Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Ginza Neon Paradise d’Unohana

Titre : Ginza Neon Paradise

Auteur : Unohana

Éditeur vf : Taifu (Yaoi)

Année de parution vf : 2018

Nombre de pages : 209

Histoire : Trois ans ont passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais Aoi n’a toujours aucune nouvelle de son ami d’enfance parti au front : Takahito. Pourtant, un soir comme tant d’autres, un homme apparaît à l’entrée du club qu’il fréquente. Cette silhouette qui lui semble si familière n’est autre que Takahito. D’abord surpris, Aoi ne peut contenir sa rage quand ce dernier lui dit avec un certain détachement qu’il est rentré il y a de ça deux ans, mais qu’il n’a pas trouvé le temps de prévenir ses proches. En l’espace de quelques secondes, Aoi laisse alors éclater toute la souffrance qu’il a dû supporter durant ces deux dernières années. Qu’est-il arrivé à son ami après la guerre ? Pourquoi il n’a donné aucun signe de vie ? Désormais, Aoi veut des réponses aux nombreuses questions qui le tiraillent.

Mon avis :

Après avoir découvert Unohana la semaine passée, j’ai eu envie d’explorer sa bibliographie et on m’a conseillé pour cela Ginza Neon Paradise. Il n’en fallait pas plus pour me pousser à acheter ce titre dont la couverture aux belles teintes sépia me faisait déjà envie.

Dans ce oneshot, la mangaka part dans un tout autre univers que dans On entend son cri sans que l’on voie ses larmes, le précédent titre que j’avais lu d’elle, et pourtant on y retrouve aussi ce petit quelque chose qui la caractérise bien avec cette ambiance un brin douce-amère et très mélancolique qui parcoure les deux.

Ici, l’on suit deux amis d’enfance qui se retrouvent avec la Seconde Guerre Mondiale. Le premier, Takahiko est le fils un peu turbulent d’une riche famille qui revient à Ginza après avoir été mobilisé. Le second, Aoi est issu d’une famille plus humble et a fait des études pour être professeur d’anglais, il sert désormais d’interprète à l’occupant mais surtout il attendait depuis longtemps le retour de Takahiko. Alors quand celui-ci se pointe la bouche en coeur alors qu’il n’avait pas donné de nouvelles depuis 3 ans et qu’Aoi craignait qu’il soit mort, ce dernier lui met littéralement son poing dans la figure.

Dès les premières pages, j’ai été embarquée par l’atmosphère de l’histoire. L’autrice restitue à merveille cette époque des années 30-40 au Japon et plus particulièrement dans le quartier de Ginza. On y sent parfaitement le regard d’après-guerre porté dessus qui confère une vraie douce mélancolie au titre. Par petites bribes on apprend qu’elle y était la vie avant, pendant et après la guerre. La mangaka ne nous épargne pas et parsème son histoire de vrais faits historiques, ce que j’ai adoré. Et à l’image de sa couverture, on plonge vraiment dans cette ambiance d’un autre temps, entre tristesse et mélancolie.

La romance qui est coeur de l’histoire et à l’image de cette atmosphère si particulière. L’autrice a su saisir, je trouve, les pensées d’un autre temps des deux héros. Ils se connaissent depuis toujours, sont très proches, mais quelque chose les empêche d’aller plus loin. Il faut qu’un drame se noue pour les pousser à se l’avouer. En effet, à l’époque, l’homosexualité était tout sauf la norme et c’était même sûrement honteux de se l’avouer. Il faut donc beaucoup de courage à nos héros. Leur histoire est très belle. Elle est lente, douce et se construit naturellement entre présent et flashback du passé. Elle n’est pas simple pour autant, parce qu’il faut à la fois accepter justement ce passé, arrêter de s’interdire d’oser et apprendre à s’accepter pour avancer. J’ai beaucoup beaucoup aimé. Pour une fois, je n’ai pas eu de préférence et j’ai autant aimé l’un que l’autre, Aoi parce qu’il est honnête, sincère et persévérant, et Takahiko parce que c’est quelqu’un de solaire mais fragile et complexe derrière ses beaux sourires. Les deux font vraiment la paire.

Ajoutez à cela, de l’humour, un contexte bien fichu avec une belle représentation de Ginza et une représentation assez juste de certains Américains pendant l’occupation, ainsi que des Japonais d’alors, des héros avec de vraies personnalités et des buts affichés (le cinéma pour l’un, l’anglais et le professorat pour l’autre), et vous aurez une histoire belle et mature, très prenante à lire.

Les dessins ne gâchent rien en plus. Alors que dans son précédent titre (On entend son cri sans que l’on voie ses larmes), j’avais été déçue par la différence entre la couverture et les pages intérieures, ce n’est pas du tout le cas ici. Son trait est précis et très expressif. Il est moins brut et plus fin. Elle parvient très bien à rendre les différentes atmosphères : arrogance d’avant guerre, fébrilité pendant, espoir désabusé ensuite. La peinture de Ginza et de sa vie nocturne est saisissante. Bref, j’ai tout aimé.

Pour conclure : Ginza Neon Paradise fut vraiment une très bonne surprise. Je ne m’attendais pas à aimer autant ce titre dans lequel la romance ne fait pas tout, ce qui est rare dans un boys love. Il y a un vrai contexte intéressant et travaillé, un contexte historique en prime, ce que j’adore. Je continuerai sûrement à suivre l’autrice pour voir si elle a d’autres petites pépites comme ça.

Ma note : 17 / 20

16 commentaires sur “Ginza Neon Paradise d’Unohana

      1. bah en fait là c’est ta faute, ce sont ceux que tu m’as conseillé, « We kiss in 3 seconds » et l’autre euh… « On entend le cri du corbeau sous la pluie » ou un truc du genre. j’ai vérifie, je les ai dans ma bibliothèque 😀

        Aimé par 1 personne

      2. Bah, autant pour les shonen et shojo, on n’est pas toujours d’accord, autant pour les yaoi, je trouve qu’on aime plutôt les mêmes choses, à savoir les belles histoires qui cautionnent pas les mauvaises valeurs ^^

        Aimé par 1 personne

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