Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Le Sauveteur de Jirô Taniguchi

Titre : Le Sauveteur

Auteur : Jirô Taniguchi

Editeur vf : Casterman (Sakka)

Année de parution vf : 2007

Nombre de pages : 333

Histoire : Shiga est gardien de refuge dans les Alpes japonaises. Il y a treize ans, son ami Sakamoto lui a demandé, avant de mourir, de veiller sur sa femme et sa fille. Une tâche dont Shiga n’a pas eu à s’acquitter jusqu’au jour où l’épouse de Sakamoto vient solliciter son aide pour retrouver sa fille disparue. Shiga quitte alors sa montagne et se retrouve rapidement à Shibuya, l’un des quartiers chauds de Tôkyô. Là se dévoilent le vrai Visage de la jeune Megumi et un monde la nuit aussi dangereux que sordide… Jirô Taniguchi promène ici son lecteur des grands espaces à la jungle urbaine, jusqu’à un final magistral. Une nouvelle démonstration du talent de l’un des grands de la BD nippone.

Mon avis :

Toujours avec mon envie de découvrir l’ensemble de la bibliographie de Jirô Taniguchi, je me suis procurée Le Sauveteur, un oneshot assez conséquent de plus de 300 pages où le personnage principal est à nouveau un féru d’alpinisme, ce qui m’avait plutôt réussi dans Le sommet des dieux qui fait partie de mes meilleures lectures de l’auteur. Cependant ici, le récit est très différent et m’a surprise.

Exit la découverte de la montagne et du milieu de l’alpinisme, ici, nous sommes plutôt en plein coeur des quartiers chauds de Tokyo, où la fille du meilleur ami de Shiga, semble avoir disparu. Ayant promis de prendre soin d’elle et de sa mère, notre héros se lance donc à sa recherche et utilisera tout ce que sa passion pour la montagne lui a apporté.

Le Sauveteur est un récit étrange, au milieu des autres titres de Jirô Taniguchi. J’ai eu l’impression de lire un épisode de Taken, ce qui n’a rien à voir habituellement avec la littérature que propose le mangaka. En effet, le seul titre s’approchant du thriller que j’ai lu chez lui était Le sommet des dieux et encore c’était assez ténu. J’ai donc été très surprise de retrouver ici une telle intrigue. Il emprunte d’ailleurs la narration de ce dernier, ou plutôt il précède la narration de celui-ci vu qu’il est paru avant lui. On retrouve effectivement, un récit raconté de manière assez détachée par le narrateur, le personnage menant l’enquête et on suit l’évolution de celle-ci à travers les ruelles de Tokyo.

D’habitude chez le mangaka, on est plus sur des récits qui ont trait à la famille et aux relations qu’y entretiennent ses différents membres. Ici, certes ça parle d’une mère et sa fille, mais ce n’est pas le coeur du sujet pour moi. On est plus sur le récit d’un homme qui veut absolument tenir la promesse qu’il a faite à un ami et ne plus avoir de regret. En plus, ce n’est pas un quotidien banal, comme souvent chez l’auteur, qu’on suit mais plutôt un quotidien bousculé par un événement tragique. Cependant, la narration n’est pas vraiment nerveuse pour autant, elle reste calme comme sait le faire Taniguchi. L’enquête avance pas à pas au fil des rencontres du héros dans les rues et lieux des quartiers chauds de Tokyo, ainsi que des indices dont il sait se saisir. C’est un récit plus dur qu’habituellement, avec un vision décadente et dérangeante du Tokyo de carte postale auquel on est parfois trop habitués. Ici, on nous parle de prostitution lycéenne, d’enlèvement et séquestration, de mainmise des conglomérats sur la police, etc. J’ai aimé ce ton, qui n’a pas été sans me rappeler, de très loin certes, Jake Adelstein dans Tokyo Vice.

L’enquête est très intéressante à suivre en tant que telle, mais ce sont avant tout les sentiments du héros qui m’ont fait adhérer au récit. J’ai aimé suivre cet homme très nature, qui a tout abandonné pour sa passion pour la montagne, quitte à en avoir des regrets plus tard. Mais il reste droit dans ses bottes et avance toujours. Il enquête de manière franche et frontale, sans jamais se laisser détourner malgré les difficultés. Et il offre une scène finale d’escalade assez époustouflante ! Je regrette juste que l’auteur ne lui ait pas consacré un final digne de ce nom ensuite, car cela se termine quand même de manière bien brutale.

Graphiquement, nous avons toujours la patte que nous connaissons à Taniguchi, avec ses décors travaillés et réalistes, plein de poésie dans la nature, terrifiants de froideur dans la ville. Les visages des personnages sont toujours aussi expressifs mais manquent peut-être un peu de finesse, ayant des visages quand même très carrés ^^! Cependant l’ensemble est vraiment dynamique et réussi comme à chaque fois.

Le Sauveteur fut donc pour moi un titre atypique parmi la production de Taniguchi, où j’ai eu l’impression qu’il s’essayait à un autre type de récit, tout en instillant les ambiances et thèmes qui lui sont chers. Ce n’est pas mon titre préféré, loin de là. Même s’il est bien narré et efficace, il m’a manqué l’émotion que je ressens habituellement dans ses oeuvres, ce qui se confirme dans la fin abrupte du récit qui empêche un dernier envol lyrique. C’est donc un titre à lire pour les curieux comme moi de l’oeuvre de Taniguchi, ou bien les fans de Taken 😉 mais ça reste une oeuvre mineure.

Ma note : 14,5 / 20

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11 commentaires sur “Le Sauveteur de Jirô Taniguchi

    1. Je me doutais que le titre te plairait malgré ses défauts.
      Et merci de m’avoir poussée à le lire sinon il aurait encore trainé dans ma PAL un certain temps lol
      Pour ma part, j’aime picorer dans la bibliographie de Taniguchi au fil de mes trouvailles en occasion. C’est toujours un plaisir de retrouver son univers 🙂

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      1. Je suis bien d’accord.
        J’aimerai trouver la série Seton pour pas trop cher personnellement. Ou alors je devrais acheter un tome.de temps en temps.
        Il faudrait aussi que j’emprunte Le Sommet.des Dieux, dans les titres majeurs de l’auteur, ça doit être le seul que je n’ai pas lu.

        Aimé par 1 personne

      2. Oh, il faut trop que tu lises Le Sommet des Dieux, il fait partie de mon top 3 des Taniguchi !
        J’aimais lu Seton par contre, les tomes sont si chers que ça ?

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      3. Effectivement ça va, mais je comprends aussi parfaitement, surtout que c’est déjà la folie avec tout ce que les éditeurs nous sortent actuellement ><

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