J’aime la façon dont la mangaka décortique la pression que la société met sur nous pour qu’on présente toujours une face réjouie et qu’on cache ainsi nos problèmes sauf à nos très proches.

Forte, enjouée et courageuse, telle une baie de Kuko, je croyais qu’il fallait que je sois comme ça pour les autres… Est-ce que je me trompais ?

Du coup, même si ça m’a agacée parfois, je comprends les interrogations incessantes de Kuko sur les épines que cache son sourire. Je ne pense pas que son interprétation soit la bonne. Je ne pense que son sourire soit une arme à double tranchant et peine les autres, en tout cas il ne devrait pas puisqu’elle le fait pour eux, et en même temps je comprends qu’il puisse agacer parce qu’il est faut. Il est dont très intéressant de voir comment Kuko s’en construite autour de cette idée et comment on sent bien qu’il va se reconstruire après avoir été malmenée là-dessus pour aboutir à quelqu’un de bien plus sincère.

Par contre, le point faible du titre, c’est clairement la romance. J’ai l’impression que la mangaka ne sait pas trop où elle va. Si jamais ce que dit l’amie de Kuko se vérifie, ce sera une vraie déception. La relation qu’elle entretient avec son ami d’enfance est bien plus intéressante que ses déboires avec Outa, l’artiste, et Sazuku, le ronchon même si ce dernier a un certain potentiel, du fait de toujours la mettre face à la réalité. Après, j’aime tout de même voir Kuko s’ouvrir à des sentiments amoureux parce que ça la rend encore plus touchante et que ça la pousse à s’interroger sur son mode de vie. Outa continue à m’intéresser dans sa voie d’artiste en détresse même s’il peut être agaçant aussi à jouer les être fragile et éthéré.

Enfin, j’ai vraiment trouvé que Nagamu Nanaji jouait bien avec la mise en page, nous présentant des planches très dynamiques, très belles et surtout pleines d’émotions. Moving Forward est donc assurément un très joli titre qui vaut le détour.

Tome 3

Je sais que tout le monde n’a pas aimé ce tome ni même la série, mais moi je reste sous le charme. Il se dégage un je ne sais quoi qui me parle, un vague à l’âme et un spleen qui me touche et résonne en moi.

J’ai donc aimé découvrir la suite des aventures de Kuko dans ce tome où on se concentre sur ses histoires de coeur. Je suis triste des distances qu’elle a prises avec son ami d’enfance, Kiyo, qui est pourtant celui qui la comprend le mieux et qui est toujours là pour elle. J’ai un peu de mal avec la façon dont elle prend en main sa relation avec Outa. Celui-ci est amoureux d’Una, une femme mariée, et Kuko veut le pousser à l’oublier, mais elle s’y prend très mal en lui imposant ses désirs. Sa meilleure amie et fan de manga essaie de lui expliquer mais Kuko est déjà tellement mal dans sa peau qu’elle n’arrive pas à l’entendre.

J’ai d’ailleurs trouvé que le mal être était encore une fois le thème central de ce tome. Kuko est mal parce qu’elle est incomprise et que tous lui imposent la vision qu’ils ont d’elle, c’est-à-dire celle d’une fille forte. Outa, lui, est mal dans sa peau parce qu’il est amoureux d’une femme mariée, mais aussi parce que l’inspiration le fuit et qu’il croit voir en Kuko tout ce qui lui manque : une inspiration, une sensibilité artistique, une force. J’ai été très touchée par leur mal être à chacun et ça a vraiment fait écho en moi. Je comprends leurs raisons à chacun et j’aimerais presque qu’ils arrivent à se dévoiler l’un à l’autre, que Kuko montre sa fragilité et Outa son manque de confiance en lui, pour qu’ils arrivent à communiquer et à se trouver. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé quand il lui explique qu’il ne se sent pas adulte malgré son âge. Il a tellement raison. Ce n’est pas parce qu’on est adulte physiologiquement qu’on l’est intérieurement au plus profond de soi.

Ma seule déception avec ce tome, c’est clairement que l’histoire principale s’achève au 3/4 du volume pour laisser place à une histoire annexe indépendante. C’est très frustrant !

Ma note : 17 / 20

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10 réflexions sur “Moving Forward de Nagamu Nanaji

  1. Pingback: Manga Time : Moving Forward tomes 1 & 2 (Coup de coeur) | Les voyages de Ly

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