Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Tokyo Revengers de Ken Wakui

Titre : Tokyo Revengers

Auteur : Ken Wakui

Editeur vf : Glénat (shonen)

Année de parution vf : Depuis 2019

Nombre de tomes vf : 9 (en cours)

Histoire : Alors que Takemichi, 26 ans, fait le bilan de sa vie ratée, entre petits boulots, appartement miteux et désert affectif, il apprend qu’Hinata, la seule personne qu’il ait jamais aimée, s’est fait assassiner lors d’un règlement de comptes entre les membres du gang Tokyo Manji-Kai. Choqué, il a un accident et se retrouve projeté douze ans en arrière. Il décide de tout faire pour empêcher le meurtre.

Mon avis :

Tome 1

Comme les semaines précédentes avec One Piece et Dr Stone, j’ai pu découvrir Tokyo Revenger grâce à l’opération spéciale confinement de Glénat, permettant de lire le premier tome gratuitement pendant 24h, merci à eux ! J’hésitais depuis plusieurs mois à commencer à cause de l’aspect baston du titre même si les couvertures très stylées m’attiraient paradoxalement. Avec cette offre, plus de scrupule, je me suis lancée et j’ai eu raison !

Tokyo Revenger, shonen toujours en cours qui parait chez nous depuis un an maintenant, appartient au genre Furyo, c’est-à-dire ces mangas qui mettent en scène des loubards et leurs histoires de gangs. Sauf qu’ici, il y a un petit twist supplémentaire qui change la donne et procure une autre aura à la série. En effet, tout commence alors qu’un jeune homme d’une vingtaine d’année, un peu looser sur les bords, apprend que son ex-copine a été tuée. Il déprime beaucoup et tombe sur les rames du métro après s’être fait bousculer. Mais miracle, il n’en meurt pas et se réveille au contraire dans la peau et à l’époque de celui qu’il était il y a 12 ans, c’est-à-dire l’année où il sortait avec la fille en question. A l’époque, c’était une petite frappe dans son collège avec ses potes et il s’était frotté à la mauvaise bande, bande qui des années plus tard est peut-être responsable de la mort de sa copine. Il décide alors de tout faire pour changer le futur. Et ce n’est qu’une partie du tout début du scénario…

Comme on me l’avait promis, je me suis vite retrouvée embarquée dans la quête de rédemption du héros. Il faut dire que le mangaka a construit un scénario classique mais solide qui repose sur des valeurs qu’aimeront tous les amateurs de shonen : l’amitié et le don de soi pour les autres. Le récit est rythmé et ce dès les premières pages. Il alterne entre sérieux et humour ce qui le rend très efficace. La petite touche fantastique apportée par le voyage dans le temps est bien gérée parce que l’auteur n’en fait pas trop, c’est juste le ressort nécessaire au héros pour le motiver. Ainsi, on ne peut être que happé par ce récit.

Un récit sur fond de guerre des gangs que j’appréhendais et que pourtant j’ai beaucoup aimé ici. Cela tient surtout au héros car à travers lui, on découvre ces chers loubards d’une autre manière. Premièrement, il les voit de son regard de jeune adulte qui a déjà vécu ça. Deuxièmement, il les côtoie dans un but bien précis et cette touche-là surtout est très intéressante, ça donne un petit côté thriller non négligeable à l’histoire. Du coup, même si c’est peut-être caricatural, j’ai aimé les bastons super vives et violentes auxquelles on a assisté. J’ai aimé les manoeuvres des uns et des autres pour se frayer une place. Surtout, j’ai aimé les valeurs d’amitié sous-jacente que l’on sent dans le groupe du héros et peut-être entre le duo de tête de la bande rivale. Et puis, soyons honnête, ils ont quand même vachement la classe aussi 😉

Le dessin de Ken Wakui rend vraiment justice à ce milieu. Il est fin, précis et incisif. Les visages sont très expressifs. Les scènes de combat sont dynamiques et brutales. On en sent l’impact et la violence à travers les pages. Ses personnages ont également tous une identité graphique marquante, notamment grâce à leur dégaine et leur coiffure. J’aime beaucoup ce côté stylé qui en plus se rapproche de la réalité de ces bandes. Je savais déjà en voyant les couvertures que ça allait me plaire graphiquement, je n’ai pas été déçue.

Tokyo Revengers s’ouvre donc sur un premier tome prometteur, énergique, classe et percutant. L’auteur mène très bien sa barque. Il revisite un peu le furyo manga avec un biais original qui change la donne et apporte le petit truc en plus pour me faire accrocher sur ce genre de récit un peu trop classique et répétitif sinon. Là, il y a un vrai enjeu dans l’histoire et le dessin aussi bien que les valeurs mises en avant accrochent vraiment le lecteur. Je poursuivrai la découverte !

Tome 2

Découverte lors du confinement grâce aux offres gratuites de Glénat, j’avais eu une belle surprise et un petit coup de coeur pour cette série de loubards. Pourtant, les furyo et moi, ça fait deux, je ne suis pas du tout sensible au genre, mais ici, le bel esprit mis en scène par l’auteur a fait mouche et ce deuxième tome me l’a plus que confirmé.

La série prend vraiment son envol ici avec un auteur qui utilise à bon escient le talent particulier du héros et qui développe son scénario dans la bonne direction sans forcer mais en y mettant beaucoup de beaux sentiments, le tout en conservant la part sombre de l’histoire.

Le héros a toujours pour but de sauver son ex-copine en retournant dans le passé et en empêchant une bande de jeunes voyous de prendre un tournant trop radical. Sauf que de nouvelles informations viennent se greffer sur ce qu’il sait déjà et l’histoire prend alors une nouvelle ampleur. Ce n’est pas une personne mais trois qu’il doit sauver désormais. Pour cela, rien n’est simple, il faut qu’il parvienne à empêcher une certaine rencontre mais également qu’il empêche une grosse bagarre.

L’auteur continue de surfer à fond sur les codes du furyo mais en gardant que le meilleur : l’amitié qui unit les membres de la bande. J’ai adoré découvrir la bande de Mikey de l’intérieur. De 1/ ils sont super classe. De 2/ quelle belle amitié les unis. Mikey est certes un voyou mais un voyou avec des valeurs. Il suit son propre code moral ce qui lui va bien. Nous lecteurs, on assiste oui à des scènes surréalistes mais qui touchent vraiment. Quand on le voit décider à mener une guerre totale pour venger le pote d’un des membres de sa bande parce que lui et sa famille ont subi quelque chose d’horrible d’une bande rivale, on ne peut qu’être du côté de Mikey. C’est LA classe ! Donc du furyo comme ça, oui, j’en veux bien.

Autre argument de poids pour cette série, c’est le très beau développement dans ce tome de la relation Mikey-Draken. Entre eux, c’est un peu à la vie à la mort, et ici le mangaka nous montre à quel point le second est essentiel pour l’équilibre du premier. J’en aurais presque chialé lors de la scène à l’hôpital.

Du coup, le retournement de situation qui pousse le héros à s’introduire encore plus dans les rouages de la bande est très bien vu. Il nous permet de voir tout cela de l’intérieur avec un regard extérieur en même temps. Et l’enquête qu’il va devoir mener pour trouver ce qui cloche et qui a trahi au final, promet d’être palpitante.

Ajoutez à cela des personnages secondaires voire même tertiaires très bien écrits et qui ont vraiment du sens ici et vous comprendrez pourquoi j’aime beaucoup ce shonen. L’auteur traite avec justesse de l’après collège-lycée, de ce qu’il advient de cette jeunesse esseulée : petits boulots de merde pour certains, poursuite de leur carrière de racailles pour d’autres, déchéance sociale totale pour d’autre. C’est sombre, c’est cynique mais pourtant ça sonne malheureusement juste.

Tokyo Revengers n’est donc pas seulement un manga de baston comme on aurait pu le croire, c’est également un titre sur la jeunesse et la société japonaise ainsi qu’une belle ode à l’amitié. J’adore et il me faut absolument la suite !

Tome 3

J’ai l’impression qu’à chaque tome, je vais dire que cette série est géniale tant l’auteur prépare coup de théâtre sur coup de théâtre et assaisonne le tout d’une tension non-stop. Franchement, je ne pensais pas écrire ça mais je me régale avec ce furyo.

Dans ce nouvel opus, Takemichi continue à essayer d’empêcher les morts de ses amis en chercher à éviter le clash qui doit se produire entre Mikey et Draken, puis le moment où ce dernier sera poignardé. La tension est donc à son comble car les événements qui doivent y conduire se produisent inexorablement malgré le héros qui se démène pour changer les choses. Le destin avance inexorablement vers la fin malheureusement promise. J’aime beaucoup cette leçon de vie.

Pour nous conter tout cela, l’auteur compte sur une recette testée et approuvée : des combats qui font mal, des personnages ultra badass et de beaux moments d’amitié. Cette mise en scène de l’univers des gangs est vraiment chouette. Certes, ils sont violents et cruels parfois, on ne nous le cache pas, mais en leur sein il y a aussi une sorte de code de l’honneur très important et on doit se soutenir les uns les autres.

C’est pour cela qu’une divergence arrive ici, parce que le pacte implicite qui les lie tous est rompu et forcément, ça fait peur. J’ai beaucoup aimé les implications de la grosse baston des débuts où Pachin voulait se venger. C’est terriblement réaliste et atroce pour le héros. Mais celui-ci gagne en carrure et en confiance en lui. Il parvient maintenant à relever la tête, à parler avec honnêteté à Mikey et Draken, et j’aime beaucoup la relation entre ses trois personnages, même si, ne nous mentons pas, cette soudaine amitié sonne étrangement. On sent la facilité scénaristique ici…

Cependant, Takemichi est un personnage intéressant parce qu’il évolue. Il était faible et il ne reste, mais ça ne l’empêche pas de grandir, de tenter de prendre les bonnes décisions et de protéger ceux qu’il aime. J’adore sa personnalité car je trouve que l’auteur n’en fait pas trop. Il sait conserver ses failles.

J’ai encore vécu un moment intense à la lecture de ce tome. C’est graphiquement extrêmement maîtrisé avec une narration fluide et vive, qui rend à merveille l’intensité des coups, mais qui également prendre le temps pour nous faire ressentir la noirceur des héros, ainsi que la légèreté de certains moments plus anodins où on les retrouve faisant leur âge. C’est un très joli tour de la part du mangaka.

Je reste donc, à ma grande surprise, totalement sous le charme de ce titre. Je suis ravie d’ailleurs d’avoir la suite sous la main parce que chaque fin de tome donne envie de se jeter sur le suivant. La preuve d’un excellent titre !

Tome 4

Je sens que je vais continuer à me répéter longtemps, tant chaque nouveau tome de cette saga est un coup de coeur en soi. Une intrigue maîtrisée, des personnages charismatiques et attachants, de bons développements, une grande intensité et de ces émotions, je n’ai rien à demander de plus !

Dans ce tome, notre héros est confronté à la fameuse nuit qui lui faisait tant peur et celle-ci est effectivement un grand moment dans l’histoire. L’auteur gère ça avec maestria. Tout coule de source et a l’air ultra simple, mais je sais que c’est cette simplicité qui est la plus dure à obtenir, alors je dis chapeau l’artiste ! Le héros connait une réelle évolution juste sous nos yeux. On le voit grandir, prendre en carrure et se transformer, la chenille se transforme en chrysalide. C’est un autre garçon.

Tout cela a lieu dans un cadre qui me séduit de plus en plus. Je sais que certains le trouvent totalement irréaliste, moi ce n’est pas le cas, ou du moins ça ne me dérange pas, mais je connais mal cet univers. Ici, le tome est très axé baston et conséquences de celle-ci. J’ai beaucoup aimé, une nouvelle fois, la camaraderie très forte qu’on ressent entre les personnages et ce que ça les pousse à faire, c’est très beau. Des personnages comme Draken ou Takemichi et ses potes, qui donnent tout pour leurs amis, moi ça me touche de fou, et que dire de Mikey qui joue les mecs hyper solides alors qu’il est proche de la rupture intérieurement ? Superbe !

Du point de vue du scénario, c’est très classique : nouveau rival, grosse bagarre, danger, sauvetage héroïque, tension,… mais c’est ultra efficace. Celui qui a lu les chapitres en cours de prépublication aurait pu avoir peur d’arriver déjà à la fin de la série avec un Takemichi qui atteint son but ici, c’est mal connaitre l’auteur qui orchestre un joli twist. Il utilise parfaitement le concept de boucle temporelle et des conséquences des changements dans l’une des trames qui ne poussent pas au résultat attendu. A nouveau classique et déjà vu pour l’amatrice de SF que je suis mais toujours très bien fait. Cela relance bien l’intrigue et comme le héros a bien changé, il décide de prendre encore plus les rênes, ce qui est super chouette pour la suite.

Ken Wakui continue à nous balader dans cette histoire fantastique de bandes rivales, il déroule son récit avec un facilité incroyable, tout en étoffant univers et personnages au fil des chapitres. Cette série est vraiment un régal et probablement l’un des shonens que je prends le plus de plaisir à lire actuellement. Classique mais efficace, tel est le maître mot, et ce n’est pas le plus simple à faire contrairement à ce qu’on croit.

Tome 5

Nous entamons un nouvel épisode de cette saga avec un tome d’introduction encore une fois riche en informations et nouvelles découvertes.

Malgré ses efforts, Takemichi n’a pas réussi à modifier le présent comme il l’aurait souhaité. Il lui faut donc repartir à zéro et chercher une autre voie. Celle à laquelle il pense ressemble à une montagne infranchissable et pourtant c’est peut-être LA solution dont il a besoin. Après avoir fait une découverte choc sur Draken, il repart donc dans le passé pour une mission bien plus longue, compliquée et importante que précédemment.

Mais dans le passé, comme à chaque fois qu’il repart, il déboule en plein milieu d’événements qu’il ne saisit pas bien et il se retrouve à nouveau embarqué dans la politique bien compliquée des gangs de bosozoku. Pour le lecteur, c’est un vrai régal d’assister à tout ça du point de vue extérieur de Takemichi puisqu’il est aussi naïf que nous sur le sujet et pose les questions que nous-même nous posons, un procédé classique mais très efficace.

Dans ce tome, nous plongeons donc en pleine politique et contrairement aux précédents, le rythme est donc plus lent, plus insidieux et la chape de plomb encore plus lourde. On sent vraiment le poids du futur sur les événements qui se déroulent et qui mettent en scène les futurs grosses menaces que va connaitre le héros. C’est assez glaçant d’imaginer ce que ces jeunes feront plus tard.

On est donc loin des tomes plus fun et badass des débuts, ici le rythme est plus lent, l’ambiance plus plombante à cause du poids qui pèse sur Mikey et qui semble aller de paire avec celui que ressent également Takemichi, sans que l’un et l’autre le réalisent. L’auteur fait basculer son récit dans une nouvelle dimension, différente, moins légère mais tout aussi prenante. Affaire à suivre !

Tome 6

J’avais trouvé le tome précédent un peu en retrait par rapport aux autres, c’était pour mieux lancer celui-ci et les lourdes révélations qui y sont faites ainsi que le tragique tournant qui s’amorce. Très fort !

Ken Wakui est vraiment très doué pour réutiliser à de multiples reprises le schéma qu’il a mis en place dans cette série et le décliner pour donner l’impression de faire du neuf avec du vieux. Takemichi doit en effet à nouveau sauver le Toman pour sauver son futur et celui de ses amis, mais ça s’annonce corsé !

J’ai beaucoup aimé la dynamique de ce tome où d’un côté on a deux révélations fracassantes sur Mikey et de l’autre on suit un Takemichi qui tente d’empêcher le terrible engrenage dans lequel ils sont pris, aidé du bras droit de Baji. Ce dernier est vraiment un chic type, un loubard fidèle à ses amis, qui voit clair chez son pote malgré ce qu’il montre aux autres. J’aime le duo qu’il forme avec Takemichi.

Mais clairement, c’est du côté des gangs que c’est le plus fort avec des complots dignes des meilleures intrigues de cour, avec trahisons, espionnage et manipulations à foison. C’est du lourd ! Je me suis faite avoir par toutes les révélations qui sont tombées aussi bien sur Kisaki que sur Mikey. Ils sont vraiment malins, les petits ! Mais c’est également assez terrible de voir les psychopathes qui se cachent derrière ces meneurs d’hommes. Kisaki est LE grand méchant qui fait froid dans le dos et l’auteur l’exploite très bien pour créer cette sensation de malaise et de danger permanent. Mikey est son antithèse avec ce charisme incroyable qu’il dégage juste parce que pour lui l’amitié est plus important que tout. Deux visions opposées de la vie qui vont très bientôt s’affronter et j’en tremble d’avance.

Dur dur de parler de ce tome sans spoiler, ce que j’ai essayer de faire, mais Ken Wakui envoie vraiment du lourd avec ce nouvel arc. Les dangers auxquels sont confrontés nos héros se font de plus en plus proche. L’auteur gère à merveille sa narration, avec des va-et-viens passé-présent-futur très bien exploités pour nourrir son scénario. Je suis encore une fois bluffée par la qualité de ce shonen, qui va décidément bien au-delà d’un simple furyo.

Tome 7

Un tome 100% baston, un première dans le titre mais je ne suis pas surprise qu’on y vienne. Le résultat est cependant plus mitigé que je l’aurais cru du côté de la réalisation, alors que niveau dramaturgie c’est vraiment bon !

Je ne suis pas une fan de manga de baston. Ce n’est clairement pas pour ça que je lis ce titre, donc peut-être que ça a joué sur mon appréciation, mais je n’ai pas trouvé le dessin de celle-ci top top. Je vais donc commencer par vous parler de ce qui m’a gênée. J’ai eu le sentiment que l’auteur avait un trait très rigide lors de ce combat. Je n’ai pas trouvé la fluidité et la vivacité que j’attendais. Les coups étaient lourds et un peu hachés, les corps aussi. Les rebondissements étaient tellement peu crédibles que ça frôlait parfois le ridicule mais c’est aussi un peu le propre du genre, alors ce n’est pas ce qui m’a le plus dérangée, en revanche j’aurais bien aimé ne pas en deviner certains si facilement…

Par contre, pour ce qui est de la dramaturgie, là Ken Wakui a été au top. Tous les éléments préparés précédemment se mettent en place pour un combat au sommet. Le Toman est d’abord submergé par le nombre. Mais le courage de certains est tel qu’ils soulèvent des montagnes et remotivent tout le monde. Tous les cadors sont en plus au rendez-vous et chacun a droit à son moment. Les duels se forment pour offrir des moments violents comme il faut. C’est bien tendu et on a peur pour chacun que le futur vu par Takemichi se réalise. C’est donc quand même un plaisir de suivre cet affrontement. L’auteur tente de le rendre dynamique en variant les points de vue, les personnages impliqués, tout en faisant graduellement monter la tension et en impliquant petit à petit ceux pour qui cela aura le plus d’impact. Tout ça pour aboutir à un final terrible.

Pendant ce temps-là, il développe en marge la psychologie de certains des personnages. Ainsi, on voit Takemichi gagner encore une fois en carrure et charisme quand il se lance pour de bon dans la mêlée. Son duo avec Chifuyu m’éclate vraiment, de même que les interventions de Mitsuya qui le prend sous son aile. Draken, lui, est toujours aussi badass et dévoué à Mikey, tandis que ce dernier laisse exploser sa rage et sa violence de manière explosive. Mais c’est plutôt du côté de Baji-Kazutora que ça devient intéressant, ce dernier dévoilant quelques pans de ses origines de psycho et de sa relation si particulière avec Baji. Et puis, il y a en en arrière-plan l’effrayant Kisaki dont on se demande encore quel est le plan, d’où il sort, pourquoi… Mystérieux donc passionnant.

Ainsi, même si j’ai été moins convaincue par ce tome rempli de bagarres, que pourtant j’attendais de pieds ferme, mais dont la réalisation m’a déçue, j’ai tout de même passé un bon moment, car l’auteur ne voit pas son titre uniquement comme un titre de baston. Les relations entre les personnages, leur évolution, sont ce qui me passionne vraiment et c’est encore une fois très bien développé.

Tome 8

Après un concentré de testostérone dans le tome précédent, place à un concentré d’émotions cette fois ! Le duel entre le Valhalla et le Toman bat son plein et culmine lorsque s’ouvre ce tome. Tel que l’annonçait le futur de Takemichi, celui-ci se voit obliger d’assister au drame se jouant entre Mikey, Baji et Kazutora.

Ken Wakui est vraiment un chef pour ça. Il ne peut pas s’empêcher de nous montrer un héros qui est perpétuelle quête de changement pour contrecarrer un futur dont il ne veut pas, et en même temps, tout se produit sans faute avec juste de très subtils changement. C’est terrible. On pourrait ressentir nous aussi une vague de découragement mais c’est tout sauf le cas. Au contraire, on est emporté par le perpétuel espoir que ressent Takemichi et qui le pousse à avancer.

Il faut dire qu’on a quand même des preuves positives de ce qu’il apporte dans la vie de ses amis. Grâce à lui, nous assistons à un superbe moment entre Mikey, Baji et Kazutora. Par une mise en scène classique mais efficace, le mangaka crève l’abcès entre eux. Après un retournement de situation terrible, Mikey réchappe au pire et dans un sens Baji obtient ce qu’il cherchait. Ça fait mal mais qu’est-ce que c’est beau. Vraiment je suis touchée par les liens que je ressens entre tous ces jeunes, qui placent l’amitié tellement haut sur leur échelle de valeur. Chaque moment passé à le mettre en scène que ce soit à l’aide de flashback ou de scènes présentes est magique.

Et tout cela n’occupe même pas la première moitié du tome ! La suite est sur le fil. Il y a encore l’émotion de ce qui vient de se passer que l’on ressent tous. L’auteur essaie d’alléger tout ça avec une ambiance un peu bon enfant où l’on découvre la vie familiale de Draken, celle de Mikey ou encore les activités extra-scolaires de Mitsuya. Mais on ne peut s’empêcher de continuer à penser à ce qu’il vient de se passer, à Baji et à Kazutora.

L’avant-dernier chapitre vient donc reposer les choses avec force. Non, rien n’est réglé. Takemichi n’a toujours pas réussi à accomplir ce qu’il souhaitait. L’auteur est terrible avec lui et avec nous, mais c’est la force de ce titre aussi, de montrer que rien n’est simple. On continue à assister à la montée inexorable de Kisaki. Mais il y a aussi de l’espoir avec l’ascension de Takemichi que je n’avais pas vu venir si tôt mais qui est une juste récompense après tout ce qui vient d’avoir lieu et le beau rôle qu’il a su y tenir tout en restant lui-même. Ken Wakui propose une évolution tout en nuance de son héros, plus sûr de lui, plus dégourdi, mais toujours tellement émotif.

Le chapitre final, lui, envoie du lourd avec un changement radical, beaucoup de questionnements, de surprises et d’incertitude. Impossible de s’arrêter là, il faut le tome suivant sous la main. J’y vais de ce pas !

Peut-être moins marquant que d’autres sur l’ensemble, ce tome reste tout de même de haute volée, notamment grâce à un bouleversement brutal et profond comme sait en proposer le mangaka. La série continue à frapper fort sur cette histoire de guerre des gangs. Elle est fascinante et me touche toujours autant dans sa représentation de l’amitié qui noue les membres de ces groupes. Une série coup de coeur !

Tome 9

Après un tel final précédemment, impossible de ne pas enchaîner avec la suite ! Une suite qui prend vraiment le lecteur par surprise et qui montre combien Ken Wakui maîtrise ses effets de manche !

Le tome précédent se terminait par un drôle de retour de Takemichi dans le présent/futur. Par rapport à d’habitude, celui-ci était encore plus différent, voire même radicalement différent. Nous reprenons les choses à ce moment-là. Pour une fois les conséquences des actes de notre héros ont vraiment eu un impact sur son présent. Il n’est plus le looser qu’on connaissait mais un membre du Toman, ce qui va nous réserver bien des surprises.

J’ai beaucoup aimé le changement de braqué de l’auteur qui propose un récit tout sauf linéaire et prévisible. Dans ce tome, qui se déroule essentiellement dans le présent/futur, on est à fond dans la politique des gangs mais plus à dimension d’ados, à dimension d’adultes et ça change tout ! La tension est palpable. Les crasses commises par les uns sur les autres ont une toute autre dimension. Et surtout l’on rencontre de nouvelles têtes de gros psychopathes. On pourrait croire que l’auteur va trop loin mais j’ai trouvé au contraire que c’était malheureusement l’évolution normale d’un gang qui tourne mal, comme j’ai pu le lire dans l’excellent docu-fiction Tokyo Vice. De ce fait, c’est quand même vachement crédible.

Ce changement pimente en plus l’histoire et relance l’intrigue. Après l’arc Baji-Kazutora-Mikey, place à une plus vaste intrigue née de l’enquête de Chifuyu. De nouveaux mystères naissent grâce à cette incursion dans le présent qui voit Takemichou à une toute autre place dans la hiérarchie du clan. L’auteur distille plein d’infos qu’on ne saisit pas bien sur Mikey, Draken, les Black Dragons. On s’interroge notamment beaucoup sur la petite phrase lâchée par Kisaki, qui sera le centre du nouveau mystère de cet arc. Et le retour dans le passé qui bien d’être amorcé propose déjà une nouvelle dynamique autour des nouveaux personnages qui fait froid dans le dos. Bien joué !

Tout ça est réalisé en prime sans oublier l’essence même du titre : les liens qui unissent les membres d’un clan. Nous avons encore droit à des moments très forts, autour de Chifuyu et Kazutora cette fois. Dur dur de rester de marbre lors de ces épisodes plutôt brutaux et terriblement mis en scène grâce au trait hyper classe et froid du mangaka.

Action, trahisons, nouveaux mystères et nouveaux personnages, des ingrédients qui continuent à réussir à me séduire dans un titre décidément plein de surprises, que je ne pensais pas aimer au début mais avec lequel je me régale à chaque fois. Vraiment, j’adore cette série !

Ma note : 16 / 20

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©2017 Ken Wakui, Kodansha Ltd. / ©2019 Éditions Glénat

17 commentaires sur “Tokyo Revengers de Ken Wakui

      1. Oui, et puis c’est un coup de mou relatif, c’est surtout que comme je m’intéresse plus aux trajectoires individuelles des persos qu’aux guerres de gang, ces passages me parlent moins. Du coup je pense pas que ce soit trop gênant en soi.

        Aimé par 1 personne

    1. Alors bonne découverte si tu te lances, c’est vraiment excellent ! Après si tu veux voir d’autres titres avec des bandes de loubards, tu as GTO et Young GTO qui sont très sympa dans le genre aussi 😉

      J'aime

    1. Idem à la base ça ne me tentait pas du tout, heureusement que Glénat nous a permis de tester gratuitement.
      Du coup je viens de prendre aussi le tome 2 pour confirmer cette bonne impression.
      Mais c’est vrai que le prêt c’est la solution rêvée 👍

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      1. Eh voilà. Après ma lecture en numérique du tome 1 la semaine dernière, j’ai finalement décidé de me prendre les 8 tomes paru comme tu as pu le voir. ^^’jai lu le tome 3 hier, et toujours une découverte que je ne regrette absolument pa.
        Quand je serais sur le PC, je reviendrais discuter autour de ta chronique et notre lecture en commun. 😊

        Aimé par 1 personne

      2. Je ne suis pas surprise que tu aies craqué, cette série est tellement chouette et surprenante. Il faudrait que je poursuive mais comme il y a peu de tomes, je prends mon temps ^-^

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      3. Oui, je prends mon temps aussi. J’ai pas encore commencé le 4, mais je ne suis pas trop pressée. C’est toujours aussi bon même encore mieux. Et wtf certains retournements, genre j’ai rien vu venir. Et je pense que vu ou en est la série en VO, on va encore se prendre plein de truc dans la face mdr

        Aimé par 1 personne

      4. Bon, j’ai craqué aujourd’hui et je me suis pris les tomes qu’il me manquait vu que peu de sorties de la semaine me plaisaient/étaient dispo. Il ne me reste qu’à les caser dans mon planning ><
        Mais clair, ça sent la série à rebondissement très bien ficelée ! Hâte de découvrir tout ça 😀

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