Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Banana Fish d’Akimi Yoshida

Titre : Banana Fish

Auteur : Akimi Yoshida

Éditeurs : Panini (français) / Viz (anglais)

Années de parution : 2002-2006 (vf) / Réédition en 2018 (anglais)

Nombre de tomes : 19 (série terminée)

Histoire : En 1973, au Vietnam, un soldat américain perd la tête et tire sur ses camarades. Dès lors, il ne parle plus, si ce n’est pour laisser échapper parfois ces deux seuls mots, “Banana Fish”. Douze ans plus tard, à New York, la police enquête sur une série de suicides pour le moins douteux. Un jour, un homme est abattu froidement dans la rue et, avant de mourir, remet à un jeune chef de bande nommé Ash une mystérieuse substance. Quel lien y a-t-il entre ces morts suspectes ? Ash tente de découvrir la vérité.

Mes avis :

Tome 1

J’avais pas mal entendu parler de Banana Fish lors de sa sortie en France dans les années 2000, mais je dois que les choix éditoriaux de Panini à l’époque (l’imprimer sur les pages jaunes) m’avaient refroidie et j’avais laissé passer la série. Les dessins un peu old school et une histoire qui n’était pas vraiment un shojo pour moi à l’époque avaient achevé de me convaincre de ne pas la prendre. Seize ans plus tard, mes goûts ont changé et j’avais envie d’un titre différent, j’ai donc profité de la réédition en anglais chez Viz pour me frotter à cette série tellement réputée sur le net.

Banana Fish est un shojo d’Akimi Yoshida sorti à la fin des années 80 et au début des années 90 au Japon. On y retrouve donc un dessin assez daté fait de nez en patate, de petits yeux et de mâchoires un peu trop carrées. L’histoire, elle, n’a rien des romances lycéennes dont le shojo est peuplé en France. Nous sommes face à l’histoire d’un jeune chef de gang dans l’Amérique des années 80 qui va se retrouver confronté au mystère d’une drogue : la Banana Fish. C’est donc un titre plus proche du thriller que nous allons découvrir.

Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance des personnages principaux : Ash, le jeune américain chef de gang très sûr de lui et fidèle en amitié, et Eiji, un jeune japonais, apprenti journaliste qui suit son mentor aux USA et se retrouve embarqué contre son gré dans une histoire qui va le dépasser. Pas une once de romance en vue pour le moment, même si je sais qu’elle va arriver, non c’est une histoire dense, nerveuse, sérieuse et sombre qu’Akimi Yoshida nous livre, à mille lieu de Kamakura Diary, son titre publié actuellement chez nous.

Ici, elle brosse un portrait dur mais très fidèle de l’Amérique des années 80 avec ses problèmes : les gangs, la drogue, la Guerre du Vietnam et ses anciens soldats. Ce n’est pas une vision rêvée et fantasmée qu’on a sous le yeux, mais quelque chose de plus brut et sale, comme dans les bons vieux films noirs. D’ailleurs, j’ai trouvé la narration et le découpage des planches très cinématographiques et dans la lignée de ces films policier d’action des années 80.

Ce premier tome n’est encore qu‘un tome d’exposition. On y découvre la vie d’Ash comme chef de gang, ses alliés et ses ennemis, sa relation trouble avec son ancien chef (?) et surtout sa quête de réponse quant à ce qui est arrivé à son frère au Vietnam. Eiji n’arrive que dans un second temps et fait plutôt office de damoiselle en détresse qu’il va falloir sauver et qui va mettre en lumière toutes les qualités héroïques d’Ash. Je pense avoir une idée de comment tout ça va se développer dans les grandes lignes mais je suis surprise que ça tienne 19 tomes.

Je compte tout de même poursuivre parce que j’ai beaucoup aimé l’ambiance, le découpage des planches et les promesses d’une histoire différente. J’ai donc commencé à me commander la suite mais ça risque de prendre un peu de temps d’ici que je possède et lise tout ^^

Tome 2

Avec ce deuxième tome, on ne peut que basculer encore plus dans le dépaysement de l’Amérique des gangs des années 80. C’est sombre, c’est brutal, c’est violent et c’est extrêmement surprenant de trouver ça dans un shojo, genre plus réputé pour ses amourettes. J’aime cette différence que s’autorise Akimi Yoshida.

Ici, Ash se fait piéger par son ancien patron et se retrouver vite arrêté pour un crime qu’il n’a pas commis, puis incarcéré dans une prison pour adultes où les dangers sont omniprésents. C’est glaçant, c’est oppressant. Il arrive des choses terribles à Ash, heureusement passé sous ellipse pour nous lecteurs, car l’autrice est tout sauf une voyeuse et que ça ne servirait pas son propos. Mais Ash reste quelqu’un de fier, indomptable et très intelligent. J’ai aimé en apprendre plus sur son passé dans ce tome mais aussi sur son caractère. Il fait également une rencontre décisive en prison qui va continuer à nous relier à ce qui est arrivé à son frère avec la mystérieuse drogue « banana fish ». Du coup, l’enquête continue également de ce côté-là à l’extérieur de la prison, ce qui donne un vrai rythme haletant à l’histoire qui oscille entre histoire carcérale, vengeance, histoire de gangs et thriller urbain. C’est extrêmement bien raconté et pour le moment, on sent un scénario bien huilé.

Malgré des moments assez durs psychologiquement, Akimi Yoshida a s’en m’embarquer dans son univers. Elle a une force d’évocation assez rare. On s’attache très vite aux personnages. On craint pour eux, on a envie de les encourager, de les consoler, etc. Après ce tome assez intense et très centré sur Ash, j’espère quand même que certaines violences vont diminuer et que le champ de l’action et des personnages va s’élargir un peu ^^

Tome 3

J’essaie vraiment de me freiner et de m’armer de patience mais mon dieu que cette série est addictive. Si on passe outre les dessins qui ont vraiment vieilli, c’est une série terriblement efficace et bien construite. J’adore cette narration classique mais qui donne l’impression de voir un film se dérouler sous nos yeux, on voit presque les mouvements de caméra lors des changements de scènes, de lieux et de personnages. C’est assez bluffant.

Dans ce tome, on clôt la partie carcérale de l’intrigue avec un Ash toujours aussi malin, qui se joue vraiment de tout le monde. Il est terriblement intelligent et manipulateur, sachant de quel levier se servir avec qui pour obtenir ce qu’il veut. Au passage, c’est souvent très risqué pour les autres aussi bien que pour lui, mais il est prêt à tout. On sent vraiment qu’il incarne, un peu comme James Dean, cette jeunesse américaine jusqu’au-boutiste marquée par les guerres, qui vivent leur vie à fond avec toutes les conséquences qu’on connait. Il y a un sentiment d’inéluctable qui se crée et qui fait peur aussi bien au lecteur qu’aux personnages qui gravitent autour d’Ash et qui s’attachent à lui, comme Max.

Cela donne une ambiance très sombre. Le milieu mafieux est encore très bien décrit puisqu’on voit Ash menacé par son ancien « patron » mener une sorte de vendetta après le drame que connait son frère. C’est brutal et ça fait trembler tout le monde. Les sentiments sont à fleur de peau et l’autrice décide d’en rajouter une couche en commençant à montrer et creuser le passé familial du héros, comme si ça ne suffisait pas. Cela enrichit encore son univers et le lecteur est suspendu à ses lèvres. Je suis fan.

Tome 4

Ah, comme l’autrice aime jouer avec nos petits coeurs sensibles ! Elle ne nous ménage pas ici, entre révélations sordides sur le passé d’Ash, confrontations tendues avec les sbires de Dino, fuites, nouvelles rencontres hautes en couleurs, séparations et trahisons, c’est du grand art !

J’ai vraiment eu le coeur retourné en apprenant ce qu’il était arrivé à Ash. Comme il le dit lui-même, c’est un autre monde ! C’est fou ce qu’Akimi Yoshida se permet dans son shojo, wow. J’espère qu’on reparlera de sa relation avec son père car il y a moyen de faire quelque chose de très beau ici.

Bien sûr, on repart ensuite très vite dans la traque menée par Dino contre eux et les recherches qu’ils font sur la Banana Fish. Ça nous amène à rencontrer Jessica, l’ex-femme de Max, que j’ai adoré d’emblée. Quelle femme ! Et leur fils a l’air d’un petit Ash qui n’aurait pas mal tourné. La deuxième rencontre est encore plus importante, elle est avec un jeune chinois qui cache bien des choses, ce qu’Ash sent rapidement. Il est en effet en relation avec Dino et est là pour les empêcher de faire des découvertes ou du moins les espionner. Ça donne un jeu de chat et de souris très tendu qui est un régal. Ash apprend des choses capitales sur ce qu’il cherche, mais il comprend aussi qu’il va devoir se séparer d’Eiji pour avancer.

Pour le moment, la romance que j’attends entre eux tarde quand même beaucoup à arriver, on a des petits signes mais rien de flagrant et c’est plus du background qu’autre chose. On est clairement plus dans un film de mafieux qu’une romance gay. Ça me frustre un peu que les deux ne soient pas plus équilibré, mais le premier est tellement bien mené que j’adore. C’est extrêmement prenant. J’en redemande !

Tome 5

L’histoire est de plus en plus sombre, on plonge un peu plus à chaque tome, c’est très éprouvant. Je suis assez estomaquée que seuls 5 tomes soient passés et qu’on en soit déjà là dans l’histoire. Du coup, je me demande ce que l’autrice nous réserve encore pour les 14 prochains ^^! En plus, elle n’épargne vraiment rien à ses personnages, c’est assez atroce. Ils subissent vraiment les pire sévices l’air de rien. Je suis d’ailleurs assez chagrinée qu’on traite un peu par dessus la jambe les viols qui subissent les uns et les autres. Je trouve ça très très dérangeant. C’est un sujet qui m’a toujours fait tiquer et je ne pensais pas retrouver cette légèreté ici. Je sais qu’on est dans un titre rude avec cette histoire de gangs, de drogue et de mafieux mais quand même…

Pour en revenir à l’histoire, le conflit avec Dino s’accentue de plus en plus. Ce dernier se débrouille pour avoir Ash à sa botte. Celui-ci semble savoir où il va et pourtant il plonge tête la première dans les pires dangers à chaque fois, c’est effrayant. Dans ce tome, il fallait avoir le coeur bien accroché entre ce qui arrive à la famille de Max, la trahison de Shorter et les dernières manoeuvres de Dino contre lui, Eiji et Yau-Si. On sent vraiment les maillons de la chaîne se resserrent sur Ash.

A côté, on découvre ce qui se mijote avec la Banana Fish, pourquoi elle a été créée, pour qui, avec quels effets. On commence aussi à l’expérimenter à nouveau et ça promet des moments effrayants eux aussi. La tension est donc à son comble sous les échanges feutrés qu’on suit. Il faut avoir le coeur bien accroché mais c’est palpitant à suivre.

Tome 6

Quel stress, quel stress, quel stress ! Ce tome va encore à 100 à l’heure et ça canarde dans tous les sens. L’histoire s’ouvre sur un vrai drame qui ne peut que toucher le lecteur. L’autrice ne nous épargne vraiment rien. Elle ose tuer un personnage que je croyais intouchable et comme les survivants j’ai été un peu abasourdie puis au fond du trou. Mais quelle intensité ! On sent vraiment que dans cette histoire tout peu arriver et que la vie de chacun tien à un fil. On est dans le milieu de la mafia et ça ne rigole pas.

En parallèle Dino continue à développer son plan autour de la Banana Fish et on commence à voir de plus en plus les répercussions de celui-ci, de l’histoire la plus locale à la nationale. Ça donne une marge de progression assez folle pour les prochains tomes. J’en trépigne d’avance.

Pour Ash, l’heure de l’évasion et de la rescousse d’Eiji a sonné. Ce sont de longs plans séquences intenses qui nous attendent comme dans un film de gangster, l’autrice en a sous le coude ! C’est narrativement très intéressant parce qu’on se croit vraiment au cinéma et non dans un livre. Bluffant !

La qualité en tout cas ne baisse pas d’un tome à l’autre, ça reste passionnant et palpitant. Comme à chaque fois, il me tarde de continuer.

Tome 7

Dur de se renouveler pour vous dire encore combien j’aime la série et je prends mon pied en la lisant. C’est terriblement bien construit, bien écrit et bien raconté. Le rythme se pose un peu dans ce tome après des aventures assez trépidantes dans le précédent. Nous suivons donc une sorte d’accalmie avant la tempête et celle-ci est toute proche.

Du coup, on a droit à des scènes où Ash se montre fragilisé devant Eiji. C’est extrêmement touchant. Shunichi, lui, commence à bien le cerner et à comprendre la carapace qu’il s’est forgé. Au passage, son duo avec Max fonctionne assez bien. Et j’ai aimé les voir aller se planquer chez Charlie, qui vit désormais avec la soeur de Shorter, et qui enquête sur Ash. C’est un vrai méli-mélo mais c’est tout le charme de la série.

En effet, suite aux derniers événements, la police est à la recherche d’Ash partout en ville, ce qui donne lieu à des scènes assez cocasses. Charlie et Jenkins sont chargés de l’enquête, vive le conflit d’intérêts ! En parallèle, les différents gangs de N.Y entrent en guerre soit avec, soit contre Ash, qui se livre à une vendetta minutieusement réfléchie contre Papa Dino. Ash est vraiment un garçon intelligent et plein de charisme. Ses manoeuvres (vengeance, détournement de fond, meurtre, …) donnent une ambiance de vieux films de mafieux que j’ai adorée. Après, à force de vouloir jouer au plus malin, il risque de s’y tromper, je pense.

Reste que ce tome est une nouvelle fois prenant, que l’autrice creuse son filon et ses personnages. Elle sait montrer les différentes facettes d’Ash, mais aussi les différentes facettes de cette guerre des gangs. Seule l’intrigue autour de la Banana Fish est un peu en retrait ici.

Tome 8

Akimi Yoshida continue à nous faire vivre des émotions bien fortes dans cette suite de Banana Fish. Entre scènes d’un quotidien tranquille, discussions géopolitiques et vendetta entre gangs, on ne voit pas le temps passer.

Ash poursuit sa vengeance contre Dino et les gangs qui ont rejoint Arthur mais il doit payer un lourd tribu pour ça. Comme le disent ceux qui le connaissent, ça ne lui ressemble pas d’agir ainsi. Il se blesse donc autant qu’il blesse les autres et l’issue ne peut être que tragique. Ash est vraiment un personnage dramatique qui ne peut que toucher le lecteur dans son malheur, comme il touche Eiji ou Max. Cette descente aux Enfers est au coeur du tome mais elle semble aussi toucher à sa fin grâce au duel final tant attendu entre Ash et Arthur. Celui-ci est parfaitement mis en scène par la mangaka, dans les bas fond du métro newyorkais. C’est fort, c’est intense. Arthur fait preuve de ruse bien sûr, il ne peut pas jouer franc jeu, mais Ash ne se laisse pas démonter et c’est ce qui lui vaut aussi de nouveaux alliés à chaque fois.

En parallèle, on découvre encore des éléments sur le plan concocté par Dino et ses alliés politiques. C’est sombre et glauque, mais tellement d’actualité. Akimi Yoshida parle des coulisses de la politique américaine comme personne, levant le voile sur les vicissitudes de certains de ses membres. Il faut oser et ça fait plaisir de lire une histoire où on sent un vrai fond travaillé et réfléchi.

Tome 9

Comme je le pressentais l’histoire continue à se compliquer et ce n’est pas juste en réglant le problème d’Arthur qu’Ash va enfin être tranquille.

Son combat avec ce dernier est vraiment un duel dans les règles de l’art. La mise en scène est une nouvelle fois parfaite, entre le cadre, la tension, les actions hors champs des autres voyous et de la police, l’intervention d’Eiji. Tout est parfait pour amener ce climax.

Avec la suite, nous entrons dans une nouvelle phase de l’histoire. Ash a été gravement blessé, il est à la merci de Dino qui va faire jouer ses relations pour lui mettre la main dessus. On voit vraiment à l’oeuvre ce dernier et c’est révoltant de découvrir combien la police est à ses bottes. Mais ça permet de continuer à complexifier l’intrigue et de la rendre plus sombre. Les personnages encore un peu trop naïfs vont devoir se rendre compte de la pourriture du monde dans lequel ils vivent.

J’ai peur de ce que ça annonce pour Ash, mais j’aime en même temps voir l’audace de l’autrice et son talent pour mettre tout cela en scène comme dans un film américain. Il en maitrise parfaitement les codes et sait les réutiliser pour son histoire ici, ce qui rend vraiment le titre totalement addictif.

Tome 10

Après la fin du tome précédent, je savais que celui-ci serait difficile et tendu, je n’ai pas été déçue du voyage. Alors que je ne voyais pas trop comment l’autrice allait pouvoir faire rebondir son histoire pour tenir 19 volumes, elle me surprend sans cesse à y parvenir sans le moindre effort apparent.

L’histoire se partage en 2 axes ici. D’un côté, après l’annonce du décès d’Ash, tous ceux qui le connaissent ont du mal à y croire. Eiji part complètement à la dérive. Yau-si, lui, annonce clairement la couleur lors d’un très bel affrontement verbal. Il est et restera le plus grand ennemi d’Ash, il n’a qu’à bien se tenir. Enfin, le petit remplaçant de Shorter (qui a des faux airs d’Akira) prend un peu ce pauvre Eiji sous son aile. Je me demande ce que ce duo inattendu va donner. Et pendant ce temps-là, du côté des adultes, on enquête parce qu’on a aussi du mal à y croire et qu’on y voit quelque chose de bien louche. J’aime beaucoup la dynamique très journalistique que cela donne à l’histoire et ça contrebalance bien toute cette fougue de la jeunesse, parfois un peu trop débordante.

Mais le plus intéressant se déroule bien sûr dans la clinique où Ash est retenu. Pour notre plus grand plaisir, l’autrice nous offre ainsi des révélations terribles sur le Banana Fish qui avait un temps disparu de l’histoire. Ce qu’on découvre est glaçant une fois de plus, mais montre combien Akimi Yoshida maitrise son histoire puisque tous les fils lancés continuent à converger. Les politiques, les gangs et les amis d’Ash, tout ce beau monde finit par se rejoindre dans les dernières pages et cela donne un final assez stressant.

Banana Fish avec 10 tomes à son actif conserve toutes ses qualités, mêlant histoires personnelles et intrigues plus vastes autour de la création d’une arme chimique potentiellement terrible. C’est très prenant.

Tome 11

Quel tome, quel tome, quel tome ! L’autrice continue encore et toujours à m’enchanter, que ce soit en me stressant avec un début de tome sous tension, ou en me touchant avec certaines retrouvailles annoncées par la suite. Elle manie les changements de rythmes et de tons à la perfection.

En effet, l’histoire s’ouvre ici sur l’évasion d’Ash et encore une fois, il m’a bien fait peur par moment. C’est certes complètement surréaliste, on est d’accord, mais tellement addictif aussi. J’ai aimé revoir l’esprit combattif et astucieux d’Ash mis à l’épreuve. C’était également amusant de voir son agacement quant aux personnes à sauver avec lui ^^ Et au final, tout est rondement mené parce que l’opposition en face ne faisait pas le poids.

L’avantage de cette partie ensuite est de complètement nous relancer sur la piste du Banana Fish auquel Ash va se réintéresser de près. Nous, lecteurs, sommes aidés en cela grâce aux informations fournies par Yau-Si qui se révèlent passionnantes et pleines de possibilités. J’aime beaucoup comment l’autrice avance ses pions, puis les rebat pour établir une nouvelle disposition, c’est passionnant, avec justes quelques personnages, elle arrive à faire une trame scénaristique très riche en rebondissements.

Maintenant, il ne faut pas oublier les fans d’émotion comme moi et on a aussi droit à nos moments. Il y a bien sûr les retrouvailles d’Ash et Eiji, celles qu’on attendait le plus et qui sont toutes en nuances comme toujours, ce qui me fait craquer. Mais on a aussi un très chouette moment, plus piquant, avec le jeune Soo-Ling, qui m’a bien amusé. Et puis, revoir Ash sur ses terres avec ses copains, c’est quand même jouissif, tout comme quand il vanne Max. Ça donne vraiment une ambiance top au titre, comme si on suivait une petite famille dont on aimerait bien faire partie malgré les galères qu’ils vivent.

Tome 12

Que de cruauté chez Akimi Yoshida ! Elle aime vraiment faire souffrir ses personnages de la pire des façons. Alors que je croyais qu’on allait enfin se concentrer sur ce fichu Banana Fish, nous voilà repartis dans la guéguerre que se livre Ash et Dino. Ce dernier a trouvé des alliés implacable contre Ash et leur plan fonctionne à merveille pour l’attirer dans leurs filets. C’est tragique de voir celui-ci se dérouler sans la moindre anicroche sous nos yeux. On voit le piège se refermer sans rien pouvoir faire. On voit Ash s’en rendre compte lui aussi mais reconnaitre qu’il est impuissant. C’est d’une force rare, cette inéluctabilité. Du coup, chaque moment passé, sous tension, avec Eiji est vécu comme si c’était le dernier. Les sentiments sont exacerbés et les déclarations de l’un et l’autre d’autant plus importantes. Tout ça jusqu’à un final dramatique où j’avais envie de jeter mon livre sur l’autrice tant je l’ai trouvée horrible. Oser faire encore ça à Ash, en plus en utilisant en quelque sorte son mentor, c’est juste ignoble. Je crains le pire pour mon petit coeur dans les tomes qui vont suivre.

Tome 13

Que de violences psychologiques dans ce tome. Je savais après les derniers événements qu’on allait entrer dans une période sombre et que ce ne serait pas simple de regarder Ash sombrer, mais que c’est dur quand même. L’autrice est d’une cruauté avec nous. Les trois quarts du tome sont consacrés au retour de celui-ci auprès de Dino et à ce qu’il est obligé de faire pour lui. Je m’attendais à quelque chose de gore mais en fait ce dernier parvient à le torturer encore plus subtilement sans aller aussi loin que je le croyais. Il prend une direction beaucoup plus subtile mais au résultat encore pire sur le pauvre Ash. C’est déchirant de le voir ainsi.

En même temps, pour nous lecteurs, c’est assez fascinants de suivre ses déboires et de voir les plans que Dino met en place. De la même façon, j’aime beaucoup comment la toile se tisse autour de tout ça, avec d’un côté Yau-Si qui aide Dino et s’oppose à Ash, Blanca qui s’interroge et semble prêt à aller sauver son ancien élève, Eiji et Sing qui réfléchissent à un plan pour le sortir de là, et Max qui aimerait bien quand même sortir son article sur la Banana Fish malgré le revirement de situation.

C’est donc encore un tome très riche, passionnant à lire, mais où il faut avoir le coeur bien accroché.

Tome 14

Après un 13e tome assez lourd et plombant côté ambiance, ici c’est ultra tendu et dynamique. Il faut dire que c’est consacré à une mission de sauvetage assez rocambolesque d’Ash par ses amis des différentes gangs.

C’est assez amusant de voir comment ils planifient ça sans lui et à quoi ça ressemble, c’est-à-dire un foutoir géant, mais où chacun donne tout ce qu’il a. Cela donne une lecture une peu folle et imprévisible qui fait vraiment plaisir. Et puis, cela permet de retrouver un Ash qui reprend du poil de la bête malgré sa faiblesse physique actuelle.

Pour cela, il est aidé par le retournement de veste de l’énigmatique Blanca, qui finalement a une relation assez complexe avec son disciple. Après s’être rendu compte, je pense, de son erreur de l’avoir pousser à nouveau vers Dino, il cherche à se racheter à sa façon, en l’aidant à en sortir, mais c’est fait d’une façon bien complexe où il se sert également de la personnalité trouble de Yau-Si. J’adore.

Ce tome se lit donc à 100 à l’heure et en même temps, il permet d’approfondir Blanca et de voir de nouveaux liens se créer entre les chefs de gangs. Passionnant !

Tome 15

Akimi Yoshida nous donne du grand Ash dans ce tome. Elle nous montre en l’espace de 180 pages toute l’intelligence, l’astuce et la force de caractère de cet écorché vif.

La première partie où il décide de défier Blanca et Yau-Si en concentrant les recherches sur lui est haletante. Elle est orchestrée de main de maitre et il me tarde de la voir vivre à l’écran dans l’animé. J’ai adoré la façon dont Ash se joue du lieu où il est piégé pour en tirer parti. J’ai adoré la façon dont il montre ainsi à Blanca qu’il a bien assimilé tout son entrainement pour égaler le maitre. Il lui donne une bonne leçon ainsi qu’à Yau-Si, qui se montre de plus en plus fragile, je trouve, et me perturbe.

Pour autant, l’autrice n’oublie pas où nous jouons et les gangs restent encore un élément très importants. Ici, Cain et Soo-Ling savent aider Ash quand il en a besoin, mais ce dernier est aussi là pour eux. C’est une belle leçon d’amitié et de solidarité, qui montre les liens qu’il a su créer depuis qu’il a rencontré Eiji.

Enfin, j’ai vraiment été ravie de voir l’intrigue sur la Banana Fish repartir avec Ash qui retrouve Max et se relance aux trousses de Dino et ses sbires et acolytes. On reparle ainsi du tragique passé de notre héros et Max l’aide à faire un grand pas en avant. Cela suffira-t-il ? Je ne suis pas sûre. Surtout que Dino affute déjà ses lames en représailles.

Tome 16

Après tout ce qu’on a vécu dans cette série, il manquait encore un stade de violence qu’on n’avait pas rencontré : une guérilla urbaine face à un commando surentraîné. C’est bon, Akimi Yoshida l’a fait. Avec ce tome, Ash rencontre un nouvel adversaire à sa hauteur. Dino a en effet engagé le chef d’un commando français qui est d’une rare efficacité.

C’est l’occasion d’un tome encore une fois ultra tendu où l’action est omniprésente puisque nos héros sont en danger en permanence. C’est aussi l’occasion de renouveler un peu les méthodes grâce auxquelles est apportée l’action. Cette fois, Ash et ses amis des différents gangs sont tour à tour les proies et les chasseurs, mais sans jamais vraiment que l’un ou l’autre ne prenne franchement l’ascendant. C’est très ingénieux pour soutenir notre attention. Ça crée une montée en tension sur l’ensemble du tome qui est assez jouissive mais donc on devine assez vite quel sera le pic. J’aurais aimé me tromper mais j’ai eu raison une fois de plus sur ce qui allait faire tout capoter pour l’un des groupes.

Maintenant, il ne reste plus que 3 tomes pour déméler tout ça, faire chuter Dino, révéler au grand jour cette drogue qu’est la Banana Fish et soigner ses plaies. Ça me tarde mais j’ai peur.

Tome 17

Quand est-ce qu’Akimi Yoshida aura fini de nous faire souffrir, je vous le demande. C’est incroyable ce qu’elle peut mettre en place pour faire subir les pires atrocités à son héros, encore et encore.

Après la dernière opération de Dino pour tenter de récupérer son héritier, je m’attendais juste à un beau chassé croisé où chacun montrerait, avec le chef du commando, qui est le plus intelligent et le meilleur tacticien. Je ne m’attendais pas à ce qu’Ash se fasse à nouveau capturer et torturer à la façon peu élégante qu’ont tous les hommes autour de lui. Ça me rend vraiment triste. J’en ai un peu marre que ce soit toujours le même ressort scénaristique qui ressorte. Ça donne l’impression d’une sorte de banalisation de ce comportement qui me révolte. Heureusement que par la suite, la femme de Max a un semblant de conversation avec Ash pour montrer, que non ce n’est pas normal, que c’est un traumatisme.

Sinon pour en revenir à l’histoire, dans ce tome, on sent clairement qu’on se dirige de plus en plus vers le climax de la saga. Les principaux personnages convergent vers une certaine résolution de l’intrigue. Du côté d’Ash, on essaie de rassembler les éléments nécessaires à piéger Dino, mais entre les attaques de celui-ci, les manoeuvres de Yau-Si et les guéguerres entre bandes, ce n’est pas facile. Dino, lui, est un peu en sourdine. C’est le Colonel Foxx qui prend les commandes ici et est celui qui affronte Ash parce qu’il voit une opportunité en lui. Yau-Si continue lui aussi à mettre des bâtons dans les roues de notre héros, mais en même temps, il s’amollit en quelque sorte, révélant un peu son passé et surtout laissant enfin Blanca aller aider son élève.

C’est tendu, c’est dérangeant, on marche sur un fil, on a peur pour chacun d’entre eux, mais que c’est bon à lire !

Tome 18

Quelle intensité dans ce tome, l’autrice sait vraiment accélérer le rythme quand nécessaire pour ne nous laisser aucun répit. Place au grand final du duel que se livrent Ash et Dino Golzine depuis le premier tome.

J’ai été complètement happée dès les premières pages par la mise en place de la mission de sauvetage d’Ash aidé de l’ensemble de ses amis (hors Eiji, resté à l’hôpital suite à ses blessures…). C’est simple mais terriblement prenant. On sent bien que ça y est, c’est la fin. Pour autant, la mangaka continue à nous faire souffrir. Pauvre Ash qui revit sans cesse les mêmes traumatismes pour pouvoir enfin tirer un trait sur le passé et sauver ses amis. J’ai beaucoup aimé le voit se faire épauler entre autre par Blanca et Yau-Si. La mission était pleine de rebondissements, notamment autour de la personne de Golzine et j’ai aimé être ainsi surprise.

Maintenant ce passage obligé derrière nous, Akimi Yoshida ralentit le rythme, nous montre les conséquences de ces différents drames et calme tout le monde en mettant bien en cause les grands pontes derrière. Ça fait du bien un peu de justice ! Pour autant, je suis un brin déçue qu’on semble abandonner la Banana Fish qui a donné son nom à la série, mais comme il reste un tome j’attends pour voir. Je sens déjà que la séparation avec Ash & Co. va être rude.

Tome 19

Je déteste l’autrice d’avoir inventé une fin aussi parfaite mais ô combien cruelle !

Ce dernier tome conclut à merveille les aventures dramatiques d’Ash et Eiji le temps d’un unique petit chapitre. Il est d’une tristesse bouleversante et il m’aura laissé complètement vidée, me demandant si j’avais bien lu, s’il ne pouvait pas y avoir erreur dans mon interprétation.

Akimi Yoshida nous livre une fin toute en nuance, simple et limpide comme du cristal, et fragile aussi comme peut l’être cette matière. C’est sobre comme pas permis, je vois très bien la misère en scène avec juste une musique en fond qu’il pourrait y avoir. Et en même temps, toute la symbolique et les émotions de la série sont là réunies et magnifiées. Il y aura du monde pour râler face au choix fait et à la frustration occasionnée mais je trouve cette fin parfaite, elle correspond entièrement à tout ce qu’il y a eu avant et je salue le courage de la mangaka d’avoir osé l’imposer.

La suite du tome n’est pas dénué d’intérêt mais le souffle retombe. La première histoire, « Angel Eyes« , permet de découvrir un pan du passé d’Ash, sa rencontre déterminante avec Shorter et j’ai été ravie de retrouver ce dernier le temps d’une histoire ainsi que de découvrir Ash plus jeune et de voir l’impact de cette rencontre. La seconde, « Garden of Light« , se déroule dans le futur et permet de voir ce que chacun est advenu, avec quelques surprises au passage. Elle est d’une grande tristesse et en même temps pleine d’espoir de rédemption. Elle m’a vraiment touchée.

Bilan :

Au final, j’ai donc été ravie de découvrir sur le tard cette série qui tranche tellement des shojos que j’ai pu lire. Il faut savoir passer outre les graphismes très datés de l’autrice, pour se laisser emporter par cette histoire hors du commun où les personnages sont si terriblement attachants avec tous les drames qu’ils ont connus. Akimi Yoshida mène son histoire de main de maitre de bout en bout, nous amenant de surprise en surprise. Si je regrette la disparition de certains personnages et de certaines intrigues, je pense que cette histoire va me marquer un moment. Maintenant, il ne me reste plus qu’à regarder l’anime pour voir tous ces jeunes s’animer devant mes yeux.

Ma note : 16 / 20

Version animée disponible depuis cette année

2 commentaires sur “Banana Fish d’Akimi Yoshida

  1. Mais je suis complètement passée à côté de cette série dans les années 2000 moi 😂 J’aime bien voir ton avis qui évolue au fur et à mesure des tomes, genre le premier tome, ça reste un peu « à voir » et dès le tome 3, « mais qu’est ce que cette série est addictive! » 😂 C’est dingue à quel point le dessin fait vraiment vieux jeu en tout cas !

    Aimé par 1 personne

    1. Lol c’est tellement ça, je me suis complètement fait prendre au piège au fil des tomes et pourtant l’histoire est rude et les dessins ne s’améliorent pas vraiment ^^! C’est le seul point noir, je pense.
      Du coup, il me tarde presque de terminer pour passer à la version animé où les dessins seront meilleurs 😂

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