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Whispering : Les voix du silence de Yoko Fujitani

Titre : Whispering : Les voix du silence

Auteur : Yoko Fujitani

Éditeur vf : Akata (M)

Année de parution vf : 2018-2019

Nombre de tomes vf : 6 (série terminée)

Histoire : Kôji est aujourd’hui un lycéen ordinaire. Mais lorsqu’il était enfant, il avait une capacité unique : celle d’entendre les pensées de tout ce qui l’entoure. Les objets, les plantes, les animaux… Mais aussi et surtout celles de ses proches. Très vite, ce don s’est en réalité révélé être une malédiction ostracisante. Ses parents eux-mêmes commençaient à craindre leur enfant, qui pouvait sans le vouloir connaître leurs pensées les plus intimes. À l’adolescence, Kôji a perdu ce pouvoir, et il réussit désormais tant bien que mal à s’intégrer au lycée. Mais un jour, il croise la route d’un petit garçon qui, comme lui autrefois, possède ce « don ». D’abord réticent et indifférent, voire effrayé, il va finalement se prendre de sympathie pour lui et décider de l’aider. Au même moment, un changement s’opère en lui…

Mes avis :

Tome 1

Voici le tout nouveau titre d’Akata. Avec sa couverture pastel, toute douce, je pensais partir en terrain conquis, malheureusement le premier chapitre m’a semblé un peu fade et j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, avant de faire comme le héros et de changer complètement d’avis. Il ne faut donc pas s’arrêter aux premières pages qui ne sont pas le reflet de ce dont l’autrice est capable.

Avec ce josei, Akata nous a encore trouvé une histoire touchante, toute en finesse, qui sur fond d’ambiance fantastique saura touchée tout le monde. Nous sommes en présence d’un lycéen un peu paumé qui vivote. Autrefois, il avait un pouvoir qui lui permettait d’entendre les pensées des gens quand il les touchait. Cela l’a complètement marginalisé à l’école et dans sa famille et aujourd’hui même s’il n’a plus ce pouvoir, il vit seul et même s’il a des amis, il semble bien seul. Mais au détour d’un chemin, il va faire une rencontre décisive qui va tout changer.

Je dois avouer que dans un premier temps, j’ai eu beaucoup de mal avec ce héros, Kôji qui était un brin antipathique. C’est un garçon qui porte un masque de légèreté derrière lequel il cache bien des souffrances. En fait, il joue les types gai, guilleret et dragueur mais il manque complètement de confiance à lui à cause d’une mauvaise expérience dans son enfance. L’autrice, avec beaucoup de talent, lui fait peu à peu tomber le masque et révèle ainsi un personnage complexe et sensible. Cette révélation a lieu grâce au petit Daichi, un enfant qui a le même pouvoir que lui autrefois et en qui il va se retrouver. Sauf que Daichi a un peu la famille que lui aurait aimé d’avoir, alors il va tout faire pour que celui-ci ne connaisse pas le même destin que lui.

Ce duo et cette rencontre est vraiment ce qui m’a séduit dans ce titre. J’aime beaucoup la relation amicale et presque fraternelle qui s’installe entre eux. J’ai trouvé celle-ci terriblement belle et touchante, décrite avec beaucoup de douceur. Kôji s’ouvre vraiment à son contact et Daichi s’épanouit également avec lui. Ils s’entendent à merveille et se font du bien mutuellement. Ça m’a un peu rappelé la relation de Torakichi et Shiro dans Père & Fils, il y a la même puissance émotionnelle même si c’est pour d’autres raisons.

En effet dans ce titre, on parle de la gestion de la différence, des relations familiales, de l’ostracisme social mais aussi d’amitié, de reconstruction et de générosité. On sent que c’est un titre qui va toucher des choses profondément enfouies en nous, que ça ne va pas toujours être facile, mais qu’il y a une vraie lumière qui nous attend au bout. Je sens aussi bien dans le ton et les dessins qu’il y a un vrai message d’espoir à travers toute la douceur que ce titre dégage. Alors même si je n’avais pas été entièrement convaincue dans les premières pages, je ne peux que le recommander chaleureusement après avoir fermé ce premier tome.

Tome 2

Même si la première partie se concentre à nouveau sur Koji et oublie un peu Daichi, je reste conquise par cette belle histoire d’amitié.

J’ai trouvé intéressant de voir la façon dont Koji interagit avec les autres et réagit au retour de ses pouvoirs, les questions qu’il se pose sur le petit garçon qu’il était autrefois, et les parallèles qu’il fait avec Daichi. En fait, c’est un peu les questions que chaque parent devrait se poser sur son enfant. A-t-il la même enfance heureuse/malheureuse que moi ? Pourquoi ? Et comment faire pour changer les choses si ce n’est pas ce qu’on souhaite pour lui/elle ? Ce titre est un vrai manuel à la parentalité d’une certaine façon. C’est pour ça que j’aime d’autant plus les adultes qu’on y rencontre jusqu’à présent, ce sont tous des figures fiables, qu’on aimerait avoir dans son entourage.

A côté de ça, j’ai encore été touchée par la sensibilité des deux héros. Koji est bien plus mature et sensible qu’il ne veut le laisser paraitre. Il fait énormément pour Daichi pour qu’il ne connaisse pas la même enfance que lui. Daichi me touche, lui, par l’étiquette de solitaire que les gens ont envie de lui coller juste parce qu’il est différent, a d’autres centres d’intérêt que ceux de son âge, est plus mature, montre moins ses sentiments. On revient avec lui sur ce besoin de la société de nous ranger dans des cases alors que ce n’est pas nécessaire et c’est ça qui fait le plus mal surtout pour des enfants qui ne peuvent pas le comprendre.

Ce titre est donc encore et toujours une vraie bouffée d’émotions. Il remue des choses en nous et nous pousse à nous interroger. Je suis fan.

Tome 3

La série continue sur sa bonne impression avec moi, même si j’ai trouvé ce tome un poil moins émouvant que le précédent parce qu’on part trop vers de la tranche de vie banale par moment.

On continue à voir tendrement se développer la relation Kôji-Daichi et on se rend compte qu’au final la dépendance est quand même mutuelle. Kôji a besoin d’aider Daichi pour aller mieux et Daichi a besoin de Kôji pour avoir quelqu’un qui le comprend pleinement et pouvoir s’ouvrir à la vie. J’ai beaucoup aimé les voir à nouveau travailler ensemble pour chercher un objet, mais également voir Kôji proposer à Daichi de faire un peu plus fonctionner son imagination. C’est adorable. Et puis, Kôji avance lui aussi, il parvient enfin à rentrer chez lui pour essayer de renouer avec ses parents. J’en attends beaucoup.

A côté, l’autrice nous propose aussi des petites histoires tournant autour de leurs amis, que ce soit le premier copain que se fait Daichi, l’ami de Kôji qui a fait du karaté ou M. Matsuri. C’est toujours fait avec beaucoup de douceur mais on sent aussi que les sujets abordés sont importants à leur échelle. Pour Daichi, cette première amitié et cette découverte d’un sport collectif, compte beaucoup et Kôji est là pour le quitter dans cette nouveauté, les relations humaines n’étant jamais simples. L’ami de Kôji vivote un peu, lui, et ce bref moment avec Daichi lui a permis de se trouver pour le moment. Quant à M. Matsuri, c’est toujours quelqu’un de mystérieux, mais on le découvre plus sentimental.

Ainsi à travers des petits moments de vie assez doux, nos personnages continuent à grandir sous notre oeil bienveillant. C’est adorable comme tout et ça fait du bien. C’est vraiment le genre de lecture feel good dont on a besoin parfois.

Tome 4

Je suis une grande fan de la série depuis ses débuts, pourtant dans les premières pages de ce nouveau tome, j’ai été prise d’une doute. J’ai eu du mal à re-rentrer dans l’histoire tant le masque que s’impose Kôji peut se révéler un repoussoir. Ici, l’autrice sépare drastiquement nos deux héros dans son histoire. On suit donc l’évolution de chacun d’eux séparément. Ce n’est pas un mal, ça montre qu’après s’être trouvés, ils se sont bonifiés au contact l’un de l’autre, se permettant ainsi d’aller de l’avant. Cependant ce n’est pas si facile que ça pour le plus âgé des deux.

Kôji vit avec un masque depuis sa plus tendre enfance et il a beau avoir trouvé des gens qui le comprennent, c’est dur pour lui de le laisser tomber complètement. Kanai qui n’est au courant de rien le perçoit bien et j’ai beaucoup aimé son sens de l’observation qui fait qu’elle n’ose pas s’impliquer vraiment avec lui. De la même façon, je pense qu’il était nécessaire que l’un de ses amis lui mette les points sur les « i » et le pousse à être honnête envers tout le monde. Ce n’est plus possible à un certain stade, si on veut être bien dans sa peau, de mentir à ses proches et ainsi à soi-même. J’ai donc été très touchées par l’ouverture qui se produit enfin chez Kôji. Sa relation avec les parents de Daichi est magnifique. Il trouve vraiment en eux les parents qu’il n’a pas eu et aurait aimé avoir. C’est très beau. De la même façon, j’ai eu une petite larme quand il se confesse à Daichi, celui-ci est juste adorable.

D’ailleurs, lui aussi grandit dans ce tome. Il se fait de nouveaux amis d’une façon drôle et touchante. Il a maintenant un belle petite bande avec laquelle il peut être lui-même et donc se comporter comme un enfant de son âge, ce qui était loin d’être gagné au début. Du coup, le titre devient de plus en plus simple et lumineux. Ça donne la pêche et le sourire de suivre Daichi désormais, on n’a plus la boule au ventre de tristesse face à sa situation, mais on se rappelle plutôt notre enfance avec le sourire aux lèvres.

Whispering se révèle donc encore une vraie réussite. Après un début dont le ton léger me faisait un peu peur, j’ai petit à petit retrouvé la douceur, la tendresse et le tact dont la série sait faire preuve pour aborder les relations complexes entre parents et enfants mais aussi entre amis. L’autrice n’oublie personne et parle aussi bien des deux héros que de leurs amis, chacun a sa place ici et son importance dans un savant équilibre. Je sens que je vais être très triste de les quitter dans deux tomes.

Tome 5

Déjà l’avant-dernier tome de cette jolie petite série sur l’amitié, la communication et la famille. Je me suis régalée une fois de plus, je n’ai pas vu le temps passer et j’ai été très frustrée par la fin qui est arrivée bien trop vite.

Dans ce tome très centré sur Kôji, nous voyons celui-ci déterminé à parler de son secret à ses parents et à crever l’abcès, mais ce n’est pas si facile quand on a gardé ça en soi pendant tant d’années. J’ai trouvé le développement de ce personnage vraiment beau, touchant et juste. Tout le monde commence à se rendre compte qu’il y a d’un côté le Kôji toujours souriant et prompt à la connerie, et de l’autre le Kôji plus secret, mal dans ses baskets. Du coup, j’ai beaucoup aimé voir ses proches se grouper autour de lui pour l’aider et le protéger. C’est un titre qui propose vraiment une belle vision de l’amitié.

Du coup, ce tome passe entre tentative de déclaration, malaise, sortie pour se changer les idées, encouragement, regain de détermination et enfin aveux. Tout se passe bien mieux que prévu. L’autrice veut nous montrer combien nous avons une vision biaisée des autres et combien il est important de se parler pour mettre les choses à plat. Quand Kôji réalise qu’il ne connait pas du tout ses parents au final, on est vraiment sur le point de bascule du titre. Après, je ne sais pas si c’est propre à la culture japonaise, ce côté très réservé où on n’ose pas se dire les choses, mais moi je n’ai pas retrouvé ici la façon dont je conçois la famille et dont j’ai vécu les relations avec la mienne, alors j’ai eu de la peine de le voir ainsi et j’ai été heureuse de le voir aboutir à quelque chose à la fin.

Maintenant reste un dernier tome, qui risque de se concentrer sur sa relation avec Daichi et je prépare la boite de mouchoirs qui va aller avec ^^

Tome 6

La fin de Whispering est arrivée bien trop vite, je n’étais pas prête. C’est donc l’heure de dire au revoir à Daichi et Kôji, deux êtres qui se sont trouvés par hasard mais dont la rencontre fut décisive. C’est donc sans surprise que ce dernier tome qui leur est consacré m’a fait verser ma petite larme.

Kôji a bien changé depuis les débuts. Il a su assumé son passé pour aller de l’avant, devenant honnête avec ses amis et sa famille. Mais ce n’est pas facile pour lui de trouver le courage pour en faire de même avec Daichi, l’élément déclencheur de tout ça, parce qu’il sait qu’il va le chambouler et c’est exactement ce qu’il ne veut pas.

Le temps de 6 petits chapitres, l’autrice revient donc sur leur très jolie relation, mélange d’amour et d’amitié. Ils sont juste ultra touchants. Daichi est comme Kôji, il a réussi à se faire de vrai ami et c’est adorable de le voir avec eux. Le fait que les changements dus au fait de grandir le perturbent est normal et l’autrice fait vivre cela avec beaucoup de subtilité et d’émotions. C’est simple, c’est déjà vu, mais c’est bien fait.

Whispering aura été une série qui m’aura touchée du début à la fin. Elle ne révolutionne pas le genre, mais en mettant au coeur de son histoire deux garçons d’âge très différents dont la rencontre va tout bouleverser de manière douce et bienveillante, elle frappe un grand coup. Yoko Fujitani est définitivement une autrice à suivre.

Ma note : 16 / 20

14 commentaires sur “Whispering : Les voix du silence de Yoko Fujitani

  1. Tome 4 : Un grand oui « Ce n’est plus possible à un certain stade, si on veut être bien dans sa peau, de mentir à ses proches et ainsi à soi-même. J’ai donc été très touchées par l’ouverture qui se produit enfin chez Kôji. Sa relation avec les parents de Daichi est magnifique. Il trouve vraiment en eux les parents qu’il n’a pas eu et aurait aimé avoir. C’est très beau. De la même façon, j’ai eu une petite larme quand il se confesse à Daichi, celui-ci est juste adorable. »
    J’ai détesté la bande de gamins sur le coup, c’est le genre de comportement qui m’hérisse le poil ^^’ (les 3 en bande)
    Par contre il nous une belle amitié avec l’autre petit gars

    Aimé par 1 personne

  2. Tome 5 : Totalement
    « Tout se passe bien mieux que prévu. L’autrice veut nous montrer combien nous avons une vision biaisée des autres et combien il est important de se parler pour mettre les choses à plat »
    +1
    Je suis un peu sous le coup de l’émotion là

    Aimé par 1 personne

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