Livres - Romance

Le duc diabolique de Katharine Ashe

Titre : Le duc diabolique

Auteur : Katharine Ashe

Editeur vf : J’ai lu – Pour elle (Aventures & Passions)

Année de parution vf : 2018

Nombre de tomes : 4 (série terminée)

Résumé du tome 1 : Héritière d’un duc, lady Constance est aussi un agent du Falcon Club, société secrète qui recherche des personnes disparues. Sa position sociale lui est fort utile pour enquêter, et sa prochaine mission concerne justement un duc pervers… que son père s’est mis en tête de lui faire épouser ! Constance, qui n’a rien d’une faible femme, décide d’apprendre l’escrime pour se défendre en cas de danger. Or, Evan de Saint-André, l’homme qui se présente pour être son maître d’armes, n’est autre que celui qui a bouleversé sa vie six ans plus tôt…

Mes avis :

Tome 1 : Coeur de fripouille

Quand j’ai choisi ce livre, j’étais sûre de passer un bon moment. J’avais aimé la précédente série de l’auteure parue en France : Trois soeurs et un prince. Je partais en terrain conquis, du coup, la chute fut encore plus dure… Je ne suis jamais vraiment rentrée dans cette romance et il me tardait juste que ça finisse.

Le plus gros problème de ce titre, c’est que c’est un spin-off d’une série qui n’a pas été éditée en France, ce qui fait qu’il y a plein d’éléments qui nous manquent pour tout comprendre. On nous présent plein de personnages qui sont liés les uns aux autres mais on ne comprend pas bien comment ou du moins pas pleinement et pour moi ce fut un vrai frein. Ça m’a agacé de ne pas savoir tous les tenants et aboutissants du Falcon Club alors que je sentais bien que l’auteure en avait parlé quelque part avant, ce qui a été confirmé à la fin. Du coup, on évoque des événements, des liens, des personnages rapidement pensant que le lecteur les connait or ce n’est pas le cas chez nous. J’ai lu a vraiment mal fait son boulot ici.

Deuxième point négatif, c’est la narration. Clairement il y a eu un souci dans l’écriture de ce récit. On sent à chaque chapitre que Katharine Ashe a dû trancher et enlever des scènes, les coupes éditoriales sont hyper visibles. Cela donne un récit à la structure bancale, avec un rythme saccadé et des moments où on a l’impression de passer du coq à l’âne. Le fait que l’héroïne ne soit pas très stable non plus renforce ce sentiment.

On en vient au troisième point négatif, des personnages agaçants au possible qui changent sans arrêt d’avis et nous font tourner en bourrique. C’est dommage parce qu’il y avait un vrai potentiel chez eux, entre Constance qui recueille des infos pour le Falcon Club et qui est très courageuse, et Saint, qui est une fine lame, fidèle et caustique. Malheureusement, ensemble, ils sont juste insupportables. Ils se tournent autour, donnent l’impression d’être sûrs d’eux, d’être frivoles même parfois et d’un coup le souffle retombe sans prévenir et c’est ultra froid entre eux. Je ne vous dis pas combien c’est agaçant, surtout que ça se répète et se répète. J’ai bien compris au bout d’un moment pourquoi l’auteure faisait cela, ça avait un lien avec ce qui était arrivé à Constance mais ce fut tellement mal amené que ça n’a pas pris avec moi. Je ne me suis pas attendrie sur ses blessures et son indécision a continué à m’agacer. Je n’aime pas quand on souffle le chaud et le froid comme ça.

Du coup, malgré le désir d’apprécier ce couple qui me semblait tout feu, tout flamme au début, il m’a vite agacé. J’avais espoir que leurs aventures, leur quête de cette société secrète qui enlève les jeunes filles, les rapproche et leur fasse arrêter leur manège mais jusqu’au bout ils se seront montrés agaçants. Dommage.

Peut-être aurais-je plus apprécié ce titre si j’avais pu lire la précédente saga sur le Falcon Club. Je laisse tout de même sa chance à la série avec un deuxième tome consacré à un autre membre du Club qu’on découvre par moment ici à travers sa correspondante avec une fameuse journaliste. Mais s’il y a les mêmes défauts, la suite se fera sans moi.

Tome 2 : Un ami d’enfance

J’ai quand même bien fait de poursuivre la série parce que même si elle n’est pas exempt de défauts, cette suite frôle le coup de coeur pour moi.

On retrouve cette fois, Pèlerin, le secrétaire du Club, et Lady Justice, deux personnages qui ont passé leur temps à s’invectiver par courriers opposés mais qui ont ainsi tissé une étroite relation qu’aucun ne veut reconnaître. Ajoutez là-dessus que ces deux-là se connaissent très bien sans le savoir, qu’ils ont un passé commun merveilleux et houleux à la fois, et vous avez tous les ingrédients pour faire une romance piquante comme je les aime.

Colin, alias Pèlerin, est le nouveau comte d’Egremoor. Il a longtemps travaillé à aider les autres avec le Falcon Club mais il a été trahi par celui qu’il considérait comme son mentor. Il se cherche donc maintenant un nouveau but dans la vie en quelque sorte. Emily, alias Lady Justice, est une aristocrate non conventionnelle qui lutte pour les droits des minorités dans des pamphlets qui se vendent comme des petits pains aux quatre coins du pays. Tous les deux se sont connus enfants, ils étaient très proches, comme les deux doigts de la main, mais cela a brutalement changé un jour et Emily ne l’a jamais pardonné à Colin. Ils ne se voient donc quasiment plus et sans un certain concours de circonstances, ils n’auraient sûrement jamais recroisé le chemin de l’autre lors de l’aventure qui va nous occuper.

Car en effet, c’est dans une vaste aventure que va nous embarquer Katharine Ashe dans ce tome. Une aventure qui sera à la fois drôle, savoureuse, prenante, pleine de passion et de rebondissements. Colin et Emily vont partir sur les routes à la recherche de personnes disparues et vont sans le vouloir se retrouver pris dans un engrenage qui va les pousser à fuir et fuir encore ensemble alors qu’ils ont du mal à se supporter.

C’est très amusant de les voir ensemble au début. Leur relation est électrique. Chacun campe sur ses positions et ses idéaux, le dialogue est impossible. Puis, peu à peu, la discussion devient possible. Ils s’ouvrent, se montrent honnêtes, montrent leurs faiblesses et deviennent terriblement touchant. Colin ne se rend pas bien compte mais il a eu une enfance horrible dont Emily a été le témoin et qui a laissé des traces sur l’homme adulte qu’il est devenu. Sa peur de l’engagement, des relations, vient tout droit de là. Emily, elle, s’est forgée un solide caractère en amoureuse de la liberté qu’elle est, grâce à des parents qui l’ont toujours soutenu. C’est donc difficile pour Colin d’accepter quelqu’un qui va tellement à rebrousse poil de ses idées. Mais c’est justement cette opposition qui va être le sel de leur relation et de leur rapprochement au fil des aventures qu’ils vont vivre.

Bien sûr, je n’ai pas oublié les défauts que je reprochais à la série. Il y a encore pas mal d’allusions au Falcon Club que je n’ai pu saisir et ça m’a bien agacée, mais j’ai trouvé celles-ci moins nombreuses et ça ne gênait pas vraiment l’histoire cette fois. L’autrice n’a pas sabré dans l’histoire comme la dernière fois, du coup on a eu un récit riche et bien construit avec un joli développement de la romance. Celle-ci avait tous les ingrédients que j’aimais à commencer par le fait que ça concernait des amis d’enfance. De plus, l’humour était omniprésent et je me suis amusée de bien des situations et bien des échanges. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture et j’espère vraiment que le tome consacré du Duc diabolique et Amarantha.

Tome 3 : A la recherche d’un souvenir

Alors que je croyais à un accident de parcours sur le tome 1 après l’excellent moment que j’avais passé par la suite avec les aventures d’Emily et Colin, quelle déception que ce tome, qui fut décousu et abracadabrantesque !

Je ne sais pas ce qui a pris à l’autrice et à son éditeur en vo de laisser passer un tel texte mais il y a vraiment des failles majeures dans la construction du récit avec des enchaînements sans queue ni tête, des personnages qui prennent des décisions absurdes, des pardons accordés sans raison, etc. C’est un peu la valse au n’importe quoi.

Et pourtant, l’histoire avait du potentiel. On se retrouve à suivre la soeur d’Emily, Amarantha, qui a décidé sur un coup de tête d’épouser un pasteur missionnaire, mais qui au cours d’une tempête dans un port, va avoir le coup de foudre pour un capitaine de vaisseau. Leur alchimie est de suite évidente, leur première nuit « ensemble » est électrisante alors qu’il ne se passe rien, et tout s’emballe très vite entre eux. On pouvait s’attendre à une belle histoire mais l’autrice a décidé comme son héroïne de n’en faire qu’à sa tête et a inutilement compliqué leur histoire tout du long avec de faux obstacles, beaucoup d’entêtement et des peurs très faiblement ancrées quand on y réfléchit…

C’est doublement dommage qu’à côté, l’autrice a imaginé une double intrigue passionnante autour de la figure du « Duc diabolique » avec une Amarantha qui part à la recherche d’amies dans le besoin, qui ont peur de certains hommes et avec un Gabriel, qui lui a monté un refuge aidant les femmes dans le besoin. L’intrigue avec Amarantha avait le potentiel d’être palpitante et a sa petite atmosphère surtout dans les landes écossaises, celle de Gabriel est un beau message fait aux femmes.

Malheureusement tout ça est englué dans une suite de décisions sans queue ni tête des héros et de ceux qu’ils vont trouver sur leurs chemins. On va se retrouver avec un chantage bidon, un meurtrier et manipulation excusé sur base de rien ou presque, des femmes censées être effrayées dont la peur disparaît d’un coup et des héros qui un coup disent oui avant deux lignes plus bas de dire non sans raison… C’était à la fois frustrant et agaçant.

J’ai donc lu à la fois ce tome avec plaisir car j’aimais le cadre, l’ambiance et le potentiel de ces héros, mais agacement face à l’intrigue mal maîtrisée et mal écrite par l’autrice. Je ne comprends pas que de telles failles aient pu passer entre les mailles d’un vrai travail d’éditeur…

Tome 4 : L’énigme d’un sourire

Je vais me répéter mais quelle série en dents de scie ! Après des tomes 1 et 3 écrits fort maladroitement, le 2 et le 4e ici présent sont à l’inverse excellents ! Je ne comprends pas trop ce qu’a fait l’autrice mais tant pis si ça me permet de me régaler.

Quand on nous a introduit Libby, cette fille de médecin douée avec un scalpel, dans le tome précédent, j’ai de suite eu envie d’avoir une histoire sur elle, surtout qu’elle avait fait forte impression sur le mystérieux ami peintre du Duc. J’ai donc été ravie du choix de l’autrice dans ce tome. Grâce à elle, j’ai eu la romance que j’attendais mais également tellement plus !

Dans les Aventures & Passions, parfois on a juste une romance, parfois on a un texte beaucoup plus riche. Ce fut le cas ici. Avec Libby, nous allons parler de l’exercice de la médecine, de la chirurgie et de leur étude dans l’Ecosse et l’Angleterre du XIXe. Les femmes ne sont tout simplement pas admises à l’université mais Libby est tellement talentueuse et a tellement de caractère qu’elle va trouver une astuce pour quand même y étudier et montrer son talent : se déguiser en homme ! J’ai adoré suivre ses aventures en tant qu’étudiant en médecine, la voir se faire un groupe d’amis, la voir étudier, la voir pratiquer également et concourir pour la première place au classement. Quelle femme !

Mais bien sûr, le roman ne serait pas dans cette collection s’il n’y avait pas une romance et celle-ci a lieu avec le mystérieux peintre : I. Kent, du faux nom qu’il donne en Angleterre, car en fait c’est un prince perse en exil. Par un concours de circonstance, il va accueillir Libby chez lui pendant ses études, lui offrant un camouflage, en échange de quelques heures de pose pour lui. Notre prince va longtemps résister à l’attirance immédiate qu’il a eu pour Libby, la seule à avoir su éveiller son envie de peindre des portraits. Ils vont donc vivre ensemble des jours plein de tension.

C’était cocasse de voir leurs débuts, lui vrai ermite, elle vraie moulin à paroles, lui très sur ses gardes, elle totalement nature. J’ai adoré la façon dont elle le provoque innocemment et parvient à lui tirer les vers du nez petit à petit. J’ai adoré leur lutte pour résister à leurs désirs et l’expression très naturelle de ceux-ci pour Libby, ce qui a de quoi surprendre un gentleman comme Ziyaeddin. C’est une très belle relation d’égal à égal qui va naître entre eux avec un homme marqué par l’exil et les malheurs qu’il a vécu et une femme rongée par sa condition limitée de femme. Quand Libby a sa grosse crise de TOC, j’ai adoré les réactions de Ziyaeddin. Quand celle-ci souffre de son pied amputé, j’ai adoré voir la jeune femme travailler d’arrache-pied pour lui offrir une prothèse adaptée. Ils sont beaux et émouvants ensemble.

L’autrice va leur offrir des épreuves à la dimension de leur nature. Le choix entre son trône et l’amour pour l’un. La libération de ses obsessions pour l’autre. Ainsi ils vont finir pour trouver une très belle 3e voie qui m’aura beaucoup plu et que j’aurais peut-être juste aimé voir un peu plus.

Avec L’énigme d’un sourire, l’autrice aura su écrire une histoire puissante, émouvante et sensuelle où l’amour pour les corps de chacun des héros, à travers l’art ou la médecine, aura su se montrer marquant. J’ai beaucoup aimé parler de peinture avec notre Prince et de médecine mais aussi d’égalité des sexes avec Libby. C’était une aventure moderne et romanesque à la fois, un conte de fée moderne. Une très belle conclusion à cette saga.

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