Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Le fil du destin de Kaho Miyasaka

Titre : Le fil du destin

Auteur : Kaho Miyasaka

Éditeur vf : Panini (shojo)

Années de parution vf : 2017-2022

Nombre de tomes vf : 7 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Rino Sakuragi est secrètement amoureuse de Ren Kiritani, l’un des quatre membre du groupe d’amis inséparables qu’elle forme avec Chihiro et Hinase. La jeune fille a subit dans le passé une terrible humiliation de la part de son premier amour et est persuadée de ne pouvoir plaire à Ren qui est très populaire. De son coté, le jeune homme ne fait pas mystère de l’amour qu’il porte à sa petite camarade, mais sans effet : Rino est tout simplement incapable de décrypter le moindre signe d’affection de sa part. Pourtant cette année Ren a décidé de se déclarer clairement. Mais, alors que le jeune homme semble enfin parvenir à ses fins, Rino ressent de curieux symptômes…

Mes avis :

Tome 1

Après le Fil rouge (Akaiito), voici la série dérivée consacrée à Rino : Le fil du destin – Vive l’originalité des titres ! Kaho Miyasaka reprend les mêmes éléments qui ont fait la réussite du précédent titre pour lancer cette nouvelle saga. Malheureusement, cela donne aussi un petit goût de réchauffé à l’histoire même si je suis contente de retrouver toute la petite équipe.

Ainsi, nous reprenons juste après la fin de la précédente série mais c’est Rino et Kiritani qui sont les personnages principaux cette fois. Pour ceux qui n’auraient pas lu le Fil rouge, leur romance peut sembler aller un peu trop vite, pour les autres, on se dit que ce n’est pas trop tôt et en même temps, l’aureure ne s’est pas beaucoup foulée pour les coller ensemble. Mais le propos de ce titre, n’est pas là. On comprend très vite dans le ton employé par le narrateur qu’un drame est en train de se jouer. La romance n’est donc que l’amorce à cette nouvelle intrigue qui s’annonce plus sombre et complexe que dans sa série soeur. Malheureusement, la mangaka est encore assez maladroite et cela sonne surtout très creux.

Alors si j’ai aimé retrouver tous les personnages du Fil rouge, le cadre du club de kendo et l’humour qui caractérise Kaho Miyasaka, je ne sais pas si je vais autant aimer cette suite que la précédente saga. J’ai peur qu’on tombe trop vite dans le larmoyant et ça m’ennuie d’autant plus que j’ai toujours beaucoup aimé Rino et Kiritani et que je sentais un vrai potentiel dans leur couple. Alors j’attends de voir un peu la direction que ça va prendre et je vais croiser les doigts qu’on n’ait pas trop de mélo ^^’

Tome 2

Je suis un peu déçue par ce tome. La romance prend énormément de place et est très cul cul. L’auteure avait introduit l’idée d’une maladie pour Rino qui ne me plaisait pas forcément mais je voulais qu’elle soit bien exploitée. Pour le moment, je ne sais pas trop vers quoi on se dirige. Les premiers signes de la maladie continuent à apparaître mais ce n’est qu’en trame de fond. L’histoire naissante entre Rino et Kiritani prend vraiment toute la place et comme ils sont hyper maladroits l’un et l’autre, ça donne quelque chose d’un peu lourd et longuet. J’ai tout de même apprécié que l’auteur n’oublie pas le frère de Chihiro qui est aussi amoureux de Rino. Il fait cliché comme rival mais au moins son introduction dans la série mère n’a pas servie à rien. De plus, il permet de faire entendre Kiritani qui est assez inhibé sinon. J’ai aussi apprécié de voir Rino se révéler aux yeux de tous et assumer « sa part d’ombre ». Ainsi elle fait moins lisse. Maintenant, j’attends vraiment de voir comment la mangaka va gérer de front la maladie et la romance de Rino. Le grand père de cette dernier, qu’on a enfin introduit ici, semble désormais se douter de quelque chose alors peut-être que ça va enfin pouvoir avancer.

Tome 3

Ma déception se poursuit. J’ai beaucoup de mal avec le ton de cette nouvelle série. L’auteure oscille entre humour forcé et drame appelant à faire pleurer dans les chaumières. Rien n’est naturel et c’est tout le problème. Du coup, je n’accroche pas à la romance entre Rino et Ren alors que j’étais fan de ses prémices dans la 1e série. Je les trouve ridicules la plupart du temps comme s’ils surjouaient les situations. C’est pareil pour Yû, le frère de Chihiro, je ne le reconnais plus tellement il est insistant avec Rino et je n’aime vraiment pas ça. Concernant la maladie de Rino, celle-ci prend de plus en plus de place dans l’histoire. Si on ressent bien la détresse de Rino face à ce qu’elle croit être son futur à cause de sa maladie, je trouve que l’auteure en rajoute des caisses pour toucher le lecteur et ça m’agace. Je n’ai jamais trop aimé tout ce qui est trop mélodramatique et j’ai vraiment peur de tomber là-dedans dans les prochains tomes.

Tome 4

L’histoire reste mignonne et plein de bons sentiments, mais je n’accroche toujours pas. Il y a encore et toujours les mêmes problèmes de ton. Rien ne sonne juste. Ça fait très toc et j’ai même peur qu’au final, l’auteur nous entourloupe pour nous dire que finalement Rino n’a pas la SLA ce qui serait fort dommage. J’ai vraiment l’impression de m’être faite avoir sur cette romance que j’avais tant envie de découvrir en lisant Le Fil rouge. Alors certes Kiritani est adorable avec Rino, toujours là pour elle, pour l’aider et la soutenir. Rino parle enfin de ses soucis à Chihiro, qui du coup est aussi présente pour elle. Mais franchement, c’est beaucoup trop prévisible et ça manque cruellement de subtilité.

Tome 5

Je vais peut-être me montrer sévère mais pour moi on tombe de plus en plus dans les clichés du genre. Tout est trop facile, trop prévisible. Les personnages sont trop gentils. Il n’y a aucune surprise, du coup, je m’ennuie. Oui, Rino est malade mais a-t-on besoin de sombrer autant dans le drama à 2 francs 6 sous ? La question de la maladie et du handicap est tellement mieux traitée dans Perfect World, même si oui, je sais, le héros ne va pas mourir, lui. Ici on n’arrête pas de parler de la maladie de Rino qui est enfin confirmée mais on reste trop en surface. C’est bien beau de voir tout le monde se plier en quatre pour elle, voir Ren hyper attentionné, suivre ses aveux à Chihiro, les voir partir en voyage avec son amoureux, mais ça n’apporte rien. Et puis, j’avoue, je n’avais pas acheté cette série au début pour la voir aller dans cette direction, donc ça m’embête parce que je n’aime pas ce genre d’histoire. Je continue parce que j’ai commencé mais j’espère la voir bientôt se conclure.

Tome 6

Pour conclure cette série de Kaho Miyasaka, une ancienne gloire de leur catalogue, commencée en 2017 et stoppée en 2018, Panini fait plaisir à ses lecteurs en proposant 2 tomes doubles regroupant les 4 derniers tomes.
Voici le premier des deux. Tout comme avec Honey Bitter par exemple, l’éditeur se débarrasse de la jaquette au profit d’une couverture cartonnée souple normale et il accole les deux tomes à la suite, ajoutant en toute fin certaines pages bonus. Nous ne perdons donc rien.

L’histoire du Fil du destin étant simple, il est facile d’y raccrocher. Ce titre pour rappel est le spin-off du Fil rouge, une série en 9 tomes mettant en scène des couples d’ados amis entre eux. Tandis que la première met en scène Chihiro et Hinase, les deux plus extravertis, le Fil du destin s’attache à Rino et Ren, leurs meilleurs amis plus discrets. Dans les premiers temps, la série était on ne peut plus banale mettant en scène une romance entre deux jeunes gens timides et maladroits manquant de confiance en eux malgré leur attirance. Mais dans un second temps, l’autrice a fait basculer son histoire dans le mélodrame avec la découverte d’une maladie grave chez Rino.

C’est le développement et les conséquences de cette maladie qui sont au coeur de ces nouveaux chapitres. Rino souffre de la maladie de Charcot qui va petit à petit la paralyser. Elle vit ses derniers instants d’ado insouciante auprès de son petit ami, profitant au maximum de son corps tant qu’il le peut encore. Malheureusement la maladie progresse vite et elle doit se battre à chaque instant.

Il est poignant de voir la lutte que mène la jeune fille, les doutes qui s’emparent d’elle souvent et la détresse qui est la sienne. le récit des conséquences sur son quotidien est on ne peut plus réaliste. Oui, c’est bien beau de vouloir faire comme si on était fort et qu’on pouvait tout surmonter, mais parfois c’est impossible et la série le montre très bien. L’autrice est honnête. Elle alterne entre lumière et courage, et ombre et découragement. J’ai également aimé voir les conséquences sur l’entourage de Rino, son petit ami en tête. Ren fait tout son possible mais ce n’est qu’un garçon de 17 ans. Alors ce n’est pas facile pour lui et leurs familles veulent aussi leur faire comprendre que ce sont encore des enfants malgré les grandes décisions pour leur avenir qu’ils souhaitent prendre dans la fougue de ce premier amour si complexe déjà.

Je ne suis pas une grande fan de série mélodramatique alors ce ne fut pas aisé pour moi de lire ce double tome. J’ai souvent trouvé la maladie trop présente, mais c’est parce que je n’aime pas ce thème. Je reconnais cependant que pour ceux qui apprécie le sujet, il est bien traité. L’autrice aborde les difficultés intimes que cela implique pour Rino mais aussi pour son couple avec Ren. Elle aborde le poids du handicap pour la famille, la panique qui peut saisir. Mais elle évoque également l’importance des proches famille et amis pour aider au quotidien concrètement mais également juste sur le moral en étant présent. Il y a donc plein de belles choses.
Je salue le travail éditorial de Panini qui a le mérite d’offrir la conclusion de cette ancienne série à son lectorat. C’est un beau sacrifice car je crains que beaucoup ne reprennent pas la série et encore moins ne la commencent. Celle-ci change des bluettes lycéennes habituelles de l’autrice. Elle montre ici plus de profondeur que dans ses dernières romances qui étaient assez banales. Si on aime les histoires sur fond de maladie, il y a tout pour se régaler car l’autrice est assez juste. Alors si vous êtes intriguez, laissez-vous tenter pour soutenir l’éditeur et l’encourager à peut-être reprendre d’autres séries.

Tome 7 – Fin

Panini termine donc cette série originellement en 9 tomes au Japon avec ce double volume mettant en scène la conclusion de l’histoire d’amour de Ren et Rino sur fond de maladie de Charcot (SLA). Je craignais une dramatisation trop extrême. Elle n’est pas absente mais bien mieux gérée que je ne le craignais.

En effet, je ne suis pas forcément une grande fan des histoires où l’un des héros est malade. Je trouve la vie assez triste sans en plus devoir retrouver la maladie dans mes lectures. J’ai donc commencé, à l’origine, cette série sans savoir que l’héroïne aller développer cela et que l’histoire allait tourner autour. Cependant quand je me suis retrouvé avec ce développement, cela ne m’a finalement pas gênée parce que l’autrice s’est vraiment attachée à nous en montrer bien l’ensemble des aspects, positifs comme négatifs. Il en va de même dans cette conclusion.

Nous retrouvons notre couple alors qu’ils entament leur dernière année au lycée avec tout ce que cela implique déjà en tant que lycéens, mais en prime avec la maladie de Rino qui a bien progressé vu qu’elle est désormais sur un fauteuil. Ce ne sont donc pas des lycéens comme les autres, avec les mêmes interrogations. Certes, ils pensent à leur futur, à ce qu’ils feront après le lycée, à quel métier ils font faire, mais cela concerne surtout Ren et leurs amis Chidori et Hinase. Rino a d’autres questions en tête liées à sa santé.

Je ne suis pas forcément fan du modèle mis en avant ici, avec un Ren qui demande Rino en mariage et une Rino qui veut des enfants. C’est un peu trop classique pour moi. Mais en même temps, c’est le modèle et le souhait de la majorité des gens, j’ai l’impression, donc pourquoi pas. Le désir de Ren de l’épouser au plus vite s’entend par le fait qu’il souhaite vivre avec elle pour être un pilier dans sa vie. L’envie de Rino d’avoir des enfants s’entend également car elle souhaite profiter pleinement de sa vie de femme en allant jusqu’à la maternité. Aucun des deux ne veut avoir de regret même si ça signifie aller vite, très vite.

J’ai aimé quand même que l’autrice prenne le temps de décortiquer et analyser leurs décisions, d’en voir l’impact sur eux en tant qu’ado, mais également sur leur famille vu tout ce que ça leur demande. C’est honnête. J’ai apprécié aussi qu’elle nous montre cela sous un jour nuancé car les héros sont tantôt enjoués, tantôt un peu déprimés. L’autrice montre combien vivre avec la maladie et l’évolution de celle-ci peut être dur, mais aussi toute la force qu’on peut trouver dans le bonheur de sa relation aux autres, amant, amis ou famille. C’est au final très positif et on ressort de cette lecture avec une vraie bouffée d’émotion envers le duo qui a été jusqu’au bout de ses sentiments avec tellement de fraîcheur et d’honnêteté.

Ainsi, même si on a droit à une bonne dose de mélo, on ne tombe pas non plus dans le misérabilisme dans cette conclusion, et c’est ce qui est à retenir, ce message positif et lumineux d’un amour à toute épreuve, qui ne renie pas la maladie mais vit avec et continue à avancer. C’était très beau et émouvant.

Un commentaire sur “Le fil du destin de Kaho Miyasaka

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s