Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Nos précieuses confidences de Robico

Titre : Nos précieuses confidences

Auteur : Robico

Editeur vf : Pika (shojo)

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes vf : 3 (en cours)

Histoire : Nozomi Aïzawa voue depuis longtemps un amour caché à Azuma. Un jour, elle prend son courage à deux mains et lui adresse la parole à la gare, en rentrant du lycée ! Mais la réponse d’Azuma est pour le moins déconcertante… Au-delà de leur maladresse à tous les deux, et de leur difficulté à se comprendre, le dialogue se poursuit, et peu à peu la distance semble se réduire…

Mon avis :

Tome 1

Connue en France pour Le garçon d’à côté paru également chez Pika, Robico revient avec un nouveau titre bourré d’humour comme la fois précédente. J’avais entendu parler du titre avec sa parution aux Etats-Unis où il semblait avoir son petit succès. Robico y joue avec les clichés du shojo et surtout les idées préconçues que les uns et les autres se font des hommes et des femmes, en particulier dans le cadre des relations amoureuses. Ce qui donne un titre vraiment savoureux.

Tout commence par la déclaration de Nozomi à Azuma sur le quai d’une gare. Sauf que la situation familiale de celui-ci l’a rendu très méfiant, voire pire, vis-à-vis des femmes, et que Nozomi a tout de la harceleuse de bas étage. S’entame entre eux de brèves rencontres à la sortie du lycée où ils échangent sur leur vision des hommes, des femmes, du couple, jusqu’à peu à peu réduire la distance entre eux.

Malgré un schéma un peu répétitif au début mais qui tend à évoluer, j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette parodie du shojo romantique. On se retrouve avec un héros limite frigide, très mal à l’aise avec les filles, manquant complètement de tac et qui critique en permanence celles-ci. En face de lui, Nozomi est quand même particulièrement perturbante à espionner en permanence le garçon qu’elle aime au lycée, à lui voler des choses, etc. Elle a une vision idyllique des hommes qui va vite se fracasser avec la réalité, lors d’un moment drôlissime. Je trouve vraiment amusant de lire les échanges piquants que s’échangent les deux héros à chaque fin de journée. Leur idées préconçues s’affrontent et l’autrice en profite ainsi pour les battre en brèche l’air de rien. Génial ! Le fait que les chapitres soient assez courts contribuent à rendre la lecture drôle et dynamique, ce qui est parfait pour lancer une série.

Cependant, alors que le modèle aurait pu vite laisser car il se répétait un peu trop d’un chapitre à l’autre, la mangaka ajoute peu à peu d’autres éléments pour venir enrichir son intrigue, que ce soit le meilleur ami d’Azuma qui a des problèmes de coeur, Azuma lui-même qui galère avec les filles de sa classe, où le Don Juan du lycée qui cherche à faire ami-ami. Tout cela contribue à rendre le titre moins statique et à l’emporter petit à petit vers une autre dimension pas seulement humoristique. L’aspect tranche de vie s’agrémente ainsi peu à peu de la romance lycéenne qu’on attendait au vu de la couverture mais dans une direction quand même assez éloignée de ce qu’on peut lire dans les autres shojos du genre voire même dans le titre précédent de l’autrice. Cependant, celle-ci nous promet qu’on devrait passer plus de temps au lycée le prochain tome, alors on va bien voir ce que ça donne.

En tout cas, pour moi, ce titre est une bonne surprise grâce à l’humour et la dérision dont il fait preuve. Je trouve d’ailleurs super que l’autrice ajoute des petits yonkoma à la fin de chaque chapitre. C’est hilarant ! La palette d’expression de Robico y contribue d’ailleurs grandement. Elle sait passer d’un dessin fin, doux et sérieux à un dessin rond et humoristique en un rien de temps. En plus, elle joue fort bien sur les cadrages pour montrer l’humour d’une situation et monter en épingle quelque chose de banal pour bien nous faire rire également. C’est bien joué !

Avec Nos précieuses confidences, Pika nous propose un shojo différent, bourré d’humour, qui tort le coup aux romances lycéennes classiques avec beaucoup d’autodérision. Il doit encore faire ses preuves dans un schéma moins répétitif avec une intrigue qui a besoin de s’étoffer, mais ça commence plutôt bien.

Tome 2

Le tome 1 avait été une petite surprise bourrée d’humour et de finesse comportant beaucoup d’autodérision. Le deuxième reprend les mêmes ingrédients mais de façon un peu plus lourdingue par moment et je n’ai pas autant aimé.

Après un tome 1 centré sur les rencontres des deux héros sur la quai de la gare, place aux bancs de la cour du lycée où ils se retrouvent pour manger cette fois. J’aime bien ce côté conceptuel de l’autrice qui fait évoluer les lieux de rencontres avec l’intrigue et qui épaissit celle-ci par la même occasion. Elle y lit en plus le design des couvertures pour rendre le tout cohérent et c’est très sympa.

Par contre, je suis moins fan du rendu de l’ajout de l’aspect lycéen à leur histoire. Je m’explique. On voit interagir nos héros avec leurs camarades, ce qui donne lieu à des moments et des échanges plus loufoques les uns que les autres, mais ça rend le titre aussi très très bavard et assez lourd à lire, ce qui freine le dynamisme de départ de l’univers. On se retrouve en plus avec des thématiques vues et revues même si elles sont traitées avec humour et dérision comme auparavant. C’est juste que ça manque de peps pour moi et que je ne suis pas sûre qu’on puisse beaucoup tirer sur une telle corde scénaristique.

A côté de ça, c’est toujours sympa de les voir chacun s’interroger sur ce qu’ils doivent dire, faire en présence de l’autre. On s’amuse de leur différence de représentation. Ils évoluent également dans leur relation, Azuma commençant à remarquer Nozomi en tant que fille. La présence de leurs amis les y aide. Ils les poussent à se poser des questions et à voir certaines situations différemment, ce qui fait que ça ne stagne pas trop même s’ils n’avancent pas vite. Après, j’avoue que je n’ai d’atomes crochus avec aucun des personnages principaux… A la limite, j’aime bien la meilleure amie, un brin possessive et déconnectée de Nozomi, et le trio des filles infernales de la classe d’Azuma m’amuse. Je me rends compte que ce sont donc les personnages secondaires qui m’ont peut-être le plus plu en terme de personnalité.

Nos précieuses confidences devient donc avec ce tome, une lecture sympa mais pas indispensable. Une bonne comédie qui fait bien rire parfois mais qui gagnerait à s’alléger côté narration pour paraitre moins lourdingue parfois. Du coup, j’espère que l’autrice ne s’attardera pas trop ou sera relancer l’histoire quand nécessaire.

Tome 3

Ça y est Robico a trouvé le bon rythme et la bonne formule, je trouve, en faisant la jonction entre les qualités des deux premiers tomes et cela donne un ton vraiment décalé et savoureux à son oeuvre.

Après une légère déception dans le tome 2, j’ai beaucoup celui-ci qui a conjugué tout ce que j’avais aimé en évacuant les défauts. Plus de personnages secondaires qui viennent parasiter le couple de héros, mais plutôt une belle association entre l’ensemble des personnages. Certes l’autrice n’est pas encore sortie du format épisodique propre à prépublication de son titre qui se ressent encore fortement mais elle commence à mieux équilibrer le format atypique qu’elle veut donner à sa romance et les ingrédients propres à toute romance lycéenne qu’elle y intègre. Le résultat me plaît bien.

Je me suis amusée à suivre les pensées de l’un et de l’autre tandis qu’ils hésitent dans la lente valse de leurs sentiments. C’est assez rare de pouvoir entendre ce que pensent les garçons. En plus Azuma est vraiment drôle, il a une vision très particulière de l’amour fondée sur ses observations et si parfois ça sonne juste, ça sonne aussi souvent très cliché. L’autrice lui met ainsi des répliques extrêmement drôle dans la bouche. Rien de nouveau me direz-vous, sauf que dans cet opus, le héros est de plus en plus perturbé par Nozomi avec qui il passe beaucoup de temps et qu’il commence à s’interroger l’air de rien et à se montrer jaloux, voire même un peu entreprenant, ce dont je suis ravie.

Nozomi, elle, conserve son côté légèrement cruche qui m’amuse pour une fois parce qu’au fond je sais qu’elle n’est pas bête. Elle est juste dans une relation bancale avec Azuma parce que, elle, elle se rappelle de sa déclaration. Du coup, elle joue les amies mais elle n’en pense pas moins.

Cela donne des moments assez cocasses entre les deux où ils se tournent autour l’un l’autre de manière extrêmement naïve et totalement platonique, le tout en parlant de leurs lectures et préférences culinaires. On pourrait ne pas aimer parce que c’est lent, long et un peu répétitif, mais je trouve l’humour hyper savoureux et le décalage ressenti lors des situations où ils évoluent m’amuse. De plus, dans ce tome, les interventions de leurs amis et connaissances sont parfaitement intégrées à leur histoire pour faire avancer leur relation, ce dont je suis ravie. Que ce soit, Tamaki qui titille la jalousie d’Azuma, la Préz qui lui ouvre les yeux ou Caféine qui les soutien discrètement. La dernière fois, tout ce petit monde avait étouffé le récit, cette fois ils le rehaussent.

En plus, contrairement aux apparences, ce n’est pas juste une petite romance banale, l’autrice questionne également sur l’interprétation qu’on fait des petits gestes des autres, sur ce que ça veut dire d’être amoureux, la différence entre sortir avec quelqu’un et l’aimer… Elle met en avant la gentillesse plutôt que le physique ou l’importance de tisser des liens. C’est donc plus profond que le ressort humoristique ne le laisse croire.

Mon seul petit regret dans ce tome est qu’il s’arrête un peu avant pour laisser libre cours à une nouvelle d’une vingtaine de pages qui a été publiée dans un magazine shonen, où on suit un ado qui rencontre une mère noël, lui proposant de faire tomber amoureuse de lui la fille de son choix. Heureusement la morale est sauf à la fin mais ça ne m’a pas enthousiasmée. J’ai trouvé l’histoire totalement banale.

Nos Précieuses confidences commence enfin à trouver le bon schéma narratif dans ce tome avec un juste équilibre entre le format particulier des rencontres des personnages, qui ont migré à l’intérieur, et les interventions un peu fofolles de leurs amis. C’est justement ce que j’attendais de Robico. J’en suis ravie !

Ma note : 14,5 / 20

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4 commentaires sur “Nos précieuses confidences de Robico

  1. Tome 3 tachan contente de lire cette jolie série ❤
    "On pourrait ne pas aimer parce que c’est lent, long et un peu répétitif, mais je trouve l’humour hyper savoureux et le décalage ressenti lors des situations où ils évoluent m’amuse."
    "En plus, contrairement aux apparences, ce n’est pas juste une petite romance banale, l’autrice questionne également sur l’interprétation qu’on fait des petits gestes des autres, sur ce que ça veut dire d’être amoureux, la différence entre sortir avec quelqu’un et l’aimer… Elle met en avant la gentillesse plutôt que le physique ou l’importance de tisser des liens. C’est donc plus profond que le ressort humoristique ne le laisse croire."
    ah mais voilà qui fait plaisir 🙂

    Aimé par 1 personne

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