Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Valkyrie Apocalypse de Fukui Takumi, Umemura Shinya et Ajichika

Titre : Valkyrie Apocalypse

Auteur : Fukui Takumi (scénario), Umemura Shinya (story-board) et Ajichika (dessins)

Éditeur vf : Ki-Oon (seinen)

Année de parution vf : Depuis 2019

Nombre de tomes vf : 5 (en cours)

Histoire : Cette fois, la patience des dieux est à bout. Entre guerres incessantes et pollution extrême, les humains n’évoluent décidément pas et passent le plus clair de leur temps à semer le chaos sur terre. Les divinités décident donc à l’unanimité d’anéantir l’humanité en déclenchant l’apocalypse !
Seules les valkyries, ces guerrières chargées de guider les âmes des morts vers le Walhalla, se rebellent contre ce jugement. Brunehilde, leur aînée, lance un défi aux créateurs du monde : que le sort des mortels soit soumis au Ragnarök, un affrontement ultime entre 13 divinités et 13 champions de l’humanité ! Mais les plus célèbres héros de notre passé feront-ils le poids face à Zeus, Belzébuth ou Shiva ?

Mes avis :

Tome 1

Valkyrie Apocalypse me fait de l’oeil depuis sa sortie parce que j’ai toujours aimé les histoires en lien avec la mythologie. Mais on m’a prévenue que c’était avant tout un titre de baston, alors j’appréhendais un peu.

Nouveau seinen de Ki-Oon, un éditeur que j’aime bien, Valkyrie Apocalypse est un titre écrit à six mains par Fukui Takumi (scénario), Umemura Shinya (story-board) et Ajichika (dessins). Ensemble, ils nous ont concocté une histoire assez fumante, il faut l’avouer. Le titre n’aurait franchement pas dépareillé dans la collection WTF! d’Akata. On y découvre l’ensemble du panthéon des divinités mondiales qui a décidé de se débarrasser de l’humanité. Tous, non, une irréductible a décidé de prendre leur défense : Brunehilde. Elle va donc faire en sorte d’organiser un tournoi avec que 13 dieux affrontent 13 hommes afin qu’ils puissent gagner une autre chance.

Le titre démarre très vite, peut-être même un peu trop puisque les explications sur les origines de la colère des Dieux sont expédiées, de même que l’organisation du tournoi, mais au moins cela a le mérite plonger directement dans le coeur du sujet. On se retrouve avec une galerie de personnages divins et humains au design très sympa et qui sont tous des personnages connus. En effet, les 26 participants du tournoi ainsi que les spectateurs sont tous pris dans des figures mythologiques, littéraires et historiques connues. Ce sont d’ailleurs Thor et Lu Bu (des Trois Royaumes) qui ouvrent le bal.

Ce tome 1 propose un tournoi assez classique mais la narration dynamique et rythmée accroche bien le lecteur. On enchaine phase de combat, de préparation à celui-ci et révélations sur les coulisses. L’affrontement, lui, est de la bonne baston complètement décomplexée. Pour autant les auteurs nous ont réservé de belles surprises en cours de route, relançant notre intérêt, parce que sinon la disproportion des forces qui est respectée et bien mise en scène aurait pu faire craindre quelque chose de trop simple et trop rapide. Cela donne au final un match assez haletant qui coupe bien le souffle parfois.

Dans les petits points noirs, j’ai levé au ciel quand on a attribué à une femme le rôle de celle voulant sauver l’humanité, telle une mère protégeant ses enfants… Le huis clos dans cette arène est également un peu restrictif même si les quelques flashbacks qu’on a eu nous ont permis de nous évader. Enfin, je ne suis pas toujours fan des dessins, qui deviennent un peu trop approximatifs quand ça devient vif et dynamique, alors qu’ils sont plutôt classe quand il s’agit de poser les personnages. Il y a donc du travail quand ceux-ci s’animent.

Pour conclure, si vous cherchez de la baston décomplexée mais avec quand même un petit fond original, vous ne serez pas déçue. Si vous voulez par contre une vraie épopée avec mythologie à la clé, passez votre chemin, ce n’est pas le sujet ^^

Tome 2

Maintenant que je sais à quoi m’attendre avec ce titre, c’est à dire un bon manga de combat pour se défouler, j’ai passé un vrai bon moment de lecture ! Je trouve que les auteurs gèrent très bien leur narration, rendant vraiment celle-ci très dynamique, au point que les pages se tournent l’air de rien sans qu’on s’en rende compte. Ça défile à toute vitesse !

Le tome se décompose en deux parties : la fin du combat dantesque de Thor et Lu Bu, et celui, un brin expédié entre Zeus et Adam. Le premier réservera des surprises de bout en bout avec un défenseur de l’humanité vraiment attachant de part son côté jusqu’au-boutiste. Lu Bu aura vraiment tout donner de son âme et de son corps pour ce combat, c’est époustouflant et ça ne peut que secouer le lecteur. Alors oui, c’est un brin rapide mais que c’est épique.

Le deuxième combat, lui, est bien trop rapide. Il met en scène, pourtant, des personnages emblématiques avec Adam – le Premier homme et Zeus – le Dieu des Dieux. En plus, les auteurs ont la bonne idée de varier les modes de combat avec un combat à main nu, mais aussi les personnalités avec des héros beaucoup plus rocambolesques et fantasques que les premiers, qui eux brillaient par leur sérieux. Sauf que tout va bien trop vite. J’ai aimé la petite particularité d’Adam. J’ai aimé le gros clin d’oeil aux Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya), mais je suis restée sur ma faim, même si je comprends que vu le nombre de matchs promis on ne pourra pas toujours s’attarder.

Ce deuxième tome est donc une confirmation, celle d’un titre un brin barré mais jouissif par son côté décomplexé. J’aime voir les manoeuvres de deux camps. J’aime assister à ces combats dantesques. C’est un très bon défouloir.

Tome 3

Fukui Takumi, Umemura Shinya et Ajichika reviennent nous proposer la suite de leur grand tournoi déjanté où divinités et représentants de l’humanité s’affrontent pour sauver ces derniers.

Comme la couverture ne l’indique pas, nous allons suivre pendant la plus grande partie du tome l’affrontement entre Adam et Zeus qui a encore de beaux jours devant lui, les deux n’ont pas encore montré tout ce qu’ils avaient en eux comme ressources cachées. Les techniques s’enchaînent au milieu des questionnements sur comment fait Adam, pourquoi le fait-il, qu’est-ce qui l’anime. C’est très bien mis en scène et les réponses tout sauf manichéennes me plaisent. Nous ne sommes pas avec un homme cherchant à se venger mais avec quelqu’un cherchant à protéger ceux qu’il aime. Et en face de lui, nous ne sommes pas avec un Dieu qui se croit surpuissant et au-dessus de tous, au contraire il sait reconnaitre les qualités de son adversaire. Cela donne un très beau duel avec un vrai final épique plein de symbolique. C’était vraiment un bel affrontement qui marque.

Le prochain sera désormais entre Poséidon et un sabreur japonais très célèbre. L’occasion pour les fans de Vagabond d’Inoue comme moi de retrouver des personnages de cet univers si cher à notre coeur. Bien sûr les dessins sont très différents alors cela faire bizarre, le dessinateur n’est clairement pas Inoue, mais celui qui aura été choisi pour affronter Poséidon n’est pas sans rappeler son double dans Vagabond. De plus, il annonce un nouveau combat qui sera probablement surprenant, avec de nouvelles techniques vu que le précédent reposait sur les coups de poings et que celui-ci sera plutôt un duel de fines lames. J’ai déjà hâte de voir cette nouvelle mise en scène.

Mais le titre n’est pas seulement un manga de baston, il y a aussi des petites manigances en coulisses que les auteurs glissent l’air de rien entre les combats ou lors des moments d’accalmie pendant ceux-ci. Les dieux et les valkyries s’affrontent par représentants interposés et chacun à des motivations qui lui sont propres qui se dévoilent au fur et à mesure. Rien de bien complexe mais c’est toujours plaisant à suivre.

Valkyrie Apocalypse confirme donc une nouvelle fois son statut de très bonne série de baston mais également de titre plus fin qu’il ne le semble au premier abord. C’est un très bon divertissement.

Tome 4

Une suite classique une fois qu’on a compris le fonctionnement de la série, mais une lecture très plaisante avec des auteurs qui gèrent vraiment bien leur récit de baston héroïque.

Place à un nouvel affrontement, les deux adversaires sont cette fois le classieux Poséidon et le trublion Kojiro Sasaki, surnommé le plus grand perdant de l’histoire. Comme à chaque fois, les mangakas nous proposent de découvrir qui sont ces deux figures mythiques avant de les voir enfin s’affronter pour un duel au sommet.

Dans le cas de Poséidon, j’ai été un brin déçue par sa caractérisation. Quand on le voit, il a l’air ultra fort et charismatique, mais dès qu’on le nous présente, on découvre plutôt une coquille vide certes très fortes mais surtout très imbue d’elle-même. Je sais que ça correspond en partie à ce qu’on trouve sur lui dans les récits mythologiques mais j’aurais aimé autre chose. Le vide se fait trop sentir et même si j’ai aimé découvrir son histoire et celle d’Adamas, elle faisait too much, les deux personnages jouant trop dans la surenchère de la folie.

Du coup, j’ai largement préféré redécouvrir l’histoire de Kojiro Sasaki, qui a tellement fait écho à la saga Vagabond de Takehiko Inoue qui le met en partie en scène. J’ai retrouvé ses adversaires emblématiques et cette ambiance de dépassement et d’amour de la compétition. J’ai trouvé très sympa l’ambiguïté autour de son titre d’éternel perdant alors qu’on découvre qu’il se sert justement de ses défaites pour progresser ensuite dans l’ignorance de tous et devenir l’un des tous meilleurs, que seul Musashi aura vraiment battu au final.

Ainsi quand arrive le combat, le lecteur a vite fait son choix entre le charisme discret et nonchalant de Kojiro et la froide façade vide de Poséidon. Leur combat est très bien mis en scène avec une grosse importance du mental, qui me parle et change un peu de d’habitude. Leurs passes d’armes sont vives et dangereuses à chaque instant. Ils virevoltent vraiment et Kojiro doit apprendre rapidement à nager contrecourant dans les abîmes qui entourent son adversaire. Le final apporte son lot de surprise et j’aimerais bien pour une fois que ce soit un humain qui l’emporte.

On reste donc dans du pur manga de baston avec combat dantesque à la clé. Ça reprend tous les codes des shonens de ce genre malgré le fait que ce soit destiné à un public plus âgé, mais le sachant, il n’y a pas tromperie sur la marchandise et je passe à chaque fois un très bon moment de lecture. L’histoire cependant avance lentement et on se dit qu’il reste un tas de combats à voir. La crainte point donc un peu face à la répétitivité de ce schéma qu’il serait peut-être temps de changer ^^

Tome 5

Valkyrie Apocalypse continue à être un très bon divertissement, original, jouissif et complètement libératoire, ce cinquième tome en est encore un bel exemple.

L’auteur nous propose dans un premier temps la suite du match entre Poséidon et Kojiro Sasaki, deux être antinomiques qui nous livrèrent un superbe combat allant jusqu’au bout de leurs forces. J’ai beaucoup apprécié leur passe d’armes. Poséidon est détestable, je pense que c’est le pire dieu croisé jusqu’à présent dans l’arène tant il est froid, calculateur et cruelle. Du coup, il met parfaitement bien en lumière la bonté et l’amour des autres que porte Kojiro. Je ne suis pas surprise de ce choix fait par les auteurs de mettre en avant un héros japonais, guerrier de surcroit qui porte en lui toute la science de combat de ses prédécesseurs et contemporains. C’est même assez logique. Mais la mise en scène de sa puissance guerrière est magnifique, on ressent à merveille toute la vivacité et la richesse de sa technique et le coup de crayon de l’auteur nous fait vibrer jusqu’aux derniers instants.

Après ce match fort en émotion, les mangakas calment un peu le jeu, le temps d’un intermède où l’on voit les différents camps se préparer au prochain combat annoncé en couverture. Celui-ci sera une revanche importante pour l’un des deux camps, du coup le choix des adversaires l’est également, et là il va falloir faire preuve de stratégie. J’ai été surprise par les choix de chacun. Je ne pensais pas voir Hercules/Héraclès se battre pour le camp des Dieux, tout comme je ne pensais pas que Jack l’éventreur serait le poulain choisi pour défendre les hommes. C’est assez inattendu, mais j’aime la logique que cela sous-tend. Puisque les Dieux ont choisi un demi-dieu populaire auprès des hommes, adapte de la justice, qui remet en cause les raisons de ce tournoi et qui pourrait être un allié pour les humains, impossible de mettre face à lui également un héros chez les humains, il faut que ce soit un monstre qu’il abatte et Jack était tout trouvé pour ça.

Maintenant place à ce nouveau duel où les auteurs démontrent encore une fois leur originalité avec un cadre et des techniques de combats qui rompent clairement avec les précédentes. Nos combattants se retrouvent dans les rues et ruelles du Londres du XIXe, à se battre l’un à coup de massue, l’autre à coup de lames. Avec leurs personnalités encore une fois diamétralement opposées, le combat nous réserve de belles surprises et l’une d’elle intervient d’ailleurs dès la fin de ce tome. J’ai hâte de voir la suite de leur affrontement mais également les implications de faire combattre Héraclès pour les Dieux.

Valkyrie Apocalypse confirme encore une fois son statut de seinen de baston qui défoule, mais il continue également à délivrer à côté des petits messages sur la justice, l’amitié, l’apprentissage, etc, qui font du bien. Une belle surprise.

(Merci à Sanctuary et Ki-Oon pour la lecture de ces tomes)

Ma note : 14 / 20

2 commentaires sur “Valkyrie Apocalypse de Fukui Takumi, Umemura Shinya et Ajichika

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