Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Seven Deadly Sins de Nakaba Suzuki

Titre : Seven Deadly Sins

Auteur : Nakaba Suzuki

Éditeur vf : Pika (shonen)

Année de parution vf : 2014-2021

Nombre de tomes vf  : 41 (série terminée)

Histoire : Il y a dix ans, un groupe de mercenaires appelé les Seven Deadly Sins s’est rebellé contre les Chevaliers Sacrés, la garde du royaume… Depuis, ils ont disparu et personne ne sait ce qu’ils sont devenus. Un beau jour, une mystérieuse jeune fille s’écroule dans la taverne de Meliodas, un garçon enjoué qui parcourt le monde en compagnie de son cochon loquace. Cette jeune fille n’est autre que la princesse Elizabeth qui désire ardemment retrouver les Seven Deadly Sins. En effet, ce sont les seuls à même de lutter contre les Chevaliers Sacrés, qui ont fait prisonnier le roi et qui asservissent toute la population du royaume ! Très vite, elle va découvrir que Meliodas n’est pas un simple patron de taverne mais un guerrier à la puissance exceptionnelle…

Mon avis :

Tome 1

Comme le dit l’adage, c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe et pour moi qui aime depuis toujours les titres de high fantasy classique, Seven Deadly Sins fut une très bonne surprise ! Merci à Pika pour cette découverte 🙂

Il y a dix ans, un groupe de mercenaires, les Seven Deadly Sins, s’est rebellé contre les Chevaliers Sacrés, la garde du royaume… Depuis, ils ont disparu et personne ne sait ce qu’ils sont devenus. Un beau jour, une mystérieuse jeune fille s’écroule dans la taverne de Meliodas, un garçon enjoué qui parcourt le monde en compagnie de son cochon loquace. Cette jeune fille n’est autre que la princesse Elizabeth qui désire ardemment retrouver les Seven Deadly Sins. En effet, ce sont les seuls à même de lutter contre les Chevaliers Sacrés, qui ont fait prisonnier le roi et qui asservissent toute la population du royaume ! Très vite, elle va découvrir que Meliodas n’est pas un simple patron de taverne mais un guerrier à la puissance exceptionnelle…

Seven Deadly Sins est une très longue série de 41 tomes au Japon, toujours en cours chez nous. Sans doute que sans cette offre gratuite, je n’aurais jamais vraiment eu envie de m’y lancer à cause de ça et aussi parce que je vois souvent passer des avis assez critiques dessus. Pourtant, j’ai vraiment trouvé que c’était de l’héroïc fantasy classique mais parfaitement maitrisée et dosée, et j’ai beaucoup aimé cette lecture.

Avec beaucoup d’humour, l’histoire met en avant un héros, Meliodas, qui a un gueule d’enfant mais est un vrai homme à femmes, pervers sur les bords. Sauf qu’en plus c’est un ancien guerrier de légende, le chef d’un groupe de renégats, un peu comme dans Ubel Blatt mais en moins sombre, shonen oblige. Cela en fait tout de même un héros marquant dont on se rappelle et qu’on a envie de suivre car l’auteur a trouvé, le concernant, le bon équilibre entre humour potache et pouvoirs bluffants quand il se met à se battre.

La mythologie est intéressante elle aussi, avec ces héros qui portent chacun l’emblème de leur puissance, et cela même si on a déjà vu ce genre de groupe de héros qui battait tout le monde et qui a été transformé en renégats sans raison. Leurs têtes sont désormais mises à prix, mais leur ancien chef les cherche à son tour, ce qui va lancer l’histoire. On va suivre sa drôle de quête. Il cherche des renseignements en jouant les patrons de taverne et en profite pour aider la veuve et l’orphelin, sa nature de héros oblige, mais il se fait vite remarquer. Il va donc former un duo rigolo avec la princesse Elizabeth car leurs buts se rejoignent, combattre les Chevaliers Sacrés qui ont semé la discorde et le chaos dans le royaume.

Ce premier tome fut une bonne introduction très rythmée. L’auteur nous balance directement dans une histoire qui j’en suis sûre sera riche en rebondissements. En quelques pages, il esquisse un héros amusant et fier auquel on s’attache, qui va être épaulée par une jeune fille un peu cruche, cliché oblige, mais tant pis le duo fonctionne et risque d’évoluer. Il y a plein de petites trouvailles dans ce titre, comme le compagnon du héros qui est un cochon qui parle ou sa taverne qui voyage grâce à la mère de ce dernier.

D’ailleurs, j’ai un peu retrouvé la patte de Toriyama dans tout ça, que ce soit avec les dessins ou les gimmicks que l’auteur propose, ce qui ne fut pas pour me déplaire. J’ai adoré le travail fait sur les décors, villes et villages, châteaux et surtout la taverne de Meliodas. Quelle super idée de l’avoir juchée sur le dos d’un cochon géant pour leur voyage, j’adore ! Le dessin un peu rondouillard des personnages donne un bon coup de frais aussi. Ça n’a rien d’original, on a déjà vu ce type de dessin chez d’autres mais ça fonctionne très bien ici.

C’est donc pour moi un très bon début. Je ne m’attendais pas à autant apprécier ce titre qui me rappelle ceux que je lisais dans ma jeunesse, Fly en tête. Je serais presque tentée de commencer la série si elle n’était pas si longue et si je n’avais pas remarqué autant de titres qui me tentent avec ces lectures gratuites… Affaire à suivre.

Tome 2

Dans le genre shonen classique mais enthousiasmant, je demande Seven Deadly Sins ! Découvert dans le cadre des offres gratuites du confinement, je reviens vers lui grâce à l’offre promo des 3 premiers tomes à petit prix et je me régale.

Dans ce deuxième volume, l’intrigue continue de s’installer pour mieux décoller. Après avoir fait connaissance avec notre héros en mode Sangoku pervers made in Fantasy, avoir rencontré l’une de ses anciennes acolytes, la géante Diane, et l’avoir vu se lancer dans une quête pour le bien de la princesse Elizabeth, le mangaka complète le tableau avec des affrontements de plus en plus violents les Chevaliers sacrés et les retrouvailles avec un autre Seven Deadly : Ban de l’avarice.

J’aime toujours autant le côté très pêchu du titre, qui est vraiment bien écrit, entre humour et action pour donner envie de poursuivre chapitre après chapitre. C’est archi classique dans une dynamique de quête de RPG avec la rencontre de nouveaux ennemis quasi à chaque chapitre qui sont rapidement balayés tandis qu’on avance dans la découverte de ce qu’il s’est passé autrefois et qu’on va à la rencontre d’un autre allié. Mais malgré tout, c’est prenant. Pourquoi ? Parce qu’il y a une sorte de double grille de lecture, celle limite comique de ce héros un brin pervers et de ses compagnons tous plus loufoques les uns que les autres comme l’atteste leur surnom, et celle plus sérieuse d’une sorte d’escroquerie historique générale, les faisant passer pour les traîtres qu’ils ne sont pas. Alors forcément, ça donne envie de percer le mystère et de découvrir d’où sortent ces Chevaliers sacrés qui semblent les avoir bien mal remplacés.

Si je ne suis pas du tout fan du traitement des femmes de l’histoire, qui font trop damoiselles en détresse pour moi, même Diane avec sa force herculéenne fait trop femme qui tombe en pâmoison devant un beau héros… En revanche, j’aime assez le traitement, tout aussi classique je le concède, des héros avec leur part d’ombre et de mystère. Meliodas a un côté solide qui rassure et on se demande bien ce que cache son épée brisée et son tatouage qui apparaît quand il perd son sang froid. Ban est exactement le genre de loustic barré que je vais adoré grâce à son grain de folie et son allure badass classe. Par contre, les antagonistes copies des adversaires trop nuls des Chevaliers du zodiaque sont assez peu intéressants et seront assez vite oubliés.

Entre combats, brèves révélations sur le passé des héros pour susciter la curiosité, retrouvailles et humour sous la ceinture, Seven Deadly Sins a un charme suranné d’héroïc-fantasy à l’ancienne que je retrouve jusque dans les dessins et leur léger aspect « gravure », qui me séduit énormément. Tant pis, si c’est cliché ou prévisible, je m’éclate bien en lisant leurs aventures.

Tome 3

Dans le même genre, je lis aussi Fairy Tail en ce moment, mais pour le moment, je préfère largement le classicisme et surtout la narration plus solide de Seven Deadly Sins qui offre une histoire que je trouve plus complète et intéressante.

Avec ce tome, Nabuka Suzuki poursuit ses retrouvailles entre les Seven Deadly. On rit, on s’amuse de celles entre Meliodos et Ban, tant ces deux là sont fou. On grince plus des dents en ce qui concerne King qui arrive par la suite et qui a bien changé, car il révèle de sombres secrets de l’un d’entre eux. J’aime assez cette dynamique entre quête, humour et passé rempli de secret. L’auteur gère parfaitement ces changements de rythmes et d’ambiances, proposant une histoire au fond classique pour de l’héroïc-fantasy mais absolument pas bancal au contraire, on sent une mythologie assez solide derrière.

De plus, le mangaka développe des personnages vraiment attachants, en introduisant régulièrement des nouveaux sans jamais oublier les précédents. Seuls la princesse est encore un peu trop transparente au point qu’on l’oublie parfois, mais chacun des autres a trouvé sa place. J’aime assez le caractère foufou et loufoque de Ban, sa célèbre avarice et ce qu’elle implique et provoque chez les autres. J’aime également les indices que l’auteur sème sur Méliodas, ses pouvoirs et son passé. Il y a une belle dynamique dans le groupe, où on les voit se chambrer et où on les voit se rapprocher tranquillement. Tout cela crée une certaine proximité et une envie d’en savoir toujours plus.

Ainsi malgré une écriture banale pour ce type de récit où l’on suit les premiers héros aller à la rencontre et retrouver leurs anciens amis, pendant qu’un groupe rival leur met des bâtons dans les roues, l’histoire se révèle fort plaisante à suivre. Sans être palpitante, elle a un très bon rythme. Sans être originale, elle a des secrets qui intriguent. Sans être fine, elle a des personnages qu’on se plaît à suivre. C’est une très bonne surprise et j’aime beaucoup dans son genre.

Tome 4

Sans ses dehors classiques, j’aime beaucoup la façon dont les histoires s’agrègent les unes aux autres former une vaste fresque. La série a un rythme différent de bien des shonen actuels qui courent après les changements d’arcs et vont trop vite. Elle prend son temps pour développer un décor fantastique et chevaleresque solide qui me plaît de plus en plus.

Comme depuis le début, chaque tome est l’occasion de revenir sur les Seven Deadly et de consolider les retrouvailles de ses membres. C’est au tour de Ban et King ici sur lesquels on revient longuement tandis qu’ils sont dans la cité des morts en proie à la menace d’une chevalière sacrée de la nouvelle génération. Ainsi sous des dehors d’affrontement classique entre les gentils et les méchants, Nakaba Suzuki en profite pour développer ce qui unissait et unit les anciens héros sur le retour. C’est très bien fait.

La lecture se fait sans temps mort et en même temps ça ne va pas trop vite dans le sens que ça continue à tisser sa toile, à nous offrir mystères et réponses sur les Seven Deadly, qui ils sont et quels sont leurs pouvoirs. J’ai beaucoup aimé découvrir au début et à la fin de ce tome l’histoire de Ban et Elaine, qui bien sûr, n’a rien à voir avec ce qu’on aurait pu imaginer au début. J’ai été amusée également de découvrir l’identité cachée de King qui était assez imprévisible et j’adore le jeu de dupes qu’offre ce personnage. On nous glisse aussi de lourds secrets autour de Meliodas qui sont forts prometteurs et enfin on apprend que nos héros n’ont plus les reliques qui leur conféraient leurs gigantesques pouvoirs, ce qui va pouvoir ouvrir sur une nouvelle quête.

Cependant en parallèle, l’auteur n’oublie pas qu’il a entamé son oeuvre avec la Princesse et il revient vers celle-ci et le statut actuel de son pays ainsi que les forces qui y ont cours, ce qui permet de faire le lien avec les attaques passées et récentes subies pour nos héros, mais aussi de nous promettre un avenir sombre et violent entre eux. Tout est lié.

J’aime vraiment beaucoup la façon dont le mangaka développe son histoire entre petits moments épiques et savoureux qui viennent s’agglomérer pour former une vaste fresque plus sombre et complexe reliant tout ce petit monde et leurs enjeux à chacun. C’est une belle toile qui se tisse.

Tome 5

Seaven Deadly est une série qui exerce vraiment un charme fou sur moi. Pourtant, elle a des ressorts ultra classiques déjà vus et revus dans bien des shonens, mais ici c’est parfaitement exploité ce qui fait que le titre est parfaitement calibré. Ainsi, là où je trouve ça un peu trop rapide, simpliste et léger dans Fairy Tail, je trouve ça plus dense, drôle et sérieux ici, toutes proportions gardées.

Dans ce nouveau tome, les choses s’enchaînent encore rapidement mais continuent de contribuer à tisser une toile de fond sur le royaume dont sont originaires Elisabeth et les Seven. Ayant découvert précédemment que nos héros avaient égaré leur relique, c’est naturellement celles-ci qui deviennent le nouvel objet de leur quête et tant pis si l’équipe n’est pas au complet et qu’on n’a que 4 héros sur 7. Pour cela, l’auteur utilise un ressort qu’on adore mais qu’on retrouve dans presque tous les shonen remplis de nekketsu : le tournoi ! Et alors, là il s’en donne à coeur joie !

Si comme moi, vous avez été biberonné à DragonBall vous ne pourrez que noter les nombreux clins d’oeil qui parsèment les pages de ce volume. C’est hyper sympa de voir comment l’auteur les adapte à son propre univers. Le côté graveleux de Meliodas continue à fonctionner à fond grâce à une métamorphose surprenante des filles, mais qui reste dans la lignée de conte revisité qui est un peu le décor de la série. Cependant, on voit apparaître plus de sérieux aussi dans sa relation à celles-ci, ce qui touche. La bataille pour savoir qui est le plus fort de Ban et lui est aussi un très bon ressort à la fois comique et intense de ce tome, qui va offrir un combat titanesque, rappelant à font certains moments de DB. Le même comique sera présent quand ce sera au tour de King et qu’il vivra un match tel qu’on ne s’y attendait pas. C’est vraiment excellent avec une mise en scène percutante pleine de références savoureuses.

Mais en parallèle de cela, nous avons la volonté de récupérer la relique de Diane, trophée de ce tournoi, ainsi que la présence de plusieurs Chevaliers sacrés, leurs ennemis du moment et la préparation en coulisse d’un certain power-up des deux chevalières déjà affrontées précédemment. L’auteur prépare donc la suite avec doigté pour continuer à nous offrir une belle aventure, mélange de quête et de drames plus personnels, sur fond de combats acharnés. Un mélange qui me plaît beaucoup. De plus, je trouve le trait de l’auteur de plus en plus plaisant avec son côté « à l’ancienne » qui rappelle grâce à des ombres peu présentes, ou du moins pas par aplats, mais par crayonnés, ce qui donne de suite un charme « moyenâgeux » fort réussis et à propos ici.

Ainsi, là où Fairy Tail que je lis en parallèle peine à décoller et ne fait que me divertir brièvement, je suis à l’inverse bien plus prise par le cadre épique et chevaleresque de Seven Deadly qui bien que tout aussi classique a une profondeur et un charme que je ne trouve pas chez l’autre. Cette revisite des contes chevaleresque en mode chevaliers de la table ronde mais avec l’humour un peu sous la ceinture et bourrin des shonens est un mélange que je me surprends à aimer de plus en plus.

Tome 6

Seven Deadly Sins poursuit sur sa lancée plus que sympathique avec un nouveau tome qui va crescendo et ne reflète aucune baisse de régime. En s’appuyant sur les fondamentaux du genre, l’auteur propose une aventure enlevée et échevelée percutante à suivre même si très classique.

Nous avions quitté les héros en plein tournoi pour reprendre le relique sacrée de Diane, mais dans ce tome on enchaîne tournoi, attaques ennemis, retrouvailles et gros danger avec les pseudo chevaliers sacrés. Quel rythme ! Nakaba Suzuki ne mollit pas, au contraire, tout s’enchaîne avec beaucoup de fluidité et de facilité tant c’est bien imbriqué l’un dans l’autre. Les héros combattent ainsi quasiment non-stop et les petits tranches d’humour qui viennent s’intercaler sont des respirations agréables et non maladroites comme on pourrait le craindre.

Je me suis amusée dans cet arc de la revisite d’Alice aux pays des merveilles qui touche Diane et Elizabeth, tout comme je me suis amusée de celle du Chevalier Arthur et des tournois de chevalerie. Cependant, j’ai aussi été contente de retrouver un peu de sérieux. Un sérieux qui apparaît sous multiples formes, tout d’abord en continuant à nous instiller révélations et mystères autour du passé et des capacités de Meliodas, mais aussi en nous faisant recroiser des figures du passé des Seven Deadly, que ce soit un ancien compagnon de leur chef ou un de King. Cela se conjugue à merveille avec les combats qui s’enchaînent.

Ceux-ci répondant à un besoin classique d’hémoglobine au sein des shonen de nekketsu, sont pourtant à nouveau une revisite intéressante des romans d’aventure d’héroïc-fantasy. Ça m’a plu de voir des ennemies au féminin essentiellement dans ce tome, ça change. La menace vient des femmes, femmes chevaliers sacrées ayant été dopées aux pouvoirs de démons et souhaitant leur retour, femme royale avec la soeur d’Elizabeth souhaitant son retour. En tout cas, elles assurent à chaque fois, nous délivrant de belles phases de combat impliquant chacun des Seven, et nous proposant de belles émotions, notamment du côté d’Elizabeth et sa soeur.

Ce tome fut ainsi une lecture très variées et complète où cela va vite mais où pourtant cet enchaînement est hyper agréable car logique et pas forcé. Je n’ai pas le sentiment de précipitation que je peux avoir dans certaines séries plus récentes, ici j’ai l’impression que ça a été soit bien calculé, soit bien inséré dans la trame globale. Du coup, je me régale aussi bien des combats et de leur émotion que des mystères de Meliodas et j’ai hâte de poursuivre.

Tome 7

Je vais me répéter mais ce shonen d’aventure est vraiment exactement ce que j’attends d’un tel titre et l’auteur le prouve à chaque tome avec une régularité rare et un rythme qui se maintient sans faillir alors que l’histoire, elle, avance et continue de réserver des surprises.

Nakaba Suzuki nous offre un tome qui démarre sur les chapeaux de roue grâce au final explosif du précédent qui met en avant son héros Meliodas, qui jusqu’à présent bien que très présent, était un peu le petit plaisantin de service, l’autrice préférant mettre en avant les autres membres des Seven qui l’ont rejoint, mais c’est désormais son tour. Et quel tour ! On découvre un personnage très sombre, aux pouvoirs dantesques et à l’âme tourmentée, tellement tourmentée qu’il ne semble plus lui-même. Ça envoie du bois. C’est jouissif à voir. Les affrontements nous explosent au visage et nous envoie dans le décor, tout comme celui-ci qui implose sous nos yeux. C’est excellent dans le genre.

On est donc sous le choc, tout comme les compagnons du héros qui se demandent ce qu’il se passe. Cela pousse forcément à nous interroger sur l’identité et les origines de Meliodas et ses pouvoirs. Il y a forcément plus de mystères et de questions mais également plus de pistes évoquées. L’ensemble rappelle ce qu’on peut voir dans Black Clover avec son héros, l’auteur de ce dernier s’est donc fait plaisir à bien emprunter à Seven Deadly Sins.

La suite vient logiquement calmer le jeu après autant de tension explosive. Le mangaka relance l’histoire vers la quête d’un nouveau Seven, maintenant que Diane a récupéré sa relique, classique mais j’aime. On repart à la rencontre du peuple. On repart à la rencontre d’un ancien camarade. On repart à la rencontre de nouveaux pouvoirs et de nouveaux affrontements avec les Chevaliers sacrés. Une nouvelle fois, c’est une répétition d’un schéma déjà éculé dans la série mais ça ne dérange en rien car cela est bien fait et prenant, avec en prime un humour bonhomme qui amuse et met du baume au coeur.

En continuant sur sa bonne voie, la série amuse et passionne. Elle propose enfin une mise en avant de son héros et quand elle arrive, elle est explosive et laisse des marques. L’auteur maîtrise à merveille les codes du genre et propose ainsi une oeuvre solide et divertissante à souhait qui avance pas à pas vers ce qu’il souhaite raconter à savoir une quête d’héroïc-fantasy et une quête de soi. C’est fort réussi pour le moment.

Tome 8

Tome de transition après les moments explosifs du précédent, celui-ci se révèle riche en informations et éclairant quant aux manoeuvres de certains Chevaliers sacrés et à la menace qui pèse sur nos héros.

Nakaba Suzuki développe encore et toujours son histoire. Il introduit dans ce tome tout d’abord un nouveau Seven Deadly : Gowther, le bélier de la luxure, un jeune homme surprenant qui détonne totalement des autres mais également de son surnom, ce qui change. Il sera source à nouveau d’humour, permettant à l’auteur de se renouveler, mais également d’un combat qui nous produira une belle révélation. Avec lui, les héros repartent ainsi à l’aventure.

Une aventure, qui comme lors de précédent tome, a une double ligne narrative : celle de Meliodas et sa troupe qui trouvent sans cesse une nouvelle quête, et celle des Chevaliers sacrés d’Hendrickson qui mijotent quelque chose de vraiment sombre autour du retour des démons et ont besoin pour cela de certaines reliques à commencer par le bout d’épée volé à Meliodas mais pas que. Cela va réveiller à nouveau l’histoire, qui ronronnait peut-être un peu trop facilement autour de ces courts axes où les héros retrouvaient régulièrement un Seven dont on découvrait l’histoire. Maintenant place à une attaque frontale, cette fois de Meliodas, bien décidé à récupérer ce qu’on lui a volé.

Petit bonus de ce tome également, on continue à nous parler du passé et c’est celui de Meliodas et de Liz qu’on découvre, ce qui permet de donner un peu plus d’épaisseur au héros mais également à Elizabeth, la princesse qui l’accompagne désormais. L’auteur glisse et glisse encore tout plein de petits éléments, sur l’une des soeurs de celles-ci par exemple et les chevaliers de son royaume, qui viennent peu à peu épaissir tout cela pour notre plus grand plaisir, afin de donner une univers vraiment riche.

Ainsi malgré un tome moins explosif, celui-ci n’en est pas moins passionnant à lire, l’auteur sachant manier l’ensemble de ses personnages et des éléments vu précédemment pour bâtir une histoire riche et solide sur fond de quêtes, de retrouvailles, de mystérieux passé, de trahisons, de retour des démons. C’est vraiment vivifiant à lire et toujours aussi amusant par moment grâce à l’humour et l’attachement aux personnages que l’auteur a su créer en nous.

Tome 9

Que d’action encore, l’auteur nous gâte ! Avec ce tome où chaque clan passe à l’action, les combats sont partout et la tension monte de même, nous offrant un tome ultra énergique qui se dévore !

J’ai adoré cette suite où l’on voit Meliodas, Ban et Gowther partir à la rescousse d’Elizabeth dans le château du roi des Liones où les attendent les chevaliers sacrés menés par Henrickson. Bien sûr rien ne se passe comme prévu et on se retrouve à suivre de multiples combats qui nous amusent et nous font surtout vibrer.

J’ai aimé le foisonnement de personnages dans ce tome et pourtant la grande maîtrise de l’auteur pour jouer avec eux et passer d’une scène à l’autre sans qu’on ressente la moindre frustration mais qu’on y voie au contraire une progression. C’est fascinant. Jamais on ne se perd. Jamais on n’a le sentiment que c’est artificiel, que ça ne sert qu’à combler, non. Au contraire, cela permet de mettre en avant chaque personnage, chaque duo, chaque groupe.

Ainsi, on voit rapidement la Princesse et Hawk cherchant à s’évader et tombant sur la soeur de celle-ci. Ainsi, on voit King et Diane tenter de rejoindre les autres et Diane se faisant attaquer alors qu’elle est en mauvaise posture. Ainsi, on voit Ban et Meliodas lutter, tandis que Gowther part aider Diane et fait l’état de son talent. Mais surtout, on voit les chevaliers sacrés se diviser quand certains se rendent compte du peu de valeurs chevaleresques des membres de leur groupe. Ça sent la révolution !

Si en plus on ajoute, le personnage du Roi Arthur qui arrive ici l’air de rien un peu comme un cheveu sur la soupe mais qui vient ajouter à la confusion générale, cela donne des combats à tous les coins de rues avec des personnages régulièrement en danger, des menaces venant de tous les côtés, des alliances qui se font et se défont et une incertitude croissante au milieu de ces coups qui pourtant sont fort lourds voire fatals !

J’ai à nouveau adoré cette revisite classique et pourtant efficace des récits de chevaleries à l’ancienne. On y retrouve l’esprit de camaraderie, de sacrifice de soi et de dépassement, mais également les combats puissants et marquants et les idéaux qui peuvent changer les hommes et les femmes.

Tome 10

On ne change pas une formule qui gagne avec ce nouveau tome chargé d’action, qui après avoir mis en avant le beau personnage de Diane, nous révélera une nouvelle facette de son chevalier servant : King. Un tome émouvant et énergique.

J’aime beaucoup ce que l’auteur fait sur cet arc de l’attaque du château et du sauvetage d’Elizabeth. Sous couvert de cette mission, il en profite pour nous montrer encore un peu plus l’âme de chacun des Seven, une âme généreuse et altruiste, loin de l’image de bandits qu’on leur avait donné dans les rumeurs. On les voit se battre comme de beaux diables pour leurs amis, sauver des inconnus et se rebeller contre les forces obscures. Déjà vu, classique, vous me direz. Certes, mais le travail de l’auteur sur les personnages et le cadre est tel que c’est beau et passionnant à lire et à voir mettre en scène.

Il y a ici un travail très intéressant sur la perception et la construction de l’image du héros. Au début, les nouveaux Chevaliers sacrés croient vaille que vaille ce qu’on leur a toujours dit sur les Seven, mais en les voyant combattre l’opinion de certains vont changer et un retournement va se faire de manière émouvante.

L’autre enjeu du tome est de nous révéler encore un pan du passé et de la personnalité de King, autrefois Harlequin. Alors que je craignais ce flashback qui coupait le combat en cours, j’ai adoré celui-ci et la relation passée entre Diane et lui qu’il révélait, ainsi que sa relation à son peuple ainsi qu’à sa fonction. King prend une toute autre carrure et je peux désormais dire, que tout comme Ban, j’adore le personnage.

D’ailleurs Ban, qui est venu dans une toute autre optique que les autres, va être l’élément perturbateur de la fin du tome et sûrement de l’ensemble du suivant. Il est amusant de voir comment son désir se propose de se retourner contre lui, en mode fable biblique où rien n’est gratuit et tout exige une contrepartie, parfois terrible. J’ai hâte de voir ça, l’auteur ménage vraiment bien son suspense et ses promesses de futures tensions.

Avec un nouveau tome, encore riche en combats, l’auteur poursuit son attaque en règle du château mais surtout du nouvel ordre des Chevaliers sacrés qui nous réserve bien des surprises. L’occasion pour lui d’approfondir avec émotion ses personnages sur un plan toujours plus personnel et ainsi de démonter la fausse image que certains ont d’eux et de restaurer la pureté de l’image du héros. J’aime cette construction du mythe héroïque qui se joue sous nos yeux.

Tome 11

Quelle richesse à nouveau dans ce tome proposant une revisite intéressante et moderne du mythe arthurien et ses personnages dans le décor imaginé par Nakaba Suzuki.
Les influences se mélangent donc à merveille pour un tome rythmé et très riche où chaque personnage a son moment pour briller. Les combats si tu divinement mis en scène avec des pages magnifique notamment quand Meliodas se bat contre plusieurs d’entre eux.
L’histoire, elle, atteint la fin de son premier arc ou presque. Les Seven ont mené leur quête à bien en récupérant Elizabeth, libérant le roi, rétablissant la vérité sur leur compte, cédé leur place de mercenaires du roi à un nouveau groupe et en ravivant l’esprit chevaleresque dans la nouvelle génération. C’est extrêmement bien mené ce passage de témoin et ce basculement des « méchants » dans le camp des gentils. Rien n’est manichéen au final, tout est question de point de vue et de circonstances. J’aime.
Enfin il y a également ce faux air de fable arthurienne qui vient enrichir le tome à l’aide d’un Arthur plus candide que le vrai, ainsi que d’un ou plutôt une Merlin, bien différente de l’originale mais avec des pouvoirs bluffant aussi, et une Viviane aussi maladroite et malhabile que dans les contes. J’aime cette petite touche à l’ancienne revisité de manière drôle et cocasse.
Nakaba Suzuki nous a ici proposé un arc long et sérieux ne révolutionnant pas le genre mais se l’appropriant à merveille, avec des pointes d’humour bienvenue mais surtout de beaux développements sir les thèmes du héros et des méchants. Le retournement final nous promet encore de beaux moments ! 

Tome 12

Que de rebondissements encore dans ce tome peut-être encore plus explosif que les précédents où l’on s’écarte d’une forme de mythe arthurienne pour entrer dans une fantasy plus sombre avec des faux airs de Berserk.
On croyait la victoire acquise, c’était sans compter sur Hendrickson et ses désirs mégalo qui viennent tout compliquer et assombrir à nouveau. Il apparaît tel l’ultime boss des RPG à éliminer et envoie du lourd.
On retrouve avec les mêmes sombres créatures que dans certains titres de Dark fantasy, le tout à base de démons bien dégueu. Forcément ca pousse nos héros à se battre et ils donnent tout. Ça envoie du lourd à l’aide de coups bien lourds et destructeurs. C’est à nouveau percutant, dangereux et archi dynamique à lire.
Tout cela se fait certes sur fond d’expérimentations scientifico-magico-demoniaque, mais surtout nous sommes dans une très belle dynamique entre amitié et rédemption qui prend aux tripes. Les affrontements entre Ban et Meliodas, puis entre Hendrickson, Dreyfus et son fils, en sont les exemples parfaits.
Ce tome aura donc allié noirceur, combats, expérimentations et beaux moments d’amitié et de rédemption toujours afin de contrecarrer les plans de notre boss final en alliant tout le monde contre lui. Quelle belle histoire pleine d’héroïsme ! 

Tome 13

Véritable fin du premier arc de la série. Il aura été long et riche avec une belle écriture des personnages et de l’univers, un univers très chevaleresque, arthurien et plein de magie.
Cette fin, peut-être un peu rapide, repose sur le seul personnage de la série qu’il restait peut-être vraiment à développer : Elizabeth, et si on lui attribue un rôle classique pour une femme, je suis qyand même heureuse qu’elle prenne un peu d’épaisseur.
Finalement le Big Boss n’aura pas été si effrayant ni si compliqué à vaincre. Une fois les héros de tous bords unis dans ce sens, ils n’en font qu’une bouchée à l’aide de Meliodas qui, héros oblige, porte le coup de grâce. J’ai trouvé tout ça un peu facile. L’intensité retombe. On se rend compte qu’au final, l’important c’était d’unir et réunir tout le monde, c’est tout.
On le ressent d’ailleurs dans la seconde moitié du tome, où on prend plaisir à les voir réunis de relever ensemble, reprendre leur vie, reconstruire. C’est reposant et chaleureux, mettant du baume au cœur et on retrouve les petits privates jokes de la série qui rendent celle-ci si proche de nous.
Cependant l’aventure n’est jamais loin. Ainsi après cet arc consacré au sauvetage de Liones et à la rencontre des Seven, nous semblons nous diriger vers quelque chose de plus personnel, avec notamment Ban qui part faire sa propre quête en rapport avec son passé.
Tome plus calme, moins tendu, il offre bien que rapidement une belle fin au premier arc de la série, mettant en valeur les valeurs d’amitié qui la soutiennent depuis le début et offrant enfin un développement à Elizabeth. J’attends de la suite la même qualité voire plus ! 

Tome 14

J’avais fait une petite pause d’un mois avant de repartir à l’assaut de ce nouvel et quel excellent tome pour cela. L’auteur y brasse pêle-mêle, nouvelle menace, nouvelle quête, nouveaux amours. C’est passionnant !

J’ai adoré retrouver l’univers de SdS et le coup de crayon si bien étudié pour cette ambiance de fantasy médiévale. C’est un pur bonheur. De même, je me suis régalée avec son humour bas de gamme, bateau mais toujours savoureux. J’ai juste un peu de bal avec tous les tripotages et la manie de certains d’aimer les corps de gamines…

L’histoire repart donc de plus belle dans ce tome avec un mélange de tension due à une nouvelle menace et d’enquête avec la nouvelle génération lancée sur une piste pour comprendre ce qui s’est passé et ainsi éclairer le présent. Ça fonctionne super bien. L’auteur passé d’un groupe de personnages à l’autre, d’un lieu à l’autre, de manière hyper fluide. On tourne les pages et les pages sans s’en rendre compte.

Je sens que la nouvelle menace représentée par ces dix démons démons surpuissants qui viennent d’être libérés va me passionner, surtout que cela semble lié au passé de Meliodas et à ses secrets. A cela vient s’ajouter, l’enquête des jeunes chevaliers qui veulent comprendre ce qui a pris à leurs héros pour changer de camps. Cela donne une recette explosive que l’auteur nous présente à peine ici mais qui déjà passionne.

En plus, viennent s’ajouter les sentiments à fleur de peau des héros. Il y a Elizabeth qui réalise ce qu’elle ressent pour Meliodas mais voit plusieurs blocages sur son chemin entre le passé de ce dernier et ce qui semble se jouer en ce moment. Il y a surtout Diane qui a retrouvé la mémoire et qui partage les sentiments de King, mais celui-ci est absent. J’ai terriblement envie qu’il se dépêche de rentrer. Enfin, Ban reste fidèle à Ellaine et si j’ai du mal avec l’apparence trop jeune de celle-ci, il me touche quand même. Nakaba Suzuki écrit de bien jolies romances en devenir, ce qui est rare dans les shonen de nekketsu où celles-ci passent souvent à l’as et sont plus le fait des fanfictions des lecteurs que des écrits des auteurs.

Bonus, nous avons droit à un nouveau petit gimmick pour Hawk avec sa boucle d’oreille, rappelant le Scouter de DragonBall, et permettant de mesurer la force des hommes et femmes passant devant lui. Ça m’amuse déjà beaucoup !

Avec ce nouveau tome, l’auteur introduit avec beaucoup de dynamisme le futur nouvel arc de Seven Deadly Sins, un arc qui promet d’être centré sur Meliodas, son passé, ses mystères, et qui promet aussi de voir les sentiments des personnages mis à mal. J’ai déjà hâte !

Tome 15

Tome plus classique qui se veut quasiment exclusivement de baston avec cette double narration qu’on suit depuis le début entre Ban/King d’un côté et Meliodas et les autres de l’autre, qui se rejoignent quand la menace se fait commune.

J’aime voir l’auteur prendre son temps pour poser le cadre de ce nouvel arc, cette nouvelle menace, ces nouveaux développement, mais c’est vu et revu narrativement cet enchaînement de combats d’abord contre des sous-fifres de la nouvelle menace, avant d’affronter l’une d’entre elles.

Les combats cependant claquent toujours autant et voir Meliodas récupérer sa relique et sa capacité spéciale est chouette. L’auteur mélange ainsi attaques badass et développement des personnages. On a par exemple un Ban et un King, rois des fées, dont l’un récupère sa couronne tandis que l’autre montre sa foi en celle qu’il aime, et chacun fait beaucoup pour la forêt des fées. On a également un Meliodas dont le passé revient le hanter et qui en affrontant l’un des 10 commandements dévoile une force démoniaque mal maîtrisée et pas pleinement déployée.

C’est donc prometteur dans un sens, même si cette course à la puissance est un peu bateau. D’ailleurs, je dois dire que le petit gimmick d’Hawk avec sa boucle d’oreille évaluatrice de puissance a déjà fini par me lasser, et que je ne suis pas particulièrement fan de la révélation sur les origines de notre Bélier. C’était aussi un peu trop évident. Les facilités et emprunts aux autres séries sont un peu trop légion dans ce tome et j’y ai moins ressenti l’émotion du tome précédent ainsi que son souffle épique, tant c’était englué sous des combats qui se voulaient disproportionnés.

La dynamique de la série et de la narration de l’auteur est toujours là. Cependant, je dois avouer que l’habillage classique que ça prend en enchaînant les combats m’a moins emballé que le tome précédent où le mystère et l’émotion étaient plus présents. Là, c’est un peu plus bateau et prévisible…

Tome 16

L’auteur continue de nous faire mariner avant le grand affrontement avec les 10 commandements mais il le fait, je dois dire, avec un certain panache !

Alors que d’habitude, ça m’agace quand on nous fait poireauter avec des histoires pour combler les trous, je dois avouer qu’ici j’ai beaucoup aimé. Pourquoi ? Parce que l’auteur en profite pour remplir des vides de son histoire, à savoir le passé de Diane et le fonctionnement de la société des géants. Une excellente idée !

A l’aide d’un ressort scénaristique qui est loin d’avoir mon affection, l’amnésie, l’auteur en profite pour nous faire replonger dans le passé de Diane, après qu’elle ait rencontré King et soit repartie dans la société des géants. On découvre alors que ceux-ci sont divisés en clans, eux-mêmes employés comme mercenaires par différents peuples et que Diane est l’apprentie, très douée mais récalcitrante, de l’une de leur terrible chef.

J’ai beaucoup aimé parce que leur chef, Matrona est très charismatique, mais également parce qu’on nous propose une héroïne qui n’aime pas la guerre, qui n’aime pas se battre et qui va tenter à sa façon de lutter contre ce fait même si ça n’a rien de simple. C’est un choix assez original avec un shonen de nekketsu, genre où ça castagne à tout va. C’est en plus raconté avec justesse et émotion, l’auteur prenant son temps pour poser les caractères et les enjeux, ajoutant même un peu de drame de manière fort adéquate pour une fois.

De plus, il n’oublie pas la menace qui pèse sur le groupe et continue de développer celle-ci, revenant sur ce qui pourrait en être l’une des origines et également sur ses manifestations présentes sur la population actuelle. L’ensemble est donc très bien écrit.

Avec un tome qui ménage à nouveau le chèvre et le chou, Nakaba Suzuki m’a fait passer un très bon moment, me faisant même découvrir un peu plus un personnage que j’appréciais déjà mais que je trouvais un peu sous-développé et donc archétypal : Diane, avec une ligne pacifique qui m’a beaucoup plu. Quelle jolie série !

Tome 17

Quel conteur, ce Nakaba Suzuki ! Il fait lentement monter la tension et révèle tranquillement les secrets des uns et des autres avant la grande rencontre, c’est passionnant !

J’adore la facilité avec laquelle il met en scène son histoire dans ce nouvel arc, jonglant entre les passés et secrets des personnages, leurs nouvelles forces et l’attente d’un certain affrontement inéluctable. C’est délectable ! Dans ce tome, il nous fait tour à tour nous intéresser à Hendrickson et aux nouveaux chevaliers, à Diane et sa mentor, à Meliodas et ses acolytes qui vont s’entraîner chez les druides. J’ai adoré cette vivacité.

Je sais que le fond est classique mais que c’est plaisant aussi de voir un tel univers aussi bien écrit, au point que sa richesse devienne facile et hyper agréable à lire. Chaque bout m’a intéressée. Dans chacun, j’ai vu de l’émotion et une avancée de l’histoire et des personnages. C’est ça avoir du talent pour moi. A l’inverse d’un titre comme Fairy Tail, où c’est sympa mais où on sent que l’auteur force, ici tout semble facile et naturel.

Ainsi, j’ai été ravie et curieuse de l’intervention de Matrona pour aider Diane. Ainsi, j’ai aimé voir le chemin de rédemption emprunté par Hendrickson et la place que l’autrice accorde à la relève de nos héros avec Gil et Howzer. Ainsi, j’ai adoré suivre Meliodas dans son chemin de croix pour regagner ses anciens pouvoirs et apprendre à maîtriser sa colère dévastatrice.

En revenant petit à petit sur le passé de chacun, la série gagne vraiment en profondeur et intensité. Le passage où Meliodas retrouve celle qu’il a autrefois aimé était poignant, tout comme l’avait été celui de Diane avec sa mentor et ceux certes bref sur Hendrickson et ses chenapans. Je suis fan. Du coup, je comprends que tout cela débouche sur une confrontation normale entre King et lui où chacun révèle avec panache sa force magique et spirituelle sur fond de discours plein de vérités. J’ai hâte de percer les secrets de tout ce petit monde.

Avec talent, la série continue de me convaincre de plus en plus de sa solidité. L’auteur démontre avec panache que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Cet arc est décidément excellent et pourtant on est loin d’avoir atteint le climax, je sens. Pouvoirs, passé, émotion et danger font un très bon mélange 🔥

Tome 18

Les tomes précédents étaient là pour nous faire patienter et celui-ci l’est tout autant, si ce n’est encore plus, avec ce recadrage très fort sur Ban. J’ai été touchée par son histoire mais je ronge un peu mon frein ><

Après la grosse avancée du tome précédent, celui-ci fait un peu petit bras. On a bien les conséquences de la rencontre explosive de Meliodas avec les 10 commandements, qui fait bouger un peu tout ce petit monde, mais l’auteur se contente de distribuer le jeu sans nous montrer la donne de chacun.

On se retrouve donc plutôt à retrouver Ban qui est reparti sur les routes, toujours à la recherche d’un moyen de ramener son aimée dans le monde des vivants. Il est très émouvant pour cela et en même temps, son duo avec Jericho est très tendre et amusant, car il la charrie sans cesse, tandis qu’elle tombe de plus en plus amoureuse de lui en voyant ses bons côtés. J’aime beaucoup.

Le petit focus sur un épisode de son passé, tout comme y avait eu droit ses camarades, est émouvant, mais contrairement à ces derniers, j’ai trouvé celui-ci plutôt anecdotique, ne permettant pas vraiment de creuser le personnage ou de faire avancer l’histoire. On reste sur une ligne scénaristique déjà connue.

C’est plutôt l’événement des dernières pages qui vient réveiller le tout et faire le lien entre lui et les 10 commandements, nouvelle menace qui nous occupe. Même si on sent fortement l’influence de DragonBall comme dans bien des passages de l’histoire (ah, comme je n’en peux plus de cette mesure des forces !), la résurrection, puis le combat maladroit, et l’arrivée des vrais antagonistes, tout cela se goupille très bien dans un récit dynamique et émouvant, mettant bien à l’honneur ce personnage, encore un peu en retrait dans cet arc par rapport aux autres membres du groupe.

Étant fan de Ban depuis le début, j’ai été ravie de voir arriver ce tome plus centré sur lui. Cependant, je dois reconnaître que son développement, ou plutôt l’absence de celle-ci tant c’est linéaire avec ce qu’on connaît de lui, est un peu plus fade que celles des autres personnages. J’ai passé un bon moment mais j’aurais peut-être aimé avoir quelque chose de plus. J’ai espoir que ça vienne dans le prochain tome avec son affrontement de deux des 10 commandements.

Tome 19

Quel tome riche en événements, actions, révélations ! Je n’arrête pas de comparer Seven Deadly Sins a d’autres shonen équivalent que je peux lire : Fairy Tail ou Black Clover et je trouve ces derniers infiniment plus lisses et faibles par rapport à lui. Sous ses dehors très classiques, SdS est en fait très bien construit et développé, ce que l’auteur prouve à chaque tome.

Je me suis ainsi régalée ici avec cette valse des personnages et des actions. Tout a commencé, comme promis, par la suite de l’histoire de Ban et le rendez-vous fut tenu. J’ai beaucoup aimé son affrontement avec deux des 10 commandements. C’était intense, bien pensé, vraiment parfait pour montrer à la fois les pouvoirs et le caractère du personnage, avec même une petite dose de suspens bienvenue ! Et cerise sur le gâteau, il ne fut pas le seul personnage mis en avant. J’ai beaucoup aimé l’éclairage très humain fait sur Jericho, qui montre que l’auteur sait également travailler des personnages qu’on pensait au début totalement anecdotique dans l’histoire, mais qui peu à peu gagne une belle aura. C’est très joliment fait et pensé, et Jericho est un beau personnage, touchant dans son amour altruiste.

Puis, on a ensuite fait la rencontre du dernier Seven Deadly, le Lion de l’orgueil et qu’est-ce que j’ai ri en le découvrant. J’adore le contre-pied de l’auteur. Quelle astuce ! Quel humour ! Il arrive à point nommé dans l’histoire après avoir été rapidement introduit par Meliodas et nous offre d’emblée un beau combat pour nous montrer ses pouvoirs et particularités. Un personnage que j’aime déjà !

Mais ce n’est pas fini, on revient ensuite à la fois aux Seven Deadly qui sont encore ensemble et à Diane, qui se retrouve de son côté avec sa mentor : Matriona. L’auteur tisse  merveille sa toile, utilisant les Commandements comme vecteur pour rassembler ce petit monde qui s’est éloigné. Ils les nouent d’autant plus serrés que des liens évident naissent entre eux, les antagonistes répondant aux héros. C’est assez fascinant. J’ai ainsi beaucoup aimé les révélations sur deux des dix Commandements, qui m’ont assez surprise.

Mais pour revenir à Diane, c’était un pur plaisir de la voir aux côtés de sa mentor et de constater l’évolution de cette dernière qui commence à ressembler bien plus à l’idéal de Diane. On est émue par leur relation à toute deux et par cette transformation, qui rapproche la géante des humains tant décrier, ce qui est parfait à l’aube de la guerre qui s’annonce, où ils auront bien besoin de son aide. J’aime le discours de l’auteur sur le rapprochement des peuples, sur les familles de coeur, sur les liens affectifs qui se nouent à force de circonstance. Ça me parle.

Seven Deadly Sins est donc pour moi un shonen de haute volée qui s’affirme de tome en tome. Je l’ai tellement vu décrié à une époque par certains voyant dans l’auteur un vil copieur, que je suis surprise de lui trouver autant de qualité. En fait, il fait clairement parti de mes shonens de nekketsu préférés à l’heure actuelle. J’aime l’écriture de l’histoire dans ce cadre de fantasy médiévale. J’aime l’écriture sensible des personnages. J’aime la dynamique et le sérieux dont fait preuve l’auteur dans l’écriture d’un scénario de plus en plus solide. C’est vraiment une très belle découverte.

Tome 20

Après tous ces développements sur les différents membres des Seven, on arrive classiquement à une phase de combat sous forme de tournoi cette fois et j’avoue que c’est amené de manière assez amusante avec cette mise en bouche labyrinthique.

Une fois de plus Nakaba Suzuki recycle avec brio des classiques des shonens d’action. En effet, quel grand titre de nekketsu n’a pas eu son tournoi ? C’est un peu un passage obligé. Mais pour y parvenir, il a eu l’idée judicieuse et rigolote de faire passer les candidats pour le filtre d’un labyrinthe fabriqué par un géant. Ce fut parfait pour dynamiser ce tome fait pourtant pour nous faire patienter entre deux révélations et leurs conséquences.

J’ai bien aimé suivre les différents groupes, séparés, puis rassemblés selon les aléas de cette première épreuve. Ce furent l’occasion de belles retrouvailles au sein des Seven, que ce soit entre Diane et Elizabeth ou entre Ban et Meliodas. Le mangaka n’en fait pas des tonnes mais ça sonne juste à chaque fois au milieu de ce qu’ils ont à affronter. J’ai de plus été ravie de voir l’ensemble de nos seconds couteaux présents, de la nouvelle génération, en passant par Hendrickson, Matriona ou les Seven.

On n’est pas épargné non plus en révélation et nouveaux liens entre les différents groupes. Si on savait désormais qui se cachait derrière cette grande carrure de Commandement, je n’avais pas deviné pour l’identité du second et ça en dit long d’avoir ainsi des « ancêtres » de Diane et King réunis, tandis que les modalités du tournoi les réunissent également même si Diane n’a pas retrouvé la mémoire. Ça promet ! Le tournoi n’a pas commencé que déjà on frétille face à ces duos formés astucieusement et les promesses de danger des antagonistes.

Ah et j’oublie, il y a aussi une phase assez rude pour ouvrir le tome avec les chevaliers de la troupe de Denzel, où entre révélation conséquente, on a pu admirer leur atrocité sans commune mesure. J’aime trembler comme ça !

Pour finir, ce tome nous permet d’attendre avec beaucoup de saveur, non seulement grâce aux nombreuses retrouvailles qui l’émaillent et qui montrent l’importance que l’auteur attache à ses personnages, mais également grâce aux références graphiques et scénaristiques qu’il regroupe, dont DragonBall et Hunter x Hunter, bien évidemment. Mais la plus forte est celle de Berserk, monument de la dark fantasy, qu’on retrouve invoqué avec force lorsque l’arène des futurs combats est créée et qu’on lui donne l’apparence de deux paumes tendues vers un ciel bien sombre. Un an après la mort de Miura, alors qu’on va bientôt avoir entre les mains le tout dernier tome qu’il a écrit, cela a une saveur très particulière.

Tome 21

Ça y est nous voici entré comme promis dans une phase tournoi des plus classiques, mais comme vous le savez, avec Nakaba Suzuki classique ne veut pas dire ennuyeux, loin de là, et cet épisode fut très fun à lire.

Je savais que je tomberais tôt ou tard sur ce type de tome avec ce que je connais maintenant de l’auteur, je ne le redoutais pas, au contraire. En effet, on voit qu’il s’amuse lors de ce genre de passage obligé à nous offrir autre chose, déviant ainsi de l’objectif original.

Dans ce tournoi, nous avons d’abord beaucoup d’humour. Un humour présent par la composition des équipes, mais également dans la mise en scène des combats, celui de Ban et Meliodas en étant un parfait exemple. Qu’est-ce que j’ai ri en les voyant se disputer pour savoir qui était la meilleure physiquement entre Ellaine et Elizabeth pendant qu’ils donnaient des coups involontaires à leurs adversaires. Le duo Ellaine – Elizabeth était aussi assez improbable, ça offrait une bonne mise en bouche.

Car la suite fut plus complexe, avec de l’émotion et des combats plus longs. On d’abord eu les retrouvailles attendues entre Diane et King, retrouvailles différentes de ce qu’on aurait pu imaginer mais qui leur ont très bien correspondu et leur auront permis de repartir sur de bonnes nouvelles bases. De la même manière, nous avons eu un focus intéressant sur Gowther, celui dont on vient d’apprendre le secret caché, et son combat contre le petit nouveau des Seven était donc intéressant, surtout avec l’attaque surprise d’Escanor à la fin.

En plus, l’auteur ne les enferme pas dans leur petit monde. Il n’oublie pas qu’il y a une vie en dehors de ces lieux et en retournant du côté de Dreyfus et Denzel, on apprend ce que font les autres Commandements, notamment dans les villages / villes du coin et à Camelot, ce qui nous prépare astucieusement pour la suite.

Avec un procédé archi classique dans les shonen nekketsu, le mangaka nous offre encore un tome plein de souffle, d’action et d’émotion twisté avec un humour et un décalage dont il a le secret pour rendre cela toujours aussi fun. J’ai aimé suivre les différents duos et j’ai hâte de poursuivre leurs aventures.

Tome 22

Annoncé comme un tome charnière dans la série, celui-ci a parfaitement su tenir ses promesses, même si c’était surtout un gros combat fort classique avec grosse montée de puissance et beaucoup d’intensité.

J’imagine que les fans de grosse baston ont eu beaucoup de plaisir à lire ce tome, parce que l’auteur offre un bon gros climax à Meliodas face aux 10 Commandements. Pour ma part, même si j’ai trouvé ça sympa, je n’ai pas vibré plus que ça non plus, car c’est un passage un peu obligé dans ce genre de titre et que pour une fois, l’auteur n’apporte pas grand-chose en plus de d’habitude.

Certes, on a un affrontement très bien mis en scène, où d’abord Meliodas affronte deux d’entre eux avec une belle virtuosité, montrant son talent pour prévoir leurs mouvements et les bloquer à tour de rôle pour n’en affrotner qu’un. C’est un très beau ballet qui en plus gagne en intensité au fur et à mesure des coups échangés. Puis quand cela devient un peu trop évident et facile, l’auteur sait compliquer les choses en multipliant les protagonistes, en faisant monter la tension et la puissance de ce combat. C’est très bien pensé.

Pendant qu’ils se battent, nous avons droit également à des échanges nous révélant le passé et l’identité secrète de Meliodas, mais on avait eu tellement d’indices avant que ce n’est pas vraiment une surprise. C’est un peu ce que je reproche à ces chapitres, rien ne vient me surprendre, tout est attendu. Ainsi même quand les Seven subissent leur plus gros revers, je ne suis pas bluffée et je me doute bien que ça ne va pas durer sinon il n’y aurait pas tant de tomes derrière. Je ne peux donc pas saluer l’audace de l’auteur puisque ce qu’il a osé faire ne sera pas permanent, ce que je regrette, car j’aime quand c’est noir, intense et ravageur sans retour possible.

Cependant, j’ai passé un très bon moment quand même. J’ai aimé voir Meliodas se battre ainsi pour tous. J’ai aimé les nombreux clins d’oeil à d’autres shonens cultes. Là, par exemple, c’était fun de les voir observer les combats à l’aide d’une boule de cristal comme on a pu voir dans DragonBall. J’aime aussi les designs des personnages qui me rappellent le travail de Toriyama ou encore d’Arakawa. J’aime les références à la culture japonaise comme avec ce samourai sans nom rappelant Miyamoto.

J’ai compris en le lisant pourquoi ce tome avait marqué tant de lecteurs car il correspond à raison à un moment charnière de la série avec des événements très intenses et lourds de sens. Cependant, je ne suis peut-être pas aussi emballée que la majorité, me contentant de trouver cela fort sympathique à lire mais classique et sans surprise, ni conséquences sur le long terme. J’ai déjà lu des tomes qui m’ont plus remuée et touchée, surtout, dans la série. Ici, je retiendrai juste le très beau moment Ban-Meliodas symbole d’une amitié indéfectible.

Tome 23

Alors qu’on m’avait annoncé une grosse dinguerie sur le tome précédent, c’est peut-être celui-ci qui m’a le plus plu des deux, grâce à tout ce qui s’y produit !

En effet, après la défaite de Meliodas et Ban la dernière fois, les Commandements ont pris le pouvoir et font régner la terreur. Grâce à un savant bond dans le temps, on retrouve nos amis quelques mois plus tard, en train de résister contre ce rouleau compresseur qui sème la terreur partout.

J’ai beaucoup aimé la dichotomie des ambiances ici. On a quelque chose de totalement désespéré au sein de la population qui se fait décimer. Et pourtant en même temps, l’espoir est toujours là, à l’image d’Elizabeth qui fait vivre la taverne de son cher Meliodas, mais également à l’image de nos chevaliers restant qui luttent et luttent encore, parfois même avec panache comme notre cher Lion de l’orgueil qui affronte avec fougue ceux-là même qui ont mis à mal Meliodas. Des moments passionnants !

J’ai beaucoup aimé cette coupure qui permet de vraiment sentir la menace et le désespoir. J’ai aimé le changement de rythme avec l’introduction de nouveaux personnages, ou plutôt la mise en avant de personnages tout juste cités avant, pour ainsi creuser encore et toujours les relations entre les héros. Ainsi, ce qu’on apprend sur Meliodas et Elizabeth et la théorie qu’on peut en tirer m’a ravie et touchée. J’aime également l’introduction des divinités face à nos démons, ça ouvre tout un nouveau pan et je foisonne d’idées pour la suite maintenant.

Il y a une vrai fougue sous ce désespoir qui fait bon à voir. On n’est pas seulement dans des affrontements bourrins, mais dans le développement d’une histoire où tout va mal, où les ténèbres s’étendent et où les héros luttent encore et encore. C’est une dynamique que j’aime beaucoup et qui a tendance à m’emporter surtout avec des personnages aussi forts qu’ici. Ah, comme j’ai aimé Escanor !

Alors qu’il n’est pas aussi épique que le précédent, j’ai trouvé ce tome passionnant car l’auteur y déploie toute la toile de son intrigue et nous montre les nombreuses ramifications qui y existent et qui semblent se rapprocher pour tisser une toile bien serrée. J’adore ce mélange de noirceur et de désespoir contrecarré par la lumière et l’espoir apportés par nos héros.

Tome 24

Nouveau tome très dynamique, plein de petites histoires, de combats et actions permettant à l’histoire de gagner en intensité et profondeur tandis que ce conflit contre les 10 Commandements gonfle et gonfle sur fond de transformation dramatique de Meliodas.

Décidément, Nakaba Suzuki sait comment raconter une histoire ! Il tisse ici je ne sais combien de fil pour nous proposer une intrigue de plus en plus dense. Utilisant le retour de Meliodas comme marche-pied, il nous propose une histoire à mi-chemin entre la lutte contre les démons et le moment où un héros succombe à la noirceur. J’aime beaucoup.

J’ai vraiment beaucoup aimé la dimension moyenâgeuse de ce récit où l’on retrouve ici des troupes armées en proie à l’attaque terrible de démons qui ménacent leur vie, celle de leur famille et leur royaume également. Cela me rappelle bien des contes et récits de cette époque ! Et je ne le dirai jamais aussi mais le trait très fin du mangaka avec un vrai et riche travail sur les décors est vraiment un plus dans cette ambiance. Ce côté très triangulaire et rond à la fois de son trait rend à merveille. Je suis fan par exemple de ce qu’il y a sous la jaquette à chaque tome.

Mais pour revenir à l’histoire, c’est tendu et passionnant donc de voir les personnages secondaires face à la menace de deux des 10 Commandements, avec un déséquilibre de force tellement important, que seule l’arrivée de personnages providentiel pouvait renverser. J’ai apprécié que ce soit les parents de notre nouvelle génération de chevaliers sacrés qui s’y collent. L’auteur pense vraiment à développer tous ses personnages, c’est chouette ! On est ainsi très émus par ces duos, trios, de père-fils, mentor-élève. J’ai apprécié ainsi de les suivre sur le chemin de la rédemption, à l’inverse d’un Meliodas qui lui semble sombre dans les ténèbres depuis son retour.

Nous avons donc à nouveau droit à des combats multiples et variés parfaitement orchestrés pour mettre en valeur chacun des personnages invoqués à tour de rôle. Ils brillent par leur courage, sacrifice et abnégation, ce qui forcément ne peut que parler à des lecteurs amateurs d’âme héroïque mais pas parfaite comme moi. J’ai aimé les voir vouloir se racheter même quand ce n’était pas leur faute au fond.

Du coup, l’arrivée de Meliodas a été un peu comme un cheveu sur la soupe dans ce combat et ce n’est pas vraiment sa force qui m’a intéressée mais plutôt sa transformation due à son retour parmi nous. Cependant avec lui et Merlin également de retour, le groupe est de plus en plus complet. On est donc prêt à s’engager dans la bataille. On sent que l’auteur réussit les forces de ces héros pour cela et il le fait même jusque dans les petites histoires qui accompagnent les fins et/ou débuts de chapitre, comme avec Diane et King. Que j’ai hâte de tous les revoir réunis !

Associant menace, combat, rédemption et difficulté à rester dans la lumière, la bataille de nos héros contre les 10 Commandements dure et est bien rude. Elle les met à mal et nous passionne, nous. J’ai adoré retrouver notre fine équipe presque au complet. J’aime le lent basculement de Meliodas qui correspond également à l’approfondissement de l’univers de la série. C’est très bien pensé.

Tome 25

Je parlais d’approfondissement de la série, je n’étais pas au bout de mes surprises. Avec ce tome 25, l’auteur nous embarque dans les coulisses de son histoire à un moment où on ne s’y attend pas et la digression est tout autant savoureuse qu’explosive.

En effet dans le tome précédent, on retrouvait un Meliodas qu’on pensait mort et qui repartait au combat aux côtés d’Elizabeth, tandis que ces anciens alliés étaient déjà sur le terrain, manquaient juste à l’appel Diane et King. Nous avons la réponse quant à cette absence ici.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur m’a surprise en m’emmenant 3000 ans plus tôt lors de cette grande guerre dont on n’arrête pas de parler mais qu’on connaît si mal. Il étoffe ainsi grandement sa série, nous dévoilant les différents peuples qui cohabitaient alors sur Terre, leurs relations, les tensions entre les différents groupes, les différentes forces, etc. C’est passionnant. Suivre cela, en se calant en plus dans les pas de Diane et King qui ont investi les corps de leurs aînés, est une chouette trouvaille. Cela permet d’avoir le même regard vierge sur cela que nous lecteurs.

On apprend beaucoup de choses sur cette guerre. On a de belles surprises du côté de la forêt des fées, du peuple des déesses et même des 10 Commandements. C’est rythmé, drôle et entraînant comme sait le faire l’auteur, mais également touchant avec des duos connus mais toujours aussi précieux à retrouver. J’aime assez cette ambiance, anciennes incarnations de nos héros, qu’il y a dans ce moment. Après le tome est rempli de combats. Parfois des combats juste pour des combats. C’est bien mis en scène mais je trouve toujours ça un peu facile. Heureusement qu’il y a de jolies magouilles en coulisses avec des personnages inattendus.

Nouveau tour de force de Suzuki, avec ce tome surprise qui nous embarque là où on ne l’attend pas, 3 000 ans en arrière à un moment phare de l’histoire de la saga, approfondissant grandement l’univers avec intelligence. Il prouve encore la solidité de son écriture et c’est un régal.

Tome 26

Je savais que j’aimais les flashbacks, mais décidément j’adore cette plongée dans le passé de la saga et la façon dont l’auteur s’en sert pour nous faire découvrir avec émotion qui sont certains personnages restés dans l’ombre.

La guerre entre les 10 Commandements et le regroupement des Déesses, Géants et Fées se poursuit avec vigueur, mais là n’est pas vraiment le sujet. Tandis que l’auteur alterne les combats et les points de vue pour rendre ceux-ci dynamique, mettant tour à tour en avant les manigances de chaque camp à travers des personnages troubles, autre chose se joue. J’aime suivre les combats qui sont prenants. J’aime voir que tout n’est pas blanc ou noir mais bien plus complexe. Il y a une très belle mise en avant d’Elizabeth comme arbitre, qui correspond bien à son rôle dans le présent au final, et lui donne enfin une aura et une présence qu’elle n’avait pas. Bien sûr, c’est un peu culcul comme façon de procéder, comme si le pardon pouvait tout résoudre et tout faire oublier, mais je préfère ce genre de discours à celui de son Archange qui tue arbitrairement et utilise même des innocents pour ça.

Nous avons donc une première partie assez riche, avec une belle réflexion sur la guerre, de belles interventions et évolutions de personnages, des pouvoirs en pagaille et donc des combats qui claquent. J’ai déjà adoré cela et pourtant, je n’étais pas préparée à la suite qui est encore meilleure.

La guerre est générale, il n’y a donc pas qu’un seul front et l’intelligence de l’auteur est de mettre autant d’émotion et de révélation d’un côté que de l’auteur pour vraiment emporter son lecteur et enrichir son univers. Après avoir découvert les Déesses avec Elizabeth et le pouvoir ultime des 10 Commandements avec ceux qu’elle affrontait, place aux humains, aux fées et à Gowther de l’autre côté. Depuis le début, celui-ci m’intrigue mais je le trouvais complètement sous-exploité, c’est totalement corrigé ici, avec une très belle fable à la Pinocchio autour du rapport à son créateur et aux émotions, qui m’a soufflée. J’ai adoré découvrir ses origines et le pêché qui l’a conduit à devenir le Bélier de la luxure. C’était déchirant. En plus, l’auteur se débrouille pour marier cela au destin tragique de l’ancien Roi des fées et de sa soeur, pour créer un monde d’incarnation, réincarnation, juste saisissant et terriblement émouvant où Gerharde, remplace la soeur de King, et où un humain est le sosie de Ban. J’ai a-do-ré !

Je pensais avoir mon climax de la série dans les tomes précédents avec les révélations sur Meliodas, mais au final l’auteur se réservait encore pour cet approfondissement de son univers qu’il nous livre, qui aussi riche du point de vue des émotions, que de la construction des personnages et de la mythologie, avec en prime un récit de moins en moins manichéen. C’est fascinant à suivre. 

Tome 27

La couverture l’annonçait, nous l’avons, voici enfin la réunion des Seven Deadly Sins au complet ! C’est donc un tome au ton doux-amer, plein de retrouvailles mais empreint aussi d’un peu de tristesse parce qu’on sent qu’on va entrer dans le dur du dur et que ça va faire.

Fin du flashback dans la Guerre Sainte d’il y a 3 000 ans, l’auteur nous ramène de manière assez logique dans le présent avec des héros qui font des choix différents de leurs ancêtres, ce qui leur servira assurément dans le présent. On en aura appris des choses mais il reste encore bien des mystères et j’espère qu’on les percera prochainement.

La suite se veut plus tranquille et classique mais renferme aussi beaucoup de choses. Il y a d’abord le plaisir des retrouvailles de toute la troupe et on sent combien l’émotion est forte. Cette émotion, on a ressent également dans certain duo, comme celui entre King et Diane qui trouve sa concrétisation, ou bien dans celui entre Diane et Gowther qui permet à ce dernier d’enfin se trouver. C’est plein de joie de vivre et ça fait du bien d’avoir aussi ce genre de moments, permettant d’oublier un temps la guerre, pour se retrouver, forger de nouvelles relations, inaugurer une nouvelle auberge.

Mais les problèmes ne sont jamais loin et passé ces séquences émotions forts bienvenues, les tiraillements reviennent vite, portés notamment par pas mal des non-dits de l’épisode précédent. Cela commence avec Merlin qui va titiller l’ennemi car elle a un grand besoin de veiller sur Arthur dont le pays est en danger, parce que c’est lui qui a été annexé. Cela se poursuit avec Elizabeth qui tente de tirer les vers du nez à Meliodas mais échoue. Cependant le destin fait des siennes et c’est autrement qu’elle va avoir ses réponses. Pas de surprises pour nous, je pense qu’on avait tous à peu près compris depuis le temps, mais on a hâte d’en voir les conséquences.

Bonus, c’est un vrai plaisir de voir King gagner enfin ses ailes et j’aime toujours autant les petits historiettes qui occupent parfois l’espace entre les chapitres ou à la fin. Elles sont à la fois drôles et instructives, ce que je n’ai pas assez souligné auparavant.

Tome de transition plus tranquille, moins prenant et moins puissant, il se dégage cependant une belle émotion et j’ai vraiment aimé retrouver la fine équipe au complet et toutes les dynamiques que cela implique surtout après les évolutions qui ont eu lieu. C’était touchant et charmant. (Vive King et Diane !)

Tome 28

Malgré un scénario que l’auteur semble vouloir complexifier, j’ai senti une petite baisse de régime dans ce tome où l’émotion et l’action m’ont moins embarquée, sans que je sache bien expliquer pourquoi.

C’est le temps des révélations sur Elizabeth et Meliodas. Depuis le temps qu’on attendait des explications, ils sont enfin là et ne déçoivent pas par la profondeur de ce qu’elles révèlent de la relation de ces deux-là à travers les âges. J’ai beaucoup aimé le revers de destin dont ils souffrent, qui correspond en plus à leurs bonnes actions mal interprétées par les puissances supérieures.

Cependant je dois dire que la mise en scène pour en arriver là m’a un peu laissé sur le côté. Je n’ai pas réussi à trouver le ton juste. Il y avait un décalage maladroit. Les voir aussi repartir brusquement en guerre contre les 10 Commandements m’a fait bizarre après tout ce temps. Alors que pourtant ils sont invoqués, je peine à percevoir les enjeux et je reste avec ce qu’on a juste en face qui me satisfait moyennement.

Pourtant, je trouve émouvant de les voir se battre tous ensemble, avancer tous ensemble, se défendre tous ensemble et aider chacun des couples en péril de l’histoire, même si tout semble un peu vain. On se doute bien sûr qu’on aura droit à un grand miracle pour chacun d’eux, c’est peut-être ce qui gâche un peu la dramaturgie souhaitée. Du coup, j’ai trouvé le tome un peu longuet, moins dynamique, moins drôle et moins émouvant que d’habitude. Il faut dire aussi que je ne suis pas une grande fan du couple Meliodas-Elizabeth, du moins dans cette incarnation, ce qui n’aide pas. Donc après tant de belles révélations et écritures de personnages, le soufflet retombe un peu.

On m’a prévenue que les fans aimaient moins la série dans cette seconde moitié. Je ne comprenais pas dans les précédents que j’avais trouvé parmi les meilleurs. Mais si la suite est à l’aune de ce tome, je peux comprendre qu’ils trouvent la série moins accrocheuse. Il manquait clairement quelque chose dans l’écriture de ce tome, notamment du côté du couple phare qui ne fonctionne pas avec moi et de la quête des héros qui n’est pas assez appuyée mais plutôt prétexte pour le moment. A voir comme l’auteur redresse la barre.

Tome 29

Même si je ne retrouve pas encore pleinement la saveur des tomes précédents car nous sommes sur quelque chose de bien plus classique et déjà vu actuellement, j’ai tout de même repris du plaisir avec un tome épique et tendu où chacun de nos héros est impliqué dans le combat qui se joue.

L’ouverture de ce tome m’a déstabilisée. Le précédent m’avait tellement peu marquée que je ne me rappelais déjà plus du duel Meliodas-Escanor, alors que ce sont pourtant les deux plus forts des Seven Deadly et que leur combat a quelque chose de titanesque. Heureusement, la suite nous replonge vite dans l’histoire et on a le souffle coupé du début à la fin tant les péripéties et luttes s’enchaînent.

Il y a ainsi une sorte de montée en puissance dans les combats et les enjeux de la part de l’auteur, une montée fortement inspirée de DragonBall dont on retrouve de plus en plus de gimmick ici, au point que cela en est gênant parfois. Heureusement l’attachement aux personnages et à l’univers jouent à fond, ce qui fait qu’on pardonne ces maladresses qu’on pensait pourtant ne pas trouver ici.

J’ai donc aimé le duel de Titans entre Meliodas et Escanor, celui-ci donnant tout ce qu’il avait avec les répercussions que cela peut avoir ensuite. J’ai trouvé intéressant de vraiment sentir cette peur inspirée par Meliodas qui devient la première menace des Seven Deadly désormais et l’homme à abattre et/ou à récupérer de l’autre camp. Il est enfin réellement au centre des enjeux ce qui n’était pas trop le cas avant au final. L’auteur a donc bien amené ce climax qui semble annoncer le dernier arc de la série. Sous des dehors très manichéen, le titre est donc autre, avec un héros se transformant en antagoniste et des antagonistes qui ne semblent pas si libres que ça de leurs désirs et de leurs actes. C’est très intéressant.

Après pour l’amateur de gros combats épiques, il y a de quoi être servi puisqu’on enchaîne avec l’ancien maître de Meliodas après Escanor et que nos héros n’ont absolument pas le temps de souffler. Ils sont sans cesse sous pression, chacun d’eux, que ce soit Merlin qui tente de tout garder sous contrôle avec sa magie ou le trio Diane-King-Gowther qui est le seul encore en état de faire quelque chose alors que ce sont les plus faibles de la bande. Quant à Ban, il est en pleine crise existentielle, se sentant inutile. L’auteur ne lambine pas et offre donc une ligne de scénario à chacun dans ces combats qui se jouent et où il faut tout faire pour protéger et ne pas perdre Meliodas qui pourrait basculer à tout moment.

C’est du coup très dynamique à lire puisqu’on n’a pas le temps de souffler qu’un danger succède à un autre. On voit également une belle symbiose entre nos héros et leurs liens toujours plus serrés, mais l’auteur laisse aussi la place à chacun d’évoluer. La menace, elle, vient de là où on l’attend mais connaît un petit twist supplémentaire pour lui apporter de la noirceur et les surprises continuent à être au rendez-vous avec une dernière surprise inattendu pour venir à la rescousse de nos héros.

Alors même si j’ai beau regretter des emprunts un peu trop appuyé et un léger manque de quelque chose sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt, je dois quand même reconnaître que formellement la série reste très bonne. L’auteur exploite à fond son univers et ses personnages, n’en oubliant aucun, nous proposant même de rapide coup d’oeil, l’air de rien, chez les secondaires que peuvent être Arthur ou Gil et ses frères d’armes, tout en poursuivant une intrigue principale riche et tendue où le manichéisme n’a plus trop lieu d’être tant il y a de gris. Personnellement, j’aime vraiment beaucoup cette réinterprétation des récits de chevalerie dans ce shonen d’action.

Tome 30

Nouveau moment décidément bien sombre de la série, le mangaka aime prendre son temps pour faire le tour avec nous des enjeux pour les différents personnages et faire ainsi monter la tension tout en renforçant notre implication, c’est bien joué de sa part pour relancer notre intérêt.

Je trouvais les tomes un peu fades depuis quelques temps, plutôt en mode automatique pour nous acheminer vers le nouvel arc où héros et antagonistes sont mélangés dans une vaste zone grise. Cependant ce nouveau tome commence à changer la donne. En entrant toujours un peu plus dans le passé de Meliodas, sa lente transformation en celui qu’il était autrefois, tout en impliquant une Elizabeth redevenue déesse mais promise à une mort certaine, l’auteur rend son scénario de plus en plus dramatique, laissant les Seven bien seul face à cette noirceur montante.

Si les combats sont un peu trop vite expédiés dans ce tome ce qui me fait regretter le manque de dramaturgie pour des personnages forts comme Dolor et Gloroxia. En revanche, ça me fait grandement plaisir de voir la ronde, la valse des personnages dans l’histoire, qui chacun ont un rôle et pas des moindres, que ce soit Ban qui trouve une forme de rédemption en plongeant dans le Purgatoire pour tenter de ramener les sentiments de Meliodas, ou Margareth, la soeur d’Elizabeth, qui va être possédé par le plus puissant des Archanges venant semer la zizanie, ou encore les frères de Meliodas : Estarossa et Zeldris, qui vont participer ou contrecarrer le souhait de celui-ci de devenir Roi des démons pour sauver sa chère et tendre. L’auteur tente vraiment de faire participer tout le monde et son développement des personnages est à la fois cohérent et bien vu.

Ainsi même si nous sommes encore sur un tome de transition qui a moins d’intensité combative que le précédent, c’est un régal de voir tous les éléments se mettre en place, l’auteur passant avec facilité d’une scène à l’autre. Tous ces pions qui entrent en jeu ont un rôle fort, on ressent en eux une grande dramaturgie, qui se ressent d’autant plus que le fameux humour de la série est désormais fort peu présent, tandis que les révélations qui tombent ne font qu’enrichir et noircir le tableau. Dernier en date : les origines de Merlin, un des rares personnages qu’il restait à développer. Très bien vu !

Seven Deadly Sins est décidément une série vraiment bien conçue par son auteur, qui sait où il va et peut redonner de l’intensité sans pour autant tomber dans le piège des combats à tout va et autres tournois classiques. Ici, juste avec des drames, une quête personnelle pour sauver celle qu’il aime, une famille compliquée et des amis au grand coeur, l’auteur parvient à relancer son héros et nous avec !

Tome 31

Je ne sais pas si l’auteur a décidé de nous faire patienter longtemps comme ça à ce rythme mais le lancement de cette guerre sainte entre les Stigma revenus sur Terre et les 10 Commandements commandés par Meliodas, entrecoupé d’un gros moment sur Arthur, a un je ne sais quoi de jouissif et frustrant à la fois.

J’ai apprécié que l’auteur s’attarde et développe à nouveau la mythologie de son univers en faisant revenir dans le jeu le clan des déesses et ses archanges majeurs. Ils apportent une aura de terreur glaçante sous couvert d’êtres les « gentils » défenseurs du bien, ça fait froid dans le dos. Ils sont ainsi à l’origine de nouveaux drames avec les corps dont ils prennent possessions mais également la manipulation d’esprit des masses dont ils font preuve pour mener à bien leur projet. Et nous, on se fait totalement embarquer là-dedans, nos Seven Deadly restant s’engageant auprès d’eux pour aller lutter contre Meliodas et ses frères.

Cependant la guerre ne commence pas de suite, car l’auteur se plaît à entrecouper son récit de révélations et autres développements sur les personnages. On retrouve ainsi des personnages un peu laissés de côté comme Gil et ses amis qui reviennent. On a également des révélations lourdes de sens sur Escanor. On assiste aussi à un super power-up d’Elizabeth, qui passe cheffe des Seven, et gagne vraiment en maturité et stature, loin de la femme-objet collée à Meliodas. C’est assez sympa.

Mais le gros de ce tome est consacré à Arthur comme le suggérait la couverture. Depuis qu’on l’a découvert on sait juste que c’est le protégé de Merlin et qu’il adore Meliodas, mais on l’a peut vu en action et il y a eu peu de développement. Il est donc intéressant de le voir comme le premier vrai humain à s’opposer à la montée des 10 Commandements. Certes c’est dans le but de récupérer son royaume, mais quand même. J’ai vraiment apprécié ce court arc le mettant sous le feu des projecteurs et insistant sur sa relation à Merlin, personnage encore mystérieux dont on connaît juste l’ascendance. Tout cela est fait au cours d’un combat bien sûr richement mené où attaques et discussions s’enchaînent sans mollir et dans une belle chorégraphie. J’apprécie. C’est une belle réinterprétation du mythe d’Arthur, Merlin et Camelot.

Alors certes, j’ai rongé un peu mon frein car j’ai eu le sentiment que l’auteur faisait tout pour retarder LE moment mais il le fait avec de jolis moyens et procédés qui permettent encore de rendre plus crédible tout cet univers et plus tangibles tous ces personnages qui ainsi resteront dans nos mémoires, contrairement à d’autres séries où les auteurs gèrent moins bien la foultitude et rendent le tout plus oubliable. J’espère juste que maintenant que nous dans les dix derniers tomes ça va dépoter !

Tome 32

Et un tome de plus, un ! Pour nous faire patienter avant LE grand affrontement mais l’attente se passe très bien avec un joli florilège de combats permettant encore une fois de mettre en valeur les personnages pas encore bien développé. C’est un choix récurrent de l’auteur que j’apprécie vraiment surtout qu’on sent que ce n’est pas fait artificiellement mais que ça participe vraiment de son histoire.

Les hostilités sont donc lancées entre démons et humains + déesses. Les premières pages du volume s’ouvrent sur une belle bataille digne de ce à quoi on peut s’attendre dans un cadre de fantasy médiévale. J’avoue avoir pas mal apprécié la chorégraphie des corps, les changements de caméra pour suivre plutôt tel ou tel héros / groupe de héros. On se serait un peu cru au cinéma, c’est assez bien fait.

Puis petit à petit se détache un personnage qui va venir percuter nos héros et animer l’ensemble du tome : Estarossa, le petit frère de Meliodas, celui du milieu, et on sait que ce n’est pas une position facile, qui va venir contrecarrer tout le monde avec sa folie qu’il se trimballe chevillée au corps. C’était un personnage qui était toujours là en fond mais qu’on connaissait mal. On découvre pourquoi l’auteur lui a donné un look si proche d’un Meliodas adulte, c’est dû à sa névrose, lui, qui est le seul frère à ne pas avoir eu de pouvoirs à la naissance et à qui on a dû les conférer à l’aide d’un précepte. Il est alors assez fascinant de le voir tomber de plus en plus dans la folie par envie, jalousie et complexe.

Grâce à lui, nous avons eu un joli moment entre Derrierie et Monspiet, deux personnages dont la rédemption est en cours. Il va également enchaîner les combats, ce qui permet à l’auteur de nous montrer encore de nouvelles techniques et scènes de combat toujours aussi bien orchestrées et mises en scènes, ce qui est un régal pour les yeux et le petit effet dramatique ajouté par sa folie ajoute le grain de sel qu’il faut. C’était une belle manière de nous faire patienter.

Seul petit bémol peut-être, je n’en ai pas parlé avant, mais ça fait un moment que ça dure. L’auteur aime par moment dériver pendant quelques courtes pages vers des personnages secondaires qui sont totalement détachés de l’histoire principale pour montrer ce qu’ils font. Souvent, j’ai pris ça comme une respiration sympathique. Là, alors que l’histoire commence à se détendre et le nombre de volume à se réduire, ça m’agace un tantinet ^^! En revanche, je ne fais pas du tout le même sort au chapitre bonus humoristique final, cette fois, sur l’achat de culottes et sous-vêtements pour les héros, qui est d’un drôle et d’un cocasse !

Énième tome de calme avant la tempête géré de main de maître par Nakaba Suzuki qui a trouvé la formule qui lui correspond à lui et à sa série également avec ces très bons développements de personnages, on aime. Oui, c’est classique, mais un classique très bien écrit ou les sources ont été bien digérées et le message personnel. J’aime beaucoup ses mises en scènes quasi cinématographiques parfois. J’aime aussi sa dramaturgie. Et l’auteur prouve, encore une fois, qu’on peut faire un très bon tome sans le héros, même quand on l’attend de pied ferme.

Tome 33

Surprise, surprise, voilà ce qui pourrait résumer ce tome, qui démarrait un peu mollement pour moi mais qui a terminé sur les chapeaux de roues !

En effet, les premières pages me faisaient dire : « tiens, je comprends pourquoi des lecteurs ont dit que cet arc était plus faible que le précédent. » Pourquoi ? Parce qu’en suivant Elizabeth face à Estarossa, je trouvais ça à la fois un peu facile et un peu foutraque… Cependant, dès qu’on a basculé au Purgatoire, la magie a opéré !

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur 1/ nous surprenait, 2/ raccrochait l’ensemble des morceaux de son histoire. C’est diablement bien fait. En effet, il nous réserve une surprise de taille concernant la fameuse Guerre sainte d’autrefois et cela vient relier tous les tableaux de l’histoire, de Meliodas avec son père, en passant par Elizabeth et les déesses, ou encore les 10 Commandements. Chapeau !

Ajoutez à cela, un très beau moment d’amitié entre Ban et Meliodas au milieu du tome qui m’a rappelé pourquoi j’aimais tant cette série, ainsi qu’un King de plus en plus combatif, ce qui fait plaisir à voir et le retour d’un Gowther plus actif, non vraiment j’aime beaucoup la dynamique de cet arc. Certes, c’est moins clair, moins lisible peut-être, mais il y a toujours de beaux sentiments, agrémentés d’une certaine complexité en plus avec de la noirceur, de la jalousie, des crimes… C’est un bonheur à lire.

Ce nouveau tome a donc su me surprendre à un moment où je ne l’attendais pas et m’a aussi rappelé pourquoi j’aimais tant la série en voyant les beaux moments offerts par les personnages. C’est vraiment du tout bon !

Tome 34

Après la grosse révélation du tome précédent il fallait assurer la suite, Nakaba Suzuki le fait avec panache mais peut-être un peu trop de classicisme.

J’avais été particulièrement surprise de la révélation sur l’identité d’Estarossa et j’avais salué la façon dont cela permettait de relier les différents pans de l’intrigue avec Meliodas et Ban au Purgatoire, ainsi que leurs amis autout d’Elizabeth en train d’affronter ce nouveau grand méchant. Cependant la réponse fut un peu trop classique pour moi dans ce tome même si elle ne reste pas dénuée d’intérêt grâce à son dynamisme et ses partis pris.

En effet, la réponse de l’auteur aux révélations sur Estarossa, c’est un bon gros combat rangé contre lui où l’ensemble des « héros » font d’abord attaquer seuls, puis ensemble à l’aide d’un plan issu de l’imagination de Derrierrie, avant de faire évoluer certains d’entre eux à l’aide de gros power-up. C’est vu et revu… En plus, je n’ai pas particulièrement eu le sentiment de ressentir quelque chose de bouleversant face à ça, c’était bien fait mais un peu plat. Du coup, je me dis qu’il devait y avoir mieux à faire.

Je suis tout de même satisfaite d’avoir vu Diane les rejoindre, d’assister à la belle évolution de Gowther qui s’humanise vraiment et bien sûr d’avoir enfin droit à une transformation brillante de King, qui devient le vrai Roi des fées en quelque sorte. Ce sont des choses qu’on attendait et qu’on est ravie de voir. De la même façon, ça fait plaisir de voir de vraies morts qui a priori ne devraient pas revenir et d’avoir un bon méchant qu’on va aider à lutter contre ses névroses tel que Vegeta ou un Piccolo de DragonBall, série décidément modèle pour le mangaka.

Les combats s’enchaînent donc, tout comme les transformations et nouveaux pouvoirs. Il en va de même du côté de Ban et Meliodas qu’on croise rapidement et qui continuent à se battre vaille que vaille contre le père de ce dernier pour sortir du Purgatoire. Pour cela, on les voit évoluer en direct devant nous et j’ai hâte d’en voir les conséquences lorsqu’ils vont revenir dans le monde des vivants, car on n’en doute pas. Toutes les grandes étapes sont franchies, tel un cahier des charges dont on coche toutes les cases.

J’ai à nouveau pris du plaisir à lire ces nouveaux chapitres car ils font appel à des mécanismes chers aux animes que je regardais dans mon enfance. Adulte, cependant, je regrette qu’il n’y ait pas un peu plus d’audace jusqu’au bout de l’auteur. C’est certes sympathique mais peut-être un peu plat et prévisible alors que la dernière révélation remuait un peu les choses. Dommage d’en rester là.

Tome 35

Voici un tome qui concentre un peu toutes les forces mais aussi les maladresses de cet arc où l’auteur est bien trop dans une course de chiffres et de surpuissance en permanence, un peu au détriment du reste, ce qui est dommage.

Passé, à nouveau, un très beau mais bref moment entre Meliodas et Ban, on revient dans la réalité. Exit l’affrontement contre Mael/Estarrossa, place cette fois au champ de l’intrigue se passant à Camelot avec Merlin, Escanor, Ludeciel et les autres. Si j’ai d’abord été contente de les retrouver et si j’ai apprécié de voir l’auteur sur tous les champs, j’ai un peu déchanté quand j’ai vu la façon dont cela était fait.

En effet, il n’y a pas vraiment de recherche ici de la part de Nakaba Suzuki mais juste de la bonne vieille baston bourrine sur fond de pouvoirs de plus en plus puissants qui déchirent tout. Pas désagréable à regarder mais pas folichon non plus. Je trouve que l’auteur se contente de peu et a déjà fait mieux. L’émotion ne passe pas, on peut même dire qu’il n’y en a pas. On voit juste Zeldris montrer ses bons gros pouvoirs, épauler de son professeur et de celui de Meliodas, tandis que Merlin, Escanor et Ludeciel contre-attaquent. Certes, les pouvoirs envoient du lourd et son bien mis en scène, notamment celui de Zeldris, couplé à l’astuce et la magie de Merlin, ainsi que le courage à toute épreuve d’un Escanor un brin têtu, mais ce n’est pas non plus transcendant.

A la limite, je pense que les ultimes pages signant le retour de Ban sous nos latitudes m’ont offert bien plus d’émotions, que ce soit quand il retombe sur ses amis qui saluent son retour ou bien sûr quand il retrouve Elaine et la sauve, lui offrant son immortalité en échange de sa vie pleine et entière. Là, il se passe quelque chose. Là, il y a de l’émotion même si c’est archi classique et prévisible. Il y a même une mini-interrogation sur sa manière, désormais, de participer à la suite des événements. Alors que de l’autre côté, la nouvelle menace ultime qui se dresse face à eux, à Camelot, me semble tellement surfaite et exagérée que j’en lève un peu les yeux au ciel. Heureusement que Merlin a un pouvoir de fascination extrême sur moi et que je me demande toujours ce qu’elle mijote.

Une fois n’est pas coutume, je ressors un brin chafouine de ma lecture. Je ne peux pas dire que j’ai passé un mauvais moment mais j’attendais plus de l’auteur et de la série que cet enchaînement de combats presque prévisibles trop construits sur une montée en puissance exagérée. Ce que j’aime dans la série, ce sont les émotions humaines qu’elle me confère, pas forcément les moments où tout le monde se tape dessus, et ici cela m’a manqué à part dans les ultimes pages.

Tome 36

La course, la course, la course, voilà mon sentiment avec cette lecture où l’auteur enchaîne les événements et concentre toute l’action, accélérant drastiquement son tempo pour nous emmener toujours plus près du grand final.

Pour autant, c’est un vrai plaisir de suivre les aventures des Seven tandis que la tension monte dans le cocon de Meliodas. On a ainsi tout d’abord les derniers membres absents de Camelot qui se dirigent vers elle avec un renfort de poids. Tout s’achemine donc pour se concentrer là-bas pour le grand final.

On assiste aussi un peu à l’apogée des pouvoirs de chacun dans une grande ambiance de drame à l’ancienne. King a atteint sa dernière forme. Mael récupère sa Grâce. Merlin parachève son sort. Et même les antagonistes sont de la partie avec les deux prof qui se sont réunis pour former l’Être primordial. La baston peut donc exploser et c’est le cas.

Cependant, tout cela est justement peut-être un peu trop bien rodé et orchestré. Cela enlève de la surprise à l’oeuvre. En effet, si chaque action a de l’impact, que ce soit quand Hendrickson tente de se sacrifier, quand Escanor protège Merlin, quand King montre l’étendue de sa nouvelle puissance ou quand Mael vient affronter Zendris, cela touche moins qu’à d’autres moments car on voit les choses venir et que l’auteur ne fait pas de focus dramatique non plus.

La surprise on ne l’a que dans les ultimes chapitres, alors qu’on croyait avoir une lueur d’espoir lorsque Merlin est parvenue à boucler son sort grâce à l’aide de tous, mais que patatras un caillou vient bloquer l’engrenage. J’ai aimé ce revirement et ce fut un vrai plaisir de revenir aux fondamentaux : la relation Ban – Meliodas d’un côté et Meliodas – Seven Deadly de l’autre. Alors tant pis s’il manque le petit truc en plus.

De manière très solide, l’auteur avance pas à pas vers la fin de son récit, répondant ainsi à l’ensemble des promesses faites au fil des tomes. Chaque évolution que l’on a souhaité pour un personnage, principal ou pas, pour une relation ou pour un pouvoir, nous l’avons. N’est-ce pas ça aussi le travail du mangaka ? Satisfaire son lectorat. Merci à Nakaba Suzuki pour ces beaux moments en tout cas.

Tome 37

Mais qu’est-il arrivé à Nakaba Suzuki pour boucler aussi rapidement cet arc si important ? Voilà ma première réflexion à la lecture de ce tome. C’était sans compter la surprise finale qui pour le coup en fut vraiment une pour moi !

En effet, le tome s’ouvre par le gros combat final entre Meliodas et son père, combat rondement mené, peut-être même un peu trop. L’auteur y utilise des ressors un peu trop éculés provenant de titre comme DragonBall et j’avoue que le sus à l’ennemi n’est pas ce qui fonctionne le mieux avec moi, même si c’était original d’avoir une double bataille, à l’intérieur de l’esprit de Meliodas et dans le monde réel, avec à chaque fois des intervenants différents. Cependant le gros power-up de la plupart ayant manqué de crédibilité, on a aussi du mal à croire qu’ils s’en sortent si facilement, en particulier Ban, pour ma part.

Ce sentiment de facilité ne m’a pas quitté en plus, que ce soit quand ils ont gagné, donc – Je ne pense pas spoiler en le disant vu que c’est quand même un peu le concept des shonen manga – ou quand Meliodas réussit à se débarrasser de la malédiction. Mais tout cela semblait un peu étrange et je suis contente que l’auteur ait fini par me donner tort en montrant que oui ils avaient gagné mais qu’il y avait un prix à payer.

C’est alors très bien orchestré. Nous suivons nous héros dans leur joie d’avoir gagné et de s’être retrouvés, qui fêtent cela même s’ils savent qu’il y a un monde à reconstruire. On enchaîne alors les moments chaleureux de congratulation et de fête où chacun y va de sa phrase sur son avenir avec sa dulcinée par exemple ou son rôle dans le royaume. C’est sympathique à souhait. Ainsi quand le couperet tombe, il n’en est que plus tranchant !

J’ai adoré le double effet de l’impact de la contrepartie à payer. Il y a d’abord eu celle nécessitant un certain équilibre des pouvoirs entre bien et mal, entre notre réalité et l’enfer. C’était on ne peut plus normal vu le concept de la série et la fin de la précédente Guerre Sainte. Ici tout est logique et cela entraîne son lot de mélodrame bien comme il faut. En revanche, je n’avais absolument pas vu venir le dernier retournement. J’ai même eu un coup au coeur lors d’une certaine scène et même si le revirement est sombre, il m’apporte un espoir pour notre couple de héros, qui va peut-être avoir un remplaçant tout trouvé au final pour leur éviter un certain exil.

La série continue donc, avec un rebondissement sortant peut-être un peu du chapeau pour prolonger la série. J’aurais préféré pour ma part un ultime combat plus long et un final doux amer comme celui qui s’annonçait au début, mais je suis curieuse de voir ce que ça va donner et comment nos héros vont encore se dépasser.

Tome 38

Malgré une lecture qui reste agréable, la baisse de régime continue de se poursuivre avec un tome avant tout accès sur les combats et qui emprunte beaucoup à ses aînés. Parfois, il faudrait que les éditeurs sachent dire non aux sirènes du succès pour conclure une série au bon moment.

En effet, malgré toute mon affection pour cet univers, je ne peux que reconnaître qu’ici, on nous délaye l’intrigue inutilement. Après la grosse fin du dernier tome, il fallait une nouvelle grosse menace et quoi de mieux que le retour du grand chef des démons dans le corps du dernier de ses fils. Ce nouveau climax n’était pas mal trouvé en soi mais il n’apporte rien de plus ici pour le moment.

L’auteur se contente de nous proposer un double combat, d’abord celui des Seven contre une créature s’étant échappée de l’enfer, occasion de montrer enfin la relique de Ban, puis celui de Meliodas et Elizabeth contre le père de ce dernier qui a pris possession de Zeldris. Seul point positif à tout ça, j’apprécie vraiment dans cette série d’avoir des femmes proactives, qui prennent vraiment part aux combats et son décisives, ça change de certains de ses aînés où elles faisaient surtout tapisserie.

Pour le reste, c’est on ne peut plus classique. On a des échange de coup, tandis que l’un essaie de résonner l’autre ou qu’un autre fait preuve de grand coeur. Les instants de bravoure de Ban ou Escanor sont classe mais déjà vus et prévisibles, donc bof bof. C’est sympathique mais on s’attend à autre chose au bout d’un moment et là ça ne se renouvelle pas. On se retrouve à nouveau avec un fils dont l’esprit est occupé par le père et qui a du mal à lutter, à nouveau avec une bande de copains qui vient à la rescousse.

Franchement, ce n’est pas mauvais à lire, c’est même assez agréable, mais ça retombe totalement dans quelque chose de banal alors que la série avait su acquérir à mes yeux une certaines auras et avait une certaine ambiance. Là, on a dans quelque chose de totalement classique et déjà vu où on sent en plus que l’ajout fait n’apporte rien de plus. C’est ballot.

Je commence donc à comprendre la petite déception des fans qui trouvaient la seconde moitié de la série moins intéressante. L’auteur y délaye trop puis rallonge au lieu de conclure. Il perd ainsi au milieu de tout ça ce qui fait l’essence et le sel de la série et ne fait que se répéter. Pourtant, on sent que les bonnes idées ne sont jamais bien loin, c’est dommage de ne pas réussir à les en extirper.

Tome 39

Malgré à nouveau une course à celui qui va toujours plus loin et un rythme qui s’emballe parfois de trop, j’ai renoué avec ce tome grâce aux focus sur Zeldris et Escanor, qui offrent tout deux des moments plein d’émotion.

L’émotion est en effet pour moi l’un des moteurs de la série, plus que les combats et la magie. Ainsi quand on voit un Meliodas prêt à tout pour sauver son frère dont il ne s’est pas assez occupé, ça me touche. Le retour de ses amis pour le soutenir dans cette épreuve était une évidence, de même que le rôle de chacun. Et même si l’ensemble est froid prévisible pour le coup, ça fonctionne parce que chacun donne tout et montre ce qu’il a accompli depuis qu’on le / la connaît.

Le petit voyage dans la tête de Zeldris fut donc appréciable, surtout à partir du moment où sa dulcinée Gerda le rejoint. C’était un personnage qu’il me tardait de découvrir et l’atypisme de leur relation me la rend fort prometteuse, même si clairement c’est presque un ajout de dernière minute après la prolongation de la série.

Cependant, on monte encore d’un cran avec Escanor, ce poète au grand coeur, qui a vraiment deux facettes, l’une timorée et l’autre grande gueule, livre littéralement ses dernières forces pour participer à l’ultime combat de ses amis. C’est poignant, déchirant et l’insertion inattendue du chapitre consacrée à son arrivée chez les Seven en plein combat, surprend et séduit. J’ai râlé dans un premier temps croyant que l’intrigue principale s’arrêtait bien tôt, mais au final, elle repart de plus belle ensuite gonflée à bloc par cette régression qu’on vient de vivre.

Le rythme est cependant fort rapide, comme si l’auteur manquait de page et qu’il précipitait un peu tout ça, de la libération de Zeldris grâce aux efforts conjugués de son frère et son âme soeur, jusqu’à l’ultime combat d’Escanor qui fait un dernier tour de piste. Heureusement que l’émotion est là pour contrebalancer et rapporter un équilibre qui avait tendance à se perdre.

Malgré les défauts que je pointe, je prends vraiment plaisir à suivre ce final où tout le monde se ligue contre LE grand méchant de l’histoire, en faisant valoir ses sentiments envers les autres pour en faire un moteur de lutte et d’émancipation. C’est vraiment touchant et c’est beau de voir que les combats ne font pas tout au final.

Tome 40

Même si ce tome est largement perfectible rien que pour les révélations sur Merlin et la fin de l’histoire d’Escanor, il reste inoubliable.

Nakaba Suzuki succombe en effet comme d’autres auteurs à ce besoin de presser toujours trop la fin d’une histoire, c’est regrettable. Il parachève donc la lutte contre le père de Meliodas et Zeldris de manière bien trop expéditive, mais l’essentiel est là. Un peu comme quand les Sailors se jettent toutes ensemble dans la bataille en lançant en même temps chacune de leurs attaques, les Seven Deadly font de mène pour livrer le coup final et en terme de mise en scène, ça fonctionne parfaitement. Nous avons donc un très beau combat final joliment orchestré qui met encore en lumière la force de leurs liens et c’est tant mieux car on voit ainsi que l’auteur a laissé de côté son idée de tout miser sur la puissance comme à cette époque où il n’arrêtait pas de parler de points… Je préfère largement.

Comme je l’ai dit à plusieurs reprise, c’est l’émotion qui compte pour moi, et j’ai été servie lors de l’au revoir très juste d’Escanor, ce personnage ma foi assez discret, arrivé en dernier dans l’équipe et qui intervenait toujours au dernier moment pour leur sauver la mise de manière assez discrète contrairement à ce que son nom et son pouvoir pouvaient faire croire. J’ai beaucoup aimé que l’auteur ose aller jusque là, c’est assez rare dans un shonen de cet ordre de faire disparaître définitivement un personnage phare.

Après tant de rapidité, je m’attendais donc à avoir ensuite de longs chapitres pour montrer ce nouveau monde en paix, en train de se reconstruire, tandis que nos héros reprenaient leur vie et avançaient dans leurs projets. Que nenni ! On repart direct avec un nouveau problème, assez évident quand on y pense, mais vraiment de plus en plus de trop. J’en ai vraiment marre qu’il nous ressorte sans cesse du chapeau de nouveaux rebondissements pour rallonger et rallonger encore la sauce…

Cependant, j’avoue que revenir sur Merlin, dernier Seven dont on connaissait si peu le passé, m’a bien plu. Je ne peux pas dire que j’aime tout dans le développement choisi. Si ses au revoir à Escanor m’avaient touchée, les sentiments qu’on lui prête pour un autre me semblent totalement tirés par les cheveux et pas crédible pour un sou. Alors qu’à l’inverse la réutilisation du mythe arthurien à travers son héros qu’on avait un peu oublié et qui a surtout fait oeuvre de figurant m’a plu. C’était l’occasion de lui donner une vraie utilité et de relier l’histoire des Seven, qui se déroule quand même dans un royaume appelé Britania, avec ce qu’on pouvait attendre d’un tel univers.

Après, était-ce nécessaire de relancer encore une fois la série de cette façon ? N’y avait-il pas un autre chemin d’écriture que de créer sans cesse ces soubresauts qui font durement ressentir les rallongements artificiels de l’histoire ? Je ne peux que pointer ces défauts et je suis bien en peine de trouver une solution.

Je suis donc un peu partagée sur ce tome. Je trouve vraiment marquante toute l’histoire d’Escanor, qui est probablement celle qui est la mieux écrite parmi tous les membres des Seven. Mais je ne peux que relever la maladresse d’une histoire qui se prolonge encore alors qu’elle aurait dû se terminer il y a plusieurs tomes…

Tome 41 – Fin

Cette fin représente un peu tout ce que je craignais au vu du développement de cette semaine moitié de l’histoire et en même temps tout ce que j’attends aussi du final d’une série aussi épique mettant en scène des personnages aussi attachants. On a donc deux versants, l’un que je trouve assez moyen et l’autre que j’ai plus apprécié même s’il ne casse pas trois pattes à un canard.

Le tome s’ouvre malheureusement comme à l’accoutumée désormais par un combat mené à la va-vite avec un prolongement totalement artificiel et peu intéressant de l’histoire. En effet, tout le mimi arc sur Arthur et Merlin, le pouvoir du chaos de ce dernier et surtout le combat que cela entraîne avec Cath, qui est en fait une créature démoniaque, m’a totalement blasée et laissé de côté… Bien qu’il me semble inspiré de l’univers de Lewis Caroll que j’aime tant, Cath m’a particulièrement agacée par le caractère fort caricatural que lui a attribué l’auteur. J’ai trouvé le développement d’Arthur également fort prévisible et présentant bien peu de saveur. Bref, ça m’a ennuyée et j’ai trouvé l’auteur un peu en roue libre. Je vais donc oublier.

En revanche, les ultimes chapitres montrant enfin l’après, où chacun trace sa route, trouve sa voie ou la cherche du moins, là il y avait de l’émotion. C’est tout aussi classique mais cela passe bien mieux chez moi qu’une énième baston. J’ai été touchée de la séparation des Seven, des choix de chacun, de la progéniture qu’ils ont eu. Je regrette juste qu’on ne parle déjà plus d’Escanor après son sacrifice. Je regrette aussi qu’on ne voit que l’enfant de Meliodas et Elizabeth et pas ceux des autres bien qu’on en parle. C’est une façon sympathique de clore la série en montrant ce qu’il advient du royaume et en nous montrant l’évolution du couple phare de l’histoire ainsi que de ses liens avec les Seven, mais il m’a quand même manqué un petit quelque chose. Alors l’annonce d’une nouvelle série dans l’univers avec la nouvelle génération, dans les ultimes pages, me met l’eau à la bouche. Affaire à suivre.

Pour conclure, Seven Deadly Sins est une série qui aura su me séduire, surtout dans sa première partie, grâce à son mélange de magie, de combat, d’aventure chevaleresque d’inspiration anglaise et arthurienne, mais surtout le grand apport d’émotion qui est fait grâce à un travail conséquent sur les personnages petits et grands. La série m’aura fait souvent vibrer, m’aura également amusée et régulièrement touchée. Cependant, elle est inégale, et l’obligation de la rallonger à plusieurs reprises s’est trop fait sentir dans la seconde partie, ce que je regrette. Il y aurait notamment eu une très bonne fin au tome 37 si l’auteur et son éditeur avait su s’arrêter là, les tomes suivants ne servant pas à grand-chose… Mais je garderai un très bon souvenir de ce shonen au long cours !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

6 commentaires sur “Seven Deadly Sins de Nakaba Suzuki

  1. Un manga super ! Je l’ai mis en pause depuis 2 ans, mais je viens justement de m’y remettre cette semaine avec la lecture du tome 24.
    Il n’y a que les dessins que parfois je trouve assez inégaux suivant les situations.
    T’as plus qu’à tout rattraper maintenant 😝

    Aimé par 1 personne

      1. Oui, on pourras pas tout prendre xD

        Fairy Tail sans hésiter. Malgré ce que beaucoup disent, je trouve que c’est un shonen certes classique, mais parfaitement maitrisé. Les arcs sont assez courts, il y a de très bonnes idées et de fait ça se renouvelle sans cesse.

        SDS est très bon, j’adore aussi, mais on sent qu’on est que sur une seule histoire. Un peu comme Claymore, ça va pas être le truc qui va à chaque fois tout relancer. (j’sais pas si je m’exprime bien xD)

        Aimé par 1 personne

      2. Je vois ce que tu veux dire, je pense, c’est très linéaire et moins surprenant, c’est ça ? Alors que Fairy Tail fait rebondir l’histoire dans des directions inattendues. J’ai bon ?

        Aimé par 1 personne

      3. Oui, en fait, tu vois que Fairy Tail est pensé par Arcs avant tout, et que peu à peu ça se construit.
        SDS semble être pensé de A à Z dès le départ.
        Je sais pas si c’est vraiment ça, mais c’est ainsi que je le ressent ^^

        J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s