Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Jusqu’à ce que nos os pourrissent de Yae Utsumi

Titre : Jusqu’à ce que nos os pourrissent

Auteur : Yae Utsumi

Éditeur vf : Pika (seinen)

Année de parution vf : 2018-2019

Nombre de tomes vf : 7 (série terminée)

Histoire : L’été de leurs 11 ans, cinq amis d’enfance commettent un meurtre et enterrent le corps au fond d’une grotte. Depuis, ils se réunissent chaque année pour se remémorer leur crime et renouveler leur serment d’amitié.
Cependant, l’année de leurs 16 ans, tout ne se passe pas comme prévu : le corps a disparu et un maître-chanteur menace de révéler leur secret ! Peur et suspicion s’immiscent dans le groupe d’amis…

Mes avis :

Tome 1

Voici un nouveau titre de Pika que je n’aurais jamais testé sans l’avis plus que positif de Xander. Il faut dire que la couverture et le titre ont tout pour me repousser si je les prends au premier degré comme j’ai cru qu’il fallait le faire au début. Mais en fait, ce titre surfe sur la vague de ces films pour ados qui aime gentiment faire peur avec une histoire glauque et un peu choquante, tel Souviens-toi l’été dernier auquel je l’ai plusieurs fois vu comparé.

Il faut dire qu’il y a quand même quelques points communs. Nous sommes ici aussi avec une bande de copains qui commettent un meurtre et qui décident ensemble de le cacher, ce qui les lie pour toujours. On retrouve aussi une ambiance estivale propre aux rapprochements aussi bien amoureux que violents et là aussi un jour quelque chose dérape.

J’ai d’emblée beaucoup aimé l’ambiance de ce thriller, avec d’un côté des adolescents sans soucis qui sont presque tous remarquables à leur façon, et une mystère bien sombre et glauque qu’ils cachent et qui va se révéler peu à peu. L’auteur dose parfaitement ses effets, nous emmenant là où il veut sans effort. On passe d’une scène toute joyeuse et banale, à quelque chose de beaucoup plus dur, en une page. Ces adolescents tranquilles en apparence, ne le sont pas du tout au fond. Chacun referme sa part d’ombre, ce que l’on découvre au fil des pages et les plus tranquilles sont parfois ceux qui ont le plus à cacher. C’est ce qui rend ce groupe bien plus intéressant qu’on ne pourrait le croire au premier abord.

Du coup, j’ai été surprise à plusieurs reprises par eux, mais aussi par l’intrigue qui se met en place peu à peu et qui ne se résume pas au grand secret qu’ils cachent, puisque quelqu’un va parvenir à le percer et va ainsi lancer l’histoire dans une nouvelle direction toujours plus sombre et dérangeante.

Les dessins reflètent bien cette ambiance alternant le fin et le mignon, au sombre et à l’acéré avec parfois des gros plans qui font bien peur. Les planches sont dynamiques et les décors ont toute leur importance pour ancrer le récit dans un réel qu’on pourrait connaître nous aussi.

Ce premier tome est donc pour moi une franche réussite pour un titre auquel je ne croyais pas au début. Je comprends la classification en seinen chez nous pour ce shonen et je pense qu’il correspond ainsi bien à mes attentes. L’histoire se concluant en plus en seulement 7 tomes, je pense la suivre jusqu’au bout avec curiosité.

Tome 2

Un tome avec une ambiance toujours au top. C’est sombre, c’est glauque, c’est sordide et on en redemande. J’ai tremblé à chaque chapitre pour nos héros et à juste raison quand on voit le cliffhanger que ce tome nous réserve. C’est effrayant.

Les manipulations du maître-chanteur sont à leurs combles tandis que le passé toujours plus dérangeant de nos adolescents ressurgit. J’aime la façon dont le mangaka nous sert celui-ci par petites touches mine de rien. On ne se doute jamais de ce qui va nous arriver au tournant d’une page. Ici, on s’intéresse tout particulièrement à Haruka et ses sentiments pour Shin qui la pousse bien loin. On revient également encore une fois sur le triste passé de celui-ci pour expliquer comment il est devenu celui qu’il est. Mais l’horreur a vite fait de les rattraper et de les faire redevenir les adolescents qu’ils sont, c’est-à-dire complètement cassés et détraqués par tout ce qui leur arrive.

Ce petit thriller, construit de façon intelligente, est une lecture estivale parfaite malgré un fan service assez présent dans ce tome qui pourrait en déranger certains. Moi, j’ai aimé frissonner en suivant leurs mésaventures et je me demande bien comment ils vont se dépêtrer de tout ça.

Tome 3

Nous continuons à suivre les aventures estivales de nos héros au sang froid avec un tome qui nous rapproche petit à petit de l’automne, tout comme nous lecteur en ces derniers jours de septembre. J’aime beaucoup le choix qui a été fait par Pika d’accorder la parution à la saisonnalité. Ce n’est peut-être pas fait exprès, mais ça joue bien pour moi.

Ici, nous avons un peu un tome de transition, moins fou fou que les premiers, mais avec un malaise toujours aussi présent. Il faut faire face au terriblement événement du dernier tome. Chacun doit faire son deuil et avancer, mais il faut aussi trouver ensemble comment ne pas se faire prendre. C’est terrible de voir des enfants devenir aussi froids et apathiques après ce qui leur arrive. Shin a d’ailleurs des mots très justes quand il dit qu’il se fait peur à lui-même en parvenant à rester aussi lucide. Du coup, même si l’ensemble est complètement surréaliste, je continue à trouver l’histoire prenante. Surtout que ce tome rompt un peu avec les précédents de part l’absence du maître chanteur et la nouvelle direction en quelque sorte que prend l’histoire. Mais ça ne me surprend pas parce que j’avais vu venir le dernier retournement depuis un moment ^^

Du côté des personnages, on continue aussi à les voir évoluer. J’ai apprécié de voir un peu plus Ryû dans ce tome. C’est un garçon qui a la tête sur les épaules et qui sait bien calmer le jeu quand c’est nécessaire, contrairement à Shin, il reste « humain ». Les filles par contre m’insupportent un peu, surtout Tsubaki, qui est beaucoup trop soumise… Enfin, j’ai trouvé appréciable de voir les enquêteurs commencer à renifler du bon côté même si ce fut bref.

Le titre reste donc bien construit avec une trame prenante même si classique et prévisible. L’auteur continue à me donner très envie de découvrir la suite.

Tome 4

Ma plus grosse déception depuis que j’ai commencé la série. Je me doutais bien un jour que l’auteur risquait de tomber du mauvais côté mais je pensais qu’il aurait peut-être l’intelligence de l’éviter. Ce ne fut malheureusement pas le cas…

Dans ce tome, l’histoire avance peu. Franchement, je ne suis pas beaucoup plus avancé qu’à la fin du tome précédent qui ne faisait que confirmer des soupçons que j’avais depuis le début. Ici, on ne fait que le répéter et rassembler des éléments que j’avais déjà assemblés… Du coup, de ce côté-là, je me suis ennuyée.

A la place, le mangaka a essayé de creuser ses personnages ce qui n’est pas un mal. Si j’ai aimé voir Shin virer de plus en plus barjot, j’ai été gênée par ce qui arrive aux autres. Le revirement de Ryu qui veut prendre les choses en main et protéger Tsubaki à la place d’Akira, tout en laissant Haruka toute seule alors que c’est elle qu’il aime, n’est pas crédible.

Mais le pire fut clairement la violence sexuelle qui est introduite dans ce tome. Avait-on besoin de la tentative de viol qui a lieu au début du tome, de tout le discours sur la pureté des filles vierges, ou encore du virage glauque de la relation Shin-Haruka ? Déjà, ça fait beaucoup en un tome mais en plus c’est profondément dérangeant et ça n’apporte pas grand-chose pour ne pas dire rien à l’histoire. C’est juste dérangeant, voyeuriste et clairement présent pour faire plaisir à un type de lectorat auquel je n’appartiens pas, le tout au détriment de l’histoire. Je suis déçue.

Heureusement l’ambiance lourde, pesante, angoissante est toujours présente elle. Je reste très intriguée par les tenants et aboutissants de l’histoire et j’ai espoir que dans les prochains tomes nous verrons plus avancer les choses.

Tome 5

Ouf, la série repart sur de bons rails avec ce nouveau tome dont la lecture se fait à vitesse grand V tant la tension monte à l’approche du grand final. Fini les dérives vulgaires à base de filles à poil et violentées à tout va, vive le retour de l’enquête autour du maître chanteur.

Dans ce tome, l’auteur se re-concentre sur le personnage de Shin, le héros torturé de notre histoire, ce qui permet de réconcilier un peu tout le monde et de remette l’histoire dans une bonne dynamique. On le suit dans l’enquête qu’il mène d’abord en solo, puisqu’il pense avoir trouvé qui était le maître chanteur. Puis, on assiste à sa touchante confession à Ryu, qui était nécessaire pour ressouder le groupe. Enfin, tout le monde étant au courant, du moins en partie, de ses hypothèses, ils partent les confronter à la réalité. La découverte qu’ils font alors est surprenante et on sent que Shin et Haruka en ont encore sous le coude pour nous surprendre dans les ultimes tomes.

J’ai vraiment retrouver dans ce tome le plaisir des débuts. Alors certes, on a quelques répliques qui font lever les yeux au ciel tant elles sont clichées, les développement sont classiques aussi, mais on prend vraiment du plaisir à suivre leurs aventures et l’auteur creuse bien les personnages. C’est vraiment un bon petit thriller décomplexé.

Tome 6

Je suis un peu gênée pour parler de ce tome. Il n’y aurait pas eu le dernier tiers, je vous aurais dit que c’était raté… En effet, toute la première partie de cet avant-dernier tome est très brouillonne aussi bien au niveau du dessin que de l’histoire.

Je n’ai pas compris pourquoi j’ai senti une telle régression par rapport à avant, concernant l’histoire je me dis que c’est peut-être pour bien nous embrouiller, mais pour les dessins, je ne vois pas. On a l’impression que l’auteur cherche à se dépêcher de se débarrasser du titre…

C’est dommage parce que jusqu’alors c’était plutôt bien fichu. Le point positif, c’est que pour le moment, on est débarrassé de la partie avec les SDF et qu’on se reconcentre sur l’histoire de départ. On n’est quand même toujours pas beaucoup plus avancé. Au début, on les suit qui essaient de faire repartir leur vie mais ça ne marche pas vraiment. C’est très plat. Heureusement qu’arrive l’autre fou de flic pour relancer la tension. Mais c’est fait de façon très grossière, celui-ci étant une caricature ambulante.

Reste que le mystère est toujours là quant à ce qu’il s’est passé. Était-ce vraiment leur ancien prof qui les faisait chanter et pourquoi ? Qu’est-ce qu’Akira avait à gagner dans tout ça ? Qui est vraiment derrière ? La dernière phrase du tome pousse forcément à la curiosité mais il faudra attendre mai pour avoir le fin mot.

Tome 7

Nous voilà face à l’ultime opus de cette courte série qui aura eu des hauts et des bas. Forcément après la phrase de cliffhanger de la dernière fois, l’auteur ne pouvait que démarrer son tome sur la révélation de ce qui c’était passé et de qui était derrière tout ça. Il l’a fait sans surprise. Là où ça l’était plus, c’est dans la simple complexité que cachait cette histoire. C’est d’une rare et sombre banalité au final. Un fait divers comme on a pu en lire plein dans les journaux ou en voir jouer à la télé. Cela n’en reste pas moins glaçant et la mise en scène qui monte crescendo le fait très bien ressentir.

Le point fort cependant ne vient pas tant des révélations mais de ce qui va se passer après, et en cela c’est le dernier chapitre qui m’a le plus intéressée ici. J’ai aimé qu’on voie nos adolescents bien après l’affaire. Découvrir qu’elles furent les conséquences pour eux, parce que ça aurait été trop facile qu’ils y réchappent. Découvrir si ça les avait changés et comment. Découvrir s’ils allaient rester aussi proches ou non. C’était simple mais une fois de plus bien fait. La morale de l’histoire m’a plu, je l’ai trouvée assez nuancée et juste. J’ai aimé l’évolution de chacun. J’ai été touchée pour leur devenir.

Au final, Jusqu’à ce que nos os pourrissent est parti sur les chapeaux de roues. J’ai beaucoup aimé la tension des débuts. J’ai un peu eu l’effet d’un pétard mouillé au milieu. J’ai eu du mal avec le fan service pervers aussi. Mais la série s’est bien rattrapée sur la fin et j’ai trouvé celle-ci classique mais juste et plein de belles nuances. Je suis contente d’avoir lu ce petit thriller.

Ma note : 15 / 20

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17 commentaires sur “Jusqu’à ce que nos os pourrissent de Yae Utsumi

  1. Très content que le titre te plaise ! J’ai toujours peur quand je conseille une lecture, je me dis que si ça ne plait pas, par ma faute on perd du temps et de l’argent xD
    Une agréable surpris que ce premier tome *-*

    Aimé par 2 personnes

      1. Ben je suis partagée parce que comme vous dites on n’avance pas vraiment…et surtout les femmes objets ou même se servir des gens comme ça je n’apprécie pas des masses, mais je conserve l’envie de savoir. Par contre c’est vrai que le rythme, la perso féminine groupe de SDF, je ne suis pas trop fan.

        Aimé par 1 personne

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