Livres - Romance

Les Wilde d’Eloisa James

Titre : Les Wilde

Auteur : Eloisa James

Éditeur vf : J’ai Lu – Pour Elle (Aventures et passions)

Année de parution vf : Depuis 2018

Nombre de tomes vf : 7 (en cours)

Histoire : Londres est en effervescence ? du moins la gent féminine. Lord Alaric, grand explorateur et auteur prolixe de romans épiques, rentre au pays après bien des aventures. N’ayant pas la moindre idée du succès phénoménal rencontré par ses œuvres, il est le premier surpris d’être accueilli avec une telle ferveur, voire franchement agacé par l’adulation que lui vouent ces dames. À l’exception de Mlle Willa fynche, qui n’a que dédain pour sa célébrité et ses histoires rocambolesques. Et, bien sûr, il n’y a rien de plus excitant qu’une femme qui se dérobe.

Mes avis :

Tome 1 : La coqueluche de ses dames

Si vous me lisez depuis un moment, vous connaissez peut-être mon amour pour cette autrice. Eloisa James arrive toujours à écrire des romances qui savent tirer leur épingle du jeu et qui ont un humour certain qui fait que je m’amuse beaucoup à les lire. Alors quand en prime, elle décide d’aller sur les terres de mon péché mignon : les sagas familiales, forcément, je ne peux que craquer !

Avec Les Wilde, nous découvrons une famille d’aristocrates sous les feux de la rampe. Le père en est à son troisième mariage et sa duchesse est enceinte. Chaque enfant qu’il a eu a hérité d’un prénom aux consonances guerrières tous plus farfelus les uns que les autres. C’est son troisième fils, Alaric, qui sera le héros de cette histoire. Après un drame familial, il a entrepris de voguer sur les mers du monde pour explorer celui-ci et écrire sur ses rencontres. Malheureusement, il ne pensait pas en revenant que ses écrits auraient eu autant de succès, et il se retrouve malgré lui l’objet d’un culte de la part de la gente féminine anglaise. Cela ne l’aurait peut-être pas trop gêné si au cours d’une partie de campagne organisée par sa belle-mère, il n’était pas tombé sur le charme de la farouche Mlle Willa qui déteste plus que tout se faire remarquer.

Présenté que comme cela, j’ai su dès les premières pages que j’allais passer un bon moment et ce fut effectivement le cas de bout en bout.

  • Il y eut tout d’abord le cadre qui m’a beaucoup plu. On suit nos personnages lors d’une partie de campagne où il ne se passe pas un jour sans une nouvelle aventure.
  • Puis, il y a bien sûr la famille d’Alaric que j’ai vraiment apprécié : son frère aîné disparu, son second frère aîné qui par amour devient ultra coquet ce qui ne lui ressemble pas, son père plein d’humour et ses jeunes frères et soeurs plein de potentiel pour le taquiner et faire des bêtises.
  • Mais ce ne sont pas ceux qu’on voit le plus, non ce sont son meilleur ami, Parth et la meilleure amie de l’héroïne, Lavinia, qui s’entendent comme chien et chat, et m’ont donc follement amusé. De plus, j’ai beaucoup aimé la complicité entre Lavinia et Willa qui s’entendent comme larrons en foire pour faire tourner en bourrique ses messieurs.
  • Il y a également la présence d’animaux de compagnie plus surprenants l’un que l’autre : une mouflette qui a tout du putois et un chat errant caractériel aux griffes acérées qui auront aussi leur rôle dans l’histoire.

Tout cela se mélange pour créer un cadre très propice à la romance piquante qui s’annonce. Car en effet, nos deux héros ne sont pas du tout fait l’un pour l’autre sur le papier. Willa, qui a perdu très jeune ses parents, s’est habillée d’une vraie armure face à la société et ne compte pas en sortir pour les beaux yeux si attirants d’Alaric. Cependant celui-ci ne va pas cesser de fourbir ses armes pour vaincre ses réticences. C’est un combat de longue haleine mais parfaitement mené. C’est drôle, piquant, amusant et bien sûr émouvant de les voir se tourner autour et surtout de voir peu à peu Willa céder du terrain pour redevenir elle-même. Il leur arrive plein d’aventures dans cette demeure familiale et sur les terres qui l’entourent. L’autrice sait parfaitement relancer le rythme quand celui-ci pourrait avoir un coup de mou à force d’être trop dans la romance. Hop, la voilà qui ajoute l’arrivée d’une fan d’Alaric complètement folle prête aux pires stratagèmes pour se débarrasser de l’héroïne. C’est complètement farfelu mais ça marche.

Ainsi avec La coqueluche de ces dames, j’ai découvert une nouvelle famille dont j’ai très envie de suivre les aventures. J’ai envie de voir si North va reconquérir sa belle fiancée qui l’a quitté. J’ai envie de savoir sur Horacius est bel et bien mort ou s’il n’a pas juste disparu sans laisser de traces avant de réapparaitre. J’ai aussi envie de voir les plus jeunes grandir et avoir leurs propres histoires pleine de drôleries et de farces comme leur caractère présent semble le promettre. Eloisa James en l’espace d’un tome a su me rendre cette famille terriblement attachante, tout comme le furent les héros de l’histoire et il me tarde de replonger dans cet univers.

Tome 2 : Le retour du guerrier

Alors que j’avais adoré le tome 1, il m’a fallu quelques temps pour revenir à la saga, mais ce n’en fut que plus génial car j’ai adoré replonger dans les aventures de cette famille haute en couleur que sont les Wilde.

Après Alaric, place à son aîné North, l’héritier du duc qui n’aurait pas dû l’être. Il revient de la guerre et découvre dans la demeure de ses parents son ancienne fiancé avec un petit garçon qui n’est pas le sien malgré ce qu’elle a fait croire. Devenue gouvernante, Diana est persuadée d’être enfin à sa place car elle pense qu’elle aurait été nulle comme duchesse. Ce n’est pas tout à fait l’avis de North.

J’ai beaucoup aimé dans ce tome que l’autrice propose une histoire totalement différente de la première. Après une garden party, place à la vie quotidienne dans un château fort peuplé où les enfants ont une place conséquente ainsi que les souvenirs du passé. North n’est pas prêt d’oublier la jeune femme dont il est tombé amoureux au premier regard mais celle-ci refuse d’entendre raison. Un doux bras de fer va donc s’installer entre eux sous le regard complice de la tante de North et des domestiques dont fait maintenant partie Diana.

J’ai trouvé original d’avoir une héroïne qui a été presque duchesse prendre plus de plaisir à travailler qu’à traîner dans les salons. C’était vraiment rafraichissant. J’ai beaucoup aimé, aussi, découvrir un futur duc qui ne veut pas l’être et qui revient de la guerre parce qu’il avait toujours voulu être soldat ou architecte. Ils ont tout deux des personnalités à contre emploi qui fonctionnent très bien ici.

Leur relation est pleine de tendresse. Sous ses dehors autoritaires, North est avant tout un homme protecteur qui veut juste le bien de son ancienne fiancée. Je l’ai donc trouvé très doux et prévenant. Même s’il meurt d’envie de s’imposer, il ne le fait jamais, préférant toujours laissé le choix à Diana. Il a été marqué par la perte de son frère, par ce qu’il a vécu aux Etats-Unis lors de la guerre, mais aussi par la rupture de ses fiançailles par Diana. Il a donc besoin lui aussi qu’on lui redonne confiance, ce que Diana va faire sans le savoir.

Diana est également une belle héroïne. Elle a tout donné pour son petit Godfrey qu’elle aime plus que tout. C’est une femme simple et très généreuse qui a souffert de la terrible mère dont elle est affublée. Au fil de l’histoire, j’ai été de plus en plus horrifiée par ce que cette dernière avait fait subir à sa fille. Diana a bien du mérite d’y avoir échappé. Cependant, elle est aussi très têtue et m’a parfois agacée par sa volonté de contrecarrer les plans de North alors que dans ses actes elle dit le contraire.

Mais au-delà de cette belle relation qui va se renouer entre eux où chacun va aider l’autre à trouver sa place, j’ai été plus que séduite par les personnages gravitant autour d’eux. C’est adorable de suivre les enfants à la nurserie. La petite soeur de North, très en avance sur son âge, est d’une drôlerie. Le petit Godfrey est hyper attachant de par son statut et ses troubles. J’ai aimé voir les domestiques trouver naturellement leur place ici vu le contexte de l’histoire, c’est assez rare pour le souligner. Et j’ai adoré aussi bien la tante de North, très forte, la cousine de Diana, Lavinia qu’on avait déjà rencontrée et qui est un sacré personnage, tout comme les parents de North qui font preuve d’un si grand amour pour tous leurs enfants, ou encore justement les frères et soeurs de North qu’on entrevoit tous plus fous fous les uns que les autres. Cela a conféré une atmosphère très chaleureuse à l’histoire.

Alors qu’avec son titre « Le retour du guerrier« , j’appréhendais un peu le manque de modernité de l’histoire, ce fut tout le contraire. J’ai beaucoup aimé la fraicheur et la simplicité de cette romance évidente qui offre des moments tellement tendres aussi bien avec le couple qu’avec les enfants et le restant de la famille.

Tome 3 : Le parti idéal

Quelle riche idée j’ai eu de lire ce tome à la suite du précédent ! L’autrice a effectivement pensé celui-ci comme une suite directe voire un prolongement de l’histoire de Diana et North, j’ai été ravie 😀

Mais le coeur de l’histoire est tout de même la charmante romance « chien et chat » de Lavinia et Parth et elle a su tenir toutes ses promesses. Depuis le premier tome, leurs chamailleries m’avaient plu et avaient attiré mon attention. Parfois, dans ces cas-là, la romance n’est pas à la hauteur de nos attentes, ce n’est absolument pas le cas ici et même si parfois ils ont trop partagé la vedette avec les autres Wilde de l’histoire, j’ai quand même adoré ce qu’Eloisa James a fait de leur histoire.

Lavinia et Parth se chamaillent depuis leur première rencontre. Ils semblent ne pas pouvoir se supporter ni s’empêcher de se lancer des noms d’oiseaux à la tête. Sauf que quand Lavinia se retrouve désœuvrée, après avoir découvert que sa mère toxico a également volé les jeunes filles qu’elle avait en charge en plus de dilapider sa dot, elle se tourne quand même vers lui et va jusqu’à le demander en mariage dans sa chambre. Très surpris, celui-ci refuse aussi sec. Cependant Lavinia tombe malade et Parth se montre alors très protecteur envers elle. Il a beau la trouver superficielle et dépensière, il ne peut s’empêcher de lui tourner autour, ce qui a le don d’agacer la demoiselle qui en a marre qu’il la dénigre.

J’ai adoré les deux personnages de cette histoire que l’autrice a su sacrément bien écrire. Parth est le fils d’un anglais et d’une indienne tous deux décédés alors qu’il n’avait que 5 ans et qu’il était gardé par les Wilde, qui l’ont en quelque sorte adopté depuis, en faisant un membre complet de leur famille. Adulte désormais, c’est l’une des plus grosses fortunes du royaume, il détient entre autre une banque réputée et une fabrique de dentelle. Alors qu’il semble très froid et sarcastique avec Lavinia, c’est un garçon qui a le coeur sur la main avec tous ses proches et qui s’inquiète énormément dès que l’un d’eux est malade ou a un souci. Il propose donc de l’aider à trouver un mari qui lui conviendrait mieux que lui-même.

Lavinia, elle, doit se reconstruire après avoir découvert ce qu’a fait sa mère. Elle a l’impression que sa vie est un mensonge. Son seul talent : la mode, qui la passionne. Alors quand on lui propose de la payer pour ses conseils, elle se découvre une voix toute trouvée. En même temps qu’elle aide Diana à se constituer un trousseau et les membres de la famille Wilde à s’habiller pour le mariage éminent de North, elle en profite pour faire montre de son talent et s’affirmer. Sauf que c’est dur d’y parvenir quand on a une aussi mauvaise image de soi à force de s’entendre dévaloriser. Ainsi malgré sa grande beauté, celle-ci a du chemin à faire pour s’aimer.

J’ai beaucoup aimé la tonalité de l’histoire pleine de tendresse et de piquant. Le fait que la trame narrative mélange l’histoire des deux héros à celle des héros du roman précédent dont on prépare le mariage est adorable. Ils sont tous très proches et cela s’en ressent encore plus ainsi dans l’histoire quand on voit comment ils se mêlent des histoires des uns et des autres. Lavinia et Parth ont d’ailleurs bien besoin d’aide pour être percés à jour et arrêter leurs chamailleries.

L’histoire est vraiment vivante, elle se passe tantôt à Londres, tantôt dans la demeure des Wilde, tantôt là où se repose la mère de Lavinia. On bouge pas. Ça bouge aussi dans la romance qui démarre sur une déclaration surprenante avant de revenir en arrière et d’avancer de surprise en surprise. Les échanges animés des héros sont savoureux. Les quiproquos qui les entourent m’ont beaucoup amusés car ils reposent sur les caractères plein de failles des héros. Aucun des deux ne veut montrer qu’il a des sentiments pour l’autre après avoir montré tant d’animosité auparavant. Le masque est dur à tomber. Pourtant quand ils le font c’est superbe.

Il y a vraiment une alchimie brûlante entre eux et en même temps Parth fait preuve de beaucoup de tendresse envers Lavinia. Leur histoire n’est pas de tout repos mais elle est passionnante à suivre. La déclaration de Lavinia attire l’attention de Parth. Celui-ci attise sa jalousie avec la belle italienne qu’il courtise. Les prétendants de Lavinia le gênent aussi. Mais surtout, ils se méprennent beaucoup l’un sur l’autre et doivent mettre cartes sur table. Lavinia pense que Parth la méprise pour sa frivolité et ce dernier met effectivement du temps à découvrir qui est la belle jeune femme derrière la fan de fanfreluches. Il y a donc beaucoup de pas en avant suivis de pas en arrière, pour autant, c’est tout à fait crédible. L’autrice interroge ainsi non seulement sur l’attirance physique des amours mais surtout plus profondément sur ce qui fait qu’un couple dure : le respect et la compréhension, deux belles valeurs. C’était en plus original de suivre deux héros vivant au sein de l’élite anglaise mais travaillant et aimant ça. La passion de Lavinia est belle à voir, ainsi que son évolution qui lui permet de s’affirmer comme amoureuse aussi.

J’ai aussi beaucoup aimé revoir et suivre toute la famille Wilde. C’était chouette de suivre les coulisses du mariage annoncé de Diana et North et d’assister à l’évolution du couple à travers le regard de leur famille. Les autres ne sont pas en reste. La tante Knoxe est toujours aussi inoubliable. Elle sait se mêler des affaires des autres mais aussi ne pas aller trop loin et elle a le coeur sur la main. La jeune soeur de North, Betsie est également joliment en avant, avec son côté progressiste, sa passion pour le billard et ses échanges vifs avec Jeremy, l’ami écorché par la guerre, dont s’occupe Parth. J’aime beaucoup ce cadre pétillant et hyper chaleureux comme c’est bien souvent le cas dans les romances familiales que j’affectionne tant.

Ce tome 3 de la saga des Wilde confirme encore combien j’aime ce genre d’histoire avec des héros chamailleurs. D’habitude, j’ai du mal quand le couple n’a pas tous les feux de la rampe pointés sur eux et qu’il doit partager la lumière avec d’autres, mais ici c’est parfaitement dosé et ça leur est même bénéfique. Parth et Lavinia sont deux personnalités originales, à la tendresse cachée, dont l’histoire m’a fait fondre.

Tome 4 : La plus délurée de la famille

Après avoir découvert lady Boadicée et lord Jeremy dans les précédentes histoires ainsi que leurs échanges piquants sur fond de duel au billard, il n’est pas peu dire que j’attendais le volume qui leur serait consacré surtout avec un titre pareil. L’autrice a su une nouvelle fois me surprendre en proposant une romance qui n’a pas eu l’allure que j’attendais et qui m’a beaucoup émue.

Nous retrouvons les héros là où nous les avions laissés, lors d’une réception chez les Wilde où Boadicée, alias Betsy, reçoit une énième demande en mariage qu’elle refuse, sauf que lassée d’être seule et de rejeter un autre bon parti, elle hésite. Heureusement cela se déroule sous le regard de lord Jeremy, un vétéran de guerre comme ses frères, qui est chez eux le temps de se remettre et avec qui elle se dispute sans cesse. Pourquoi se sent-elle tellement vivante seulement lors de leurs échanges pimentés ?

Le potentiel de cette romance était immense et l’autrice a su bien tenir ses promesses. Elle ne livre pas une romance aussi mouvementée et épicée que je l’aurais attendu. Elle ne met pas en scène une héroïne aussi sulfureuse que je l’aurais cru. Mais à la place, nous avons droit à une belle et profonde histoire d’amour et de famille.

J’ai beaucoup aimé retrouver le cadre de la demeure des Wilde, avec ses habitants haut en couleur. C’était amusant de les voir se chamailler, se mêler de ce qui ne les regarder pas, en particulier la tante de Betsy. Jeremy a été fidèle à lui-même au début et s’est peu à peu révéler aussi intéressant que je le pressentais, à la fois par son traumatisme contre lequel il se bat, que par tout ce qu’il cachait derrière ce faux alcoolisme. Betsy, elle, n’est pas la délurée que le titre laisse entendre mais juste une jeune femme qui ne veut pas être la parfaite petite épouse qu’on attend d’elle mais une femme libre et indépendante qui serait sur un pied d’égalité avec les hommes.

L’autrice leur a imaginé une drôle d’histoire que je n’aurais jamais imaginé. Tout commence avec cette demande en mariage, puis cela se poursuit avec un pari lors d’une partie de billard, avant de se poursuivre dans une auberge encerclée par la neige et cela ne s’arrête jamais. L’autrice use avec astuce et subtilité les personnages que chacun croise, les embarquant dans une drôle d’aventure avec travestissement à la clé.

Mais derrière tout ce gaudriole, il y a aussi une histoire intéressante sur les traumatismes dus à la guerre, le poids des rumeurs et la difficulté de grandir sans sa mère quand celle-ci est partie avec un autre. L’autrice choisit les bons mots pour nous en parler et nous émouvoir, à travers le destin de ces deux personnages qui connaissent une si belle évolution, pour finir par devenir l’évidence qu’on pressentait.

La romance qu’on pressent depuis toujours démarre tranquillement, faisant monter peu à peu la flamme, mais une fois que celle-ci brûle plus rien ne peut l’éteindre, ce que j’ai trouvé très beau. Souvent, j’ai peur des drames que les auteurs ajoutent superficiellement à la fin pour déranger le couple principal, ici ce ne fut pas le cas. Drame il y a eu, mais c’était parfaitement tolérable et cela a au contraire permis aux personnages d’achever très joliment l’histoire avec beaucoup d’émotion.

J’ai donc une nouvelle fois été totalement séduite par l’histoire d’un autre membre de Wilde. Certes, on savait d’avance comment ça allait finir, mais le chemin emprunté m’a vraiment surprise. Je n’avais pas du tout imaginé leur histoire ainsi et la tendresse de chacun des héros en plus du piquant promis m’a conquise. Vivement l’histoire sur Viola désormais !

Tome 5 : Le dernier amour du duc

Après avoir suivi les histoires des enfants Wilde, quelle surprise j’ai eu de voir l’autrice nous proposer ici l’histoire d’amour de leur père et de sa dernière femme. Mais attention, leur histoire ne recouvre que les deux tiers de l’histoire, le dernier étant occupé par une courte histoire qui n’a rien à voir…

Allons droit au but, j’ai adoré l’histoire d’Hugo Wilde, ce noble fraichement divorcé, autrefois veuf, père de 8 ans, qui désormais cherche une nouvelle duchesse et compagne / mère. Son histoire menée tambour battant m’a touchée en plein coeur. Elle mêle romance passionnée et amour pour ses enfants dès lors qu’il fait la rencontre de la belle et aimante Ophélia, veuve elle aussi et maman d’une petite fille.

Nous avons beau savoir comment cela se termine puisque l’histoire se déroule alors que l’héroïne du tome précédent n’a que 4 ans, cela n’empêche pas le lecteur de se passionner pour elle. Entre coup de foudre, rencontre rocambolesque sous la neige, premiers baisers échangés rapidement, demande en mariage rejetée et cour reportée sur la mauvaise personne rien ne nous est épargné. Cela va vite, c’est piquant et enlevé sans pour autant être froid, au contraire, c’est très émouvant et chaleureux, ce qui confère à l’histoire le rythme et l’ambiance parfaite.

J’ai adoré la place occupée par la famille d’Hugo dans tout ça. J’ai adoré le double angle de la romance : passion entre un homme et une femme, et amour pour ses enfants des deux côtés. Il est amusant de voir la rapidité et la force de leur passion, ça donne des frissons de plaisir. Il est drôle également de voir la façon rocambolesque dont sa cour se passe et les erreurs qu’il commet, vite rattrapées par sa soeur jumelle haute en couleur. Cela donne une intrigue charmante mais amusante où déjà on perçoit les personnalités si particulière des enfants qu’on connaitra plus tard.

Alors oui, tout va très vite dès le début, mais la petite pause au milieu fait du bien pour plus les découvrir et la légère complication rencontrée est juste ce qu’il faut, ce n’est pas du drame et ça fait du bien. Je n’aurais cependant pas été contre quelques pages supplémentaires histoire de voir leur vie conjugale et familiale ensuite.

En revanche, je n’ai pas franchement adhéré à l’histoire qui a complété ce tome. Elle est totalement déconnecté de la saga des Wilde. Elle met en scène une jeune noble fuyant son fiancé après avoir découvert que ce n’était pas le bon. Elle se fait embaucher comme bonne d’enfant dans la demeure d’un prince, où le majordome est le frère bâtard de celui-ci. Si j’ai aimé la relation entre Philippa et son jeune protégé, ainsi que l’attirance qui nait entre elle et Wick, le frère bâtard, tout fut trop rapide et superficiel pour moi. Je n’ai pas ressenti le moindre attachement pour l’héroïne dont je n’ai pas compris l’histoire. Quelle idée de coucher volontairement comme ça avec son fiancé alors que déjà à l’époque il lui répugnait… Après la superbe histoire d’Hugo et Ophelia, impossible d’accrocher, cela me semblait terriblement fade.

Ainsi, j’ai dévoré et adoré découvrir l’histoire d’amour des parents de la famille Wilde, touchée que je fus par la passion d’Hugo mais aussi sa tendresse pour ses enfants. En revanche, j’ai trouvé l’histoire qui suivie totalement inintéressante. Quitte à avoir un bonus, j’aurais préféré en avoir un sur un membre de sa famille, par exemple sa soeur, ou alors une histoire rigolote sur l’enfance d’un de ses enfants. Bref quelque chose pour rester dans l’ambiance. Dommage.

Tome 6 : La petite souris en robe de bal

Avec ce tome, l’autrice signe sa première incursion dans les histoires des filles Wilde non légitimes. Celles-ci étant la seconde génération après les aînés que nous avons déjà suivis proposent de toutes nouvelles thématiques et dynamiques que j’ai découvertes avec bonheur grâce à la douce Viola.

Le résumé proposait pour J’ai Lu me semblait fort alléchant. Il était question d’une jeune fille tordue par la peur lors des bals à cause de son statut de fille adoptée par le Duc, et donc de pas tout à fait Wilde, qui allait attirer l’attention d’un autre Duc qui voulait la « vraie » Wilde. La question du statut d’un enfant lorsque ses parents se remarient me semblait un sujet qui sort un petit peu des schémas habituels et j’ai vraiment apprécié le traitement de celui-ci tout au long de l’histoire. En effet, on pourrait croire que Viola est une petite souris timide à cause de son statut, comme l’indique le titre, or nous allons découvrir une jeune femme  pleine de vie et de caractère qui va se battre contre elle-même pour s’affirmer et oser reconnaître que oui, elle est une Wilde tout comme les autres enfants biologiques du Duc.

Pour mettre cela en scène, l’autrice a imaginé une rencontre fort amusante entre elle et un Duc tout aussi peu conventionnel, Devin est en effet un fan de mathématiques, qui préfère rester le nez plongé à la bibliothèque que participer à des bals. Or, c’est l’un d’entre eux, alors que Viola était cachée derrière un rideau, l’un de ses passions lol, que les deux se rencontrent et cela fait des étincelles, car Viola toute timide qu’elle peut être a des valeurs et n’hésite pas à remettre les gens à leur place. Devin est alors conquis par cette femme qui n’est pas celle qu’elle semble être et qui pourrait lui convenir tant elle aussi sort des normes.

J’ai beaucoup aimé la franchise de Devin dans ses tentatives de séduction. C’était rafraîchissant d’avoir quelqu’un d’aussi direct. J’ai aimé la vivacité de la plume de l’autrice dans l’écriture drôle et audacieuse de ces scènes. Elle a doté le couple d’une très bonne dynamique et leur histoire nous emmène d’un lieu à l’autre, d’une demeure à l’autre de façon amusant. Les deux ont un caractère qui sort du lot, Viola par exemple se passionne pour les animaux de la ferme. On retrouve près d’eux toute la smala des Wilde, dont Joan qui va bien jouer son rôle pour les rapprocher et les encourager, et du côté de Devin, c’est son cousin Otis, légèrement évaporé. Les deux se tournent autour très rapidement mais Viola ne comprend pas qu’on puisse s’intéresser à elle car elle n’est pas telle qu’on l’attend. Elle complexe aussi sur son physique voluptueux et elle pense devoir se caser avec le pasteur du coin alors que celui-ci est bien trop ennuyeux pour elle. Cela donne une histoire pleine de piquant et de petites scènes romantiques où le Duc cherche à la convaincre avec l’aide de leurs amis.

Cependant, autant j’ai trouvé cette partie savoureuse, autant je me suis un peu plus ennuyée avec la seconde, une fois qu’ils sont mariés. J’ai eu l’impression de retrouver les mêmes thèmes que d’habitude, à savoir des époux qui se cherchent dans leurs premiers jours de vie conjugale, même s’ils sont épanouit sexuellement parlant ce qui fait un souci de moins. Des époux qui se cachent des choses et ont du mal à parler de leurs sentiments embrouillés, surtout Devin, dont la jalousie pour le pasteur le ronge. C’est donc un peu répétitif pour qui connaît le genre. Heureusement, un thème vient le faire émerger : la question des époux abusifs et les conséquences sur les enfants, car Devin est issu d’un mariage raté où son père criait beaucoup sur sa mère. Il a terriblement peur de le reproduire et fait un vrai travail sur lui pour cela, surtout avec une femme qu’il considère comme fragile sur ce point. C’est donc assez émouvant et moderne.

Avec ce 6e tome, l’autrice m’a emballée au début par une rencontre rocambolesque et un protagoniste masculin entreprenant mais plein de bienveillance. J’ai aimé la profondeur des thèmes abordées autour des enfants et des conséquences des actes de leurs parents sur eux en positif (remariage) ou négatif (violence intra familiale). J’ai aimé retrouver la douce folie des Wilde à travers notamment l’organisation d’une certaine pièce tirée des mystères médiévaux. Mais l’écriture reste fort classique et déjà vue… Il m’a manqué le petit truc en plus dans la seconde partie.

Tome 7 : La provocatrice

J’attendais avec une certaine impatience l’histoire de Joan, la rejeton la plus remuante des filles Wilde avec sa passion pour le théâtre et sa mère qui l’a de façon adultérine en trompant son époux. Je me doutais que ce serait une histoire pleine de piquant. Ce fut le cas.

Pour tenir la dragée haute à Joan, il fallait un homme de poigne et sûr de lui, le choix de Thaddeus, un duc, fut parfait ! Depuis le début, ces deux se chamaillent et ne se supportent pas. Thaddeus a de surcroît déjà courtisé ses deux soeurs aînés avec le dénouement qu’on connaît. C’était mal parti entre la jeune femme pleine de fougue et le duc un peu coincé vieille France ou plutôt vieille Angleterre, mais l’histoire, comme souvent dans ces cas, fut savoureuse.

Le cadre de celle-ci a bien joué, je l’avoue. J’ai adoré suivre leurs retrouvailles dans le château des parents de Joan tandis que celle-ci avait reçu l’autorisation de jouer Hamlet avec une troupe de théâtre professionnelle, ce qui impliquait de la voir en culotte d’homme. De suite, Thaddeus a sur-réagi et les hostilités ont commencé. Les voir ainsi se chamailler et se rapprocher par la même occasion dans le château où toute la famille est réunie était savoureux. Cela m’a permis de recroiser plein de couples que j’adore mais cela a également donné une teinte particulière à l’histoire grâce à ce huis clos familial à la campagne.

La romance, elle, est plus classique et prévisible, reposant sur des ressorts que tout le monde connaît avec cette dynamique de chien-chat que j’aime tant. J’ai même trouvé que le basculement de leur détestation réciproque à leur envie de se jeter l’un sur l’autre était un peu soudain et les explications, tardives, ne m’ont pas convaincue. Mais qu’importe le flacon, tant qu’il y a l’ivresse ! J’ai donc beaucoup aimé voir Thaddeus se décoincer au contact de Joan et montrer son vrai caractère. J’ai apprécié qu’il ne lui reproche pas son côté fantasque bien longtemps mais cède plutôt rapidement à ses lubies et l’aide dans ses projets avec son ami Otis, qui lui doit se déguiser ne Ophélie pour la pièce. C’était tordant.

Mais si vous me connaissez, vous savez qu’il me faut un peu plus et j’ai eu cela non seulement grâce à la bâtardise de Joan que celle-ci assume parfaitement et sur laquelle l’autrice ne s’est pas appesantie, préférant l’histoire des parents de Thaddeus qui était fort intéressante également à sa façon. Avec elle, l’autrice évoque les mariages arrangés de l’aristocratie qui contrecarre parfois de vraies relations de coeur. C’est le cas ici. Mais le père de Thaddeus est bien trop détestable et théâtral pour que je le plaigne vraiment vu ce qu’il fait subir à son fils et sa femme légitime.

Aventure familiale avant tout, ce septième tome consacré à la plus provocatrice des enfants Wilde fut un petit régal à lire, régal car il se déroule dans le château familial auprès de tout le monde, régal car les héros ne s’épargnent pas au début, régal car l’autrice leur offre ensuite de superbes scènes romantiques, comme une certaine scène au milieu d’un lac. C’est amusant et romantique à la fois, un très bon moment certes classique mais savoureux.

TB lecture

3 commentaires sur “Les Wilde d’Eloisa James

  1. Je dois avoir le premier tome dans ma PAL, mais j’avoue que c’est le troisième qui me tente le plus. J’aime les relations chien chat et les personnages qui ont entre eux une belle alchimie malgré certains préjugés l’un sur l’autre et envers eux-mêmes.

    Aimé par 1 personne

      1. Autant je suis pénible avec l’ordre des romans, autant j’ai pris l’habitude d’attaquer les séries de romance historique par n’importe quel bout. J’ai parfois l’impression que la construction fait que c’est presque prévu…

        Aimé par 1 personne

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