Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Devil’s line de Ryo Hanada

Titre : Devil’s Line

Auteur : Ryo Hanada

Éditeur vf : Kana (Big)

Années de parution vf : 2015-2020

Nombre de tomes vf : 14 (série terminée)

Histoire : Le démon est humain.L’homme est démon !
La société des hommes n’est pas celle que l’on croit. Sans le savoir, elle abrite une population de vampires qui côtoient les humains tout en dissimulant leur vraie nature. C’est ainsi que Tsukasa, étudiante à la vie tranquille, va en faire l’âpre découverte. Sauvée de justesse par un homme nommé Anzai, elle comprend que ce dernier n’est autre qu’un membre d’une brigade spéciale, chargée de neutraliser les vampires ayant franchi l’interdit : boire du sang humain.
Au contact de la moindre goutte, ces créatures deviennent des monstres incontrôlables, animées par une rage folle… que le jeune Anzai, être hybride, a de plus en plus de mal à maîtriser.
Une irrésistible attirance naît entre Tsukasa et Anzai, dont la soif de sang ne cesse de s’accroître en sa présence… Vampire et humain, prédateur et proie…

Mes avis :

Tome 1

J’ai gagné ce tome lors d’un concours organisé par Fleurs de Sakura Manga. Ce n’était pas forcément le titre que je visais, franchement le fait que ça traite de vampire a plutôt tôt fait de me faire fuir maintenant que l’inverse, mais j’ai eu une très agréable surprise.

Tout d’abord, comme nous sommes dans un seinen, la mythologie des vampires est sombre. On n’est clairement pas sur un titre humoristique même s’il y a quelques traits d’humour. On est plutôt sur un titre violent aussi bien physiquement que psychologiquement.

On suit les aventures d’Anzai, un jeune homme mi-vampire mi-humain qui travaille pour le gouvernement pour chasser les vampires qui ont perdu la tête et commis un crime. En effet, nous sommes dans un univers où l’existence des vampires est connue, où on vit avec eux, mais où on sait aussi qu’ils sont dangereux, alors même si on les apprécie, on les craint aussi. Au détour d’une affaire, Anzai croise le chemin d’une jeune humaine un peu inadaptée, Tsukasa, pour qui il va se prendre d’affection alors qu’il s’était juré de ne pas se mélanger avec eux.

Le scénario de départ est assez simple mais j’ai beaucoup aimé la relation qui se tisse peu à peu entre Anzai et Tsukasa. Ce sont deux personnes qui sont à part dans leur univers. Ils ont du mal à se mélanger aux autres et détonnent. Ils sont très maladroits également. Leur relation balbutiante est donc toute mignonne et j’ai été surprise de trouver ça dans un seinen, je suis ravie que ça casse mes a priori. Bien sûr, lecteurs plus matures obligent, on a quelques brèves scènes qui pourraient être un peu chaudes entre eux mais c’est très léger, c’est plus une promesse (je l’espère ^^) pour la suite.

L’autre point très positif de ce titre, c’est toute l’ambiance et la mythologie autour des vampires. On ne tombe pas sur quelque chose d’édulcoré. Au contraire, on nous montre des êtres qui peuvent déraper à tout moment à cause d’une simple goutte de sang et d’un peu d’excitation. C’est ce qui m’a fait accrocher aux vampires de ce titre d’ailleurs. J’ai également apprécié qu’on se place dans un monde moderne où leur existence est connue et où on cohabite avec eux, il y a même des couples mixtes. Ce monde nous est peu à peu présenté comme étant assez codifié pour eux, avec des lois strictes qui les régissent, ce qui m’a plu aussi. La ville est partie prenante de cet univers très urbain et un brin effrayant, angoissant. J’ai aussi beaucoup aimé.

Les dessins ne sont pas forcément ce que je préfère dans le titre mais ils ont le mérite d’être vifs et incisifs. Il y a un vrai parti pris dans le dessin tout sauf glamour des vampires aussi bien au naturel que quand ils se changent en démon.

L’équilibre entre la romance entre Anzai et Tsukasa, et le travail de celui-ci est bon. Cela donne un titre qui a un bon rythme, dans lequel on ne s’ennuie pas et qui m’a rendue curieuse de découvrir la suite.

Tome 2

Je confirme tout le bien que je pense de cette série. Même si le rythme a ralenti, l’univers se densifie et on ne s’ennuie pas. Dans ce nouveau tome, on s’interroge de plus en plus sur ce qui caractérise un vampire mais aussi sur comment ont pu naître les demi-vampires dans un monde où les relations humains-vampires sont interdites.

J’ai trouvé l’arrivée du nouveau personnage rafraichissante. Il fait le bon pendant du héros avec son côté désinvolte et surtout toutes ses connaissances. J’ai également apprécié qu’on continue à parler de l’organisation qui tue illégalement les vampires. Ici, on découvre qu’il n’y a pas que la tueuse du tome 1 mais tout plein d’autres dont certains qui sont très bien placés et ont de hautes fonctions. Ça promet.

Côté action, on est servi aussi. Après avoir vu Yuki en pleine rage de sang, on a droit à un beau massacre en pleine rue pour incriminer les vampires. C’est très intéressant la façon dont le mélanger le vieux mythe des vampires avec notre expression moderne de la violence de rue. Cela donne une ambiance très réaliste au titre malgré sa dimension fantastique.

Pour ce qui est de la romance, d’un côté j’aime toujours autant parce que c’est pile poil dans les canons des romances torturées gothiques avec un zeste de modernité, de l’autre j’ai beaucoup de mal avec Taira qui bien trop soumise à mon goût. Elle tombe en plein dans ce qu’on reproche aux mangas sur l’image des femmes… Mais je persiste à dire que sa relation maladroite avec Yuki me plaît, notamment son envie de l’aider à gérer sa soif de sang et d’accepter son cote vampires.

Après tout ça, j’attends des révélations sur l’enfance de Yuki et les demi-vampires dans le prochain tome.

Tome 3

L’histoire reste toujours aussi passionnante à suivre. Elle fait directement suite au chaos qui vient de se produire et nous montre les répercussions attendues de celui-ci, nous emportant dans une histoire de plus en plus sombre et dérangeante avec des relents de complots comme j’aime.

On a donc un tome un peu plus calme niveau action pure, mais où il se passe beaucoup de choses en sous-main. Ceux qui ont organisé l’incident du tome 2 avaient de bonnes raisons de le faire et tout nous pousse vers un affrontement vampires-humains et une révélation complète de l’existence des premiers aux seconds. On sent que cela va se révéler tendu et complexe. Pour le moment, on en reste aux coulisses avec une sorte de mise sous clés des forces vampires qui aident les humains, mais on sent bien que cela va s’élargir. J’aime beaucoup la densité que ça donne à l’histoire. A cela s’ajoute le mystérieux complexe dont est issu Hans et un lien de plus en plus fort avec l’enfance d’Anzai. On a tout les ingrédients pour faire une histoire de plus en plus addictive.

Il y a toujours une aussi bonne dynamique entre les personnages et j’aime beaucoup ce que Hans apporte à Anzai. Leur duo fonctionne super bien pour moi. Je regrette juste de voir Tsukasa un peu trop en retrait dans ce tome mais elle a beaucoup de choses à digérer et Anzai aussi. Cela montre que l’auteur prend leur relation au sérieux et s’applique à la développer pour ne pas en faire n’importe quoi. Et puis, de toute façon en plus de nos deux vampires, c’est Kiwazaki qui au coeur de l’action de ce tome et qu’on découvre un peu plus, ce qui n’est pas un mal.

En résumé encore un tome où l’histoire et les personnages avancent bien et qui donne très envie de lire la suite. Décidément ce titre sur les vampires est bien loin de ce que j’attendais et donc bien loin des clichés du genre, excellent.

Tome 4

Encore un tome ultra dynamique avec de l’action, de la réflexion et des sentiments. Devils Line est définitivement dans le haut du panier pour moi.

Le conflit opposant les flics (la section 5) et les tueurs de CCC continue. Les taupes se révèlent de même que leurs motivations mais pas forcément leurs buts qui semblent assez multiples et j’ai l’impression qu’on n’a vu que le sommet de l’iceberg. Anzai et Tsukasa sont bien sûr au coeur de ces troubles, avec une Tsukasa qui trouve encore le moyen de se mettre en danger et un Anzai qui doit encore la sauver. Mais on voit bien le chemin parcouru par les deux. Tsukasa ne se laisse pas faire et sait se montrer assez maligne pour échapper à ses poursuivants. Anzai décide de faire équipe avec Hans pour pouvoir jouer le tout pour le tout. C’est vraiment très intéressant de voir tout cela se jouer sous nos yeux. De plus, Anzai décide de faire face à sa relation avec Tsukasa et de plus assumer qui il est et ce qu’il ressent, ce qui nous approche de plus en plus de ce qui se passe à Onlo.

Maintenant, on peut mettre des visages sur la menace même si c’est plus compliqué que prévu et que certains ennemis le sont déjà moins à la fin du tome. Mais une nouvelle dynamique s’annonce dans les dernières pages avec l’annonce de la tenue d’une réunion du Comité pour la protection des yeux rouges. Je sens que ça va encore saigner !

Tome 5

La série est toujours aussi prenante à lire. Ryo Hanada se pose un peu dans ce tome et développe ses personnages tout en corsant l’intrigue.

On revient tout d’abord sur le vampirisme d’Anzai avec de nouvelles informations sur Onlo mais aussi sur son ascendance, ce qui permet de frapper fort dès l’entame du tome. Puis, ses amis commencent à vouloir l’entraîner à maîtriser sa soif de sang, ce qui est assez amusant. La scène avec Tsukasa est électrisante à souhait et ouvre bien des possibilités.

Mais on repart assez vite sur le conflit opposant le CCC à la police japonaise. Je trouve toujours aussi fascinant la façon dont ils parviennent à s’infiltrer partout. Il me tarde vraiment qu’on creuse cette organisation et ses fondements surtout. J’ai beaucoup aimé voir l’équipe de Kiwazaki commencer à décortiquer leurs actions sous l’impulsion d’un nouveau personnage bien trouble qui devrait apporter un nouveau souffle à l’histoire. De plus, on découvre le triste passé de Kiwazaki et on revient un peu aux origines de la coopération humains-vampires au sein de la police le temps d’une histoire sombre et violente.

On sent que le mangaka maîtrise très bien la dynamique de son récit et qu’il sait passer d’un registre à l’autre sans à coup. Cela donne un tome à nouveau très équilibré où l’on continue de creuser les principaux thèmes de la série avec un intérêt croissant pour le vampirisme qui fait écho au mien. Vivement la suite.

Tome 6

Que c’est bon, que c’est bon ! Aucune pause dans ce tome où l’on continue à plonger dans les méandres des plans du CCC et de Kikuhara.

C’est vraiment chouette de voir numéro 13 infiltrer l’équipe F. Il se met à étudier le vampirisme à travers Anzai pour confirmer ses idées ce qui réveille des souvenirs enfouis en ce dernier qu’on attendait de voir depuis plusieurs tomes. L’auteur fait petit à petit monter le suspens et la pression autour de l’ascendance d’Anzai et c’est passionnant. Ishimaru bouscule vraiment leur équipe et on repart vraiment dans les enquêtes, enquête sur Nanako (numéro 06), qui reste toujours aussi trouble pour moi, enquête sur Kikuhara, et je sens qu’on n’a pas fini d’en apprendre sur celui-là. Cela donne une ambiance policière tip top surtout avec la dimension confidentielle des enquêtes vu que le grand public n’est au courant de rien bien sûr. En parallèle, la pression monte de leur côté avec la vague anti-vampire qui se prépare. Ça annonce vraiment du lourd pour les prochains tomes.

Heureusement, pour souffler, le mangaka n’oublie d’instiller un peu de romance avec celle d’Anzai et Tsukasa qui est toujours aussi choupi mais qui commence à devenir plus sérieuse à mon grand plaisir, et enfin celle Jill et Kiwazaki qui est tellement touchante à cause de leur retenue et de leur maladresse.

Je reste vraiment très fan de la série dont je dévore chaque tome. Je trouve l’univers terriblement bien construit et prenant.

Tome 7

Ryu Hanada continue sur sa lancée avec un tome encore très tendu où les révélations continuent. On reste sur la même dynamique avec un affrontement entre le CCC et l’équipe F de plus en plus ouvert. Les plans des uns et des uns se chevauchent et se contrecarrent. J’adore.

Ils sont tous occupés à essayer de récupérer la liste des membres du CCC et ne voient pas le piège arriver, ce qui fait prendre une tournure sanglante à ce tome. Pendant ce temps, Anzai comprend que ses visions sont des flashbacks de son passé qu’il est lui aussi lié aux expériences d’Onlo mais il ne sait pas encore comment. Il reste donc dans l’équipe et assume parfaitement son rôle ici en se portant à leur secours sans état d’âme.

La dynamique est bonne, les retournements de situation et les surprises claquent. On ne sait vraiment plus à qui faire confiance. C’est bluffant. Si on reste là-dessus, on est partis pour avoir encore de belles révélations à l’avenir.

Tome 8

La bataille contre le CCC ayant atteint un pic, on fait une pause dans ce tome pour s’intéresser au passé d’Anzai, à Onlo et à la condition des vampires pendant que chaque camp se réorganise.

J’ai beaucoup aimé le rythme tranquille et à la fois énergique de ce tome où les révélations pleuvent littéralement aussi bien pour nous que pour les personnages. C’est assez fascinant de découvrir la première rencontre entre Anzai et Kikuhara qui est vraiment un homme ambigu et complexe. C’est aussi terriblement touchant de voir Anzai se rappeler de son père et prendre enfin contact avec sa mère, qui est bien plus humaine que je l’aurais cru. La relation de ces deux-là faisant bien écho à celle d’Anzai et Tsukasa en un sens.

Je suis ravie qu’on en profite pour s’intéresser à nouveau à la condition des vampires, pour parler de leurs droits, de leur physiologie et de toutes ces questions qui fondent la mythologie même de la série. C’est passionnant et terriblement bien fait parce que c’est cohérent et qu’on pourrait y croire pour de vrai.

L’évolution de la série est parfaite. Après une première approche, une découverte de l’équipe F, puis leur conflit face au CCC, on bascule ici dans une lutte plus mouchetée. Les autorités sont au courant pour le CCC mais ceux-ci sont tellement influents qu’il faut trouver de nouvelles méthodes pour les démanteler, ce qui donne une ambiance de suspicion très bien faite et prenante. J’en redemande.

Tome 9

On s’éloigne un peu du CCC et de notre affrontement avec eux pour se concentrer sur les personnages et leur développement, ce qui n’est pas une mauvaise chose.

Dans un premier temps, il y a toute une partie sur les conséquences du geste de Tsukasa et la culpabilité qu’Anzai éprouve qui va les pousser à prendre une décision radicale qui sera essentielle pour leur évolution future. J’aime que tout ne soit pas tout beau tout rose dans cette histoire et qu’il y ait parfois de lourdes décisions prises. Anzai et Tsukasa ont vraiment grandi et muri. De plus, ça permet de faire repartir l’histoire encore une fois vers Onlo, la physiologie des vampires, comment faire pour qu’ils vivent avec les humains, etc, et j’adore à chaque fois qu’on creuse ça.

Mais surtout dans ce tome, j’ai apprécié de voir développer les personnages plus secondaires. Ainsi, on s’attarde longuement sur la jolie mais complexe relation qu’entretiennent Jill et Kiwazaki. On redécouvre aussi Makimura et Mayu (11) qui sont trop mignons. Et puis, on retrouve en arrière-plan un Kikuhara toujours aussi difficile à cerner mais qui va encore faire parler de lui.

Bref, un tome peut-être plus calme niveau action, mais où l’intime prend le dessus et enrichit encore cet univers uchronique tellement bien pensé.

Tome 10

Un des meilleurs tomes de la série comme l’annonçait la superbe couverture avec le « nouveau » Anzai. On se reconcentre sur l’essence même du titre : le vampirisme et les relations « humaines ».

Nos héros apprennent à vivre l’un sans l’autre mais cherchent des solutions pour surmonter ça, ce qui permet de découvrir les parents d’Anzai. Ceux-ci ont vraiment une relation touchante et amusant. Il faut dire que sa mère est un sacré numéro. Je ne l’imaginais pas du tout comme ça et j’ai complètement changé d’avis. J’adhère à 100% à ce personnage qui sous une certaine légèreté est quelqu’un de très touchant et profond. Elle va enfin permettre au couple d’avancer sur tous les plans (perso et pro) et ça fait du bien. Leurs retrouvailles et leurs appréhensions ensuite sont adorables, mais il était nécessaire d’avancer. Le mangaka reste encore très crédible. Franchement ce qu’il nous apprend sur les vampires, la recherche qu’on a fait sur eux, leurs évolutions possibles mais aussi la façon dont ils peuvent avoir une relation avec les humains, tout ça sonne très juste pour moi.

Reste à faire repartir une intrigue un peu plus vaste maintenant pour relancer la partie avec le CCC et Kikuhara qu’on n’oublie pas.

Tome 11

Quel tome dense et je dois dire qu’une relecture s’imposera à la fin de la série pour bien assimiler tous les tenants et les aboutissants tant je ne suis pas sûre d’avoir tout bien compris et tout bien suivi ^^

Cela commençait pourtant tranquillement avec la suite des expérimentations sexuelles d’Anzai et Tsukasa. C’était vraiment chaud et en même temps simple et naturel. Ils posent chacun les bonnes questions, font attention à leur partenaire et cherche à lui faire plaisir. C’est touchant. J’ai juste du mal avec le côté voyeur de la scène, même si j’en comprends les raisons vu le contexte. C’était en tout cas un moment charnière pour eux et je regrette que ce ne soit pas plus exploité dans la suite du tome.

Celle-ci se tourne complètement vers l’aspect politique et sociétal du titre. On suit les manoeuvres de la Ministre et de Queen, tandis que le fossé se creuse entre vampire et humain, chaque clan voyant des groupes « anti » se créer. Ils se cherchent des occasions mais aussi des portes paroles pour tout faire éclater, et on sent clairement qu’on marche sur une corde raide en ce moment.

La police s’est réformée, envoyant les vampires dans le privé. Le CCC a été transformé en gentille organisation manifestant pour protéger les humains. Tandis que les anciens membres se retrouvent et collaborent de plus en plus avec l’ancienne section 5. C’est encore un peu flou tout ça pour moi, mais j’ai clairement senti que chacun essayait de protéger ceux qu’il/elle aime et c’est touchant. Cela a ainsi permis de revoir tout plein de personnages secondaires qui ont chacun bien évolué. L’auteur d’ailleurs revient sur le passé tragique d’Ushio, sa relation avec son partenaire, mais aussi sur 07 et 09 et leur relation avec Kikuhara, ou encore sur 06 et 11 à la relation compliquée et mal définie. De même, on revoit avec grand plaisir Sawazaki et Jill entre lesquels rien n’est vraiment réglé.

L’auteur arrive très bien à lier histoire très personnelle et problème de société autour de la question de l’autre (= du vampire ici). Cela donne un titre complexe mais riche et très plaisant à suivre parce qu’on sent que pour une fois, on ne prend pas le lecteur pour un crétin ^^

Tome 12

J’ai encore l’impression d’avoir pris une claque derrière la tête en lisant ce nouvel opus de Devils Line. Ryo Hanada arrive à rebattre les cartes avec une telle facilité. Mais ça change complètement tout ce que j’avais imaginé et j’ai l’impression qu’on m’a mis la tête à l’envers.

En découvrant le passé de Queen et iel est, et quels sont ses projets, on ne peut qu’être très surpris. Ça donne même envie de relire toute la série avec ce nouveau regard en tête. Parce que le choc est rude. D’abord, je n’ai pas du tout vu venir que Queen et Shirase pourraient finalement être d’une certaine façon dans le camps « des gentils » face à une oppression mise en place et orchestrée par le Gouvernement qui aurait manipulé tout le monde. C’est du grand art. Ensuite, je n’avais pas du tout imaginé qu’on pourrait parlé d’asexualité dans ce titre et encore moins avec une telle subtilité. Finalement, alors que l’emballage de la série n’y fait pas pensé, on se retrouve avec une série parlant d’amour sous toutes ces formes et cela d’une façon simple et directe. J’adore. Je connais très mal, pour ne pas dire presque pas les subtilités de l’asexualité, et ici avec le personnage de Queen qui est traité avec tellement de délicatesse et de bienveillance, j’ai très envie de me documenter sur le sujet. J’ai été touchée par son histoire et celle d’Eka. J’espère avoir encore l’occasion de les croiser et d’en parler dans les prochains et derniers tomes.

Devils Line continue à se révéler être une excellente surprise. Une série qui mêle aussi astucieusement des questions importantes telles que la forme que peut prendre l’amour, la façon de traiter les gens différents, ou encore la manipulation de l’opinion pour les dirigeants de nos pays, mériterait d’être plus mise en avant.

Tome 13

Et voilà, la conclusion est déjà là. Je suis assez surprise que ce 13e tome ne soit pas le dernier et qu’il y en ait encore un derrière tant celui-ci me semblait parfait pour clore la série.

L’autrice s’en sort de main de maitre avec son intrigue dans cet avant-dernier opus. Alors que je me demandais vraiment comment cela allait bien pouvoir finir, elle rassemble tous les fils de son intrigue avant de lâcher une bombe qui va tout bouleverser, c’est magistral. Tout ce qui paraissait compliqué avant, les tenants et aboutissants, le rôle des différents personnages et organisations, devient limpide alors. Et en plus, on a une bonne dose d’action pour le rien gâcher. Chapeau !

Alors oui, ça se résout facilement, mais quand on se rappelle tout le cheminement qu’il y a eu avant, c’est superbe. On ressent vraiment la tension monter, la peur que tout vole en éclat et brusquement on se rend compte que la lumière est au bout du chemin. C’est magnifique pour ces personnages qui ont vécu tant de moments très durs. D’ailleurs, j’ai énormément apprécié l’échange entre Yûki et Kikuhara qui ouvre le tome. Il donne le la sur la suite et c’est émouvant et profond à la fois. Il y a une vraie réflexion sur l’acceptation de soi, des autres, le sens de la famille mais également une critique forte sur cette société japonaise qui a tendance à rejeter l’autre, celui qui est différent. C’est criant ici et les deux personnages le portent très bien. Aucun des deux n’est parfait. Aucun n’apporte une réponse toute faite. C’est d’autant plus puissant ! Autour d’eux, les autres ne sont pas en reste. J’ai été touchée par le sens du sacrifice de nombre d’entre eux, humains ou vampires, prêts à tout pour changer le monde pour faire naitre une société plus juste. C’est un très beau message et en plus, pour une fois, c’est fait de façon raisonnée et pacifique.

La seconde partie du tome, qui nous montre ce qu’il advient après la crise, est une lente promenade pour recroiser les personnages qui nous ont marqué et leur dire au revoir. On remarque combien chacun d’eux a évolué et changé en bien, s’acceptant et acceptant les autres. Une fois de plus, tout n’est pas parfait, il y a encore des résistances, mais ils peuvent travailler plus sereinement pour briser leurs barrières. J’ai beaucoup aimé ce temps plus calme, un brin nostalgique où chacun à la parole. Ce sont souvent des destins un peu doux amer qu’on nous montre mais avec toujours une pointe d’espoir, et tous ont ainsi su m’émouvoir.

Je suis donc surprise que la série ne s’arrête pas là sur cette belle conclusion, qui aurait été parfaite pour moi, tant elle faisait sens, même si elle laissait une petite porte ouverte. Je n’en vois pas de meilleure.

Tome 14

Tome de clôture de l’un des meilleurs seinen que j’ai pu lire dans la veine fantastico-politique et je suis bien triste. Je ne remercierai jamais assez Les Fleurs de Sakura de me l’avoir fait découvrir.

Dans le tome précédent, nous avions déjà eu la fin des principales lignes scénaristiques mais l’auteur a eu envie de prendre le temps de nous faire tourner la page sur ses personnages que nous avons accompagnés un bon bout de chemin. Ainsi ce tome est avant tout celui d’un au revoir à ces derniers. Pour cela, il nous livre un récit d’abord un peu froid et sérieux mais en fait terriblement humain et impactant où l’on revient principalement sur 6 d’entre eux.

Cet ultime opus s’ouvre sur le vampire qui avait fait démarrer l’histoire, celui qui avait agressé notre héroïne et on suit rapidement son parcours judiciaire depuis et son désir mais aussi devoir de rédemption. C’est parfois glaçant mais percutant surtout et ça montre bien combien il est important d’aider les gens, même les criminels pour les aider à payer « correctement » pour leur crime. J’ai été frappée par la justesse de l’auteur.

Dans l’histoire suivante, on revient Ushio, ce jeune homme qui n’a jamais vraiment su trouver sa place, comprendre pourquoi il faisait cela. J’avais déjà été bouleversée par son histoire, je l’ai été encore plus ici avec le récit froid également de sa surveillance post-dénonciation des crimes du CCC. C’est ensuite le lent basculement vers sa relation avec son ancien partenaire qui m’a vraiment émue tant elle montrait un homme perdu au milieu de trop de choses qui le dépassent.

L’histoire de Kikuhara, elle, m’a mise plus mal à l’aise. C’est un personnage que je n’ai jamais vraiment réussi à cerner et je trouve que 07 et 09 le pardonnent un peu trop facilement. Cependant leur démarche à tous les deux m’a touchée et j’ai aimé que l’auteur en profite pour montrer que rien n’était réglé côté politique, que les belles déclarations qu’on a vues n’étaient que ça et qu’en sous main il y avait toujours les mêmes crasses qui se faisaient. C’est cruel mais réaliste.

On en vient ensuite peu à peu aux personnages principaux avec non le présent, mais le passé de Johannes avec les quelques jours qui ont suivi sa fuite du centre et la belle rencontre qu’il a fait. C’est mignon, touchant, mais ça apporte moins que les autres histoires…

A l’inverse, c’était super de retrouver les héros dans la dernières histoires. On les voit se confronter à la famille de Tsukasa et affronter leurs questions pour affirmer leurs décisions. Ici aussi, une fois de plus, c’est très sérieux mais ça a besoin de l’être. Ils ne cachent rien et sont terriblement honnêtes, ce qui montre bien le chemin parcouru et la beauté mais aussi la solidité de leur couple. C’est superbe ! Et j’ai beaucoup aimé l’ensemble de la famille de Tsukasa, chien compris xD Ça pose une belle conclusion à l’ensemble de leur histoire. Je regrette juste que la norme sociale du mariage et des enfants ressorte encore… (mais c’est personnel).

Ce ne fut donc pas sans émotion que j’ai dit au revoir à tout ce petite monde. Même si l’histoire principale était déjà close dans le tome précédent et que celui-ci fait plus office de bonus, c’est un bonus intelligent qui apporte vraiment quelque chose au lecteur. Oui, même la petite histoire plus légère en quelques pages à la toute fin pour l’utilisation de la « cellule Obihiro » ^^ J’ai vraiment été touchée par cette revisite moderne du mythe des vampires qui les a inclus dans notre société actuelle. C’était un joli tour de force et ça donne envie de suivre l’auteur dans ses nouvelles aventures.

Ma note : 16,5 / 20

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