Livres - Classique

Le château de Pictordu de George Sand

Titre : Le château de Pictordu

Auteur : George Sand

Éditeur : Folio 2€

Année de parution : 2012 (pour cette édition) / 1873 (pour la 1e édition)

Nombre de pages : 128

Histoire : Alors que Mr Flochardet ramène de pension sa fille unique de huit ans, Diane, un accident sans gravité les contraint à passer une nuit au château de Pictordu, abandonné et en partie en ruines. Ce lieu a la réputation d’être hanté : est-il vraiment gardé par la mystérieuse « Dame au voile », dont Diane croit avoir entendu l’invitation à entrer après l’accident ? Un conte enchanteur : récit fantastique ? Éloge de l’imagination ? La réponse sera des plus surprenantes… Un merveilleux portrait d’enfant, convaincant et émouvant.

Mon avis :

George Sand fait partie de ces auteurs classiques français que j’aime lire mais dont je n’ose pas forcément lire toute l’oeuvre parce que bêtement je crois que je vais finir par m’en dégoûter ou ne plus aimer, et pourtant à chaque essai que je fais, c’est un vrai plaisir. Après avoir beaucoup aimé ses titres les plus connus : La mare au diable et La petite Fadette, j’ai eu envie de changer de registre avec Le château de Pictordu.

En effet, vers la fin de sa vie, dans les années 1870, l’autrice a eu envie d’écrire pour ses petits-enfants. Le château de Pictordu relève de cette expérience puisque c’est un conte pour enfants comme on en écrivait à l’époque, c’est-à-dire pas du tout aussi gentillet que ceux que, nous, nous avons pu connaitre plus jeunes.

Ici, nous suivons l’enfance, l’adolescence et les premières années d’adulte de la fille d’un peintre, Mlle Diane. Au début de l’histoire, au cours d’un voyage, elle fait une rencontre très étrange dans un lieu tout aussi pittoresque, qui va changer sa vie après et se rappeler à elle régulièrement par la suite, elle la petite fille délaissée par son père depuis son remariage.

Dans cette nouvelle de près de 130 pages, la plume de l’autrice est excellente du début à la fin. Elle construit une intrigue à la fois proche et lointaine de nous où l’on suit la petite vie d’une jeune fille, issue de la petite bourgeoisie campagnarde, pleine de talent mais que sa famille ne voit pas. En parallèle de ça, elle insère des épisodes où l’on glisse tranquillement dans le fantastique le plus pur et où l’on s’interroge vraiment sur la santé mentale de cette pauvre enfant.

C’est extrêmement bien fait. Le côté fantastique est tout à fait crédible. Les premières pages ne sont pas sans rappeler la découverte du château de la bête par le père de Belle dans La Belle et la Bête. La suite m’a évoque d’autres récits fantastiques comme La Venus d’Ille de Prosper Mérimée. C’est assez fascinant.

Le côté réaliste est tout aussi réussi puisque très rapidement on s’attache à cette pauvre enfant si mal aimée dans sa famille alors qu’elle le mériterait tant. J’ai beaucoup aimé découvrir la passion de Diane pour l’art, l’Antiquité et la mythologie, ainsi que sa grande imagination. J’ai aussi aimé la mise en avant de toutes ses qualités morales : abnégation, amour filial au sens large, humilité, modestie… C’est l’incarnation parfaite de la figure de la fille aimante malgré le rejet de son père et la méchanceté de sa belle-mère. Ça vous fait penser à Cendrillon ? J’y ai aussi pensé. George Sand arrive pourtant à contourner cette tragédie annoncée de la plus belle des façons, grâce à l’aide d’un personnage qui est vite devenu mon préféré de l’histoire, tout en restant très réaliste malgré les « visions » de son héroïne. Un joli tour de force.

En conclusion : comme à chaque fois que je lis un texte de cette autrice, j’ai été frappée par l’actualité de sa langue. J’ai énormément aimé son récit qui est extrêmement bien construit pour un texte aussi court. Le mélange entre fantastique et réalisme, voire critique de la société bourgeoise de son temps est très réussi. Je continuerai à découvrir son oeuvre.

Ma note : 16 / 20

2 commentaires sur “Le château de Pictordu de George Sand

  1. Je ne connais pas cette nouvelle de Sand et je n’ai aps encore lu la mare au diable ni la petite fadette mais elle ne fait pas partie des auteurs du XIXeme que j’apprécie à cause de ses romans idéalistes comme les maître sonneurs. Mais il faudrait que je lise ce récit, peut-être que je vais voir d’autres aspects de son oeuvre ainsi.

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