Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Mermaid Prince de Kaori Ozaki

Titre : Mermaid Prince

Auteur : Kaori Ozaki

Éditeur vf : Delcourt/Tonkam (Shonen)

Année de parution vf : 2019

Nombre de pages : 224

Histoire : Mugi a déménagé à Okinawa, tout au sud du Japon. Il connaît quelques difficultés à s’intégrer dans son nouvel environnement, ce qui donne du souci à Matori. Car, depuis que Mugi a été gentil avec elle au moment où elle en avait le plus besoin, celle-ci le considère comme son prince charmant. Suite à quelques frictions avec son beau-frère, Mugi se retrouve chez la jeune fille, où il découvre l’histoire de la sirène qui exauce tous les désirs…

Mon avis :

Kaori Ozaki est une autrice que j’aime suivre. Découverte avec son oneshot Our summer holiday qui fut un véritable coup de coeur il y a 2 ans, j’ai dévoré ensuite sa série Immortal Rain, qui fut un nouveau coup de coeur. Je partais donc très confiante pour ce nouveau oneshot. Je pensais tomber comme pour Our summer holiday sur une seule et unique histoire développée sur l’ensemble du tome, mais en fait ce sont 2 longues histoires et 1 très courte qui nous sont proposées et c’est là que ça pèche je pense…

Avec cette mangaka, je m’attendais à des histoires vraiment puissantes et j’ai été très frustrée de constater que celles-ci peinaient à l’être. On sent vraiment son intention d’en faire quelque chose de fort, mais plouf, ça explose en vol comme une bulle de savon, avant même de produire l’effet escompté. C’est vraiment frustrant. On se retrouve du coup, un peu avec de banales histoires sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte…

Dans la première histoire, nous suivons Akari, une lycéenne banale qui a la tête sur épaules et surtout qui a un caractère assez affirmé, au point de ne pas aller à se laisser influencer par les modes et les autres, comme les jeunes de son âge. Avec elle, en peu de pages, l’autrice nous raconte une histoire douce-amère où on la voit vivoter en pleine adolescence, déçue de perdre une amie trop influençable, puis se cherchant elle-même car pas facile de savoir quoi faire de sa vie déjà à 15 ans. Il est aussi question de la place des hommes dans sa vie, déjà avec la question du harcèlement dans les moyens de transport et c’est un moment fort et très désagréable que l’on vit pendant et après l’événement, avec elle. Puis, avec la question de la première fois, du consentement, des hormones, etc. et là j’ai été très mal à l’aise avec le discours qu’elle communique. SPOILERS : Pour moi, l’héroïne n’était pas vraiment consentante au début, elle ne savait pas ce qui lui tombait dessus et le type en profite. Ce n’est pas parce qu’après il chouine et essaie de se rattraper, de la protéger/sauver que je peux cautionner la façon dont il s’est jeté sur elle è_é

J’ai aimé cette histoire car l’héroïne est atypique et qu’on y soulève des questions intéressantes mais elle manque clairement de développement pour moi. Ce sera malheureusement la même chose pour la dernière histoire.

Mermaid Prince, qui donne son titre au recueil, est également développée – si on peut dire – sur plusieurs chapitres. On y suit Mugi, un jeune garçon, venant de Tokyo, qui a été obligé de s’installer plus au sud sur la côte. Il exerce une certaine fascination sur une fille du coin, Matori, qui voit en lui son prince charmant. Sauf que Mugi est très mal dans sa nouvelle famille recomposée, qu’il ne trouve pas sa place et ne sait pas comment gérer ses problèmes persos. C’est un ado en colère, ce que l’autrice rend à merveille, le hic c’est qu’elle ne développe pas assez les raisons de son malaise. On devine, on suppose certaines choses mais rien n’est moins sûr et personnellement, ça m’a empêchée de totalement adhérer à l’histoire qui avait pourtant beaucoup de potentiel. J’ai beaucoup aimé l’utilisation qui était faite du cadre côtier, de ses légendes à base de sirènes, mais aussi de marins/nageurs perdus en mer. Ça collait à merveille avec l’univers de la mangaka. Mais je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine frustration au final.

Quant à l’histoire qui fait la césure entre les deux, pour moi c’est une pâle copie d’Ame & Yuki (film de Mamoru Hosada)…

Du côtés des dessins, par contre, j’ai une fois de plus été séduite. Il se dégage une vraie force mais aussi une grande poésie de ceux-ci. Les yeux des personnages sont réellement le reflets de leur âme, souvent agitée, et la composition des pages révèlent aussi beaucoup de choses sur leur état d’esprit. C’est fort. En plus, Delcourt-Tonkam ne s’est pas moqué de nous avec cette édition qui est vraiment splendide. On a droit à une couverture avec de très beaux effets rappelant la mer. Ils ont même pensé à faire un bandeau s’intégrant parfaitement. Ils ont conservé la page couleur des débuts et le papier bien épais devrait bien résister au temps. Nickel !

Mermaid Prince fut donc une belle lecture pour moi, avec des idées fortes, mais surtout une ambiance propre à l’autrice que j’adore et qui sait me toucher. Je ressens tout de même une certaine frustration devant ces histoires pour moi un peu inabouties. Par contre, c’est toujours un bonheur de retrouver son trait et j’espère qu’on aura droit un jour à des histoires plus longues.

Ma note : 15 / 20

9 commentaires sur “Mermaid Prince de Kaori Ozaki

  1. Je ne pouvais pas lire ton spoiler quand j’étais sur mon smartphone
    Oui, moi non plus. Cela fait vraiment une réalité brute de décoffrage. De manière générale. Il achève un peu (genre tu t’es pris un coup de massue) mais il reste intéressant avec une petite dose fantastique
    Mais la première histoire rien que comme elle se fait avoir et se retrouve bloquée, puis elle essaye à sa façon de se débarrasser de la souillure, ça donne un coup.
    Non comme souvent ils capturent des moments de vie…mais oui par moment c’est cours (surtout celle avec la bibliothécaire), et comme j’avais dit je m’attendais pas à ça ni au coup de matraque ni à plusieurs histoires.

    Aimé par 1 personne

  2. J’aime les 2 images que tu as posté de la première histoire, elle cherche la liberté, mais elle prend aussi des risques, elle a l’air un peu au bord du précipice mais en même temps il se dégage une certaine beauté et liberté de l’image.

    Aimé par 1 personne

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