Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Le chant des souliers rouges de Mizu Sahara

Titre : Le chant des souliers rouges

Auteur : Mizu Sahara

Éditeur vf : Kazé (seinen)

Années de parution vf : 2017-2018

Nombre de tomes vf : 6 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Kimitaka rêve de devenir basketteur et Takara danseuse de Flamenco. Malheureusement, l’un comme l’autre manque de talent pour exceller dans sa passion. Un jour, ils se retrouvent par hasard sur le toit du collège alors que Kimitaka est sur le point de jeter ses basket rouges et Takara ses souliers rouges de Flamenco. Bien qu’ils ne se connaissent pas vraiment, la conversation s’engage. Chacun dévoile son envie de changer de vie et, comme pour symboliser cette volonté, ils échangent leurs souliers et décident d’embrasser la passion de l’autre. Une nouvelle vie s’offre désormais à eux…

Mes avis :

Tome 1

Nouveau titre de Mizu Sahara, auteur du recueil de nouvelles Un bus passe que j’avais particulièrement aimé. J’ai retrouvé ici son trait de crayon si typique et l’ambiance poétique et un brin morose mais pleine d’espoir qui caractérise son oeuvre.

Dans cette nouvelle série nous suivons les premiers pas au lycée de Kimitaka, jeune adolescent désabusé qui n’a pas eu des années de collège très faciles. En effet, suite à un accident, il s’est renfermé sur lui-même au sens propre comme un figuré et n’allait quasiment plus en cours. Il s’est également disputé avec sa soeur pour qui il comptait énormément, coupant les ponts avec elle alors qu’elle partait vivre au loin. Il trimbale donc de lourds bagages et cela se sent dès les premières pages quand on voit son regard triste. Mais loin de la chronique d’un garçon qui s’enfoncerait dans la dépression, Mizu Sahara a choisi de nous prendre à rebrousse poil, en nous montrant comment il va peu à peu sortir de ce trou noir.

J’ai beaucoup aimé la narration non linéaire de ce tome. On découvre petit à petit le passé de Kimitaka, ses interactions avec ses camarades du collège, avec sa famille et les rencontres qui vont être décisives pour lui. Au vu du titre, on s’attend à ce que la fameuse propriétaire des « souliers rouges » soit plus présente physiquement dans l’histoire, mais en fait on ne la croise que très peu. Son influence sur le héros est d’ailleurs assez alambiquée, c’est parce qu’il a vu que lui-même avait réussi à l’influencer et à changer grâce à leur rencontre, qu’il va à son tour essayer d’en faire de même sans qu’elle le sache. Je me demande d’ailleurs si la mangaka a prévu de les faire se rencontrer et échanger à l’avenir ou si cela ne restera qu’un élément déclencheur, ce qui ne me gênerait pas tant cela a été bien fait.

L’ambiance de ce titre est vraiment particulière. On part de quelque chose d’assez lourd et plombant pour arriver à une histoire pleine d’espoir et de repentance dans les dernières pages. La place de la danse et du sport en général est important. La mangaka a choisi d’en faire un élément important dans le cheminement des protagonistes, ce qui me plait. Bien sûr, sensible comme je suis, cela a réussi à m’arracher quelques petites larmes, notamment lors de sa « réconciliation » avec sa soeur et de sa « connexion » avec sa mère. La place de la famille a une vraie importance dans ce titre. J’ai beaucoup aimé la façon très bienveillante qu’il y a dans les relations entre Kimitaka et celle-ci. On sent beaucoup de compréhension et aucun jugement dans l’attitude de la mère, du grand-père ou de la soeur de Kimitaka alors qu’ils auraient bien des raisons de lui en vouloir. J’ai également apprécié la construction de sa relation avec ses amis au lycée et j’espère qu’on continuera à les voir.

Le chant des souliers rouges est un titre qui ne plaira peut-être pas à tout le monde à cause de son trait particulier et de son rythme un peu lent et morose, mais moi j’ai vraiment été séduite par son originalité. Bien que ce ne soit qu’un tome d’introduction, j’ai aimé le biais choisit par Mizu Sahara pour parler de cette envie de Kimitaka de reprendre goût à la vie et de changer. C’est un titre vraiment rayonnant, positif, plein de bons sentiments et qui sonne juste.

Tome 2

Dans ce deuxième tome, Mizu Sahara développe son concept et ses personnages. Kimitaka, qui s’est réconcilié avec sa famille, peut enfin se consacrer à son désir d’apprendre à danser le flamenco. Grâce à lui, nous rencontrons la famille d’une ancienne danseuse. J’ai beaucoup aimé la grand-mère qui s’accroche à son passé et à sa passion. La double page où on la voit danser est juste magique ! J’ai aussi bien aimé son petit-fils qui va devenir le professeur de danse de Kimitaka. Il vit pleinement sa passion et a su convaincre d’autres jeunes de le rejoindre ce qui n’a pas dû être facile. Son côté un peu bourru apporte un trait d’humour bienvenue à l’histoire. J’aime beaucoup la façon dont il s’y prend pour enseigner la danse à Kimitaka, n’oubliant pas qu’il faut toujours avoir le sourire.

Du coup, l’histoire devient vraiment plus lumineuse dans ce tome. Il y a un vrai groupe d’amis qui se forme et se réunit autour d’une passion commune : la danse. De plus, Kimitaka assume enfin pleinement son rôle de grand frère et ça fait du bien de le voir se reprendre en main. Ça lui donne enfin l’occasion de recroiser sa muse, Takara, ce qui va le rebooster comme à chaque fois. Je regrette encore une fois de ne pas les voir plus interagir mais je comprends le choix de l’auteur qui est très judicieux au vu de l’ambiance de son titre et des thèmes qu’il développe. J’ai donc encore passé un très bon moment et j’attends à nouveau la suite avec enthousiasme.

Tome 3

Je ressors encore bouleversée mais charmée par ce nouveau tome. L’histoire est encore pleine de sensibilité et elle résonne vraiment en moi.

Ici, Mizu Sahara s’attarde sur les amis du héros : Hana et Tsubura. J’ai été très touchée par leur histoire. J’ai aimé découvrir les faiblesses d’Hana et je me suis retrouvée dans son malaise vis-à-vis du regard des autres. J’ai donc vibré en lisant les pages lui étant consacrées. Mais ce qu’il y a de bien avec cette série, c’est qu’elle n’est pas juste sombre, en fait elle respire l’espoir. C’est-à-dire que dans des situations de malaise comme vivent les héros, on pourrait vite se mettre à déprimer mais Mizu Sahara arrive toujours à sauver les choses grâce à la grande humanité de ses personnages. Ainsi, ici, c’est Tsubura et Kimitaka qui vont tout faire pour aider Hana et qui vont y parvenir cimentant un peu plus leur amitié ainsi. C’est vraiment un chouette petit groupe qu’ils forment. J’ai également beaucoup aimé l’abnégation de Tsubura et son honnêteté envers lui-même. Il est parfaitement conscient de ses failles et les assume, c’est un joli message. J’espère qu’il aura droit à son happy end lui aussi.

Enfin parlons tout de même un peu de danse, puisque c’est quand même le sujet principal de ce titre. Si je ne suis pas forcément fan des scènes où elle intervient, faute de trop de termes techniques qui me saoulent et d’un manque de talent des personnages qui rendent ces passages pénibles à regarder. J’ai tout de même trouvé une nette amélioration sur la fin du tome où l’entraînement de Kimitaka ainsi que le fait qu’il se sente mieux dans sa peau grâce à ses amis, finissent par payer. On a ainsi de très jolies scènes qui préfigurent peut-être de quelque chose de plus intéressant pour la suite. En attendant Le chant des souliers rouges reste un très joli titre sur l’amitié, le dépassement et l’acceptation de soi malgré ses difficultés sociales. J’adore.

Tome 4

Y a pas à dire, il se dégage un charme inexplicable de cette série. Le rythme est là, il ne se passe pas grand-chose mais j’adore l’ambiance toute douce amère qui s’en dégage. C’est plein d’émotion, de sentiments, de passion contenue, etc.

C’est aussi une belle ode à l’amitié et aux liens entre les générations. Les scènes où Hana et ses amis côtoient la propriétaire de la boîte de flamenco sont de toute beauté. J’ai adoré leurs conversations. Mizu Sahara parle vraiment très joliment du flamenco et de toute la culture qu’il y a autour. On la découvre petit à petit au fil des pages et j’aime de plus en plus alors qu’à l’origine j’avais plein d’a priori dessus et que je pensais ne pas être fan.

Le titre est aussi riche en belles scènes d’amitié entre Hana, Tsubara et Kimitaka. J’aime beaucoup le trio. Ici, c’est Tsubura qui est mis en avant et il est particulièrement touchant grâce à l’histoire triste de son premier amour que l’on vit avec lui. La mangaka n’est jamais condescendante, au contraire elle parle des amours de jeunesse avec beaucoup de justesse. Elle retranscrit très bien le mal être qu’on peut ressentir quand ça se passe mal mais aussi l’aveuglement que l’on éprouve parfois envers la personne qu’on aime qui nous fait oublier ses défauts et l’accepter telle qu’elle est. C’est très joliment raconté et mis en scène. Je suis fan.

L’histoire est peut-être assez banale au finale mais la façon dont Mizu Sahara nous raconte ces années de la fin de leur enfance me touche beaucoup.

Tome 5

A un tome de la fin, l’histoire est toujours aussi belle et porteuse de belles valeurs. On sent de plus en plus que les garçons sont bien dans leur peau maintenant et qu’ils veulent faire le bien d’autrui.

La première partie où Kimitaka s’appuie sur ses deux amis pour participer à un concours et rendre hommage à tout ce que lui a appris Mme Morino m’a beaucoup touchée. C’est un très beau message sur la reconnaissance envers ceux qui nous tendent la main, mais aussi un joli passage de relai entre deux générations. C’était beau de le voir autant travailler avec ses amis et de le voir également les aider. Chacun a compris qu’il ne peut pas vaincre tout seul et que c’est en demandant de l’aide à ses amis qu’il peut avancer. C’était aussi mignon tout plein de voir les différentes interprétations d’une scène selon qui la regarde, les quiproquos que cela créés sont assez amusants, cela donne une ambiance douce et bienveillance, très chaleureuse.

La seconde partie, plus rapide, reste sur cette voie avec un autre trio où l’un des membres a besoin d’aide. C’était aussi touchant de voir Tominaga tout faire pour reconquérir son amie mais de la mauvaise façon, alors qu’elle aurait juste dû être honnête avec elle depuis le début. Le parallèle avec le passé du grand-père de Kimitaka était très bien trouvé. C’était touchant de maladresse et ça montre combien il est important de se parler.

Ce titre qui ne paie pas de mine continue à remuer quelque chose en moi à chaque tome et à me donner le sourire par les valeurs positives qu’il transmet. C’est vraiment une valeur sûre.

Tome 6

C’est souvent avec tristesse qu’on referme le dernier tome d’une série et bien moi, c’est avec le sourire que j’ai refermé celui-ci. Tout au long de ces six tomes, la série aura su toucher mon coeur, les personnages auront su toucher mon âme. A travers cette courte tranche de vie de quelques adolescents mal dans leur peau, Mizu Sahara a su faire une histoire éminemment positive et encourageante.

Quels changements pour notre groupe de trois copains depuis qu’on les a rencontrés ! Dans ce tome, on est voit tous enfin pleinement heureux et satisfait de leur vie. C’est tellement bon de leur voir avancer ensemble avec le sourire, que même leurs petits foirages de temps en temps nous font plus sourire qu’autre chose. Ils n’ont les pensées sombres qu’ils avaient autrefois et sont devenus vraiment lumineux.

C’est encore plus le cas pour Kimitaka, le héros, que l’on suit depuis le premier tome. Ça va mieux à l’école, ça va mieux avec sa famille et à la fin de ce tome, ça va mieux dans sa vie perso. Grâce à sa rencontre avec Takara, il a enfin réussi à sortir de la déprime, il a trouvé un but, il s’est ouvert aux autres. Sa passion pour le flamenco est superbe. Les pages où il danse sont à couper le souffle et les sentiments qu’il met dedans serrent le coeur.

Parce qu’il faut bien le reconnaitre que ce dernier tome aborde enfin un élément qu’on attendait depuis le début : la rencontre Kimitaka – Takara. On avait beaucoup suivi le premier mais très peu la dernière, alors quel plaisir de voir le mangaka semer les graines pour leurs retrouvailles à un moment où Takara a autant besoin de Kimitaka que celui-ci avait eu besoin d’elle au début. La boucle est désormais bouclée et de la plus belle des façon. Ils vont pouvoir désormais apprendre à se découvrir et avancer ensemble pour surmonter les difficultés qui se présenteront.

Le chant des souliers rouges aura été un très beau shonen tranche de vie du début à la fin, avec son dessin doux et plein de poésie, ses personnages courageux mais marqués par la vie aussi bien chez les adultes que les enfants, et surtout ses valeurs très positives d’entraide et de dépassement de soi. J’espère pouvoir bientôt lire d’autres oeuvre de cet auteur.

Ma note : 16 / 20

4 commentaires sur “Le chant des souliers rouges de Mizu Sahara

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