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La horde du Contrevent d’Alain Damasio

 

Titre : La Horde du Contrevent

Auteur : Alain Damasio

Editeur : La Volte (grand format) / Folio SF (poche)

Année de parution : 2004 (grand format) / 2007 (poche)

Nombre de pages : 521

Résumé : « Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueules, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont. Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime. »

Mon avis :

Ça faisait longtemps que j’entendais parler de ce titre. On me l’a souvent présenté comme un OVNI, un objet livre, une expérience livresque à faire avec un style qu’on adore ou qu’on déteste. C’est exactement ça !

Tout d’abord, il faut dire qu’Alain Damasio a voulu faire de ce livre un vrai concept. Il a inventé une narration qui lui est propre où chaque voix est annoncée par un signe qui correspond au personnage, ce qui peut perturber au début mais qu’on intègre assez vite ensuite. Il a aussi numéroté son livre à l’envers, on démarre à la page 521 et on finit à la 1ère. Enfin, il a joint un CD avec que j’avoue ne pas avoir écouté passé la première piste qui ne m’a pas séduite (mélange de musique éphémère en arrière-plan avec une voix grave et feutrée par-dessus, bof). J’ai trouvé franchement que c’était beaucoup d’esbroufe pour pas grand-chose au final.

De même, l’auteur a un style très ampoulé qui peu vite agacer. Ce fut mon cas et j’ai eu du mal à adhérer aux premiers chapitres à cause de ça. On sent clairement qu’il attend qu’on lui dise : « C’est bien mon grand, tu écris bien, tu as du style. » et du coup je trouve cela très surfait, limite pédant et arrogant. Je n’ai pas du tout adhéré et ça m’a fait sortir de l’histoire plus d’une fois. Et c’est bien dommage parce que l’histoire, elle, vaut clairement le coup.

En effet, Alain Damasio, dans ce roman, réussit à créer un univers riche et fascinant. Il insuffle une atmosphère pleine de mystère, de passion et d’aventure. Le monde de la Horde est palpable. On vit un vrai voyage dans tous les sens du terme avec les personnages. On pourrait presque se croire le passager clandestin de leur troupe. La Horde vit dans un monde où le vent fait force de loi. La Horde a pour mission de remonter ce vent à contre courant pour trouver son origine qui serait aussi l’origine de leur monde mais c’est une mission ubuesque.

Dans un premier temps, j’ai eu du mal à m’imaginer ce monde tellement différent du nôtre dans tous ces concepts. J’ai aussi eu du mal à comprendre le sens de la quête de la Horde. Et puis, j’ai fini par me laisser porter par leur voyage et j’ai passé un très bon moment. J’ai eu l’impression de revivre les sensations que j’avais eu en lisant le manga, Ascension, sur l’alpinisme. Je retrouvais le même goût de la performance, du dépassement de soi, la même envie d’être le premier à accomplir un exploit, à faire une découverte et à comprendre la nature profonde du monde. C’est la grande force de ce titre.

Par contre, je ne me suis pas du tout attachée aux personnages, peut-être à cause de la narration si particulière d’Alain Damasio qui faisait qu’on alternait les points de vues, ce qui dispersait notre intérêt même si certains personnages revenaient plus souvent que d’autres. J’ai aussi eu quelques passages à vide pendant leur voyage où ils restaient trop longtemps au même endroit ou ressassaient les mêmes questions existentielles ce qui me lassait.

Certains ont peut-être été déçus par la conclusion de leur mission, moi je l’ai trouvé passionnante et fascinante. Il y a une vraie réflexion métaphysique sur notre rapport à la mort et à l’existence. J’y ai également vu comme un hommage aux grands explorateurs des temps anciens et un appel pour ceux des temps futurs. Lire La Horde du Contrevent est une expérience à faire pour tout fan de SF, de fantasy ou juste d’aventure !

Ma note : 15 / 20

6 commentaires sur “La horde du Contrevent d’Alain Damasio

    1. Disons que j’aime quand l’originalité a un sens, une fin et ici je ne trouve pas que ce soit le cas, c’est plus un effet de manche ^^
      Mais j’invite tout le monde à tester parce qu’il y a un vrai souffle dans cette quête.

      Aimé par 1 personne

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