Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Aromantic (Love) Story d’Haruka Ono

Titre : Aromantic (Love) Story

Auteur : Haruka Ono

Editeur vf : Akata (L)

Année de parution vf : 2018-2019

Nombre de tomes vf : 5 (série terminée)

Histoire : Kiryu est autrice de manga, et ce qu’elle adore par dessus tout, ce sont les shônen mangas bien sociaux, à l’ancienne ! Le problème, c’est que ce genre ne marche plus du tout, ces derniers temps… Et du coup, pour essayer de vraiment lancer sa carrière, son éditeur lui propose (impose ?) de se lancer dans un autre genre de shônen : le harem manga ! Gros hic : elle n’y comprend rien, elle n’aime pas ça et surtout… elle ne s’intéresse pas du tout à l’amour !! Bien malgré elle, elle commence malgré tout à dessiner un shônen romantique pas très intéressant… dont le succès est FULGURANT ! Son titre devient un poids lourd du magazine de prépublication, et est même adapté en anime ! La voilà forcée (et condamnée) à continuer de dessiner un shônen romantique… alors qu’elle ne comprend rien à l’amour ! Elle ne voit même pas, autour d’elle, son jeune assistant ou le producteur qui s’intéressent à elle…

Partenariat avec Akata que je remercie beaucoup pour cet envoi !

Mes avis :

Tome 1

Depuis sa sortie, j’entendais parler de ce titre partout sur les réseaux sociaux et internet. En général, ça a le chic de me couper l’envie de découvrir un titre mais ici ça titillait vraiment ma curiosité. J’ai donc profité de la gentille offre de Lauriane de chez Akata (que je remercie encore !) pour la satisfaire.

Comme annoncé, Aromantic (Love) Story est l’histoire d’une jeune femme assez atypique. En plus d’être mangaka, Futaba  est une jeune trentenaire qui n’a jamais été amoureuse ni éprouvée de désir pour qui que ce soit. Elle ne connait donc rien à l’amour mais est obligée d’écrire dessus pour son travail. C’est donc l’horreur pour elle, mais comme c’est aussi quelqu’un de sérieux, elle veut bien faire les choses. Et c’est alors qu’elle vient de prendre cette décision, que deux hommes décident de lui avouer leurs sentiments/attirance pour elle. Que va-t-elle faire ?

Honnêtement, j’étais un peu mi-figue mi-raison avec ce postulat de départ. J’avais peur de tomber sur une femme qui joue les midinettes et qui tombe dans tous les clichés du genre. Heureusement pour moi, ce n’est pas du tout le cas avec Futaba. C’est effectivement quelqu’un de naïf car complètement novice en amour, mais c’est aussi une femme sûre d’elle et de ses convictions et c’est définitivement ce qui m’a plu ici.

Dans ce titre, l’autrice profite du statut sentimental particulier de son héroïne pour traiter de sujets très intéressants autour de la question de l’identité sexuelle. On apprend donc énormément de choses à la fois sur ceux qui se cherchent mais aussi sur ceux qui se sont trouvés mais qui se retrouvent dans les différentes minorités que la société oppose aux hétérosexuels. Je dois bien avouer que je n’y connais pas grand-chose sur le sujet mais que ça m’a donné matière à réfléchir sur ces personnes que les étiquettes agacent et/ou ne représentent pas. J’ai trouvé qu’Haruka Ono abordait cela avec beaucoup de doigté et de pédagogie sans jamais rendre ses explications rébarbatives. Tout est glissé subtilement dans son histoire et se mélange dans la narration avec le scénario qu’elle développe.

Ainsi, j’ai trouvé l’héroïne fort attachante. J’aime son caractère fort, ses convictions, son militantisme, son assurance et ses doutes parfois. Je sens que je vais aimer suivre son cheminement. Je l’ai aussi trouvé particulièrement drôle grâce à ses monologues intérieurs. J’ai beaucoup aimé sa relation avec ses deux amies trentenaires aussi où je me suis un peu retrouvée. J’ai trouvé sa maladresse vis-à-vis de la gente masculine drôle et touchante, on sent qu’il y a du vécu là-derrière. D’ailleurs, tout le propos autour de son travail de mangaka sent le vécu aussi et c’est assez agréable à lire par rapport à d’autres séries où j’avais trouvé ça trop lourd.

J’ai également beaucoup aimé l’humour qui se dégage du titre. Ça donne un côté très dynamique et pêchu à l’histoire aussi bien grâce au comique de nombreuses situations qu’aux caractères haut en couleurs de plusieurs personnages.

J’ai peut-être par contre un peu plus de mal avec les dessins, qui, quoi que maitrisés, me semblent un peu trop froids et rigides parfois, parfaits pour une adaptation en anime mais pas vraiment à mon goût. Je trouve par exemple que la couverture ne reflète pas bien le contenu et c’est dommage ^^! (mais j’ai cru comprendre que l’éditeur n’a pas trop eu le choix niveau matériel…)

Au final, contrairement à ce que je croyais, je ressors totalement convaincue par ce titre et surtout par son héroïne. J’ai vraiment envie de voir ce qui va lui arriver, les choix qu’elle va faire et comment elle va les gérer. C’est encore une bonne pioche de la part d’Akata.

Tome 2

La chute est rude avec ce deuxième tome. J’avais lu plusieurs chroniques du tome 1 où les auteurs n’avaient pas du tout aimé le traitement fait de l’aromantisme et sentait mal le devenir de cette histoire. Ils avaient malheureusement raison. Ce tome fut une lente descente aux enfers pour moi…

Le début est assez faiblard pour ne pas dire cliché et classique avec un triangle amoureux omniprésent et l’alternance entre un chapitre sur Kitamura (le vieux prétendant) et Asakura (le jeune prétendant). Ça tourne d’ailleurs très vite au combat de coqs en oubliant complètement le libre arbitre voire carrément l’existence de l’héroïne, ce que j’ai détesté.

Mais le pire vient du traitement de l’aromantisme fait ici. Au final, on nous dit que l’héroïne a juste peur d’aimer. Non, désolée, mais l’aromantisme, ce n’est pas ça. J’ai trouvé ça gonflé d’oser le réduire à cela et ça m’a vraiment agacée. Sans parler que l’autrice nous sort de son chapeau que Kitamura serait lui aussi un peu différent, tout comme l’héroïne, sauf que lui son « problème » c’est qu’il s’empêche d’éprouver le moindre sentiments positifs ou négatifs à cause d’un passé traumatisant. Peut-on faire plus gros et plus cliché ? C’est ridicule !

La seule idée qui me tentait bien était d’introduire une relation d’amitié entre le stratège et Futaba mais c’est vite balayé à cause de la dernière scène. Tout ça pour ça…

Ce titre est une vraie déception. Je vais donc m’arrêter là.

Tome 3

Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, Jiji des Instants volés à la vie m’a convaincue de reprendre et terminer cette saga après m’avoir rassurée sur le devenir de l’héroïne. Me voilà donc repartie à lire les aventures de notre trio.

Je dois dire que j’ai poussé un ouf de soulagement dans ce tome qui remonte tout doucement la pente après la rude dégringolade du précédent. On revient d’emblée et longuement sur le dernier incident qui m’avait fait lâcher l’histoire et on repart ainsi sur de bons rails tout au long de ce tome, qui à part 2-3 petits détails m’a beaucoup plu dans l’ensemble.

Futaba continue à s’interroger sur elle-même. Peut-elle tomber amoureuse et éprouver des sentiments pour quelqu’un d’autre ? Doit-elle se forcer à supporter les attentions des autres ? La réponse lui vient assez naturellement et j’ai aimé voir la question traitée dans un shojo manga. Comme quoi, on peut aussi avoir des shojo où les héroïnes ne ressentent pas la moindre attirance pour quelqu’un.

J’ai aussi trouvé important de voir les hommes de la série remis à leur place que ce soit verbalement ou physiquement. Il est important de faire comprendre qu’imposer ses sentiments ou le moindre contact physique à quelqu’un qui n’en veut pas n’est pas normal. Du coup, les garçons même s’ils se sont mal comportés sont remontés dans mon estime en comprenant cela et en agissant en conséquence (même si c’est plus dur pour Asakura qui continue à trop s’imposer à mon goût…) Il y a ainsi quelques moments et phrases bien sentis comme : « Il n’y a que dans la fiction que se faire piéger contre un mur ou embrasser sans avoir donné son consentement est cool ou excitant ! » ; « Se faire embrasser par surprise, ça porte un nom ça aussi : l’atteinte à la pudeur ! C’est obscène ! » et je salue l’autrice pour avoir oser pour avoir osé l’écrire.

Du côté de l’histoire où en sommes-nous ? Pas bien loin, j’ai envie de dire, même si les personnages ont bien évolué. Futaba est toujours prise dans cette espèce de triangle avec 2 hommes susceptibles d’être amoureux d’elle alors que ce n’est pas son cas. L’un est clairement devenu son ami et dans ce rôle je l’aime bien. L’autre a redéfini son statut d’assistant mais j’ai beaucoup de mal avec ses agissements. Il est trop dépendant et fait trop reposer ses raisonnements sur des clichés de notre société. Il doit encore grandir et s’émanciper, ce que je demande à voir.

Mais cette fois, contrairement au tome 2, j’ai passé un bon moment. J’ai aimé voir les garçons remis à leur place, Futaba s’affirmer et ne pas tomber sous leur charme, restant fidèle à elle-même. Je me demande juste comment elle va s’extirper de tout ça ^^

Tome 4

Alors que le tome précédent m’avait raccrochée à la série, j’ai trouvé celui-ci extrêmement brouillon et donc difficile à terminer. L’autrice force les choses pour mêler à la fois les questions de Futaba sur son orientation sexuelle, celles sur sa carrière d’autrice et celle du Stratège sur son héritage. On a l’impression qu’elle se sent obligée de tout parler en même temps, du coup j’ai trouvé que ça manquait de fluidité à la lecture et qu’on avait plus l’impression d’une juxtaposition d’éléments qui ne vont pas ensemble. Le pire, c’est peut-être le côté pédagogue qui ressort de plus en plus et nuit là aussi à la fluidité du récit. Soit il faut nous faire une fiction, soit un ouvrage précis sur le sujet, mais le mélange des deux passe mal ici.

L’idée de montrer Futaba en plein questionnement sur elle-même n’était pas mauvaise. J’aimais bien l’idée de cette expérimentation de la vie de couple, en toute connaissance de cause des deux côtés. C’est intéressant de voir les questions qu’elle se pose, ses réactions face à des situations normales pour un couple, etc. Mais ici, ça va trop vite. Le temps passe à vitesse grand V et on ne voit aucune évolution dans « le couple ». Surtout je trouve Stratège particulièrement fade, agaçant, maniéré et immature. J’ai du mal avec ce grand gamin, qui pourtant sait aussi se comporter comme un homme bien, compréhensif et prévenant. Ses problèmes personnels et familiaux sont bien plus intéressants que leur romance mais là aussi c’est survolé. Après mon autre grand regret ici, vient du fait qu’on voit moins Killer aussi et ça m’a vraiment manqué. C’est le personnage masculin que je préfère. Il prend une nouvelle dimension dans les rares pages où on le voit parce qu’il comprend enfin Futaba et cherche à l’orienter, l’épauler. Après c’est à nouveau très bref et j’attends de voir si ce sera développé par la suite.

Heureusement au milieu de tout ça, j’ai quand même apprécié certaines choses comme la carrière de Futaba qu’on aborde dans la dernière partie. J’ai aimé la voir se faire secouer un peu parce qu’elle fait quelque chose qu’elle n’aime pas, avec des éléments dans lesquels elle ne croit pas, juste pour plaire à un certain public, oubliant ce en quoi elle croit. Ça promet pour le dernier tome une belle reprise en main, je l’espère, avec un renouvellement de sa passion. Mais clairement ce tome ne m’a pas convaincue…

Tome 5

Voilà la fameuse conclusion dont on m’avait parlé et qui m’a encouragé à reprendre la série. Honnêtement, j’ai eu le sentiment d’avoir passé beaucoup de temps sur cette série pour un résultat assez évident au final. Du coup, je n’ai pas été emportée par cette fin. L’autrice a longtemps tourné autour du pot et je ne trouve pas que son histoire ait été des plus passionnante, ni des mieux écrites pour en arriver là. J’ai au contraire eu un vrai sentiment de déséquilibre au fil des tomes et c’est fort dommage.

Dans cette série, il y a eu d’un côté « la romance » qui m’a énormément déçue, parce qu’elle n’avait au final rien à faire ici. C’était plus l’interrogation de l’héroïne sur les cases dans lesquelles on voulait la faire entrer qui comptait, et ça ce fut assez bien mené quoique un peu longuet. Le fait au bout d’un moment de choisir Stratège plutôt que Killer pour cela m’a dérangée. Je n’ai pas aimé ce personnage, même si je reconnais que la mangaka a voulu lui donner un côté touchant avec son bagage familial, mais clairement je n’ai pas accroché. Je lui préfère des personnages plus forts comme Shima ou Killer, mais c’est comme ça.

Et de l’autre, il y a eu quelque chose de vraiment intéressant dans la série, c’est tout l’aspect sur la création d’une oeuvre. J’ai beaucoup aimé l’évolution de l’héroïne sur ce point, notamment dans ce dernier tome où suite à des discussions avec Shima on se réoriente vers une autrice qui assume ses choix et ses passions. Ça clairement, c’était vraiment bon à lire et ça donnait matière à réfléchir. Quel dommage que ce soit autant resté en filigrane au final, parce que le propos était mieux traité que le côté « romantique/aromantique » qui s’est effiloché au fil des pages.

Bref, au final je suis contente d’être allée au bout de la série, mais je n’ai aucune envie de la relire. Ce n’est pas non plus une série que je recommanderais forcément sauf à des gens curieux sur le sujet et encore, je pense qu’on peut écrire de meilleures choses sur la question. Je reste plutôt sur ma faim avec ce titre, qui n’est pas la grosse déception annoncée mais pas non plus un titre dont je me rappellerai.

Ma note : 13 / 20

Retrouvez Aromantic (Love) Story sur Akata.fr.

7 commentaires sur “Aromantic (Love) Story d’Haruka Ono

    1. Le souci, c’est que la dégringolade fut tellement brutale que j’ai aucune envie de lui redonner sa chance pour le moment ^^ Je vais donc attendre tranquillement les avis sur la suite et fin, et feuilleter au pire avant de prendre une décision 😉

      J'aime

  1. le sujet m’intéresse beaucoup et je trouve ça super d’avoir des manga qui traitent de l’aromantisme (ça change du romantisme à outrance !) mais j’avais des craintes (renforcé par les couvertures) que le sujet soit traité de façon … « romantique » ? Ton avis est plutôt mitigé et j’ai bien peur que au final ça ne me plaise pas. Mais j’ai quand même envie de tester. L’idéal serait de le trouver à la bibliothèque. Mais je n’y crois pas trop.
    Tu as lu Celle que je suis, également chez Akata ? Je n’ai lu que le premier tome mais j’ai pas été totalement convaincue. Cela pourrais passer pour un yaoi parmi tant d’autre tellement le sujet est traitté de façon cliché dans ce premier tome. J’ai envie de voir comment ça évolue mais j’hésite à investir dans un second tome alors que le premier ne m’a pas convaincu.

    Aimé par 1 personne

    1. Autant, c’est vrai que j’ai été mitigée sur ma lecture d’Aromantic, autant je reconnais que je suis contente au moins qu’un éditeur essaie de s’intéresser au sujet même si ce n’est pas parfait. Du coup, oui si tu la trouves en bibli ou en occasion, ce serait peut-être mieux ^^’
      Par contre, pour Celle que je suis, ce fut une énorme déception. Je n’ai pas du tout aimé le tome 2. Les transexuels y sont traités de manières très maladroites pour ne pas dire plus. Et ce n’est guère mieux pour les hétérosexuels. C’est pour moi une série à fuir…

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      1. c’est l’effet que m’a fait le premier tome. En soit ce n’est pas désagréable à lire. Le dessin est joli et fluide. J’aurais trouvé ça mignon si on m’avais vendu un yaoi, mais c’est pas vraiment ce qu’on ma vendu ! Je m’attendais à quelques chose du niveau d’Eclat(s) d’âme et… ce clairement pas le même niveau

        Aimé par 1 personne

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