Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Blue Giant de Shinichi Ishizuka

Titre : Blue Giant

Auteur : Shinichi Ishizuka

Éditeur vf : Glénat (seinen)

Années de parution vf : 2018-2020

Nombre de tomes vf : 9 / 10 (en cours)

Histoire : Dai Miyamoto est en terminale. Il fait partie de l’équipe de basket, travaille à mi-temps dans une station service, et vit seul avec son père et sa petite soeur. Surtout, il s’est pris de passion pour le jazz depuis le collège. À tel point qu’il joue tous les jours sur les berges de la rivière, peu importe les conditions météo. Qu’il pleuve, qu’il vente ou que la canicule soit au rendez-vous, il joue. Il veut être un géant du jazz et reste persuadé qu’il peut y arriver.

Mes avis :

Tome 1

Encore sous l’influence d’une certaine interview parue dans la revue Atom, me voici essayant la nouvelle série de Shinichi Ishizuka sur le thème de la musique et tout particulièrement du Jazz. Il faut savoir que j’ai aimé tous les titres que j’ai pu lire consacré à la musique, de Me and the Devil Blues, en passant par Nodame Cantabile ou les shojos Lovely Love Lie et Aishite Knight. Je suis donc très bon public pour ce genre de titres et celui-ci n’y a pas échappé.

Comme dans les titres que je viens de citer, il se dégage de Blue Giant une vraie passion pour l’univers de la musique et du Jazz en particulier qui fait que je ne peux que trouver l’auteur fort sympathique et l’histoire entraînante. Nous suivons, les années de lycée de Dai Miyamoto, un jeune joeur de basket passionné par le Jazz, qui n’hésite pas à répéter tous les jours au bord du fleuve, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il y ait une canicule. C’est un vrai passionné. Le problème, c’est que ce n’est pas si facile de se faire une place dans ce milieu, surtout quand on est seul et qu’on n’y connait rien. Une rencontre va donc changer cela et nous allons peu à peu voir Dai évoluer.

Blue Giant est clairement un manga d’apprentissage, celui de Dai pour devenir un jazzman professionnel. Dans ce premier tome, nous faisons donc sa rencontre et celle du petit monde banal dans lequel il vit. Il a ses copains au lycée avec qui il fait du sport et sort en ville, il a son père et sa soeur avec qui il vit tranquillement. Bref, il a tout pour être heureux. Mais plus jeune, il a découvert par hasard le jazz et en particulier le saxo et ce fut un choc pour lui, une vraie révélation. Depuis, il ne peut passer une journée sans jouer et malgré que sa vie soit parfaite à côté, il comble un certain manque à travers cette pratique.

Tout peut sembler un peu simple et facile dans le début de cette histoire, comme le personnage qui est peut-être un peu fade pour le moment. Dai n’est pas embêté par ses amis ou sa famille à cause de sa passion. Il trouve le temps de répéter et semble assez doué même si complètement autodidacte. Il trouve même l’argent lui permettant de poursuivre son rêve. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Ce n’est que vers la fin du tome qu’un caillou vient se glisser dans sa chaussure qui va devoir le pousser à se remettre en question.

Ce tome est clairement un tome d’exposition. On nous présente le cadre mais l’histoire va vraiment se lancer dans les prochains tomes d’après ce que je pressens à la lecture des dernières pages qui font un beau bond dans le futur pour nous appâter.

Shinichi Ishizuka nous livre ici un titre de passionné, pour les passionnés. Son dessin est vif, puissant, il retranscrit parfaitement l’ambiance de force et de folie que peut transmettre la musique jazz, et en même temps, je retrouve chez lui la patte de Naoki Urasawa avec ses visages carrés et expressifs très typés seinen. Il maîtrise tout autant la narration de son histoire avançant lentement mais sûrement dans son récit sans que jamais il ne traîne en longueur, tout en mêlant moments du quotidien et passion pour la musique. Il nous livre ainsi un récit maîtrisé et fort intéressant à suivre, que je me ferai un plaisir de poursuivre.

Tome 2

Deuxième tome, deuxième coup de coeur. Je suis fan de l’ambiance de ce titre qui s’enrichit au fil des chapitres.

Ici nous continuons à suivre l’apprentissage de Dai avec son saxo. On le voit se rapprocher courageusement de la fille qu’il aime qui n’a rien des clichés de l’amoureuse habituelle des seinen. On le voit surtout faire la connaissance de son premier vrai prof de saxo et ça déchire. Avec lui, on se rend compte de tout ce qui lui manque mais aussi de tout ce qu’il a acquis en autodidacte et de la force de son jeu. C’est puissant.

L’auteur n’oublie de nous livrer des moments d’anthologie à chaque fois qu’il joue aussi bien devant un public restreint que devant une petite foule impromptue au détour d’un festival. Je suis vraiment scotchée. Il ne me manque que la mélodie mais je ressens déjà la puissance de son son.

D’ailleurs l’ambiance résolument années 80-90 contribue énormément à mon appréciation du titre. J’ai l’impression d’être dans un vieux manga avec des dessins à la Urasawa et j’adore ça. Les relations d’entraide et de bienveillance entre les personnages mettent du baume au coeur. Le petit chapitre sur le rôle du grand-frère de Dai dans sa passion est simple mais terriblement émouvant. Superbe ! Shinichi Ishizuka est un grand conteur.

Tome 3

Encore un superbe tome dont l’ambiance continue à me séduire pour me plonger dans cette histoire d’apprentissage et de passion qui donne vraiment la pêche. On continue à suivre le parcours de Dai qui s’entraîne toujours autant et fait des progrès fous du coup. Son jeu autrefois puissant, devient plus précis et parvient ainsi à toucher de plus en plus de monde. L’auteur est toujours aussi doué pour retranscrire ces moments où la musique franchit la barrière de simple son émit par un instrument pour toucher le coeur des gens.

Dans ce tome, on voit ainsi Dai jouer humblement au Festival de son école et entraîner avec lui sa gentille mais effacée professeure de musique pour un superbe moment de communion entre eux et le public. Les moments qu’il passe également à s’entraîner avec son professeur touchent en plein coeur car ils permettent de voir ce vieil aigri trouver un nouvel espoir en Dai pour réaliser son rêve inachevé. Enfin, j’ai adoré voir son père s’embarquer lui aussi dans l’aventure un peu malgré lui.

L’aspect tranche de vie a été très bien mis à l’honneur dans ce tome pour encore nous communiquer tout plein d’émotions. J’aime suivre le quotidien tranquille de Dai (rendez-vous avec sa copine, jeux avec le chien d’un voisin, discussions avec les copains, match de baseball à la maison, etc) qui se mêle avec une douce poésie à la force de sa conviction qu’il deviendra un jazzman reconnu. Ce titre est un vrai petit bijou.

Tome 4

Il n’y a pas à dire cette série est décidément très bonne et le mangaka ne baisse pas en régime alors même que son histoire évolue sans cesse. On retrouve ici un Dai qui doit dire au revoir à ses années lycée pour prendre une décision concernant son avenir et sa passion. Si bien sûr, il n’y a pas de surprise vis-à-vis de ce choix grâce aux flashforwards qu’on a à la fin depuis le tome 1, celui-ci est tout de même très bien amené. Voir un jeune lycéen aussi passionné fait chaud au coeur.

J’adore voir Dai vivre sa passion. La performance impromptue à laquelle il se livre en début de tome est une vraie claque et permet de boucler joliment cette première partie de sa future légende. Graphiquement ça claque, on sent presque la musique venir frapper nos oreilles, tant les dessins du mangaka sont vivants.

Puis, un certain retour à la réalité vient le frapper dans la seconde partie quand il monte à Tokyo et ce n’est pas plus mal. Il faut montrer que ce n’est pas simple de venir vivre à Tokyo quand on est jeune, sans argent, sans travail, sans études. Après l’auteur ne tombe pas non plus dans le misérabilisme, ce n’est pas le propos. Il continue à montrer un jeune homme plein d’énergie, de volonté et d’envie d’en découdre avec la vie pour sa passion. Cela donne une ambiance résolument positive à ce titre qui emporte le lecteur.

Je reste donc passionnée par les aventures de ce jeune joueur de Jazz et il me tarde de voir les rencontres qu’il va faire à la capitale et qui vont encore le bousculer et le faire évoluer j’en suis certaine ^^

Tome 5

Nous voilà déjà à mi-parcours sur cette excellente série musicale. Dai a fini le lycée, il est désormais dans la vie active et peut vivre pleinement sa passion, mais ce n’est pas si facile de trouver le temps, le lieu ou les personnes avec qui jouer. C’est ce dernier point qui va être aborder ici avec une rencontre déterminante.

En effet, Dai va par hasard entendre jouer un pianiste de génie qui va vraiment le marquer. Sans qu’on puisse l’entendre, nous lecteur, l’auteur parvient à nous communiquer la puissance de son jeu à travers le ressenti de Dai. C’est fort ! Mais c’est un garçon haut en couleur et sa rencontre avec Dai ne va pas être simple. Ce sont deux fortes personnalités qui vont devoir parvenir à s’accorder pour mettre en commun tout leur talent et leur passion pour le jazz. J’ai beaucoup aimé la mise en place de ce duo, la confrontation de leur personnalité mais aussi de leur conception de la musique et de leur parcours. La scène où Yukinori entend jouer Dai pour la première fois est d’une émotion folle et la mise en scène est vraiment originale, collant parfaitement au cadre.

Tous les deux vont bientôt être rejoint par l’ami de Dai chez qui il vit, Tamada, qui va apporter un autre élément à l’histoire. Avec lui, on va suivre le parcours de quelqu’un, qui un peu comme Dai, va se découvrir par hasard une passion pour la musique et la batterie en l’occurrence. Mais il n’est pas aussi doué que Dai et ses raisons sont différentes. Il cherche par là à trouver la place qu’il n’a pas réussi à se faire à la fac où il se sent bien seul. Lui, il veut s’investir dans quelque chose où il se sent utile et c’est en aidant Dai qu’il le trouve.

Ainsi notre joueur de saxo va petit à petit commencer à trouver ceux avec qui il va former un groupe qui va sûrement le propulser ensuite, lui, le génie dont on entend parler à chaque fin de tome par les gens qu’il a croisés. C’est encore une fois intense dès que la musique est présente. Les rencontres enrichissent une histoire qui se déroule sous nos yeux sans accroc et qui nous emmène vers toujours plus de grands moments musicaux. Un must !

Tome 6

Notre trio de musiciens étant désormais formé, nous entrons dans une nouvelle phase de la série, celle où le groupe cherche à se produire sur scène avec plus ou moins de succès. J’ai bien aimé la façon assez réaliste dont l’auteur nous présente ce moment clé dans la vie d’un musicien. On voit ainsi tour à tour chacun d’eux se chercher, s’interroger sur sa musique mais aussi sur sa participation au groupe et sur ce qu’il peut faire pour faire progresser celui-ci. Comme chacun a sa propre vision de la musique, on sent bien que ce n’est pas facile, mais pour nous lecteur, c’est un vrai plaisir de suivre leurs cheminements.

Pour autant, en plus de ce voyage assez intérieur, le mangaka n’oublie pas de nous en mettre encore plein les yeux à défaut de pouvoir nous en mettre plein les oreilles, avec encore des scènes époustouflantes où on les voit jouer sur scène et où on sent presque les notes vibrer à nos oreilles. C’est toujours d’une intensité folle et même si certains apparemment ne sont pas à la hauteur, ils ont une classe folle. Et le fait qu’ils commencent, tous les trois, leur groupe, à toucher vraiment des spectateurs à la fois amateurs, qu’ils convertissent, et professionnels, qu’ils séduisent, est un vrai bonheur.

Je continue à trouver que Blue Giant est un excellent titre pour parler de la passion en général, celle de la jeunesse en particulier et celle pour la musique également. C’est fantastique à lire.

Tome 7

Chaque tome est toujours une très bonne lecture dans cette série, mais je dois reconnaitre que celui-ci était un peu plus difficile à lire que les précédents. Les garçons ont formé leur groupe, jouent dans des clubs, mais rien n’est gagné. On rentre un peu dans le ventre mou de l’histoire tandis qu’ils rencontrent leur premier mur à franchir. Il ne suffit pas de bien s’entendre, de s’amuser en jouant et de rencontre un modeste succès pour percer. Yukinori est le premier à s’en rendre compte, lui qui porte le groupe sur ses épaules. Il gère tout et cherche à les propulser mais ce n’est pas un long fleuve tranquille même quand on joue aussi bien que lui ou Dai. J’ai aimé que l’auteur le mette face à ses faiblesses. Ce n’était pas facile mais nécessaire pour le voir grandir. Le revers de la médaille, c’est que le tome est un peu longuet à lire, avec des scènes déjà vues. Le titre conserve ses qualités avec une retranscription folle de la puissance musicale des héros, une passion à toute épreuve et une ascension continue, mais ici on sent qu’il faut à nouveau un bouleversement pour passer à l’étape suivante.

Tome 8

Après un tome un peu en-dessous des autres, Ishizuka Shinichi repart de plus belle avec son groupe de jazzmans. A l’image de la couverture, l’histoire est pleine d’allant avec nos trois garçons qui cherchent à avancer dans leur carrière musicale même si ça n’a rien d’une sinécure.

Le tome s’ouvre avec Yukinori qui est en proie au doute après ce qu’un pro lui a dit. Il cherche donc en lui comment se lâcher pour réussir à faire un solo digne de ce nom. On suit toute sa recherche et les difficultés qu’il rencontre, jusqu’au point d’orgue où poussé dans ses retranchements par Dai, il finit enfin par y arriver. C’est un joli cheminement. Dans le même genre, on voit aussi Tamada, le batteur, tout donner pour sa nouvelle passion quitte à mettre un peu de côté ses études contrairement aux désirs de ses parents. C’est raconté de manière plus brève et condensée mais ça abouti à nouveau sur un joli moment très fort où on le voit réussir un beau solo. Reste Dai, qui est présenté comme étant toujours au-dessus du lot, du coup c’est plus contre la vie quotidienne qu’il doit se battre et c’est amusant de voir le héros relégué un peu au second-plan.

Au milieu de tous ces moments, le mangaka n’oublie pas de nous dépeindre différents aspects très intéressants et réalistes de l’industrie musicale et du monde du jazz. On découvre ainsi comme un responsable de la collection jazz d’une maison de disque doit se battre pour sortir un artiste, ou encore comment des groupes de vieux briscards se servent des petits jeunes comme faire valoir dans les festivals. Brutal mais efficace.

Blue Giant reste vraiment une excellente lecture musicale. L’auteur se plaint un peu de ne pas pouvoir nous faire écouter de la musique en lisant son titre, alors qu’on ressent parfaitement la force de celle-ci à travers les pages. C’est vraiment un joli tour de force !

Tome 9

Déjà l’avant-dernier tome de la première partie de cette superbe saga musicale. Les garçons ont décidément bien progressé, ils déchirent maintenant et sont reconnus !

La couverture nous promet une belle mise en avant de Yukinori et c’est le cas. Il était temps ! C’est quand même grâce à lui que les Jass existent. J’adore ce personnage et j’étais un peu frustrée de le voir trop en retrait parfois. Mais au final, je trouve que l’auteur gère très bien ses personnages, les mettant à tour de rôle sur le devant de la scène quand cela est nécessaire pour faire avancer l’histoire et leur groupe. Ici, Yukinori va franchir le mur du son en quelque sorte en sortant de sa coquille et en pulvérisant son blocage, il était temps ! J’en suis ravie pour lui.

Pour moi, lectrice, ce fut également encore un grand moment parce que l’auteur continue à me faire vibrer comme jamais. Les phases où le groupe monte sur scène et donne tout sont incroyables. Sans le moindre son, la moindre parole, on ressent parfaitement toute la puissance de leur son et l’énergie qu’ils déploient, c’est fou ! Franchement le concert qu’ils donnent lors du Festival pour défier des vétérans est un modèle du genre avec une suite de pages muettes qui pourtant en disent long. C’est magique ! L’intensité transpire de partout !

Je suis donc encore et toujours sous le charme de leur groupe, dont j’aime voir la lente et tranquille ascension. Ils se frottent aux grands, constituent leur base, leur public, continuent chacun à progresser, tout ça dans la bonne humeur et l’amour constant de la musique. Même les petits moments plus anodins de leur quotidien m’amusent et me touchent comme quand la copine de Dai, Mai, vient lui rendre visite, que Yukinori croise une ancienne élève, Aoi, ou bien qu’on revoir la jeune soeur de Dai. C’est simple et terriblement efficace car touchant et bien raconté. Je redemande des séries comme ça !

Je serai donc au rendez-vous du prochain et dernier tome mais également de la suite de la série que je suis ravie de voir publiée chez Glénat. Merci à eux !

Ma note : 16 / 20

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3 commentaires sur “Blue Giant de Shinichi Ishizuka

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