Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Tango d’Est Em

Titre : Tango

Auteur : Est Em

Éditeur vf : Éditions H

Année de parution vf : 2010

Nombre de pages : 181

Histoire : Théo, danseur professionnel, est aujourd’hui incapable de remonter sur scène depuis que sa mère est morte. Pour se changer les idées, il devient acteur le temps d’un film et joue avec Darren, un acteur prometteur et au succès grandissant. Par jeu, ils s’embrassent mais loin de passer inaperçus, ils deviennent le centre de rumeurs lancées par un magazine people… Un premier manga où le sens artistique de l’auteure parvient à créer un univers dans lequel se mêlent la tradition esthétique japonaise de Kyôto à l’exubérance du monde des stars hollywoodiennes. Une histoire d’amour et de passion où les contraires vont peut-être une nouvelle fois s’attirer…

Mon avis :

Est Em est l’une de ces autrices à la patte graphique remarquable dont je voulais lire les histoires, huit ans après sa sortie, j’ai fini par mettre la main sur son recueil de nouvelles : Tango, seule oeuvre disponible en français malheureusement.

Le titre qui recoupe 5 histoires distinctes est une vraie révélation. Le trait d’Est Em se rapproche énormément de celui de Natsume Ono (Goyo, Gente, Restorante Paradisio,…) mais avec encore plus de force et de passion. Ses planches dégage une énorme sensualité et la mangaka maîtrise parfaitement l’art du découpage des pages pour les rendre encore plus forte.

Les émotions fortes, c’est ce qui fait le centre des nouvelles de ce recueil. Dans sa première nouvelle, la plus longue, et celle qui a donné son titre au recueil, nous suivons l’histoire d’un danseur marqué par la mort de sa mère, qui va entamer le temps d’un jeu une histoire avec un acteur sans penser aux conséquences. Cette histoire est celle que j’ai préférée. Elle est belle, forte, intense. Il se dégage une vraie passion des pages montrant Théo danser, on entend presque la musique de Carmen derrière. Il se dégage aussi une telle détresse de lui qu’on ne peut qu’être touché. J’ai trouvé que la description de la romance sortait des sentiers battus, étant très adulte et avec une fin très juste.

La deuxième nouvelle, reste dans le milieu de l’art, avec un jeune artiste peintre un peu perdu qui tombe sur un jeune galeriste qui s’intéresse à lieu. C’est amusant de voir le mystère des rencontres dans la vie. Ce titre met aussi en avant la fougue et la fragilité de la jeunesse qui peut rendre son inspiration à un artiste quand il se croit amoureux ou lui faire perdre subitement par jalousie. Une belle histoire mais moins puissante que la précédente.

La troisième, fait partie de celles que j’ai le moins aimé avec la suite. Elle relate les galères du jeune membre d’un groupe de rock qui vient de perdre son idole ainsi qu’un pote qui lui a volé argent et guitare. Par hasard, il tombe sur un guitariste qu’il vénère et va lui demander de l’aide. L’histoire doit plus à ce guitariste qu’au jeune qui est le héros de l’histoire. Le jeune n’est que le triste reflet de l’artiste qui vient de mourir et qui était celui qui faisait bouger le guitariste. Bref, c’est mélancolique à souhait mais un peu fade.

La quatrième et avant-dernière histoire, est assez amusante à suivre parce qu’elle sort du lot. Elle revêt même une petite ambiance fantastique qui aurait pu me plaire, si je n’avais pas trouvé le rythme aussi bancal. De plus, j’avais deviné le retournement de situation avant la fin. Bref à part son intérêt graphique, beaucoup de jeux sur la symétrie, cette histoire m’a laissée de marbre.

Quant à la dernière histoire, elle m’a à nouveau beaucoup plu, il fallait s’y attendre vu qu’on y parle d’amis d’enfance. Mais elle a aussi une note mélancolique certaine qui m’a émue. Sur fond de festival traditionnel, on voit un vieil homme revenir dans sa ville natale à la recherche de souvenir et surtout d’un ami de son enfance avec qui il jouait de la flute pendant le festival. L’histoire est courte mais l’ambiance est top et j’adore son dessin des vieux ^^

Ce recueil de nouvelles doit donc être une bonne porte d’entrée à l’oeuvre d’Est Em parce qu’elle m’a donné envie d’en lire d’autres, notamment des récits un peu plus longs comme la première nouvelle, surtout que graphiquement c’est beau, fin, passionné et sensuel. Un régal pour les pupilles.

Ma note : 15 / 20

2 commentaires sur “Tango d’Est Em

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