Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

City Hunter Rebirth de Sokura Nishiki

Titre : City Hunter Rebirth

Auteur : Sokura Nishiki (d’après l’oeuvre originale de Tsukasa Hojo)

Éditeur vf : Ki-Oon (shonen)

Année de parution vf : Depuis 2019

Nombre de tomes vf : 7 (en cours)

Histoire : Kaori est une inconditionnelle de City Hunter. Son fantasme est de vivre de grandes aventures aux côtés de son idole, Ryo Saeba. Mais, célibataire à 40 ans et prisonnière d’un boulot ennuyeux, elle commence à perdre ses illusions de jeunesse…
Son quotidien morne bascule le jour où, percutée par un train à pleine vitesse, elle se réveille dans la peau d’une lycéenne dans le Shinjuku des années 80 ! Désorientée et à bout de nerfs, elle tente le tout pour le tout et trace le fameux XYZ sur le panneau de la gare…

Mon avis :

Tome 1

Ce City Hunter Rebirth est en quelque sorte, le second titre que je lis où l’auteur se plait à revisiter un manga ultra connu façon un peu uchronie, grâce à un personnage qui y replonge dedans et connait la série par coeur parce qu’il est fan. Lors de la lecture du premier titre (Comment je me suis réincarné en Yamcha ?), je n’avais pas aimé le concept pour différentes raisons expliquées dans mon article. Mais ici, la plupart de ces écueils ont été évités et j’ai bien plus apprécié ma lecture même si je garde quelques réserves.

Comme dans le titre cité ci-dessus, on se retrouve propulsé dans l’univers qu’on connait bien grâce à une fan qui s’y retrouve elle aussi par inadvertance. En effet, l’héroïne : Kaori, 40 ans, se retrouve brutalement dans les années 80 et dans la peau de celle qu’elle était à 16 ans, après avoir été bousculée sur le quai d’une gare. Perdue, sa seule solution est d’aller écrire un message sur le tableau destiné à son idole : Ryo Saeba.

Dans ce titre, écrit et dessiné par Sokura Nishiki, nous retrouvons le célèbre univers de Tsukasa Hojo jusque dans ses moindres détails. La fan qui sommeille en moi a donc été ravie de retrouver Ryo, Kaori et tous les personnages clés de la saga (Umibozu, Miki, Saeko), ainsi que l’univers du Shinjuku des années 80, tout ce qui tourne autour de City Hunter (le tableau à la gare, la café Cat’s Eye, la demeure de Ryo…), et surtout son humour (coucou, massue, Ryo en mode coureur de jupons mais sérieux quand il faut), bref tout ce qui fait le charme de la série d’origine et qui fonctionne comme des marqueurs.

Avec ce premier tome, l’auteur amorce à peine son histoire. Il nous montre ce qu’il souhaite faire passé le postulat de départ, à savoir revisiter les plus célèbres histoires de City Hunter et les modifier un peu grâce à l’intervention de cette fan ultime. Ce n’est pas particulièrement original mais j’ai aimé retrouver ce mélange d’ambiance légère et de moments sérieux où chaque seconde compte, qui est propre à la série. Cependant pour le moment, on n’a encore vraiment démarré qu’une seule histoire, celle de Miki et Umibozu donc je reste un peu dans l’attente. On prend le temps de nous installer mais il ne faudrait pas trop rester scotché comme ça.

J’ai d’ailleurs quelques réserves. Je ne suis pas entièrement fan des dessins, qui cherchent vraiment à imiter City Hunter, qui semblent beaux, mais à qui il manque le charme et le charisme d’Hojo. Il s’en dégage une certaine maladresse, notamment côté proportions parfois. L’histoire, elle, forcément se répète. Il y a beaucoup de grosses ficelles et l’humour est parfois trop exagéré. J’aime les coucous de Ryo, mais quand même parfois c’est trop…

Ce City Hunter Rebirth est donc une bonne idée mais qui demande encore confirmation et développement. L’auteur maîtrise bien l’univers qu’il a repris. Prendre pour base l’histoire originelle c’est bien, mais s’en éloigner aussi est la clé pour donner vraiment corps à cette série.

Tome 2

Ce n’est pas dans ce tome 2 qu’il y aura un envol de la série. Celle-ci continue à reproduire le même schéma, à savoir reprendre une affaire connue de City Hunter pour la revivre à travers les yeux et les perturbations plus que modestes de la fan n°1 de notre nettoyeur. Du coup pour le lecteur de la première série, il n’y a aucune surprise ou presque ici. C’est juste le plaisir de retomber dans cet univers et de retrouver les personnages et leurs aventures avec quelques modiques modifications et quelques commentaires savoureux de Saori. Je ne dis pas que je n’aime pas. Je prends plaisir à (re)lire l’histoire, à (re)voir les personnages et leurs relations évoluer mais je ne sais pas si je tiendrai énormément de tomes ainsi. Je trouve dommage de ne pas mieux exploiter l’introduction de cette jeune femme venant du futur et du monde réel. Il y a certes des petits moments où cela introduit une modification dans l’histoire mais c’est tellement minime qu’on l’oublie vite. Je risque de finir déçue à force.

Du côté de ce tome, on conclut l’histoire entre Ryo, Miki et Umibozu. Comme j’avais adoré ce chapitre dans l’histoire originelle forcément j’ai aimé ici aussi même si ça a manqué de l’émotion de l’original parce qu’on suit Saori qui décortique tout et que le regard est donc différent, plus analytique et comique, moins émotionnel. On enchaine ensuite avec l’affaire de la jeune Sara, cette enfant qui peut voir ce que ressentent les gens quand elle les touche. On n’en est qu’au tout début, mais ça pourrait être intéressant si elle touche Saori, sauf que je crains que l’auteur n’aille pas jusqu’au bout… Affaire à suivre.

Tome 3

Le mangaka a dû se rendre compte que son fonctionnement un peu trop classique allait coincer au bout d’un moment et lasser le lecteur, du coup dans ce 3e opus, il tente d’innover et d’ajouter une épaisseur à son scénario. Pour cela, il ajoute un nouveau personnage venant du monde réel à son intrigue, ce qui change doucement la donne. Saori n’est plus la seule spectatrice, elle a une acolyte, ce qui fait qu’on ne va plus seulement s’intéresser aux affaires de Ryo que l’on connait déjà mais également à des choses se passant autour. J’ai trouvé que c’était une bonne idée, même si dans le fond, ça ne règle pas tous les problèmes. En effet, le titre reste un bon divertissement mais il continue à lui manquer une âme. Ainsi, on passe un bon moment à recroiser tout le monde et à suivre l’affaire en cours avec la jeune Sarah mais ça s’arrête là. Je ne suis pas passionnée par ce qu’il se passe comme c’était le cas dans la série originelle. Je me sens aussi spectatrice et c’est tout de l’histoire, et donc je ressens un certain manque. Je continuerai parce que j’aime bien retrouver l’univers et que ce n’est pas désagréable, mais ce titre est loin d’être un indispensable.

Tome 4

La série continue son petit bonhomme de chemin avec de plus en plus d’histoires inédites par rapport au manga d’origine ce qui est très sympa, même si soyons honnête, on est loin de l’intensité et de la qualité de celui-ci.

Ainsi, dans ce tome, les auteurs nous livrent 2 histoires. La première est la suite et fin de celle commencée précédemment avec le prof d’école pervers. Ce dernier se révèle complètement barré et il faut bien l’intervention du duo Ryo-Umibozu pour calmer tout ça. C’est une histoire assez symptomatique de certains vices bien japonais : les hommes amateurs de sous-vêtements de fillettes et la course à être parfait qui en pousse plus d’un au suicide. C’est cliché mais efficace. Ici, j’ai surtout aimé la puissance de la candeur de ce petit garçon qui se met à admirer Umobozu suite à son intervention.

La seconde histoire, elle, est très différente. Ryo y a cette fois un client et non une cliente. En prime, celui-ci lui propose une affaire complètement différente de celles dont il a l’habitude. Et pour finir, il réveille de vieux démons chez notre nettoyeur. On le retrouve donc complètement sous tension et il parvient même à se faire surprendre. Bien joué !

Le titre reste ainsi une lecture agréable mais loin d’être aussi amusante, touchante et sérieuse que sa série d’origine. C’est un bon divertissement, bien fichu, mais il manque d’émotion.

Tome 5

Un nouveau tome de City Hunter Rebirth à me laisser perplexe, voici l’impression que je garde de cette lecture. Je sais que je me plaignais quand ce n’était qu’un redite et que j’étais contente de voir enfin arriver un scénario plus inédit, mais ce n’est pas non plus la panacée.

L’introduction du personnage de J.J. ancien shooté à l’angel dust comme Ryo était plutôt une bonne idée. Malheureusement le traitement dans la première moitié de ce tome fut bien longuet et indigeste. J’ai trouvé la course poursuite, puis l’affrontement entre Ryo et lui très très long et mal joué. Tout était exagéré, avec des dialogues bas de gammes et des enchainements prévisibles car déjà vus. En plus, les dessins perdent en qualité.  Je n’ai donc pas aimé. Ils font très figés au niveau des expressions, surtout chez J.J., et vide au niveau des arrières-plans des cases, sans parler du problème de la gestion des ombres quasi inexistantes qui rendent le dessin plat. Je n’ai vraiment pas aimé cette partie.

Et en même temps, avec l’introduction de ce personnage, on parle du passé de Ryo, de sa relation à l’angel dust et à son père adoptif : Kaibara. Alors forcément, ça je ne peux que l’aimer. C’est prometteur pour la suite parce que ça permet de creuser ce personnage et peut-être d’abord une zone d’ombre de la saga originale qui passe quand même très vite sur le sujet. On sent que l’auteur a vraiment envie de parler plus de ses héros et de leur famille, car c’est aussi le moment choisi pour faire arriver la « soeur » de Kaori. Du coup, le final était bien meilleur et a relevé le niveau de cette lecture me permettant de terminer sur une bonne note.

La lecture de cet isekai dans l’univers de City Hunter reste compliquée. Ce n’est jamais simple de reprendre un univers aussi bien travaillé et culte que celui d’Hojo. Du coup, l’auteur continue à peiner pour trouver le bon rythme et faire les bons choix entre reprise des histoires connues et introduction de nouvelles sortant de son imagination.

Tome 6

Je suis parfois assez critique envers la série depuis ses débuts, mais je dois reconnaitre que peu à peu certains défauts sont corrigés et que ça devient de plus en plus une bonne lecture.

Les auteurs continuent à s’éloigner du cadre d’origine tout en en prenant certains éléments clés et cela donne un joli résultat. Dans ce tome, on suit ainsi en parallèle l’affaire où Ryo, enfin surtout Kaori, protège la soeur de cette dernière sans qu’elle le sache, et une histoire de vengeance autour de J.J. Les deux s’emboitant merveilleusement bien et mettant en lumière aussi bien la superbe relation de confiance, voire plus, entre Kaori et Ryo, et celle qui est en train de se nouer de sempai à kohai entre Ryo et J.J.

Cela donne une lecture pleine d’humour et de rebondissement, l’auteur continuant à reprendre les codes de la série, telles que les incartades de Ryo avec les femmes ou les scènes d’échange de balles et de course poursuite en voiture. J’aime beaucoup. J’ai à la fois l’impression de me retrouver dans City Hunter et de découvrir de nouveaux épisodes.

Cependant, il y a toujours quelques petits ratés. Ainsi, certains dessins sont légèrement ratés au niveau des proportions, je pense à la course poursuite de J.J. où les rapports corps/véhicules ne vont pas. L’attitude bien lourde de Ryo, qui passait dans les années 80-90, a plus de mal à passer inaperçue de nos jours et fait vraiment harceleur de bas étage. Si des défenseurs(-seuses) du phénomène #MeToo passaient par là, il prendrait cher. De plus, on sent bien que ce n’est pas du Hojo. Je ne sais pas comment l’expliquer mais émotionnellement, on n’est pas autant impliqué.

Toutefois, j’ai passé un très bon moment. J’ai beaucoup aimé la dynamique entre Kaori et sa soeur, qui en révèle en fait beaucoup sur notre héroïne et sur Ryo, même s’il essaie de rester dans l’ombre. Je me suis amusée des nouveaux trouble-fêtes venant du passé de J.J., dont l’un ressemble à s’y méprendre à l’associé d’Edgard dans Edgard le détective cambrioleur. C’est très classique mais bien écrit.

Ainsi Sokura Nishiki continue à prouver que c’est dans les vieux qu’on fait la meilleure soupe. Sa reprise de City Hunter, même si elle ne vaut pas l’original et en est même bien loin, offre tout de même un très bon divertissement !

Tome 7

Avec une dynamique désormais bien huilée, Sokura Nishiki continue de nous replonger dans l’univers sombre et comique de City Hunter, passant d’une affaire à l’autre en ajoutant de plus en plus sa touche.

Ici, elle revisitait un moment charnière de l’oeuvre, l’épisode consacré à la soeur de Kaori. L’occasion de revoir un Ryo amoureux qui tente de le cacher. On assiste à de très jolis moments entre lui et Kaori où l’on sent toute la confiance qu’ils se font mutuellement. C’est superbe. Les échanges de regards, les gestes, tout nous porte à comprendre la force du lien qui les unit et c’est toujours aussi touchant à voir même des années après, même sous la plume et le trait d’un autre mangaka.

La petite touche en plus bienvenue cette fois, c’est tout l’intrigue autour de l’Angel Dust. C’était un pan qui avait été traité un peu trop rapidement parfois dans le manga d’origine et j’ai l’impression que l’auteur s’y attarde plus ici. Lors de cette mission, c’est avec la figure de Python qu’on reparle de cette terrible drogue et que Ryo au détour de certaines phrases se livre un peu à ce sujet. L’histoire de Python et de son frère, elle, est très belle et n’a pas été sans me rappeler certains passages de Banana Fish, le shojo d’Akimi Yoshida qui se passe aux USA, où il est également question d’une drogue dure et de belles et fortes relations fraternelles. On y retrouve le même drame, la même Amérique miséreuse et la même détresse chez certains jeunes pour qui la drogue devient l’unique solution à leur problème.

Tout cela est mis en scène de façon toujours aussi énergique, avec une alternance bien dosée entre scène de duel armé ou à main nue cette fois, moments d’introspections et dialogues forts. L’humour reste toujours bien présent, mais je l’ai trouvé plus tempéré cette fois. Il faut dire que la situation était assez tendue et que Ryo risquait gros jusqu’au bout.

Comme souvent dans la saga, le volume se referme sur le tout début d’une nouvelle histoire, une qui va encore impliquer un personnage phare de la mythologie : Bloody Mary. Le potentiel comique et dramatique avec Ryo et Kaori est déjà là, j’ai hâte de relire cette histoire sous la plume de Sokura Nishiki pour voir comment elle va ajouter son grain de sel !

City Hunter Rebirth continue à proposer une relecture intéressante de la saga d’origine. Certes, c’est très classique mais c’est un bonheur de retrouver les héros de notre enfance et ses petits ajouts, notamment sur l’Angel Dust et donc le passé de Ryo, sont les bienvenus.

(Merci à Sanctuary et Ki-Oon pour la lecture de ces derniers tomes)

Ma note : 13,5 /20

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4 commentaires sur “City Hunter Rebirth de Sokura Nishiki

  1. Bonjour,
    Au vu de ta chronique, j’admets que les réserves que j’avais au début persistes toujours, à première vu, le résumé n’est pas des plus transcendant, et manque peut-être de renouveau pour que je me lance pleinement dans la série…

    À voir par la suite, ainsi que le nombres de tomes prévus !

    Cordialement,
    Euphox 🦊

    Aimé par 1 personne

    1. Effectivement si tu cherches du renouveau ici, ce n’est pas le cas pour moi. C’est plus une espèce de relecture avec des clins d’oeil aux lecteurs. Il faudra voir si par la suite l’auteur parvient à s’en détacher plus.
      Merci pour ton commentaire et ton passage ici en tout cas 🙂

      J'aime

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