Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Le Tigre des neiges d’Akiko Higashimura

Titre : Le Tigre des neiges

Auteur : Akiko Higashimura

Éditeur vf : Le Lézard Noir

Année de parution vf : Depuis 2018

Nombre de tomes vf : 3 (en cours)

Histoire : Et si Uesugi Kenshin, puissant seigneur de guerre ayant vécu durant l’époque Sengoku, au XVIe siècle, était en réalité une femme ? La mangaka Akiko Higashimura part de cette théorie existante pour nous proposer un manga historique relatant la vie de ce stratège hors pair surnommé le « Tigre d’Echigo ». L’histoire commence en 1529, à la naissance du troisième enfant de Nagao Tamekage, seigneur du château de Kasugayama. Son fils aîné n’ayant pas l’étoffe d’un guerrier, Tamekage veut faire de ce dernierné son héritier, mais à son grand désespoir, c’est une fille qui naît. Il décide alors de l’élever comme un garçon et le nomme « Torachiyo ». Véritable garçon manqué, Torachiyo va grandir dans un petit château des montagnes, sans savoir quel incroyable destin l’attend…

Mon avis :

Tome 1

Je ne m’en cache pas, je suis une grande fan d’Histoire, j’ai même fait des études dans ce domaine. Du coup, quand un manga dit historique sort, je ne peux m’empêcher d’y jeter un coup d’oeil. Ici, le fait que ce soit en plus un titre porté par une femme dont j’ai aimé l’oeuvre précédente publiée en français : Princess Jelyfish, a achevé de me convaincre et j’ai acheté ce titre les yeux fermés.

Mais de quoi peut bien parler ce titre ? La couverture nous oriente d’emblée vers une histoire de seigneurs de guerre, on le voit, mais pas n’importe que seigneur de guerre, le célèbre Kenshin Uesugi qui est un personnage de la série Sengoku Basara. Ici, l’autrice décide de nous faire suivre la vie de ce célèbre guerrier mais pas avec une biographie classique, non, elle s’inspire pour cela d’une théorie faisant de lui une femme !

Forcément, à ce moment-là, j’ai de suite pensé au Pavillon des hommes de Fumi Yoshinaga pour lequel j’ai une grande affection et effectivement j’y ai ici retrouvé bien des similitudes. Nous suivons la vie, ou plutôt dans ce tome l’enfance, d’une femme qui est élevée comme un homme dans le Japon d’autrefois. On découvre les relations complexes entre les différents seigneurs de guerre, les conflits qui les opposent : les causes mais aussi la mise en oeuvre. On nous parle aussi de vie quotidienne. On découvre comment on vivait, comment était les maisons, quelles relations entretenaient seigneurs et vassaux, ce qu’on attendait des héritiers hommes et femmes, etc. C’est vraiment passionnant.

Il faut dire que le titre est grandement aidé par la narration pêchue de la mangaka qui joue avec nous. Elle nous présente avec une grande pédagogie les méandres et les subtilités de l’Histoire d’alors, pour cela elle y met beaucoup d’humour dédoublant son discours en une partie sérieuse en haut de page et une partie plus drôle loufoque, qui lui correspond bien, en bas. Ainsi on dévie souvent de cette histoire qui se veut sérieuse grâce à l’humour de son autrice. Elle parvient ainsi à rendre son récit tantôt sérieux, tantôt drôle et léger, et on tourne les pages sans s’en rendre compte.

Pourtant l’histoire est complexe. L’idée de faire une biographie historique n’a rien de facile. Suivre le parcours d’un futur seigneur de coeur depuis sa plus jeune enfance pourrait rebuter, surtout que peu d’années passent ici. On découvre Kenshin/Tora bébé, puis on passe de suite à ses 7 ans. Mais c’est vraiment fait de telle sorte qu’on ne s’ennuie pas.

Tora est un personnage haut en couleur, tout comme les membres de sa famille tel qu’ils sont dépeint par Akiko Higashimura. Tora est un vrai garçon manqué très énergique, sûr d’iel et têtu(e) voire capricieux(se). Son père est un vieux seigneur, qui voit en sa fille son seul salut après un fils aîné qui aime plus les arts que la guerre et une fille aînée frêle. Sa femme est une femme pieuse qui aime beaucoup ses enfants. Ils sont entourés de serviteurs tout aussi drôles et aux petits soins pour eux. L’ensemble dont l’image d’une famille assez unie et chaleureuse au final malgré les contraintes de l’époque et de leur statut.

Ainsi, j’ai beaucoup aimé le premier tome de cette nouvelle série historique. J’ai été séduite par l’idée de redécouvrir l’histoire de ce personnage sous le prisme de cette théorie selon laquelle c’est une femme. J’ai aimé les informations historiques qui parsème le titre. J’ai trouvé les personnages très attachants. J’ai aimé le mélange de tons drôle et sérieux de l’autrice. Et j’ai trouvé fort intéressant de suivre le parcours de Tora bébé, puis enfant un peu sauvage et enfin enfant à discipliner qui va aller apprendre auprès de moines. C’est un vrai voyage initiatique qui nous est proposé ici par Akiko Higashimura dont les dessins ronds et expressifs mais surtout incisifs me plaisent énormément. Je salue les éditions du Lézard Noir d’avoir osé sortir ce titre dans une édition de qualité !

Tome 2

Deuxième tome de cette série historique consacrée à une chef de guerre japonaise. Si j’aime toujours autant le sujet, les dessins, le ton et la personnalités de l’héroïne, je dois reconnaitre que la narration est quand même fort classique et qu’elle manque un peu de souffle ici. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée mais je n’ai pas été autant emportée que lors du premier tome où il y avait l’effet de la découverte.

On continue à suivre Tora, qui très tôt dans le tome doit faire face à deux bouleversements importants : la mort de son père et l’arrivée de ses règles. Le premier est traité un peu par-dessus la jambe pour moi, il manque vraiment un côté émotion ici. Par contre, le second est parfaitement rendu. On nous montre bien à quel point ça bouleverse Tora, elle, qui ne veut pas être une femme. J’ai adoré.

Par la suite, place à la politique du clan, avec la disparition du chef, celui-ci est affaibli parce que le frère aîné de Tora apparait comme trop fragile. Le départ de Tora dans un autre château pour aider à rétablir le calme dans le secteur de celui-ci est une bonne idée. On va enfin la voir à l’oeuvre. J’ai aimé comme elle essaie dans un premier temps de s’affirmer comme chef militaire tout en ne cachant absolument pas qu’elle est une femme. J’ai moins aimé, mais j’ai compris, qu’on revienne là-dessus pour protéger tout le monde. Ce sont des thèmes vraiment intéressant.

En parallèle, on découvre un peu plus son futur rival, Harunobu, qui est dans une position très différente au sein de son clan, mais qui va lui aussi s’affirmer en tirant parti de ses qualités. Il me tarde de voir leur rencontre.

Akiko Higashimura continue donc son petit bonhomme de chemin avec cette biographie historique remaniée. Elle garde ce mélange de ton sérieux et humoristique qu’on avait dans le tome 1. Je regrette juste le manque d’émotion et d’intensité parfois, je pense que ce serait le bienvenu pour en faire une série encore plus marquante.

Tome 3

Si on a lu les tomes précédents, on n’est pas dépaysé ici puisque l’autrice continue à développer son argumentaire sur le destin de Kagetora en tant que femme guerrière. C’est toujours aussi bien narré, bien dessiné et bien rythmé.

Kagetora grandit et s’affirme dans son poste de bras droit de son frère Harukage, tandis que la révolte gronde parmi les vassaux de ce dernier. On suit donc Tora qui part à la guerre, qui règle les conflits de son frère et qui gagne ainsi la confiance de ses hommes et même plus, ce qui va lui valoir bien des soucis très bientôt. C’est raconté simplement et sans fioriture et pourtant ça reste très intéressant. L’autrice a la riche idée d’ajouter un peu d’humour avec l’arrivée du garde du corps de Tora, dont je vous laisse faire la rencontre.

Pas d’évolution folle dans ce tome, juste une histoire qui avance tranquillement avec une autrice qui continue à exploiter l’histoire du personnage historique dont elle a choisi de faire la biographie. C’est simple et efficace. Son humour est toujours présent en arrière-plan et fait du bien pour fluidifier l’histoire. Les dessins restent très marqués par son style aussi mais me plaisent. Le titre continue à avancer dans la bonne direction et à me plaire. Ça devrait remuer un peu plus dans le prochain tome après les événements qui viennent d’avoir lieu.

Ma note : 15,5 / 20

20 commentaires sur “Le Tigre des neiges d’Akiko Higashimura

  1. Rhaaa ! Il faut absolument que je me le procure maintenant ! ^^ Au vu des éléments que tu as mentionnés et surtout aimés, je devrais beaucoup l’aimer à mon tour. Hâte de le commencer !

    PS : la couverture du tome 4 a un p’tit air de la série Issak, tu ne trouves pas ? ^^

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      1. Ça fait effectivement partie des séries que je dois tester mais j’avoue que j’ai quelques réticences, le trouvant en apparence assez similaire à Golden Kamui que j’ai fini par ne plus aimer. Tu en es à quels tomes ? Ça reste historique, ça ne part pas dans des délires divers et variés ?

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      2. Non, justement. Je n’ai pas non plus aimé GoldenKamui ; je me suis arrêtée au tome 1, pour tout te dire ! Issak est une série bien plus intéressante, sombre, sérieuse et réaliste. J’ai lu pour l’instant les deux premiers tomes (j’ai le 3e dans ma PAL), et cette série s’embellie au fil des tomes, je trouve. En plus, ça se passe à une époque vraiment peu connue ; ce qui rajoute de l’originalité à l’œuvre. Sans compter la vengeance d’Issak qui rajoute beaucoup de suspense, et quelque part, de noirceur à l’histoire aussi.

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      3. ^^ Honnêtement, Issak n’a rien à voir avec Golden Kamui. J’avais mis 10/20 pour le tome 1 de Golden Kamui, là pour Issak, c’est devenu une série coup de cœur. Tout est bien maîtrisé dans ce manga, je trouve. En tout cas, au vu de nos avis respectifs sur Golden Kamui et sur nos attentes en terme de mangas, je pense que ça doit être assez similaire ^^ N’hésite pas à lire l’extrait gratuit, ça te donnera déjà une idée 😉 http://www.ki-oon.com/preview/issak/index.html

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      4. En plus Issak est vraiment classe ! La fille est assez caricaturée (et donc nunuche) dans le tome 1, mais elle l’est déjà beaucoup moins dans le tome 2. Et au vu de la couverture du tome 4, elle aura plus tendance à être une fille courageuse.

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      5. Je comprends totalement, d’où le fait que je précise. Je connais Innocent et Innocent Rouge. Je voulais l’acheter parce que j’adore le sujet abordé et l’époque choisie, mais quand j’ai feuilleté, j’ai trouvé que c’était assez What’s the fuck ? et trop poétique (donc, pas suffisamment pragmatique et clair) pour moi… Tu les as lus ?

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      6. Effectivement, je les ai lus et j’adore (je suis une grosse fan de cette époque) mais j’avoue que l’auteur par souvent dans des délires poético-baroque grandiloquents assez particulier. Il reste que c’est une histoire très forte et prenante avec un personnage incroyable qu’on voit grandir sous nos yeux !
        Mais si tu ne supportes pas quand les auteurs partent le temps de quelques pages dans leurs délires, ce n’est peut-être pas pour toi ^^!

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      7. C’est ça qui me contrarie le plus ! L’histoire semble très intéressante, mais les « délires » de l’auteur vont, à mon sens, tout gâcher… Mais tout le monde en dit du bien, en tout cas.

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