Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Good bye, Red Beryl d’Atami Michinoku

Titre : Good bye, Red Beryl

Auteur : Atami Michinoku

Éditeur vf : Taifu (Yaoi)

Année de parution vf : 2019-2020

Nombre de tomes vf : 2 / 3 (en cours)

Histoire : « Dans ce cas, tue-moi. »
Akihiko est un orphelin n’ayant jamais été utile à personne. Au moment où il renonce à la vie, Kazushige, un vampire qui vit seul depuis longtemps, le sauve.
Cherchant un moyen de le remercier, Akihiko lui rend visite tous les jours, mais ce dernier le repousse froidement. Kazushige finit toutefois par être touché par sa gentillesse maladroite, avoir envie de mieux le connaître et ne plus pouvoir résister à son attirance.

Mon avis :

Tome 1

Je lis peu de boys’ love alors quand je le fais, j’aime bien que le titre ait un petit quelque chose en plus. Ici avec ce deuxième titre d’Atami Michinoku à paraitre chez nous en France, l’autrice a décidé de nous parler de vampirisme ainsi que de solitude, le tout dans un cadre à l’ambiance un peu dépaysante puisque l’histoire prend place dans les 60.

Nous suivons un jeune orphelin de 18 ans, qui a été sauvé par hasard par un homme mystérieux qui se révèle être un vampire. Ayant eu des pensées suicidaires à ce moment-là, il y voir une chance de sortir la tête hors de l’eau et décide de s’occuper de lui, même si celui-ci est assez réticent. Se crée alors une relation un peu ambiguë mais très touchante entre les deux hommes.

Si Atami Michinoku n’invente rien dans sa façon de représenter les vampires et se place dans la tradition quand à leur création et leur façon de vivre, dans ce titre assez court (il est terminé 3 volumes au Japon) elle utilise surtout cette légende urbaine pour mettre en valeur de très beaux personnages.

Akihiko et Kazushige, les héros, sont deux hommes que la vie n’a pas épargné. L’un est orphelin, il a souvent été rejeté voire moqué malgré les efforts qu’il a pu faire pour s’intégrer. L’autrice montre bien combien les gens peuvent se montrer cruels et insensibles : les enfants par leurs remarques assassines, les adultes par jalousie excessive… C’est extrêmement triste. Et pourtant, ce personnage reste lumineux. Il continue son chemin dans la vie et même s’il est parfois découragé, en fait, il lui faut peu de chose pour rebondir et à nouveau être positif. C’est quelqu’un de profondément bon et gentil. Face à lui, Kazushige est un homme du passé, un homme ayant grandi pendant l’ère Edo. Sa transformation l’a obligé à perdre tous ceux qui lui étaient proches et l’aimaient, il est désormais seul et s’est enfermé dans cette solitude. C’est sa rencontre avec Akihiko puis la présence insistante de ce dernier qui va peu à peu l’en sortir. J’ai beaucoup aimé la délicatesse dont fait preuve la mangaka pour mettre ces deux tristesses, ces deux solitudes au diapason. C’est naïf, c’est maladroit. Ils tâtonnent beaucoup et c’est plein de non-dits à la japonaise, mais c’est très touchant.

Sauf que l’autrice ne pouvait se contenter de relater leur petit train train quotidien pendant qu’ils s’apprivoisaient. Au bout de quelques pages, elle a commencé, à raison, à nous intéresser au passé de Kazushige pour que nous découvrions comment il est devenu vampire et pourquoi il vit ainsi. Elle le fait ainsi croiser un personnage détestable, bouffi d’égoïsme, qui m’a mis mal à l’aise à chacune de ses interventions. J’en comprends l’utilité mais parfois je me demande la nécessité de noircir à ce point le tableau et d’utiliser certains ressorts à ce point détestable (spoiler : le personnage a tendance pédophile qui boit le sang d’un garçon de 14 ans, beurk !). Mais il a le mérite de faire bouger l’histoire afin qu’elle ne soit pas juste un récit tranche de vie et une romance naissante. Il pousse les personnages à s’interroger sur leur relation et leur mode de vie et ça rend la lecture plus dynamique.

Les dessins, eux, quoique un peu figés parfois, sont très beaux. Ils sont fins et plein de grâce, notamment de part la beauté froide des héros. J’aime énormément le travail qui est fait sur les regards. Il y a également certaines planches magistrales au niveau du découpage pour nous faire ressentir le mal être des personnages et le morcellement de leurs sentiments. C’est très réussi. La dessinatrice a également une palette variée puisqu’elle propose aussi bien des personnages extrêmement sérieux, dramatiques voire tragiques, que des moments où ils s’amusent énormément et se transforment en SD.

En conclusion, j’ai été charmée par ce premier tome, qui sur une histoire classique, propose une belle réflexion sur la nature des relations humaines, la solitude et l’immortalité. L’autrice gère parfaitement son récit, le faisant passer peu à peu d’une tranche de vie, à une romance en devenir, puis lui donne au final une petite touche de thriller fantastique un brin angoissant. C’est très réussi. En 3 tomes, j’ai l’espoir qu’elle conserve ce même état d’esprit et nous offre un peu de belle tenue. A lire pour tout fan de boys love et de fantastique classique.

Tome 2

L’autrice nous avait bien laissés en plan la dernière fois, heureusement contrairement à nos amis japonais nous n’avons pas trop eu à attendre, et en plus l’intrigue avance d’un bon pas ici.

Akihito a enfin fait le premier pas vers Kazushige, mais celui-ci le repousse. Perdu, le premier se demande bien pourquoi, mais à nouveau, il ose aller à la confrontation et parvient ainsi enfin à percer les barrières de son aîné. S’en suit alors les débuts d’une romance prometteuse mais qui va vite être perturbée par le maître de Kazushige, qui a décidé de venir mettre son grain de sel.

Oui, on peut avoir l’impression que l’autrice reprend le même schéma que dans le premier tome, ce n’est pas faux, mais ça n’en rend pas la lecture mauvaise pour autant loin de là. J’ai aimé voir l’étalage des sentiments complexes de Kazushige, qui est un homme qui a vécu et qui donc à des réserves compréhensibles envers Akihito, non pas parce qu’il est un homme, mais parce qu’il ne veut pas s’attacher à nouveau à quelqu’un qu’il risque de perdre. Il est très touchant. L’autrice retranscrit à merveille ses sentiments et dévoile juste ce qu’il faut de son passé pour que nous puissions le comprendre. C’est beau et sensible. Face à lui, Akihito, qui a un petit côté jeune chien fou qui peut agacer, sait aussi se poser le temps d’exprimer ces sentiments tout nouveau pour lui qui n’a connu que la solitude jusqu’à présent. C’est à nouveau avec beaucoup d’émotion qu’on les voit l’un et l’autre se dévoiler à l’être aimé.

Après oui, ça couche et ça couche sec dans ce tome. Il y a plusieurs longues scènes sensuelles plus ou moins détaillées, mais on y ressent très bien les sentiments des garçons alors c’est émouvant.

L’intervention du maître de Kazushige était prévisible encore une fois. J’ai été moins dérangée par sa présence que la dernière fois car il faisait moins prédateur pédophile, malgré la présence de son jeune ami près de lui comme toujours. Ici, je l’ai trouvé plus ambigu et je me suis vraiment interrogée sur ce qu’il voulait à Kazushige. Je ne suis pas sûre qu’il lui veuille tant de mal que cela. J’ai plus l’impression qu’il s’en veut de ce qu’il lui a fait et qu’il cherche à se racheter en lui trouvant un compagnon après toutes ces années terribles.

Même si cette lecture fut moins intense que lors de ma découverte du premier tome, j’ai passé un beau moment en leur compagnie grâce à des personnages sensibles qui offre leurs fragilités à notre regard.

(Merci à Sanctuary et Taifu pour cette lecture)

Ma note : 16 / 20

4 commentaires sur “Good bye, Red Beryl d’Atami Michinoku

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