Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Quartier lointain de Jirô Taniguchi

Titre : Quartier Lointain

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur vf : Casterman – Ecriture

Année de parution vf : 2002

Nombre de tomes : 2 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Hiroshi Nakahara est dans la force de l’âge. Un peu plus que ça, même, à 48 ans cet homme d’affaire est très occupé, pris par sont travail et les voyages que cela implique. L’histoire commence donc fort logiquement dans une gare. Notre héros prend son train, mais s’aperçoit bien vite qu’il s’est trompé… et ne tarde pas à comprendre qu’il retourne en fait vers sa ville natale qu’il n’a plus vu depuis bien longtemps. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il profite du temps à passer dans sa ville pour la redécouvrir, la visiter. Ses pas l’amènent au cimetière, vers la tombe de sa mère. Pendant qu’il se recueille, il est pris de vertige. Et il se retrouve jeune homme, dans le passé, dans son passé, mais avec ses souvenirs, sa perception et sa maturité d’homme. Le passé devenu présent se déroulera-t-il de la même façon ?

 

Mes avis :

Tome 1

15 ans après sa sortie, je redécouvre Quartier Lointain, le titre qui m’a fait découvrir Jirô Taniguchi. J’avais peur de ne pas éprouver le même plaisir de lecture qu’à l’époque, peur que mon souvenir ait embelli les choses mais non, ce titre est vraiment un indispensable pour tout lecture de mangas et en particulier de seinen.

Dans une ambiance fantastique douce et mélancolique, le mangaka raconte la quête d’un homme adulte, quête qui va le ramener au printemps de ses 13 ans (?) juste avant que sa vie ne bascule. Jirô Taniguchi est très doué pour poser cette ambiance qui happe le lecteur dès les premières pages. On retrouve un japonais typique, employé dans une entreprise, en voyage d’affaire, un peu blasé, qui sans s’en rendre compte se retrouve dans un train le ramenant dans sa ville d’enfance. On sent de suite que la vie qu’il mène ne lui convient pas, qu’il lui manque quelque chose et pour combler ce manque le mangaka décide de le faire retourner dans son passé. Est-ce un voyage dans le temps ou un rêve ? Le lecture l’ignore et ça ne gêne en rien, ce n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est ce retour dans ce passé où il va réapprendre à aimer ce qu’il trouvait agaçant et banal à l’époque, mais aussi où il va revoir sa vie de famille d’un nouvel oeil. Il sait ce qu’il va se passer, il sait que sa vie sa changer bientôt. Doit-il changer ce passé ou le laisser arriver ? C’est la question qui va l’animer et en même temps il profite pleinement de ce passé qu’il peut désormais revivre. Ainsi on revit avec lui ses années collèges, ses premiers émois, ses moments entre copains, ses moments en famille, etc, le tout dans un Japon en phase d’ouverture vers l’Occident. Ce manga est donc aussi intéressant de ce point de vue là. C’est à la fois un conte fantastique et le témoin d’une époque désormais révolue.

Les personnages sont classiques mais attachants. Le héros est banal ce qui permet de bien s’identifier à lui. Ses camarades qu’il retrouve ont un côté un peu évaporé, comme s’ils étaient juste des témoins jalonnant son parcours. Je le regrette un peu. Sa famille a un peu le même problème, sauf son père mais c’est normal vu qu’il est au coeur du voyage qu’il effectue. Cependant la découverte du passé de sa mère en fin de tome est touchante et explique pas mal de choses.

Ce premier tome est donc une excellente mise en bouche pour un diptyque qu’on sent déjà bien pensé et maîtrisé. Je regrette peut-être juste le trop grand classicisme aussi bien au niveau de la narration que du découpage des planches.

Tome 2

Dans ce second tome, l’ambiance fantastique s’efface peu à peu au fur et à mesure que la nouvelle réalité d’Hiroshi devient la nouvelle norme. On s’attarde encore plus sur le parallèle entre Hiroshi et son père. Taniguchi a un grand talent pour nous conter l’histoire de ces deux hommes un peu perdus dans leur vie et dans leur famille.

Hiroshi découvre au fur et à mesure qu’il se rapproche du jour fatidique que comme lui son père a tout pour être heureux et que pourtant il lui manque quelque chose sans savoir ce que c’est. Il se retrouve ainsi en lui, puisque lui aussi fuit sa famille mais grâce à ce voyage il va aussi réaliser ce qu’il veut, ce qu’il risque de perdre et ce qui va lui manquer. Il va également réaliser qu’il n’est pas son père, qu’il n’a pas vécu les mêmes choses et n’a pas les mêmes aspirations.

Le passé des parents d’Hiroshi est d’ailleurs très fort et intéressant. J’aime beaucoup quand les auteurs japonais relatent leur vision de la seconde guerre mondiale en se servant des simples soldats japonais comme porte-parole. J’aime aussi quand on nous parle de la façon dont les femmes ont vécu cette période et les années d’après. La mère d’Hiroshi en est le modèle parfait. Cette femme m’a beaucoup touchée d’ailleurs, elle a beaucoup de force et de courage. C’est un vrai modèle.

Ainsi ce court manga en deux tomes est vraiment très bien ficelé. L’ambiance est calme, posée et mélancolique. Les thèmes sont forts et intéressants. L’histoire est bien racontée, les personnages sont attachants. C’est un titre simple mais qui sort du lot et qu’il faut découvrir !

Ma note : 18 / 20

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