Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Blue Phobia d’Eri Tsuruyoshi

Titre : Blue Phobia

Auteur : Eri Tsuruyoshi

Éditeur vf : Glénat (seinen)

Année de parution vf : 2019

Nombre de pages : 396

Histoire : Un jeune homme se réveille dans un laboratoire, sans aucun souvenir de son passé. Secouru par une jeune fille dont le corps est étrangement teinté de bleu, il va tenter de fuir l’île isolée dans laquelle ils sont enfermés et pour cela, être confronté aux mystères qui entourent la curieuse “maladie indigo” transformant le corps humain en saphir de mer…

Mon avis :

Glénat aime bien de temps en temps porter à notre connaissance des oeuvres de science-fiction courtes et percutantes. Avec Blue Phobia, série en 2 tomes réunis en un seul ici, c’est la première oeuvre d’Eri Tsuruyoshi que nous découvrons en France et dans celle-ci l’autrice se livre à une critique en règle de nos sociétés et de leur course au progrès tout azimut sans prendre en compte l’humain.

Tout d’abord, je salue le travail d’Eri Tsuruyoshi dont c’est ici la toute première oeuvre, parce que franchement on ne dirait pas. Alors oui, il y a quelques maladresses au niveau du rythme de l’histoire et l’autrice utilise des grosses ficèles connues, mais l’histoire se tient bien et le dessin est plus que plaisant. On ne me l’aurait pas dit, je n’aurais pas deviné que c’était sa première oeuvre.

Celle-ci se constitue en fait d’un huis clos assez angoissant, où l’on suit un héros amnésique et la jeune fille qui l’a sauvé grâce à sa mystérieuse force herculéenne. Elle tente de s’enfuir avec lui d’un complexe scientifique secret où on se livre à de drôles d’expériences sur des cobayes humains, pour soi disant mettre au point une nouvelle énergie propre. L’histoire a de nombreuses ramifications mais son cadre permet de petit à petit en saisir tous les tenants et aboutissants afin de nous livrer un récit très clair mais qui ne manque pas de dynamisme.

En effet, l’autrice joue sur les codes du survival, du thriller et de l’horreur, mixant le tout pour nous donner à lire une histoire très tendue, où la course poursuite qui a lieu sous nos yeux nous tient en haleine jusqu’au bout. On commence ainsi avec une ambiance très thriller avec ce héros amnésique qui se réveille et se demande où il est et ce qui se passe. Puis pour qu’on ne s’ennuie pas, on nous instille peu à peu une réflexion sur l’industrie de l’énergie mais plus globalement sur la recherche scientifique. Enfin pour ceux qui ça ne réveillerait pas, une bonne dose d’horreur vient s’ajouter en cours de route avec une créature terrifiante qui s’en prend aux héros et la découverte des exactions des chercheurs. Le mélange de tout ça est surprenant et m’a bien accrochée alors que je ne suis pas une fana du genre.

Après, je ne vais pas vous cacher que le titre a son lot de maladresses tout de même. Le héros n’est pas des plus dynamiques pendant un moment, il se laisse totalement porter et ça peut en devenir assez agaçant. Celle qui l’accompagne fait un peu cliché, on a déjà vu et revu ce type d’héroïne. Les révélations sur le passé du héros ne sont pas surprenantes non plus. Et dans l’ensemble si le récit veut se montrer dénonciateur, comme souvent en SF, on reste plutôt en surface et cela manque de force d’impact.

Du côté des dessins, ceux-ci sont très réussis dans l’ensemble. Il y a quelques cases où les proportions sont un peu ratées, mais en général ça rend plutôt bien. Surtout, ils collent bien à l’ambiance du titre, surtout quand on glisse vers quelque chose de plus angoissant voire terrifiant. J’ai beaucoup aimé la finesse des visages et des regards, ainsi que la belle utilisation des trames qui donne des cases pleines de nuances de gris/noir/blanc. Mon gros regret, c’est que Glénat n’ait pas glissé les pages couleurs alors qu’elles existent et que ça aurait vraiment permis de mieux plonger dans cet univers composé de bleu.

En conclusion, pour une première oeuvre publiée, j’ai été surprise par la qualité de Blue Phobia. Le récit est classique dans sa construction et son déroulé mais accroche bien le lecteur. L’autrice parvient à créer au fil des pages une ambiance très prenante et si les héros manquent de charisme et d’émotions à mon goût, ils n’en demeurent pas moins les fers de lance de cette aventure stressante en huis clos. La critique de notre société sonne juste et prévient bien d’un danger qui pourrait nous guetter. J’espère qu’on aura l’occasion de découvrir l’autrice sur d’autres titres encore parce que ça fait du bien de voir de grands éditeurs éditer des inconnu(e)s.

Ma note : 15 / 20

©2017 by Eri Tsuruyoshi et ©2019, Éditions Glénat pour les images

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8 commentaires sur “Blue Phobia d’Eri Tsuruyoshi

  1. Voilà l’article que j’attendais avec impatience ^^ Et même si ton avis est un peu mitigé, je pense que je me prendrai quand même ce titre, parce qu’il me tente vraiment bien (même si je suis déçue de ne pas pouvoir profiter de pages colorées, alors que j’ai vraiment craqué sur la couverture !)

    Aimé par 1 personne

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