Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

The Killer inside de Hajime Inoryuu et Shôta Itô

Titre : The Killer inside

Auteur : Hajime Inoryuu et Shôta Itô

Editeur vf : Ki-Oon (seinen)

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes vf : 2 (en cours)

Histoire : À première vue, Eiji, discret et maladroit, ne se démarque pas de la foule des étudiants de sa fac… Pourtant, il tente depuis longtemps de faire oublier au monde que son défunt père n’était autre que le tueur en série LL, tristement célèbre pour les horribles tortures infligées aux jeunes femmes qu’il a assassinées.
Après des années passées à fuir la presse, Eiji a enfin réussi à trouver sa place. Mieux, il se réveille un matin avec une des plus belles filles du campus à ses côtés ! Elle lui avoue être tombée amoureuse de lui lorsqu’il l’a sauvée des griffes d’une brute épaisse. Un vrai conte de fées… dont le jeune homme n’a aucun souvenir ! Les trois derniers jours sont un trou noir dans sa mémoire, comme si quelqu’un d’autre avait vécu dans son corps à son insu… Et, pendant son amnésie, un cadavre de femme mutilé a été retrouvé dans le quartier. Pour la police, ça ne fait aucun doute : c’est du LL tout craché…

Mon avis :

Tome 1

Fan des thrillers en manga et notamment de ceux de Kei Sanbe chez cet éditeur, The Killer inside de Hajime Inoryuu et Shôta Itô m’a de suite tapé dans l’oeil avec son scénario original. Malheureusement la lecture ne fut pas à la hauteur de mes attentes…

Je parlais de scénario original, oui parce que c’est la première fois, pour moi, que je me retrouve avec un héros soupçonné d’être devenu à son tour un serial killer comme son père et reproduisant même le modus operandi de celui-ci. En effet, Eiji serait un étudiant lambda comme les autres si autrefois son père n’avait pas été le célèbre LL qui avait commis parmi les crimes les plus affreux du Japon. Disparu depuis, il ne l’est pas vraiment pour son fils, qui doit vivre avec le poids d’un tel héritage et en souffre bien. Cependant un jour la vie semble enfin lui sourire, quand il se réveille à côté de l’une des plus belles filles de sa fac qui affirme être sa petite amie. Le hic ? Il ne se souvient absolument pas de la soirée précédente voire même des jours qui précèdent…

Vraiment, j’étais très attirée par ce concept dans les premiers temps. J’ai aimé la façon dont les auteurs ont planté le décor et installé tranquillement cette ambiance inquiétante au milieu d’un quotidien banal pour un étudiant japonais. La bascule se fait d’autant plus violemment sentir et on s’interroge encore plus fortement sur ce qui a pu se passer pendant les absences du héros. Ce sont en effet ces dernières qui sont l’élément moteur principal de l’histoire. C’est autour d’elles que le mystère se plante, s’installe et se développe. Eiji souffre-t-il de troubles bipolaires ? d’une double personnalité ? ou cela cache-t-il quelque chose de bien plus complexe ? Si c’était les premières hypothèses, j’avoue que je serais un peu déçue selon la façon dont ce serait traité, alors que dans le dernier cas, j’adorerais décortiquer ça. Mais laissons ça pour les tomes suivants.

Comme je l’ai dit plus haut, cependant, je n’ai pas été emballée par ma lecture. Pourquoi alors que le début m’avait quand même plu ? Il y a tout d’abord le héros, qui est LE cliché du puceau gentil mais naïf et un peu bêta qu’on voit habituellement dans les shonen. Il manque cruellement de charisme et de maturité. A vouloir le rendre banal, l’auteur en a fait un type surtout ridicule et agaçant à mes yeux. Je n’ai pas du tout accroché. Même problème avec les autres personnages croisés, qui sont des clichés ambulants, que ce soit sa cruche de petite amie qui craque super vite pour lui parce qu’il l’a défendue, ou bien l’étudiante sombre un peu gothique qui joue les Sadako à venir lui faire peur parce qu’elle a remarqué quelque chose qui cloche chez lui. C’est du vu et revu. Mais le pire, c’est le tournant que prend l’histoire dans les derniers chapitres avec l’arrivée d’un gang de loubards/yakuzas qui m’a fait lever les yeux au ciel. C’était vraiment trop too much pour moi, complètement improbable et trop dans la surenchère de violence, de vulgarité et de provocation. Le décalage avec la personnalité « normale » du héros a fait mal à ce moment-là. Tout sonnait faux. Ce fut vraiment une douche froide.

Quand j’ai pris ce titre, j’étais emballée par le concept malheureusement le traitement des personnages et la surenchère dans la violence m’ont complètement sortie de l’histoire sur la fin. Le trait de Shôta Itône ne m’a pas convaincue non plus. Il sait faire de très beaux visages mais il est à nouveau trop dans l’exagération avec les grimaces qu’il fait au héros parfois. C’est dommage parce que le reste est vraiment plaisant. Je m’attendais juste à quelque chose de plus sérieux et mieux travaillé pour un seinen. Comme ce n’est que le premier tome, je laisserai encore sa chance au titre, peut-être que ces erreurs seront corrigées ensuite.

Tome 2

Après pas mal de réticences suite à ma lecture un peu décevante du tome 1, j’ai quand même décidé de laisser sa chance au titre et j’ai bien fait.

Ce deuxième tome creuse le filon de l’ambiance yakuza mise en place dans la fois précédente et la tension ne nous lâche pas, montant au contraire petit à petit jusqu’à être insoutenable. Eiji continue à essayer de comprendre ce qui est arrivé à la fille qu’il est accusé d’avoir tué, juste parce qu’il est le fils d’un célèbre serial killer : LL. Pour cela, il infiltre un gang de jeunes yakuzas mené par le terrifiant Sai en se faisant passer pour son double qu’il surnomme B-1.

L’enquête est menée tambours battants dans ces chapitres, faisant vraiment bien avancer l’histoire. On plonge de plus en plus dans le fonctionnement des SKALL, le groupe de yakuzas qu’il a infiltré, nous retrouvant confrontés à de violentes intimidations, un réseau de prostitution et autres joyeusetés bien glauques. C’est sombre, très sombre. C’est vraiment malsain et les auteurs poussent parfois le bouchon un peu trop loin mais ça plaira au fan de ce type d’univers. La violence des yakuzas se prête bien à l’histoire qu’on veut développer ici et il est intéressant de voir comment le héros se sert des rouages de tels groupes pour enquêter sur eux et obtenir des informations.

Personnellement, c’est ce côté thriller, enquête, qui me séduit vraiment. On a un héros sur les rotules, qui ne veut pas dormir pour ne pas que sa seconde personnalité se réveille, et qui cherche des réponses avec des alliés inattendus, en fouillant dans des recoins qu’il n’aurait jamais imaginés, le tout sous une tension constante tant sa vie est menacée. C’est un jeu de dupe qui s’installe aussi, puisque d’un côté Sai, sait parfaitement qu’Eiji est mouillé là-dedans jusqu’au coup et de l’autre la police le recherche. Le héros est pressurisé de partout ce qui donne une lecture vive, dynamique, un brin claustro peut-être tant on a de mal à respirer au milieu de tout ça, mais c’est excellent.

Les révélations qui vont tomber petit à petit sont bien amenées et semblent logiques pour le moment, un peu grosses certes d’un point de vue réaliste, mais s’insérant bien dans le fil de l’histoire. On prend donc du plaisir à les découvrir et à essayer de les devancer.

Le seul élément auquel vraiment j’ai du mal à adhérer reste les dessins. Ils manquent vraiment de finesse par moment quand le dessinateur cherche à accentuer les sentiments des personnages. Il en fait trop et parfois il tombe même à côté de la plaque faisant exprimer autre chose que le sentiment voulu à ses personnages. C’est regrettable parce que le potentiel est vraiment là, c’est juste une question de dosage.

Ainsi, alors que le premier tome m’avait laissée un peu dubitative. J’ai été séduite par la tournure prise dans cette suite. J’ai aimé l’ambiance constamment sous tension de l’enquête menée par le héros et j’ai trouvé les révélations bien senties. Je poursuivrai donc, même si le fait que la série ne soit toujours pas fini au Japon au bout de 9 tomes m’inquiète un peu ^^!

Ma note : 14 / 20

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9 commentaires sur “The Killer inside de Hajime Inoryuu et Shôta Itô

  1. Pas du tout d’accord xD
    Au contraire c’est cette surenchère de trash et de violence qui rend le titre intéressant et réaliste (car dans la vie, on est rarement dans un shojo tout mignon). Et justement, si on compare avec « Don’t Fake your Smile » celui-ci était trop gentil, on voit rien, et il y a aussi l’intrigue cliché (le trio H/H/F dont un est gay devient la norme maintenant…)

    Et pour les problèmes de fille cruche qui craque quand le héros la sauve, c’est comme ça dans presque tous les manga, surtout les shojo….

    Je ne comprends pas trop pourquoi tu t’acharnes sur ce genre de titres qui ne sont clairement pas un genre que tu apprécies, t’as déjà moyennement accroché à Doppelganger, et justement The Killer Inside, ça se voyait qu’il irait plus loin dans le trash. Du devrais les éviter, ça te ferait gagner du temps et de l’argent xD

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    1. On n’a clairement pas les mêmes goûts, ni attentes, ni avis.
      Je m’acharne parce que j’ai l’espoir un jour de tomber sur un titre plus fin et intelligent, ça arrive parfois.
      Ici, c’est très premier degré et clairement, je risque de ne pas prendre la suite, mais on ne peut pas savoir tant qu’on n’a pas tenté.
      Tu trouves que je m’acharne sur ces titres-là, je trouve que toi tu t’acharnes sur les shojos lycéens, comme quoi 😉

      Aimé par 2 personnes

      1. haha mais je comprends tout à fait. Les shojos lycéens, c’est mon fléau. j’ai l’impression de jouer à la roulette russe à chaque fois xD

        En fait, je crois qu’on a trop d’espoir parfois, ou qu’on est trop curieux.

        Sinon, en thriller assez efficace, il y a Route End chez Ki-oon et Museum chez Pika, j’sais plus si tu as testé ?

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      2. Je vois ça et je peux comprendre ton sentiment. Il faut dire aussi qu’on a été noyé sous le genre à un moment alors dur de trouver les bons titres au milieu.

        Non, je n’ai testé ni l’un ni l’autre, mais j’avais prévu de prendre Route End avec l’offre de Ki-Oon 1 acheté = 1 offert qui doit arriver ce mois-ci, je crois, alors ça tombe bien que tu me le recommandes. Et je note aussi l’autre 🙂

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      3. Pour les packs, ils sont sortis le 5 mars, tu ne devrait pas trop trainer, on sait jamais. Moi je viens de me prendre celui sur « Vigilante, My Hero Academia Illégals » (paye ton nom à rallonge xD)

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      4. Ils n’y étaient pas dans ma librairie la semaine dernière, j’espère trop les trouver cette fois, surtout qu’il va falloir que je trouve de quoi tenir 😁
        (Ouais punaise ils n’ont pas trouvé plus long ?!)

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  2. Ooh, je l’ai plutôt bien apprécié, mais j’admets que j’ai grimacé en voyant le profil du héros qui est comme tu dis, le cliché du puceau gentil.
    J’ai lu le résumé de travers de peur d’être spoilé du coup j’ai cru qu’on allait suivre direct les traces du psychopathe dans son quotidien avec les traits caractéristiques = homme charismatique, calme etc
    Mais au final non, et j’ai pas été déçu par l’aspect personnalité et psychologie.
    Il est vrai que les autres personnages sont aussi stéréotypés, mais le trash ne m’a pas fait déprécier, comme j’aime ce type de thème, les atrocités commises par des serial killer bien réels m’ont immunisé.
    Ensuite, piur le gang, eh bien j’ai trouvé ça conforme en fait, les gangs ne s’habillent pas de manière classique du coup sur ça chui pas d’accord
    Je lirai la suite, dommage que t’ai pas accroché mais bon

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    1. Ayant lu le résumé et voyant le titre dans la collection seinen de l’éditeur je ne pouvais que m’attendre à quelque chose de moins cliché et plus fouillé, malheureusement ce n’est pas ce que j’ai eu…
      Pour le gang, à aucun moment je n’ai parlé de leur tenue vestimentaire, ce n’est pas ça qui m’a fait tiqué mais leur utilisation complètement clichée. Il faut lire un témoignage comme celui de Jake Adelstein sur ces derniers pour se rendre combien ici on est dans la caricature de bas étage.
      Après tant mieux si toi tu as trouvé ton compte dans l’histoire, il en faut pour tous les goûts. Je ne sais pas pour ma part si je continuerai, je suis curieuse de voir le concept évoluer et en même temps vu ce premier tome j’ai peur de ne pas trouver ce que je cherche V.V

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      1. Oui j’ai sais pour les gangs, my bad, j’ai interprété avec leur tenue aussi, comme une sorte de tout (pour ça que j’ai relevé que ça sur eux, comme la page où ils apparaissent était genre « bam » j’ai cru que leur tenue aussi t’avais courru sur le haricot). Ben j’ai pas lu de témoignage sur les gangs mais des reportages dessus oui, des faits d’articles quand un jeune de 13 ans en tue un autre en réglage de compte aussi (exemple), ou ceux d’Espagne ou du Mexique qui violent la copine d’un nouveau membre (car ce qui est à un est a tout le monde par exemple), créent un réseau de prostitution (kidnapping, drogue pour rendre dépendant etc), tue ou se débarrasse des corps comme d’un objet et du coup j’ai pas trouvé l’utilisation de celui-ci cliché. Par tout ça, je pense plutôt qu’il y a autant de gangs que de personnalités (et manière de l’exploiter par ce qu’ils recherchent) et si du coup ce témoignage donnait l’impression que celui du tome était complètement caricaturé (un témoignage ne peut pas établir une situation générale), ce que j’ai vu et lu au fil du temps était plutôt de ce style.

        Aimé par 1 personne

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