Livres - Classique

Kyôto de Yasunari Kawabata

Titre : Kyôto

Auteur : Yasunari Kawabata

Editeur vf : Le livre de poche

Année de parution vf : 1971

Nombre de pages : 190

Histoire : L’entente entre la nature et l’homme trouve sans doute son accomplissement dans Kyoto. Deux jumelles ont été séparées à leur naissance. Élevées dans des milieux différents, l’une à la ville, l’autre dans la montagne, vont-elles pouvoir se rejoindre, adultes, et se comprendre ? Au-delà de cette histoire limpide et bouleversante, c’est l’affrontement du japon traditionnel et du japon qui s’américanise chaque jour davantage, qui est ici mis en scène.

Mon avis :

Toujours en quête de découvertes, j’ai décidé de m’essayer un peu plus aux classiques de la littérature étrangère et en l’occurrence de la littérature japonaise ici. J’ai choisi Yasunari Kawabata parce que c’est un auteur qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1968 et que j’étais donc curieuse de découvrir son univers et sa plume. Le synopsis de Kyôto était celui qui m’attirait le plus mais j’en ressors assez mitigée

Tout d’abord, Kyôto est un court roman qu’il a publié peu avant son prix Nobel et qui prend place dans l’ancienne capitale japonaise. On y retrouve sa quête du beau, et son goût de la solitude et la mort, ainsi que sa recherche d’un dépouillement stylistique extrême. Du coup, ce n’est pas une lecture simple et je dirais même que ce ne fut pas une lecture-plaisir pour moi.

J’ai été peu sensible au style un peu sec de l’auteur (ou du traducteur ?). J’ai souvent eu le sentiment que l’ensemble manquait de liant et que les phrases tombaient à plat, notamment celles du narrateur. Les nombreuses descriptions de la campagne et la province japonaise m’ont vite lassée. J’ai vraiment eu l’impression d’un manque de fond au profit de la forme et je me suis ennuyée. Pourtant, ce qu’il décrit a de quoi me parler, ça fait écho en moi avec les nombreux mangas historiques ou tranche de vie que j’ai pu lire et où j’ai découvert la culture japonaise. J’avais donc tout un tas d’images en moi, mais je m’attendais à plus de poésie de la part de cet auteur et ce fut totalement absent ici.

On est face à un récit âpre, celui d’une jeune fille qui a été abandonnée bébé et recueillie par une famille de commerçants/artisans. Elle découvre plus tard qu’elle n’est pas seule et qu’elle a une soeur jumelle. Cependant, leur tragique histoire qui n’a rien à envier à celles qu’on entend dans ces chansons tristes japonaises d’un autre temps. L’ambiance est plombante et on a l’impression d’être écrasé par une chape de plomb en permanence même lors d’événements censés être joyeux. Après, c’est un choix, ça peut plaire à certains mais ce ne fut pas mon cas…

Le vrai point noir, c’est que j’ai eu l’impression que ce récit n’était qu’un prétexte pour l’auteur pour parler de la campagne, de la province japonaise d’autrefois, en comparaison/opposition avec la modernité et les tentations de la capitale. Ainsi, on suit non pas tant le récit de cette pauvre jeune fille, mais plutôt celui de la campagne au fil des saisons avec ses rites et ses fêtes (fête des coupeurs de bamboo, fête de Gion, fête de DaiMonji, fête des Feux, …). C’est aussi l’occasion de nous parler d’un Japon très traditionnel où la spiritualité est très présente et où il faut respecter ses parents, ses aînés, son mari, etc. On retrouve encore ce Japon d’autrefois dans le décor de l’histoire : artisanat du kimono, entretien des cryptomères (cèdres du Japon),… C’est presque un catalogue qu’on nous propose ici, et moi je cherchais plus une histoire.

Celle-ci finit par poindre derrière tout ça mais je l’ai trouvé fade et inaboutie. On nous parle d’une fille de bonne famille qui se cherche. Elle voudrait épouser un garçon qu’elle aime mais elle ne sait pas trop où elle en est, en même temps elle veut faire plaisir à ses parents et leur obéir. Les deux sont parfois contradictoire. Sa rencontre avec sa jumelle va l’endurcir un peu et la pousser à murir, mais c’est très limité. La fin est abrupte et rien n’est résolu. On a l’impression de n’avoir que subrepticement soulevé un pan de leur vie qui s’est brusquement refermé devant nous, sans possibilité ensuite d’en voir plus. C’est très frustrant.

Je ne suis donc pas satisfaite de cette lecture, je l’avoue. Rien ne m’a vraiment séduite et je ne pense pas essayer de lire d’autres titres de l’auteur de sitôt.

4 commentaires sur “Kyôto de Yasunari Kawabata

  1. Le résumé était méga tentant avec cette opposition Japon traditionnel/japon occidentalisé, mais sa mise en œuvre a l’air quand même assez décevante. Je suis un peu rebutée par le style de l’auteur qui risque de ne pas me plaire, mais je reste ouverte à une future lecture si le roman croise ma route.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est tout à fait ça. Sur le papier, il y avait tout pour me plaire et au final, je n’ai pas du tout accroché. Après, c’est peut-être une question de sensibilité. J’en ai vu beaucoup aimer sur Babelio, alors tu fais bien de te laisser une porte ouverte 😉

      Aimé par 1 personne

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