Livres - Fantasy / Fantastique

Le livre de l’énigme de Nathalie Dau

Titre : Le livre de l’énigme

Auteur : Nathalie Dau

Éditeur : Les moutons électriques

Années de parution : Depuis 2016

Nombre de tomes : 2 (en cours) + 1 Hors-série

Histoire : Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui.

Mes avis :

Tome 1 : Source des tempêtes

Nathalie Dau fait partie de ces autrices françaises dont je rêvais de découvrir la plume. Elle incarne pour moi cette nouvelle génération porteuse d’un renouveau de la Fantasy à la française et c’est avec une certaine fébrilité que j’ai ouvert le premier tome de sa saga « Le Livre de l’énigme » paru en grand format aux Moutons électriques.

Tout d’abord, je voudrais saluer le travail de cet éditeur qui propose vraiment un ouvrage de qualité avec un papier épais, une couverture à rabats agréable et avec une illustration originale et sobre, une mise en page aérée et agréable avec de belles en-têtes de parties et une table des matières comme j’aime à la fin. Mon seul regret se situe au niveau du dos que je trouve un peu trop sobre voire amateur…

Pour en revenir au contenu, j’ai dès le début de ma lecture senti tout le potentiel du vaste univers qui s’offrait mais sa complexité à laquelle je me heurtais de front m’a fait peiner sur toute la première partie ou presque, soit un peu plus de 150 pages. Il y avait beaucoup de noms et d’informations à retenir, ça avançait lentement, le héros était un peu trop pleurnichard, bref pas le meilleur des cocktail pour débuter. Mais petit à petit au fil des pages, l’intrigue s’est faite moins obscure, les personnages et les informations plus familières, et je me suis vraiment pris au jeu de ce nouveau monde que Nathalie Dau nous offrait.

Elle nous propulse dans un monde sombre où la magie règne en maître mais où deux force s’oppose : le Chaos et l’Équilibre. Ce dernier semble fragilisé face au premier et cela se sent dans la vie quotidienne où l’oppression fait rage. On croise au fil des pages des peuples dégradés, soumis, avilis, des puissants qui se transforment en bourreaux au lieu d’être les protecteurs qu’ils devraient. Ça parle d’esclavagisme, de meurtres, de massacres, de viols, de pédophilie et j’en passe. Ce n’est vraiment pas une lecture facile.

Le héros que l’on suit dès les premières pages, Cerdric subit de plein pied ces injustices. Sa mère n’a jamais voulu de lui et va se débrouiller par tous les moyens à sa disposition pour le renier et lui prendre sa place de Bréon (sorte de Seigneur en son domaine). Mais heureusement au milieu de ses errances, il va découvrir la lumière en la personne de son demi-frère, incarnation des espoirs de tout un clan de magiciens aujourd’hui disparus. Et c’est là la force de l’autrice. Après un début difficile où tout nous semble plus dur, plus sombre, plus lourd, elle fait complètement basculer son récit avec la découverte de Ceredawn, qui vient alors partager le rôle du héros de l’histoire avec son frère et nous apporter de l’espoir. Nous sommes donc en présence d’une histoire qui oscille en permanence entre ombre et lumière, comme le peuple partagé entre Équilibre et Chaos et c’est là la force de cette saga.

Dans la plume et la construction de son univers, j’ai retrouvé du Robin Hobb sous la plume de Nathalie Dau, en tout cas, la Robin Hobb du Soldat Chamane avec ce jeune garçon rejeté par son père (ici, ce sera sa mère), trahi à de nombreuses reprises, balloté par la vie, qui retrouve un espoir dans la Nature. Ici, la Forêt dans laquelle vie Ceredawn et son entourage m’a beaucoup rappelé celle croisée par Jamère, de même que les âmes qui habitent Ceredawn ou leur voyage vers Atilda et l’enrôlement de Ceredawn au Séminaire m’ont rappelé l’enrôlement de Jamère dans l’armée et sa transformation en Oscillien. Une fois ce rapprochement fait, je ne pouvais que plonger tête la première dans l’univers fait d’ombre et de magie de l’autrice.

J’ai beaucoup aimé l’habillage magique de l’histoire : le massacre d’une des branches des magiciens, la hiérarchie complexe qui semble se dégager des différents ordres, la prophétie à l’origine de l’histoire, la formation au Séminaire, etc. Il n’y a rien de vraiment innovant, ses manifestations chez Ceredawn sont assez banales par exemple, mais on sent bien que Nathalie Dau s’inspire d’un solide bagage de lectures de l’imaginaire, mais c’est bien fait. C’est construit et communiqué pas à pas au lecteur. C’est dense, c’est cohérent et c’est en cela que c’est prenant.

Je ne m’attendais pas à ça quand j’ai commencé ce livre et au final j’ai vraiment été séduite. Je regrette vraiment de ne pas avoir la suite sous la main parce que je sens que le périple de Cerdric et de Ceredawn n’est pas terminé et que le plus dur est à venir pour chacun. Nathalie Dau est vraiment une plume à suivre.

Ma note : 16 / 20

Tome 2 : Bois d’Ombre

On m’avait prévenue que cette suite serait plus sombre, plus dure. Je savais dans quoi je m’engageais et pourtant, je l’ai pris de plein fouet. Ce tome fut une délicieuse torture pour moi. J’ai été profondément marquée par ce que j’ai lu, j’ai oscillé entre fascination et écœurement, et je pense que c’est bien là la preuve de la qualité de la plume de Nathalie Dau, qui vient de se gagner une place dans mon top 3 des auteurs français de Fantasy.

Dans ce deuxième tome qui porte si bien son nom, nous suivons le cheminement de Ceredawn pour atteindre Bois d’Ombre comme il se l’est promis. Il savait lui aussi les épreuves qu’il aurait à surmonter mais comme nous lecteurs, il ne pensait sûrement pas que ce serait si terrible. Nous suivons donc longuement la première année de son apprentissage au Séminaire qui le plongera du plus grand bonheur à la pire détresse, puis plus rapidement sur la fin nous découvrons les années suivantes le menant à son entrée dans Bois d’Ombre pour confronter les Dieux et obtenir sa couleur.

Une fois de plus l’histoire est excellemment racontée. Le fait que Cerdric ne soit plus qu’un personnage secondaire a grandement contribué à améliorer l’histoire, tant je le trouve insupportable et ça ne s’arrange pas dans ce tome. Les nouveaux personnages que l’on découvre apporte beaucoup à la saga, que ce soit Ninnos, Isgarinn, Arvrilyn, Myrinielle ou Mabève, ils auront tous un rôle très important dans la quête de Ceredawn et la formation de son caractère. Celui-ci est toujours aussi lumineux malgré les ténèbres dans lesquelles on essaie de le plonger. C’est un personnage superbement écrit qui ne peut qu’émouvoir le lecteur par sa capacité de sacrifice, de renoncement, et en même temps sa force de conviction et son amour pour les autres qu’ils l’aient blessé ou pas. Je pense avoir rarement autant aimé un personnage.

Il faut dire que l’ambiance qu’instaure Nathalie Dau est vraiment propice à cela. On ne suit quasiment que Ceredawn cette fois vu qu’il y a une sorte d’unité de lieu. On le suit dans ses pensées présentes, passées et futures. On le voit découvrir le monde des hommes avec ses innocents yeux de rives malgré toute l’ancienneté de son âme. Dès qu’il arrive au Séminaire, j’ai ressenti une ambiance à la Poudlard, en bien plus sombre bien sûr, qui m’a ravie. L’amitié qu’on voit naître entre lui et Isgarinn est une vraie bouffée de fraicheur dans cet univers si dur qu’est le Séminaire. J’ai adoré suivre ces deux enfants si différents mais qui se complètent si bien.

Bien sûr, je suis obligée de parler un peu de ce qui m’a profondément remuée dans ce tome. On le sait, Ceredawn est le jouet d’un destin qui le dépasse. Il est destiné à l’Equilibre mais son frère appartient au Chaos et celui-ci veut lui faire payer en quelque sorte la lumière qu’il voit en lui. Il va donc être derrière bien des sévisses que va subir Ceredawn afin d’essayer de le briser lui aussi comme il l’a été. Même en le sachant, c’est très dur à lire. L’autrice sait ne pas tomber dans le glauque ou le vulgaire et reste donc subtile dans son écriture mais l’horreur des scènes décrites ou sous-entendues suffit. Très vite, comme le héros, on suffoque dans cette atmosphère intenable. On souffre avec lui, on se renferme avec lui. On comprend très bien son besoin d’isolement et le réconfort qu’il trouve auprès de certains, tandis qu’il cache ses souffrances à d’autre. Comme en plus, ce n’est qu’un enfant à ce moment-là, c’est encore plus dur pour nous lecteur de l’imaginer dans ces situations-là, mais l’écrivaine finit par nous faire comprendre à quel point c’était nécessaire d’en passer par là même si c’est dur.

Ce tome fut donc très dur à lire d’un point de vue émotionnel, mais je l’ai trouvé excellent du point de vue de l’histoire. J’ai aimé cette narration subtile et élégante de l’autrice, qui joue avec nous dans le découpage du temps des personnages. J’ai aimé les ajouts à la mythologie et aux personnages. J’ai trouvé la fin très bien amenée et ô combien porteuse d’espoir. Il y a juste la petite intervention de Mabève dans les dernières pages que j’ai trouvée de trop.

Ce tome fut donc un vrai coup de coeur, encore. Quel dommage de ne pas avoir la suite sous la main !

Ma note : 17 / 20

Hors-série : Fragments de l’âge ancien

Avec sa plume si caractéristique – et que j’aime tant – Nathalie Dau revient le temps de 8 nouvelles sur l’univers dans lequel vivent Ceredawn et Cerdric. Le format « nouvelle » n’est pas de ceux que je préfère, je ne le cache pas, mais ici ça ne m’a pas gênée, parce que j’ai vraiment eu l’impression que chacune m’apportait quelque chose en plus pour comprendre l’univers de sa saga. Je suis donc ressortie un peu frustrée parce que j’aurais aimé que ce soit plus long mais ravie de ce que j’y ai appris en attendant la sortie du tome 3.

Dans la première nouvelle, Cosmogonie, on s’intéresse aux Dieux peuplant notre univers et à leur partition d’avec Danafée.

Dans la deuxième, Berceau d’écailles, que j’ai préférée, on s’intéresse à la naissance des différents peuples : Marnes, Rives, Dragons, Humains.

Avec la troisième, L’épée sorcière, on poursuit l’histoire précédente en suivant Voëre qui est libérée de son maléfice par le mage Soren.

La quatrième, Ton visage et mon coeur, est sûrement celle que j’ai le moins aimée parce qu’elle évoque juste un ancêtre de Cerdric.

Alors que la cinquième, Vicier l’Azur, la plus longue est bien plus intéressante en nous montrant les événements qui seront à l’origine de la naissance des Éradicateurs.

Dans le même ordre d’idée, nous suivons la jeunesse d’un aspirant mage bleu dans la sixième nouvelle, Shéradye, et son tragique destin face aux Éradicateurs.

Nous rompons un peu l’unité de ces nouvelles avec la septième, Un éveil, consacré à un épisode de la jeunesse d’Ardégyl qui raconte sa rencontre décisive avec une maîtresse-chat.

Enfin, la dernière, La mémoire du dorsal, est un conte permettant à Arvrylith de justifier ses actes contre Ceredawn.

Ma note : 15 / 20

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