Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les Découvertes d’Akata #5 : Le Mari de mon frère de Gengoroh Tagame

Nouveau rendez-vous du mercredi où je pars à la découverte d’un nouveau titre du catalogue d’Akata avec lesquels j’ai le plaisir d’avoir un partenariat.

Cette semaine, j’ai choisi de vous parler d’un titre que j’aurais dû découvrir depuis longtemps : Le mari de mon frère de Gengoroh Tagame.

Pour les prochains rendez-vous, vous pourrez vous-même choisir le titre que vous aimeriez que je lise et vous présente dans le catalogue ici présent. Comment faire ? M’indiquer dans les commentaires, le titre que vous aimeriez découvrir et dont je n’ai pas encore parlé (je listerai plus bas les titres déjà disponibles). Faute de proposition, je choisirai toute seule bien évidemment. J’espère que cette idée vous plaira.

Je vous laisse maintenant découvrir le nouveau titre choisi.

Titre : Le Mari de mon frère

Auteur : Gengoroh Tagame

Éditeur vf : Akata (L)

Années de parution vf : 2016-2017

Nombre de tomes vf : 4 (série terminée)

Histoire : Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé… Perturbé par l’arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n’est autre que le mari de son frère jumeau… Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l’homme qu’il aimait. Yaichi n’a pas alors d’autre choix que d’accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses…

Découvert en numérique grâce à mon partenariat avec Akata que je remercie !

Mon avis :

Tome 1

Le mari de mon frère est un titre dont tout le monde a parlé sur la blogosphère lors de sa sortie, mais malgré tout j’avais de réelles appréhensions concernant le dessin et je ne m’étais pas embarquée dans l’aventure. Cependant le sujet principal et les autres thèmes traités m’intéressaient vraiment alors j’ai finalement craqué et grand bien m’en a fait. Il se dégage une telle douceur, une telle bienveillance et une telle pédagogie dans ce titre, qu’il faudrait le faire lire à tous !

Au début, je n’avais aucune idée de l’histoire. Je m’étais imaginée complètement autre chose avec le titre et le dessin de la première de couverture. J’ai donc été très vite surprise par l’histoire que j’avais entre les mains. J’ai découvert que nous allions suivre un jeune japonais qui élève seule sa fille et qui reçoit la visite de son beau-frère canadien, l’époux de son frère. S’ensuivent des moments gênants pour ce japonais pour qui la culture gay et la culture canadienne également sont bien étranges, le tout sous le regard innocent de sa petite fille.

Je me suis d’emblée prise d’affection pour les personnages. J’ai trouvé la petite Kana adorable à toujours poser les questions que tout enfant se poserait dans cette situation, mais j’ai surtout apprécié sa naïveté et son ouverture d’esprit. C’est un personnage très positif, qui ne peut que donner le sourire. Son père, Yaichi, fait complètement son pendant. C’est un homme de sa génération et de sa culture, qui a du mal avec tout ce qui lui est étranger mais qui, en bon japonais, n’ose pas le dire ouvertement et garde donc beaucoup de choses en lui, que l’auteur a la bonne idée de nous montrer sous forme de scénettes qu’il imagine vivre. Yaichi est un japonais dans l’âme mais au contact de Mike, il va peu à peu changer et voir les choses différemment. Le troisième larrons de l’histoire est donc Mike, le mari canadien du frère de Yaichi. C’est un homme très doux et sensible, tout en retenu, qui rend visite au frère jumeau de son mari qui vient de mourir. Il m’a de suite touchée parce que j’ai senti une grande sensibilité chez lui. Il prend les gens comme ils sont. Il est franc et honnête mais sans jamais s’imposer. Il explique et exprime les choses telles qu’elles sont. Son duo avec Kana est juste adorable à voir tant on sent d’amour entre eux.

Gengoroh Tagame, malgré un trait assez particulier, je l’avoue, a donc réussi le tour de force de créer une histoire très sensible. Sous leurs airs baraqués et un peu carrés, ses personnages sont très doux et plein de bienveillance. Je ne suis toujours pas une grande fan de ses personnages bodybuildés mais j’aime le côté très clair de ses planches.

De plus, j’ai vraiment été complètement séduite par le ton et les thèmes de son oeuvre. Ici, il n’est pas seulement question de l’arrivée d’un homosexuel dans une famille classique japonaise, on parle aussi de deuil, de monoparentalité, d’homoparentalité, de coming-out ou encore de la perception des étrangers au Japon. Les sujets de société abordés sont vastes et toujours fait avec bienveillance et pédagogie pour parler avec beaucoup de douceur au lecteur, sans jamais le brusquer, ce qui contraste vraiment avec le gabarit des personnages ^^!

Les chapitres se suivent et se ressemblent pour cela. La narration est fluide et on se laisse emporter par cette histoire sans s’en apercevoir. On suit l’accueil de Mike, son installation, son intégration, son pèlerinage dans les lieux qui ont compté pour son mari, et le tout avec un grand naturel parce que c’est normal.

Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais avec ce titre quand j’ai commencé, mais j’en ressors humainement très touchée. Le ton est doux mais les propos sont forts. C’est une très belle histoire à mettre entre toutes les mains.

Tome 2

Après un aussi beau tome, je me demandais comme l’auteur allait rebondir et il ne m’a pas déçue dans ce deuxième tome où l’on continue à parler de la façon dont on perçoit l’homosexualité au Japon. C’est encore très riche en émotions.

Le tome s’ouvre par la présentation d’une vision moderne de la famille, chose assez rare dans les mangas pour le souligner. En effet, la mère de Kana n’est pas morte, ses parents ont juste divorcé et c’est son père qui s’occupe d’elle. J’ai littéralement adoré ce que ce dernier dit sur la façon dont il veut élever sa fille et dont il veut que les autres la considère. D’ailleurs sa relation même avec la mère de Kana est très moderne. On les sent encore très attachés l’un à l’autre mais comme il le confie à Mike, c’est le mariage qui n’a pas fonctionné pas leur relation ou leur vision l’un de l’autre. Je suis fan.

Penser qu’il n’y a qu’un seul modèle de famille correct et que tous les autres sont à plaindre…cette manière de voir les choses, j’estime que c’est de la discrimination…

Le restant du tome est consacré à la fois à l’introspection de Yaichi sur ses préjugés envers son frère et Mike au début, et à l’homophobie latente des japonais (?), des gens. On voit ce ci à la fois à travers les yeux de Kana, de Mike, de Yaichi mais aussi du jeune Kazuya que l’on rencontre pour la première fois ici. C’est terriblement touchant de voir la bêtise des gens toucher des enfants purs comme Kana et faire peur à ce point à des jeunes qui se cherchent comme Kazuya. La discussion suivie du coming out de Kazuya sont très touchants. J’ai aimé voir Mike jouer « les grands frères » avec lui et j’ai apprécié voir Yaichi s’ouvrir lui aussi et accepter plus facilement l’homosexualité. Il commence à s’interroger sur son frère, sur ce qu’il a pu vivre, tout comme Mike et Kazuya.

Gengoroh Tagame continue à se renouveler et à parler toujours avec beaucoup de tendresse mais aussi de passion de la cause LGBT+ comme le prouvent aussi tout les pages d’informations qui parcourent le tome où j’ai appris plein de choses sur cette culture.

Tome 3

Gengoroh Tagame continue à nous livrer une série de qualité, mais j’ai trouvé ce tome un peu moins fort que les précédents et surtout plus vide.

Nous y suivons toujours la lente transformation de Yaichi mais aussi les conséquences de la présence de Mike. J’ai aimé voir Yaichi de plus en plus ouvert vis-à-vis de l’homosexualité. Il avoue lui-même avoir enfin accepté la situation avec Mike et ça le pousse à s’interroger sur son propre rôle de parent si sa fille était gay, ce que j’ai apprécié, même s’il a encore fallu que sa femme lui remette un peu les idées en place lors d’une très jolie séquence de voyage familial avec Mike.

Mais Yaichi, penser que si Kana s’avérait ainsi, elle en souffrirait forcément… ça signifie que cette discrimination existe. Simplement… peut-être qu’on refuse de la regarder en face.

L’autre point, c’est encore une fois la vision des homosexuels au Japon, une vision tellement discriminante et donc agaçante pour moi lectrice. On retrouve encore les mêmes préjugés. Ça fait mal de voir encore des hommes, comme l’ami de Ryoji que l’on rencontre ici, qui vivent leur sexualité en se cachant. Et c’est encore plus blessant quand on voit le regard que certains posent sur Mike juste parce qu’il est différent, comme lorsqu’il se rend à l’école de Kana.

Il ne me reste désormais plus qu’un tome à lire et je suis d’emblée triste à l’idée de quitter ces trois-là parce que je m’y suis beaucoup attaché.

Tome 4

Il est déjà temps de quitter Mike, Kana et Yaichi. Le mangaka nous livre un tome rempli d’émotions dans lequel on sent qu’il est allé au bout de son propos.

Yaichi a bien changé depuis les débuts. Maintenant, il est capable de défendre Mike et Kana devant des étrangers. Il est capable de remettre à sa place ceux, qui sous prétexte d’une fausse bienveillance hypocrite, voudrait taire le sujet de l’homosexualité. J’ai beaucoup aimé la scène où enfin il passe à l’action et ne se cache plus derrière ce qu’il voudrait faire mais ne fait pas.

Du coup, il a tellement bien accepté Mike, qu’il ose enfin parler avec lui de son frère. On le sent alors vraiment libéré et c’est pour ça qu’il lui ouvre enfin son coeur, ce qu’attendait Mike depuis les débuts, et qu’il l’emmène sur la tombe de ses parents pour le lui présenter. Gengoroh Tagame intègre parfaitement cette tradition japonaise à son récit, tout comme il l’avait fait avec les sources thermales dans le dernier tome.

On termine donc l’histoire avec une famille enfin réunie et apaisée, qui donne le sourire mais qu’on regrette de déjà quitter. J’avoue que je n’aurais pas été contre un chapitre bonus « quelques temps après » ^^

Ma note : 17 / 20

Retrouvez Le Mari de mon frère sur Akata.fr

Découvrez aussi sur mon blog, les titres suivants d’Akata :

 

 

    

6 commentaires sur “Les Découvertes d’Akata #5 : Le Mari de mon frère de Gengoroh Tagame

    1. Je me doutais bien que l’histoire me plairait, c’était juste le dessin qui me refroidissait mais finalement, il ne me dérange pas du tout ^^
      Après, je ne m’étais pas dit que le canadien n’avait pas l’air gay, j’ai pas d’image préconçue de ce côté-là.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s