Livres - BD / Illustrations

Les carnets de Cerise de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Titre : Les carnets de Cerise

Auteurs : Joris Chamblain (histoire) et Aurélie Neyret (dessins)

Éditeur : Soleil (Métamorphose)

Années de parution : 2012-2017

Nombre de tomes : 5 (série terminée) + 1 hors-série

Résumé du tome 1 : « Il était une fois… Quand j’étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j’avais un journal intime, il commencerait comme ça. Il était une fois… ben moi, Cerise ! J’ai dix ans et demi et mon rêve, c’est de devenir romancière. Mon truc à moi pour raconter des histoires, c’est d’observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets. On a tous un secret enfoui que l’on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes…
En ce moment, avec les copines, on observe quelqu’un de vraiment mystérieux… »

Mon avis :

Tome 1 : Le zoo pétrifié

Ça fait un bout de temps maintenant que j’ai envie de découvrir cette série tant les couvertures me charment à chaque fois. Alors, j’ai profité du projet BD de ma classe pour acquérir celui-ci et le découvrir pour le faire ensuite découvrir à mes élèves.

Comme je m’y attendais, on se retrouve avec un titre vraiment magique, féérique et très poétique, où les auteurs nous charment d’emblée par un format différent. Nous sommes en présence d’une bande-dessinée résolument moderne, où l’on s’amuse à mêler des pages entières de journal intime (avec photos, dessins, coupes de presse…) et planches plus classiques – quoique – de BD. C’est très appréciable. Ça rend la BD dynamique, unique et immersive.

Immersive parce que l’on suit l’enquête que la jeune Cerise, apprentie romancière, mène sur un mystérieux monsieur couvert de peinture qui passe régulièrement à proximité de sa cabane dans les bois. Avec ses copines, elles décident donc de s’intéresser à cette affaire de plus près et elle découvre une fantastique histoire juste très très émouvante et plein de belles valeurs, dont je ne vous révèlerai pas grand-chose pour ne pas vous gâcher le plaisir.

Joris Chamblain et Aurélie Neyret ont parfaitement su jouer sur la nostalgie des adultes avec cette saga qui s’adresse aux petits comme aux grands. Leur héroïne et ses amies ont des airs de Club des Cinq et l’histoire se déroule dans un cadre un peu datée très plaisant mais surtout nostalgique, pour nous adultes, grâce à cette petite ville toute tranquille où évoluent les personnages. Le secret de l’histoire, lui aussi, jouera sur votre fibre nostalgique quand vous le découvrirait et vous en serez enchanté, j’en suis sûre, tant il est magique !

Les dessins contribuent d’ailleurs énormément au succès que ce titre a rencontré chez moi. Ils sont magnifiques, très doux et poétiques. J’ai aimé l’absence de cadre des cases qui laisse ainsi filé les couleurs des dessins. Celles-ci sont délavées telles des aquarelles et se marient ainsi à merveille avec l’ambiance de l’histoire qui se veut nostalgique et fait appel à nos souvenirs d’enfance. Les teintes sont douces et harmonieuses mais savent être vivent et frappante quand il le faut. C’est vraiment féérique.

Ainsi, ce titre a vraiment fait carton plein chez moi. J’ai tout aimé : ses dessins, son ambiance, son histoire, ses personnages et son format également. Cela se lit sans faim et sans déplaisir avec un grand sourire au lèvre et le coeur en bandoulière tant celui-ci est touché à chaque instant. Je voudrais plus de bande-dessinée comme ça pour les jeunes !

Ma note : 17 / 20

Tome 2 : Le Livre d’Hector

Nouvelle aventure de Cerise. Après mon coup de coeur pour le tome 1, je m’attendais à avoir le même pour la suite, ce n’est malheureusement pas tout à fait le cas.

Les dessins sont toujours aussi beaux. Je suis toujours aussi fan de la colorisation ultra douce et qui correspond à merveille à l’ambiance étrange et estivale du tome. Je trouve aussi génial de suivre les aventures de Cerise à travers les pages de son journal. Tout ça, c’est excellent et c’est vraiment devenu la marque de fabrique de la série.

Mais dans ce tome, je n’ai pas retrouvé la belle ambiance d’amitié du premier. Il faut dire que l’héroïne est longtemps séparée de ses copines pendant les vacances qui la séparent également de sa première rentrée au collège. C’est un moment étrange, dont je me rappelle également avec une certaine anxiété et je pense que c’est cette dernière que l’on ressent tout au long de l’album. Les filles n’arrivent pas à être aussi bonnes copines qu’avant. Cerise n’est pas très sympa avec tout le monde. On sent que le changement n’est pas loin, même si rien n’est dit, et que ça bouscule les choses. Alors ça a beau être une ambiance estivale, ce n’est pas une ambiance chaude et chaleureuse comme dans le premier tome. Les auteurs ont certes eu le talent de le rendre mais ça pèse également sur le plaisir de lecture qui n’y est plus.

Cette deuxième aventure marque encore plus l’individualisme de l’héroïne et ce n’est pas chouette à voir. Cerise n’est pas une petite fille que j’apprécie ici. Elle est curieuse d’accord, mais ici, ce n’est pas dans le bon sens. Certes cela se termine bien, mais elle a fait beaucoup de mal à plein de monde pour en arriver là. Heureusement les auteurs ne la laisse pas filer comme ça et la font réparer, ce qui tranche avec le tome précédent. On a ainsi une histoire en deux temps, celui de l’enquête et celui de la réparation.

L’enquête en elle-même est intéressante, elle a touché mon coeur d’amatrice de belle romance et d’amoureuse des livres. Cerise cherche à savoir pourquoi une vieille dame emprunte toujours le même livre et le secret que ça cache. On découvre un nouveau lieu qui fait rêver, la bibliothèque, et surtout l’histoire d’un couple qui est très émouvant. J’y ai cependant noté, une petite erreur historique, je crois. SPOILER : le mari, vu les dates, a participé à la Seconde guerre mondiale, or sur la représentation d’une scène où on le voit à la guerre, on se croirait pendant la Première (p.43). Point de détail mais qui m’a fait tiquer et comme j’avais du mal déjà à rentrer dans l’histoire, ça n’a pas trop aidé…

La réparation, elle, est trop facile et superficielle pour moi. J’espère qu’on verra par la suite le personnage de Cerise évoluer un peu plus, sinon je comprendrais totalement que ses copines la lâchent et que ça finisse mal avec sa mère. D’ailleurs, de ce côté-là, je comprends mal pourquoi les auteurs ont imaginé une telle relation entre les deux, ce n’est pas très sain et ça manque d’explications. Autant dans le tome 1, ça prête à sourire, autant dans ce tome 2, j’ai ressenti un malaise à cause de ça.

Avec Le livre d’Hector, les aventures de Cerise ont marqué un petit temps d’arrêt pour moi. Je n’ai pas retrouvé la pêche et la luminosité chaleureuse de sa première aventure. J’espère que ce petit coup de mou est dû à l’entrée dans l’adolescence et que la prochaine fois, nous retrouverons une héroïne grandie, moins désagréable envers son entourage et moins égoïste. Heureusement l’histoire d’Hector était très belle, elle.

Ma note : 15 / 20

Tome 3 : Le dernier des cinq trésors

J’avais eu un petit coup de mou lors du deuxième tome, du coup, j’ai mis un certain temps à reprendre ma lecture de la série alors que pourtant j’aime beaucoup les personnages. Mais j’ai bien fait de me relancer car ce tome est mon préféré à ce jour !

On y fait la connaissance de Sandra, une jeune relieuse, que les filles, toujours très amies, ont rencontré lors d’un atelier créatif. Avec elle, c’est une nouvelle belle âme à aider pour notre trio, et quelle belle histoire les auteurs proposent autour d’elle ! J’ai été très touchée.

J’ai d’abord été ravie de retrouver Cerise, ses amies et sa mère, dans une ambiance plus sereine et positive que les dernières fois. Les filles mènent l’enquête sans cachoterie cette fois, ça fait un bien fou !

L’enquête du jour est un jeu de piste mis en place par le père décédé de Sandra qui cherche à la réconforter depuis l’au-delà suite à un traumatisme qu’elle a vécu enfant. Il lui a ainsi laissé 5 trésors qu’elle va devoir trouver l’un après l’autre et qui vont lui faire faire de très belles rencontres. C’est un récit très émouvant. Le secret est longtemps gardé et quand il éclate on est déjà touché depuis longtemps pour le caractère de cette jeune femme. L’émotion est cependant encore plus forte et m’a totalement emportée. L’autrice sublimant un drame du quotidien et montrant la tragédie que ça peut être pour une enfant.

En plus, l’intrigue se déroule dans une belle ambiance hivernale à l’approche de Noël. Cela donne chaud au coeur. Les auteurs et surtout l’illustratrice ont superbement travaillé cela à travers des planches magiques, douces et poétiques. Elle met en scène des moments adorables entre Cerise et sa mère autour des fêtes de fin d’année. Elle sublime également les décors hivernaux de leur petite ville. Je me suis vraiment régalée devant certaines illustrations pleines pages, la douceur des couleurs fonctionnant à merveille sur moi.

Ce tome, tout comme le premier et peut-être même encore plus, m’a fait vivre un grand chambardement émotionnel. J’ai été très touchée par l’histoire mise en scène. J’ai été émerveillée par les dessins. Et je me suis sentie bien dans cette ambiance apaisée.

Ma note : 17 / 20

Tome 4 : La déesse sans visage

Encore une fois après une lecture coup de coeur, place à une lecture sympathique mais un peu en demi-teinte. Je regrette vraiment que cette série ne soit pas plus régulière dans mon coeur…

Pourtant, ça démarrait extrêmement bien. Cerise et sa mère partaient voyage à deux sur la côte où elles devaient jouer à un jeu à énigme dans un Manoir aux cent mystères. Ambiance garantie ! Malheureusement la promesse n’a pas été tenue jusqu’au bout et j’ai encore été polluée par leurs histoires de famille mal digérées…

Si j’aime le côté enquête et donc fouineuse de l’héroïne, j’ai beaucoup de mal avec sa relation avec sa mère quand toutes les deux se comportent de manière agaçante ou immature, comme ce fut le cas dans la dernière partie de ce tome, ce qui a grandement fait chuter mon appréciation de cette histoire.

L’enquête avait pourtant été très bien lancée dans un lieu mystérieux et complexe. Les auteurs jouaient bien sur les caractéristiques attribuaient à Cerise. Son duo avec sa mère fonctionnait bien et elle faisait une jolie rencontre en Marvin, le fils des propriétaires du Manoir. Ce dernier était le cadre parfait, il avait une belle aura de mystère qui n’était pas sans me rappeler l’ambiance plantée dans le tome 1 avec l’ancien zoo à l’abandon.

Cependant au fil des découvertes, on se rend compte que c’est tout autre et ce qui se cache derrière l’énigme m’a plutôt déçue. Ça sortait totalement de nulle part, cela n’avait pas grand-chose à voir avec Cerise, comme d’habitude certes, mais c’est fois je n’ai pas ressenti l’émotion habituelle. Il faut dire qu’à ce moment-là l’héroïne est plutôt submergée par ses propres émotions assez instables.

J’ai donc vécu ce tome un peu comme une transition, une histoire concernant quelqu’un d’autre avant d’avoir une ultime histoire centrée peut-être cette fois sur Cerise qui semble se réveiller du sommeil dans lequel la mort de son père l’avait plongée et ça risque de faire mal. J’espère juste que le pathos de la situation sera bien géré car ce fut assez aléatoire jusqu’à présent…

Ma note : 15 / 20

couv49466193

Tome 5 : Des première neiges aux perséides

Avec sa couverture et son titre symboles de renouveau, il est temps pour moi de dire au revoir à Cerise. Dans un tome au contenu finalement assez prévisible, les auteurs parviennent toutefois encore à me surprendre et à m’émouvoir.

Joris Chamblain met enfin des mots sur tout ce qui bouillonnait chez Cerise et sa maman depuis le début de la série. Il était temps ! Cela donne un tome totalement centrée sur elles deux où on aborde l’épineuse question d’un deuil d’un parent. Si j’ai été beaucoup touchée par cela, l’absence de véritable enquête à côté m’a empêchée d’avoir le même coup de coeur que lors d’autres tomes, surtout que je ne suis pas une inconditionnelle du duo en présence, mais ça m’est personnel.

J’ai beaucoup aimé la structure du récit qui repose encore plus que d’habitude sur les écrits des carnets de Cerise, carnets que cette fois elle partage avec sa mère en mode épistolaire, ce qui m’a beaucoup plu. L’auteur s’amuse en plus des temporalités, le passé de nos héroïnes étant la clé de leur présent et de leur futur.

Depuis quelques temps déjà, on sentait en Cerise un certain malaise quant à la question de la disparition de son père. Il a suffit d’un petit coup de pouce pour tout faire éclater au grand jour dans le tome précédent, un mal nécessaire. J’ai beaucoup aimé le traitement de cette question ici. L’auteur aborde avec douceur et subtilité mais honnêteté les multiples questionnements que peut se poser un jeune enfant perdant un parent, encore plus quand cela a lieu dans une situation traumatique comme ici. Les notions de colère, de remords, de regrets sont particulièrement bien traités, avec une finesse et bienveillance qui m’ont surpris. Je trouve juste que parfois le choix des mots est un peu faible, un peu facile et manque de force ou de poésie en comparaison du reste.

La relation si difficile entre Cerise et sa mère se dénoue ici avec émotion, à travers un retour dans le passé nécessaire et bouleversant. Le récit de cette mère qui était impuissante face à la détresse de sa fille était poignant, tout comme son impossibilité à elle de faire son propre d’elle vu les circonstances. J’ai aimé que l’on aborde aussi, quoique trop brièvement, sa vie de femme et la reconstruction nécessaire par laquelle elle a dû et doit encore passer.

Le final est plein de promesses avec une mère et une fille qui semblent enfin en paix. C’est très beau. Alors certes, c’est un peu cul cul parfois, tout semble aussi se résoudre bien facilement avec peu d’anicroche, mais ça fait du bien aussi ce genre de titre positif, qui met en lumière de très belles valeurs telles que la communication, l’échange ou l’amitié.

Les dessins sont encore une fois le gros point fort de la saga. Il y a certaines pages vraiment marquantes, je pense notamment aux trois dernières pages pleine d’émotion et à la composition simple mais sublimé par les couloirs et le choix du découpage. Ce duo est vraiment à suivre !

Les carnets de Cerise aura vraiment été une très belle découverte pour moi. Je recommande la série partout autour de moi et c’est à chaque fois un coup de coeur, peut-être parce que les dessins sont d’une très belle subtilité et l’histoire pleine de belles valeurs et de beaux sentiments, ce qui la rend universelle. A bientôt pour leur nouvelle sage, je l’espère !

Ma note : 16 / 20

Ce diaporama nécessite JavaScript.

8 commentaires sur “Les carnets de Cerise de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s