Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Elle s’appelait Tomoji de Jirô Taniguchi

Titre : Elle s’appelait Tomoji

Auteur : Jirô Taniguchi

Éditeur vf : Rue de Sèvres

Année de parution vf : 2015

Nombre de pages : 173

Histoire : Tomoji Uchida a fondé un temps bouddhiste au Japon.
Loin de décrire le quotidien de Tomoji, Jirô Taniguchi a pris le parti de raconter son enfance. De son premier souffle en 1912 jusqu’aux quelques jours qui suivent son mariage avec Fumiako Itô. L’auteur s’arrête sur quelques bribes de ce que fut la jeunesse de cette femme. Née dans une famille unie et aimante, Tomoji fut orpheline de père à l’âge de quatre ans. Peu de temps après, leur mère abandonne le foyer, laissant ainsi ses trois enfants à la garde de leur grand-mère maternelle. L’aïeule les prend en charge sans que jamais elle ne remette en cause leur place à ses côtés. Tomoji grandit entre l’école, les travaux dans les champs et l’aide à apporter au magasin qu’avait créé son père. Les années se succèderont, alternées de petites joies et de peines immenses.

Mon avis :

Premier titre de l’auteur que je lis où l’héroïne est une femme. J’ai été intrigué par cela et surtout par le contexte historique : l’ère Taisho (1912-1926) et j’en ai eu pour mon argent. Je suis ravie du résultat, l’histoire m’a beaucoup plu malgré quelques petits défauts sur lesquels je reviendrai.

Ce titre, racontant les premières années de la vie de Tomoji Uchida, est une commande que l’on passa à Taniguchi et qu’il s’appropria réinvestissant des recherches qu’il avait fait au préalable sur cette époque. Cela donne un résultat à la fois près et proche de ce à quoi il m’avait habituée.

Il partage le scénario avec Miwako Ogihara et cela s’en ressent. En effet, la narration est très hachée. On a l’impression d’épisodes de la vie de Tomoji juxtaposés les uns aux autres sans liant et c’est fort dommage parce que l’histoire est très intéressante, elle.

En effet, Tomoji vit dans un petit village japonais sous l’ère Taisho. Avec elle, on découvre comment on vivait autrefois à la campagne. On voit que la vie était dure, difficile, contraignante mais source d’un grand bonheur aussi parfois. On voit l’entraide entre les habitants, entre les générations, entre les membres d’une même famille. Il y a plein de valeurs positives qui se dégagent de ce titre.

Tomoji est une jeune fille très attachante. On la suit de sa naissance à son mariage. On la voit perdre des êtres chers de différentes façons et pourtant toujours garder le sourire et une attitude positive. C’est quelqu’un de travailleur et de courageux. Taniguchi la peint un peu comme la femme japonaise parfaite pour l’époque avec toute les qualités qu’on attendait d’elles à l’époque. Du coup, j’ai trouvé les autres personnages un peu trop effacés que ce soit ses frère et soeur, ses parents, sa grand-mère, les gens qu’elle rencontre ou son futur époux. On sent vraiment que la commande était de parler d’elle et là-dessus, je ne suis pas d’accord avec ce que dit l’auteur dans son entretien à la fin de l’ouvrage. Ce titre n’est pas l’histoire d’une rencontre amoureuse pour moi, mais celle du courage d’une femme envers et contre tous, ce qui change des autres titres du mangaka que j’ai lu. Jirô Taniguchi m’avait habituée à des personnages masculins qui doutaient, hésitaient, se trompaient avant de trouver leur voie. Ici, ce n’est absolument pas le cas. Tomoji a toujours su ce qu’elle voulait au fond d’elle-même et a toujours suivi le bon chemin pour cela.

Enfin, je suis ravie du travail éditorial de Rue de Sèvres. Elle s’appelait Tomoji est un très bel objet. Il a une couverture épaisse à rabat qui est souple et de bonne tenue à la lecture. J’ai aimé le choix d’avoir une grande illustration occupant toute la première de couverture contrairement aux éditions Casterman publiant habituellement l’auteur. L’édition a également conservé les nombreuses pages couleurs et utilisé un papier épais, de qualité, qui rend bien hommage à la beauté des dessins. De plus, ils ont eu la bonne idée d’inclure un entretien expliquant la genèse de ce titre. C’est vraiment un sans faute pour moi.

J’ai donc beaucoup aimé découvrir la vie de Tomoji et surtout la vie au Japon au début du XXe à travers ce titre. Les dessins de Jirô Taniguchi sont aussi soignés et prévis que d’habitude. J’aime tout particulièrement son travail sur les décors : campagne japonaise et intérieurs campagnards. Il y a une vraie poésie et un vrai amour pour la nature qui s’en dégage. Si vous voulez découvrir une autre facette de son travail, jettez-vous sur ce titre !

Ma note : 16 / 20

16 commentaires sur “Elle s’appelait Tomoji de Jirô Taniguchi

  1. Je l’ai découvert il y a peu et, contrairement à toi, ça a été une déception. J’aime beaucoup Taniguchi habituellement, mais là… j’ai trouvé le tout plat et froid. Je l’ai lu il y a un mois et tout ce dont je me rappelle, c’est la succession de dates et de « Tomoji avait tel ou tel âge ». Du coup, c’est agréable de lire un avis contraire même si je n’ai pas du tout ressenti les mêmes choses que toi. ^^

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    1. Cette succession d’épisodes de la vie de Tomoji où on la suit à différents âges m’a gênée aussi, c’est ce que j’entendais par narration hachée. J’ai réussi à passer outre mais je peux comprendre que ça t’ait beaucoup plus gênée que moi. C’est dommage, tu n’as pas eu de chance ^^!

      Aimé par 1 personne

      1. Le sommet des dieux (mon préféré, je pense d’ailleurs les relire d’ici peu), Le journal de mon père, Quartier lointain, Les années douces, Un zoo en hiver… Je crois que c’est tout. (Ma période Taniguchi remonte un peu, mes souvenirs ne sont plus très vifs… ^^)

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      2. J’espère qu’il te plaira et te donnera envie de continuer !
        Oui… Mes souvenirs sont assez vagues mais j’ai le sentiment d’avoir apprécié ma lecture à l’époque. (Désolée, je ne peux pas être plus précise. ^^)

        Aimé par 1 personne

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