Livres - Romance

Les Wilde d’Eloisa James

Titre : Les Wilde

Auteur : Eloisa James

Éditeur vf : J’ai Lu – Pour Elle (Aventures et passions)

Année de parution vf : Depuis 2018

Nombre de tomes vf : 4 (en cours)

Histoire : Londres est en effervescence ? du moins la gent féminine. Lord Alaric, grand explorateur et auteur prolixe de romans épiques, rentre au pays après bien des aventures. N’ayant pas la moindre idée du succès phénoménal rencontré par ses œuvres, il est le premier surpris d’être accueilli avec une telle ferveur, voire franchement agacé par l’adulation que lui vouent ces dames. À l’exception de Mlle Willa fynche, qui n’a que dédain pour sa célébrité et ses histoires rocambolesques. Et, bien sûr, il n’y a rien de plus excitant qu’une femme qui se dérobe.

Mes avis :

Tome 1 : La coqueluche de ses dames

Si vous me lisez depuis un moment, vous connaissez peut-être mon amour pour cette autrice. Eloisa James arrive toujours à écrire des romances qui savent tirer leur épingle du jeu et qui ont un humour certain qui fait que je m’amuse beaucoup à les lire. Alors quand en prime, elle décide d’aller sur les terres de mon péché mignon : les sagas familiales, forcément, je ne peux que craquer !

Avec Les Wilde, nous découvrons une famille d’aristocrates sous les feux de la rampe. Le père en est à son troisième mariage et sa duchesse est enceinte. Chaque enfant qu’il a eu a hérité d’un prénom aux consonances guerrières tous plus farfelus les uns que les autres. C’est son troisième fils, Alaric, qui sera le héros de cette histoire. Après un drame familial, il a entrepris de voguer sur les mers du monde pour explorer celui-ci et écrire sur ses rencontres. Malheureusement, il ne pensait pas en revenant que ses écrits auraient eu autant de succès, et il se retrouve malgré lui l’objet d’un culte de la part de la gente féminine anglaise. Cela ne l’aurait peut-être pas trop gêné si au cours d’une partie de campagne organisée par sa belle-mère, il n’était pas tombé sur le charme de la farouche Mlle Willa qui déteste plus que tout se faire remarquer.

Présenté que comme cela, j’ai su dès les premières pages que j’allais passer un bon moment et ce fut effectivement le cas de bout en bout.

  • Il y eut tout d’abord le cadre qui m’a beaucoup plu. On suit nos personnages lors d’une partie de campagne où il ne se passe pas un jour sans une nouvelle aventure.
  • Puis, il y a bien sûr la famille d’Alaric que j’ai vraiment apprécié : son frère aîné disparu, son second frère aîné qui par amour devient ultra coquet ce qui ne lui ressemble pas, son père plein d’humour et ses jeunes frères et soeurs plein de potentiel pour le taquiner et faire des bêtises.
  • Mais ce ne sont pas ceux qu’on voit le plus, non ce sont son meilleur ami, Parth et la meilleure amie de l’héroïne, Lavinia, qui s’entendent comme chien et chat, et m’ont donc follement amusé. De plus, j’ai beaucoup aimé la complicité entre Lavinia et Willa qui s’entendent comme larrons en foire pour faire tourner en bourrique ses messieurs.
  • Il y a également la présence d’animaux de compagnie plus surprenants l’un que l’autre : une mouflette qui a tout du putois et un chat errant caractériel aux griffes acérées qui auront aussi leur rôle dans l’histoire.

Tout cela se mélange pour créer un cadre très propice à la romance piquante qui s’annonce. Car en effet, nos deux héros ne sont pas du tout fait l’un pour l’autre sur le papier. Willa, qui a perdu très jeune ses parents, s’est habillée d’une vraie armure face à la société et ne compte pas en sortir pour les beaux yeux si attirants d’Alaric. Cependant celui-ci ne va pas cesser de fourbir ses armes pour vaincre ses réticences. C’est un combat de longue haleine mais parfaitement mené. C’est drôle, piquant, amusant et bien sûr émouvant de les voir se tourner autour et surtout de voir peu à peu Willa céder du terrain pour redevenir elle-même. Il leur arrive plein d’aventures dans cette demeure familiale et sur les terres qui l’entourent. L’autrice sait parfaitement relancer le rythme quand celui-ci pourrait avoir un coup de mou à force d’être trop dans la romance. Hop, la voilà qui ajoute l’arrivée d’une fan d’Alaric complètement folle prête aux pires stratagèmes pour se débarrasser de l’héroïne. C’est complètement farfelu mais ça marche.

Ainsi avec La coqueluche de ces dames, j’ai découvert une nouvelle famille dont j’ai très envie de suivre les aventures. J’ai envie de voir si North va reconquérir sa belle fiancée qui l’a quitté. J’ai envie de savoir sur Horacius est bel et bien mort ou s’il n’a pas juste disparu sans laisser de traces avant de réapparaitre. J’ai aussi envie de voir les plus jeunes grandir et avoir leurs propres histoires pleine de drôleries et de farces comme leur caractère présent semble le promettre. Eloisa James en l’espace d’un tome a su me rendre cette famille terriblement attachante, tout comme le furent les héros de l’histoire et il me tarde de replonger dans cet univers.

Tome 2 : Le retour du guerrier

Alors que j’avais adoré le tome 1, il m’a fallu quelques temps pour revenir à la saga, mais ce n’en fut que plus génial car j’ai adoré replonger dans les aventures de cette famille haute en couleur que sont les Wilde.

Après Alaric, place à son aîné North, l’héritier du duc qui n’aurait pas dû l’être. Il revient de la guerre et découvre dans la demeure de ses parents son ancienne fiancé avec un petit garçon qui n’est pas le sien malgré ce qu’elle a fait croire. Devenue gouvernante, Diana est persuadée d’être enfin à sa place car elle pense qu’elle aurait été nulle comme duchesse. Ce n’est pas tout à fait l’avis de North.

J’ai beaucoup aimé dans ce tome que l’autrice propose une histoire totalement différente de la première. Après une garden party, place à la vie quotidienne dans un château fort peuplé où les enfants ont une place conséquente ainsi que les souvenirs du passé. North n’est pas prêt d’oublier la jeune femme dont il est tombé amoureux au premier regard mais celle-ci refuse d’entendre raison. Un doux bras de fer va donc s’installer entre eux sous le regard complice de la tante de North et des domestiques dont fait maintenant partie Diana.

J’ai trouvé original d’avoir une héroïne qui a été presque duchesse prendre plus de plaisir à travailler qu’à traîner dans les salons. C’était vraiment rafraichissant. J’ai beaucoup aimé, aussi, découvrir un futur duc qui ne veut pas l’être et qui revient de la guerre parce qu’il avait toujours voulu être soldat ou architecte. Ils ont tout deux des personnalités à contre emploi qui fonctionnent très bien ici.

Leur relation est pleine de tendresse. Sous ses dehors autoritaires, North est avant tout un homme protecteur qui veut juste le bien de son ancienne fiancée. Je l’ai donc trouvé très doux et prévenant. Même s’il meurt d’envie de s’imposer, il ne le fait jamais, préférant toujours laissé le choix à Diana. Il a été marqué par la perte de son frère, par ce qu’il a vécu aux Etats-Unis lors de la guerre, mais aussi par la rupture de ses fiançailles par Diana. Il a donc besoin lui aussi qu’on lui redonne confiance, ce que Diana va faire sans le savoir.

Diana est également une belle héroïne. Elle a tout donné pour son petit Godfrey qu’elle aime plus que tout. C’est une femme simple et très généreuse qui a souffert de la terrible mère dont elle est affublée. Au fil de l’histoire, j’ai été de plus en plus horrifiée par ce que cette dernière avait fait subir à sa fille. Diana a bien du mérite d’y avoir échappé. Cependant, elle est aussi très têtue et m’a parfois agacée par sa volonté de contrecarrer les plans de North alors que dans ses actes elle dit le contraire.

Mais au-delà de cette belle relation qui va se renouer entre eux où chacun va aider l’autre à trouver sa place, j’ai été plus que séduite par les personnages gravitant autour d’eux. C’est adorable de suivre les enfants à la nurserie. La petite soeur de North, très en avance sur son âge, est d’une drôlerie. Le petit Godfrey est hyper attachant de par son statut et ses troubles. J’ai aimé voir les domestiques trouver naturellement leur place ici vu le contexte de l’histoire, c’est assez rare pour le souligner. Et j’ai adoré aussi bien la tante de North, très forte, la cousine de Diana, Lavinia qu’on avait déjà rencontrée et qui est un sacré personnage, tout comme les parents de North qui font preuve d’un si grand amour pour tous leurs enfants, ou encore justement les frères et soeurs de North qu’on entrevoit tous plus fous fous les uns que les autres. Cela a conféré une atmosphère très chaleureuse à l’histoire.

Alors qu’avec son titre « Le retour du guerrier« , j’appréhendais un peu le manque de modernité de l’histoire, ce fut tout le contraire. J’ai beaucoup aimé la fraicheur et la simplicité de cette romance évidente qui offre des moments tellement tendres aussi bien avec le couple qu’avec les enfants et le restant de la famille.

Tome 3 : Le parti idéal

Quelle riche idée j’ai eu de lire ce tome à la suite du précédent ! L’autrice a effectivement pensé celui-ci comme une suite directe voire un prolongement de l’histoire de Diana et North, j’ai été ravie 😀

Mais le coeur de l’histoire est tout de même la charmante romance « chien et chat » de Lavinia et Parth et elle a su tenir toutes ses promesses. Depuis le premier tome, leurs chamailleries m’avaient plu et avaient attiré mon attention. Parfois, dans ces cas-là, la romance n’est pas à la hauteur de nos attentes, ce n’est absolument pas le cas ici et même si parfois ils ont trop partagé la vedette avec les autres Wilde de l’histoire, j’ai quand même adoré ce qu’Eloisa James a fait de leur histoire.

Lavinia et Parth se chamaillent depuis leur première rencontre. Ils semblent ne pas pouvoir se supporter ni s’empêcher de se lancer des noms d’oiseaux à la tête. Sauf que quand Lavinia se retrouve désœuvrée, après avoir découvert que sa mère toxico a également volé les jeunes filles qu’elle avait en charge en plus de dilapider sa dot, elle se tourne quand même vers lui et va jusqu’à le demander en mariage dans sa chambre. Très surpris, celui-ci refuse aussi sec. Cependant Lavinia tombe malade et Parth se montre alors très protecteur envers elle. Il a beau la trouver superficielle et dépensière, il ne peut s’empêcher de lui tourner autour, ce qui a le don d’agacer la demoiselle qui en a marre qu’il la dénigre.

J’ai adoré les deux personnages de cette histoire que l’autrice a su sacrément bien écrire. Parth est le fils d’un anglais et d’une indienne tous deux décédés alors qu’il n’avait que 5 ans et qu’il était gardé par les Wilde, qui l’ont en quelque sorte adopté depuis, en faisant un membre complet de leur famille. Adulte désormais, c’est l’une des plus grosses fortunes du royaume, il détient entre autre une banque réputée et une fabrique de dentelle. Alors qu’il semble très froid et sarcastique avec Lavinia, c’est un garçon qui a le coeur sur la main avec tous ses proches et qui s’inquiète énormément dès que l’un d’eux est malade ou a un souci. Il propose donc de l’aider à trouver un mari qui lui conviendrait mieux que lui-même.

Lavinia, elle, doit se reconstruire après avoir découvert ce qu’a fait sa mère. Elle a l’impression que sa vie est un mensonge. Son seul talent : la mode, qui la passionne. Alors quand on lui propose de la payer pour ses conseils, elle se découvre une voix toute trouvée. En même temps qu’elle aide Diana à se constituer un trousseau et les membres de la famille Wilde à s’habiller pour le mariage éminent de North, elle en profite pour faire montre de son talent et s’affirmer. Sauf que c’est dur d’y parvenir quand on a une aussi mauvaise image de soi à force de s’entendre dévaloriser. Ainsi malgré sa grande beauté, celle-ci a du chemin à faire pour s’aimer.

J’ai beaucoup aimé la tonalité de l’histoire pleine de tendresse et de piquant. Le fait que la trame narrative mélange l’histoire des deux héros à celle des héros du roman précédent dont on prépare le mariage est adorable. Ils sont tous très proches et cela s’en ressent encore plus ainsi dans l’histoire quand on voit comment ils se mêlent des histoires des uns et des autres. Lavinia et Parth ont d’ailleurs bien besoin d’aide pour être percés à jour et arrêter leurs chamailleries.

L’histoire est vraiment vivante, elle se passe tantôt à Londres, tantôt dans la demeure des Wilde, tantôt là où se repose la mère de Lavinia. On bouge pas. Ça bouge aussi dans la romance qui démarre sur une déclaration surprenante avant de revenir en arrière et d’avancer de surprise en surprise. Les échanges animés des héros sont savoureux. Les quiproquos qui les entourent m’ont beaucoup amusés car ils reposent sur les caractères plein de failles des héros. Aucun des deux ne veut montrer qu’il a des sentiments pour l’autre après avoir montré tant d’animosité auparavant. Le masque est dur à tomber. Pourtant quand ils le font c’est superbe.

Il y a vraiment une alchimie brûlante entre eux et en même temps Parth fait preuve de beaucoup de tendresse envers Lavinia. Leur histoire n’est pas de tout repos mais elle est passionnante à suivre. La déclaration de Lavinia attire l’attention de Parth. Celui-ci attise sa jalousie avec la belle italienne qu’il courtise. Les prétendants de Lavinia le gênent aussi. Mais surtout, ils se méprennent beaucoup l’un sur l’autre et doivent mettre cartes sur table. Lavinia pense que Parth la méprise pour sa frivolité et ce dernier met effectivement du temps à découvrir qui est la belle jeune femme derrière la fan de fanfreluches. Il y a donc beaucoup de pas en avant suivis de pas en arrière, pour autant, c’est tout à fait crédible. L’autrice interroge ainsi non seulement sur l’attirance physique des amours mais surtout plus profondément sur ce qui fait qu’un couple dure : le respect et la compréhension, deux belles valeurs. C’était en plus original de suivre deux héros vivant au sein de l’élite anglaise mais travaillant et aimant ça. La passion de Lavinia est belle à voir, ainsi que son évolution qui lui permet de s’affirmer comme amoureuse aussi.

J’ai aussi beaucoup aimé revoir et suivre toute la famille Wilde. C’était chouette de suivre les coulisses du mariage annoncé de Diana et North et d’assister à l’évolution du couple à travers le regard de leur famille. Les autres ne sont pas en reste. La tante Knoxe est toujours aussi inoubliable. Elle sait se mêler des affaires des autres mais aussi ne pas aller trop loin et elle a le coeur sur la main. La jeune soeur de North, Betsie est également joliment en avant, avec son côté progressiste, sa passion pour le billard et ses échanges vifs avec Jeremy, l’ami écorché par la guerre, dont s’occupe Parth. J’aime beaucoup ce cadre pétillant et hyper chaleureux comme c’est bien souvent le cas dans les romances familiales que j’affectionne tant.

Ce tome 3 de la saga des Wilde confirme encore combien j’aime ce genre d’histoire avec des héros chamailleurs. D’habitude, j’ai du mal quand le couple n’a pas tous les feux de la rampe pointés sur eux et qu’il doit partager la lumière avec d’autres, mais ici c’est parfaitement dosé et ça leur est même bénéfique. Parth et Lavinia sont deux personnalités originales, à la tendresse cachée, dont l’histoire m’a fait fondre.

TB lecture

3 commentaires sur “Les Wilde d’Eloisa James

  1. Je dois avoir le premier tome dans ma PAL, mais j’avoue que c’est le troisième qui me tente le plus. J’aime les relations chien chat et les personnages qui ont entre eux une belle alchimie malgré certains préjugés l’un sur l’autre et envers eux-mêmes.

    Aimé par 1 personne

      1. Autant je suis pénible avec l’ordre des romans, autant j’ai pris l’habitude d’attaquer les séries de romance historique par n’importe quel bout. J’ai parfois l’impression que la construction fait que c’est presque prévu…

        Aimé par 1 personne

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