Livres - Fantasy / Fantastique

Déracinée de Naomi Novik

Titre : Déracinée

Auteur : Naomi Novik

Editeur vf : Pygmalion (grand format) / J’ai Lu Fantasy (poche)

Année de parution vf : 2017

Nombre de pages : 508

Histoire : Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du « Dragon ». Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu…

Mon avis :

 Je ne connaissais Naomi Novik que pour sa série sur les dragons, Téméraire, qui selon les dires étaient très jeunesse et ne m’avait donc pas attirée. Cependant, ici avec son univers qui me faisait penser à l’Ours et le Rossignol que j’ai adoré il y a peu, et son air de conte revisité, j’avais déjà plus envie. J’ai bien fait de me laisser entrainer dans cette aventure.

J’ai commencé ma lecture un peu en aveugle. Il faut dire que le résumé ne dit pas grand-chose de la richesse que renferme cette histoire. Il n’évoque que le tout tout début du roman et ce n’est pas plus mal car ainsi, la surprise est totale.

Dans un univers proche de l’image que je me fais de la campagne russe, nous découvrons une jeune fille qui a été élevée avec d’autres pour être sacrifiée au croquemitaine de leur village, le « Dragon ». Contre toute attente, c’est elle, la plus banale, la plus sale et la moins jolie qui est choisie. S’engage alors un long voyage et une destinée que personne n’aurait soupçonnés.

J’ai aimé être surprise par cet univers qu’on découvre au fil des pages. C’est un monde fait de magie dont les utilisations se révèlent assez surprenantes et surtout très visuelles pour le lecteur. La narration, tout comme la plume de l’autrice sont entraînantes et nous embarque très facilement dans cette histoire pourtant dense, parce qu’en 500 pages il s’en passe des choses. Cette histoire qui tient en un seul tome est très riche en aventures et j’ai aimé accompagner les héros dans celle-ci.

Ceux-ci sont principalement deux : le Dragon, qui est en fait un magicien de haut vol, et Agnieszka, son apprentie. Leur rencontre est difficile tant leurs caractères et leurs attentes diffèrent. Il y a alors un petit air de la Belle et la Bête dans l’histoire. Puis, tout comme dans ce conte, nous suivons leur lent et beau rapprochement auquel s’ajoute la découverte de la magie et l’essence même de leur univers pour Agnieszka. C’est lent, beau, doux et dur à la fois. L’ambiance est vraiment très particulière, tout comme les caractères de nos héros. J’ai été fascinée par le Dragon, qui est LE personnage phare du titre pour moi avec son air de héros de drame shakespearien. J’ai aussi adoré l’évolution d’Agnieszka, qui grandit et murit littéralement sous nos yeux. C’est une très belle héroïne, forte et fragile à la fois, qui sait utiliser toutes ses ressources même les plus insoupçonnés. Au cours de l’histoire, ils font des rencontres fortes de sens, que ce soit le Prince du royaume près à tout pour sauver sa mère, ou la compagne et amie d’Agnieszka à qui elle va venir en aide et qui va devenir une vraie guerrière. L’autrice a vraiment su donner beaucoup d’aura et de caractère à ses personnages.

L’histoire n’est pas en reste. Alors que nous sommes au début dans un récit plus intimiste, voire un huis clos troublant et inquiétant. On voit peu à peu notre univers s’élargir au fur et à mesure qu’on comprend la raison de l’existence du Dragon et la menace qui pèse sur tout le monde. Cette menace : la forêt enchantée est saisissante. Dans sa manière de la mettre en scène, Naomi Novik m’a rappelé Robin Hobb dans le Soldat Chamane, car elle a une vision toute en nuances et très humaine de celle-ci. J’ai eu un peu l’impression de me retrouver dans La Belle au bois dormant à ce moment-là, également. Puis, loin d’en rester là, l’autrice ajoute aussi une dimension plus politique quand on fait la connaissance du Prince, qu’on apprend qui a placé le Dragon a cet endroit et ce qui se trame entre les différents royaumes qui ont la forêt à leur porte. Cela crée ainsi un récit multiforme très dense qui se déploie au fil des chapitres dans tout un tas de directions qu’on aurait pas imaginé au début. Impossible alors de s’ennuyer, les pages se tournent toutes seules et on cherche fébrilement la suite alors qu’on devrait dormir depuis longtemps ^^!

J’ai vraiment été emportée par le talent de conteuse de Naomi Novik, sa science de l’ambiance étrange et inquiétante, douce et dure à la fois et la tendresse qu’elle a su mettre dans ses personnages qui transcende le manichéisme type de ce genre d’histoire parfois. C’est un très beau roman, qui surprend, qui réveille en nous des éléments enfouis dans nos souvenirs, notre inconscient et sait parler à notre coeur. Il me tarde de la lire à nouveau dans un autre récit pour voir si je retrouve ces mêmes traits qui ont tant su me charmer ici.

Ma note : 16 / 20

8 commentaires sur “Déracinée de Naomi Novik

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