Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Les Découvertes d’Akata #14 : Made in Heaven d’Ako Shimaki

Nouveau rendez-vous du mercredi où je pars à la découverte d’un titre du catalogue d’Akata.

Ça y est, je suis en vacances, j’ai envie de lectures un peu plus légères. C’est donc l’occasion parfaite pour vous parler du dernier titre de la collection WTF : Made in Heaven d’Ako Shimaki que j’avais déjà eu le plaisir de lire dans Le chemin des fleurs ou les plus anciens Sous un rayon de lune, Dingue de toi et Secret Girl. Je m’attends du coup à une lecture assez fun.

Je vous laisse maintenant découvrir mon avis sur ce nouveau titre.

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Titre : Made in Heaven

Auteur : Ako Shimaki

Éditeur vf : Akata (WTF?!)

Années de parution vf : Depuis 2018

Nombre de tomes vf : 4 (en cours)

Histoire : Dans une vie antérieure, Atsurô Nogi était un moine bouddhiste, et il avait juré de rester vierge toute sa vie. Mais est-il destiné aux mêmes choix tout au long de ses réincarnations ?! Quoi qu’il en soit, de nos jours, le voilà devenu mangaka. Et malgré son pucelage, il affirme pouvoir dessiner n’importe quelle scène de sexe ! Gra?ce à ses talents, bien qu’auteur débutant, il se retrouve en charge d’une nouvelle série au sein du prestigieux Weekly Shônen Gump ! C’est alors que Kanade, jeune femme à la très (très très) forte poitrine, devient son assistante. D’abord hypnotisé par les attributs de la demoiselle, il réalise très vite que pour pouvoir dessiner de voluptueux mamelons bien réalistes, il va devoir en palper avant… Tout cela par pur professionnalisme, bien évidemment ! il lui demande alors l’autorisation de la tripoter… comment réagira-t-elle ?

Mon avis :

Tome 1

Nouveau titre de la collection WTF ?!, Made in Heaven s’annonçait comme une lecture déjantée et ce fut bien le cas. Je connaissais l’humour d’Ako Shimaki dans ses précédentes série dont la précédente Le Chemin des fleurs m’avait beaucoup plu. Ici, elle va encore plus loin et c’est hilarant.

Le concept de départ est déjà complètement barré avec un moine abstinent qui se réincarne sous les traits d’un mangaka puceau. Ce dernier rêve de son ancienne vie et s’en sert comme inspiration pour sa première série publiée. Il tombe alors sur la femme qui a l’a tant perturbé dans son autre vie et se retrouve complètement obsédé par elle et ses formes. Il voudrait bien l’oublier mais il a besoin d’elle pour avancer dans les planches qu’il doit rendre.

Dit comme ça, on peut se demander où l’on est tombé. Il faut dire que l’autrice pousse le délire assez loin avec l’obsession de Nogi pour la poitrine de Kanade. Mais à la lecture, ça passe très bien. Bien sûr, il faut savoir prendre cela au Xème degré et alors on s’offre une bonne tranche de rigolade lors de scènes toutes plus drôles les unes que les autres où l’inexpérience de Nogi face au sexe opposé s’oppose aux rondeurs affriolantes de sa nouvelle assistante.

De plus, il faut reconnaitre qu’Ako Shimaki sait raconter une histoire. Il n’y a pas de temps mort dans son histoire. Elle alterne le quotidien de Nogi comme mangaka dans le présent, avec des scènes de son passé de moine. Les deux font bon ménage et se complètent plutôt bien pour former un récit drôle, piquant et dynamique où on ne voit pas le temps passer. Elle peint ainsi un récit très drôle où l’on revient sur le quotidien d’un mangaka débutant à la recherche d’idées et d’expériences pour améliorer son trait et ses histoires.

En ce qui concerne le trait d’Ako Shimaki elle-même, il est aussi beau et fin que dans ses précédents travaux, alors une pointe de rondeur et de sensualité qui correspond bien au sujet. J’aime beaucoup la finesse des traits masculins et notamment de leurs regards que j’ai toujours trouvés très expressifs. Elle sait aussi rendre ses dessins très drôles en sur une surenchère des sentiments toujours bien dosée. Elle est top pour cela.

Avec Made In Heaven, on tient donc un titre drôle et frais dans lequel on retrouve avec plaisir le goût de la mangaka pour l’humour et le fantastique, le tout avec une narration et des dessins soignés et maîtrisés. Je lirai la suite avec grand plaisir.

Tome 2

Cette suite confirme tout le plaisir que j’ai pris lors de ma lecture du premier tome. L’autrice reprend les mêmes éléments pour poursuivre son histoire et aller toujours plus loin.

Nous continuons à suivre les aléas de la vie de mangaka de notre héros, dont on prend l’histoire d’amour pour une comédie érotique. Il faut donc qu’il cherche des idées pour combler ses lecteurs et comme il ne sait que s’inspirer du réel, il a besoin de nouvelles expériences, ce qui donne encore lieu à des scènes désopilantes. Son obsession pour les fortes poitrines ne se laisse pas démentir mais il commence à comprendre que ce ne sont pas toutes les mêmes et qu’il en apprécie une et une seule. Du moins, c’est ce qu’il comprend de son héros, c’est-à-dire sa vie antérieure, mais il reste du chemin pour qu’il l’associe avec son moi présent.

On enchaîne donc situation ubuesque avec malentendu grotesque et c’est poilant. Que ce sont dans les réminiscences du passé ou dans le présent, on a des scènes tordantes, je prends pour exemple celle en couverture ou encore celles du dernier chapitre. Vraiment, j’adore cet humour un peu gras où tout le monde peut être pris pour cible, homme comme femme.

Graphiquement, c’est toujours aussi séduisant, dynamique, pêchu, même si j’ai un peu de mal avec certaines représentation du corps… Mais j’aime beaucoup toute la palette graphique dont est capable la mangaka.

Je me suis encore régalée à la lecture de ce tome, je n’ai pas vu le temps passer. On avance dans les souvenirs de leur première vie antérieure et un peu aussi dans le présent avec un triangle amoureux désopilant. Je suis fan.

Tome 3

Ako Shimaki continue à nous livrer un titre barré et sans fausse note pour moi. Elle fait toujours autant dans la démesure mais qu’est-ce que c’est drôle.

Ce tome se concentre sur le passé de nos héros pour conclure ce premier arc et en ouvrir un nouveau la prochaine fois. J’ai trouvé qu’il y avait un léger déséquilibre du coup entre présent et passé, ce que j’ai regretté. Cependant l’humour et le cocasse des situations me font toujours passer un bon moment. J’ai beaucoup ri des déboires de Yaï et Ryôchin. Ce dernier veut à tout prix la piéger mais ça se retourne contre lui. C’est vraiment très drôle. L’autrice pousse l’humour encore plus loin après, en faisant de la position inventé par Ryôchin l’origine d’une certaine forme de philosophie, et du mantra qu’adore Eiken, une ôde à l’amour charnel alors qu’il faisait tout pour le repousser. C’était tordant !

Certains pourront reprocher sa légèreté au scénario mais c’est le propre de cette série alors je trouve ça tout à fait normal, je n’y cherche pas autre chose qu’un bon moment de rigolade. Après, l’autrice pense tout de même à faire avancer son histoire. Dans le passé, ce cycle de réincarnation se termine et on nous promet de passer au suivant dans le prochain tome, ce qui devrait renouveler l’histoire. Dans le présent, suite à la dernière déconfiture et au dernier malentendu du trio, Kanade prend un décision qui va radicalement changer leur dynamique et peut-être pousser Nogi dans ses retranchements, ce serait sympa pour relancer l’histoire ici aussi.

Made in Heaven continue donc à me faire rire. Les dessins d’Ako Shimaki sont toujours aussi beau, la mise en scène encore une fois entrainante. Elle sait construire un récit et maintenir l’intérêt de son lectorat même si son histoire est légère. Je passe de très bons moments.

Tome 4

L’autrice poursuit sur sa lancée sans faillir dans ce nouveau tome. Si je m’amuse toujours lors de cette lecture détente, je dois reconnaitre que du point de vue du scénario ça n’avance pas beaucoup, pour ne pas dire ça se répète un peu inlassablement. Et même si c’est le propre de cette histoire de réincarnation, c’est tout de même un peu frustrant.

Ako Shimaki essaie pourtant de renouveler son histoire. Elle propose un nouveau défi à son héros, qui veut faire basculer le cadre de son manga mais est confronté à son ancienne assistante qui sort déjà une série sur la même histoire. Peut-il persister même si ça ressemble à du plagiat ? Pourquoi veut-il à ce point n’écrire que sur ses rêves ? Ce présent m’intéresse peu, parce que je commence à trouver agaçant le manque de communication et de franchise de Kanade envers Nogi.

Par contre, j’aime toujours autant les moments dans le passé. Le changement de temporalité me plaît. J’aime que l’histoire bascule dans l’époque Heian. Les personnages sont différents aussi bien physiquement que dans leur personnalité, ce qui change un peu la donne. C’est amusant de voir Yaé devenue une princesse, future prêtresse. Les nouvelles personnes autour d’eux ajoutent aussi pas mal d’humour.

L’humour, c’est bien ce qui me pousse à lire ce titre. Honnêtement, j’adore l’humour bien gras de l’autrice. Elle se moque avec pertinence des mecs libidineux qui veulent abuser de leur position, mais aussi des femmes qui usent de leurs charmes. Elle s’amuse avec les superstitions d’un autre temps et les quiproquos que l’ignorance peut susciter. Il y a tellement de moments complètement absurdes qui m’ont fait rire dans ce tome encore. Alors oui, il n’y a rien de neuf mais c’est bien fait, ça m’amuse et c’est ce qui compte.

Ma note : 15 / 20

Découvrez, Made in Heaven sur le site Akata.fr.

Découvrez aussi sur mon blog, les titres suivants d’Akata :

 

 

    

 

 

3 commentaires sur “Les Découvertes d’Akata #14 : Made in Heaven d’Ako Shimaki

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