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Rozenn de Laëtitia Danae

Titre : Rozenn

Auteur : Laëtitia Danae

Editeur : Plume Blanche (grand format) / J’ai Lu Fantastique (poche)

Année de parution : 2018-2019

Nombre de tomes  : 2 (série terminée en grand format)

Histoire : Rozenn Kaplang est une djinn. Durant de longues années, son peuple a souffert de la domination des dagnirs, mais si l’esclavage est officiellement aboli, la liberté, elle, garde un goût amer. Et si une union entre princes et princesses de ces différentes tribus permettait de tirer un trait sur un douloureux passé ?

Mon avis :

Tome 1

Ce titre a attiré un jour par hasard dans ma PAL au détour d’un anniversaire après une erreur de commande, mais les avis très positif que j’ai vus sur la blogosphère (n’est-ce pas Amanda 😉) m’ont encouragée à le garder pour lui donner sa chance et j’ai bien fait. Car si on oublie les couvertures pas super accrocheuses de la version grand format que j’ai, le reste est vraiment excellent !

Quand j’ai commencé le premier tome de ce diptyque, je ne m’attendais vraiment pas à accrocher autant mais j’ai vraiment été emportée par l’univers imaginé par Laëtitia Danae. Celle-ci prend tous les ingrédients classiques d’un titre de Young Adult dans un univers de Fantasy pour nous pondre une histoire parfaitement rythmée et très juste avec une profondeur insoupçonnée.

Dans un univers tout droit inspiré des Mille et une nuits, nous retrouvons trois soeurs : Odeleen, Rozenn et Daire, toutes trois issues du peuple Djinn libre, qui vont être obligées de côtoyer trois princes issus du peuple rival au leur afin de créer une potentielle alliance afin de mettre fin à l’esclavage de leur peuple. Sauf que lors de leur séjour, elles découvrent qu’on leur a caché bien des choses et que leur mission risque d’être plus compliquée et périlleuse que prévue.

J’ai d’emblée accrochée à l’ambiance moyen orientale de ce récit. L’autrice met en scène un décor dépaysant et immersif, fait de tapis volants, de magie djinn scellée, de puissants artefacts anciens enfermant des génies, de miroirs habités par des ombres ou encore de palais qui se transforme en labyrinthe comme Poudlard quand l’escalier fait des siennes. C’est très original. Il y a un vrai soin apporté à ce décor qui est là également pour souligner la différence entre le « pays » d’origine de nos soeurs en pleine nature et le palais où elles sont invitées mais presque prisonnières qui est particulièrement retors. On se croirait dans Shéhérazade. 

Ce décor des Mille et une nuits est également très présent dans une intrigue qui oscille entre conte à l’ancienne et intrigue de cour avec ses complots féroces. C’est passionnant et assez rare de trouver un récit de ce type aussi bien écrit en Young Adult. Souvent je trouve les auteurs trop timides, n’osant pas aller au bout de leurs idées, ici ce n’est pas le cas. On se retrouve très vite avec une intrigue qui prend une belle ampleur, où la romance est certes un peu présente mais ne fait pas tout loin de là. Oui, le but apparent est de séduire les princes pour les épouser, mais au final ce n’est qu’un biais pour parler de tout autre chose et cet autre chose, c’est l’esclavage des djinns depuis des siècles.

Ce dernier point est clairement le gros atout du titre. En effet, l’autrice avec un talent certain dévoile au fil de son récit une intrigue de plus en plus dense autour du peuple djinn. Nous ne connaissons au début ce dernier qu’à travers les trois soeurs et ce que leur père leur en a dit et appris. On se rend compte très vite que c’est bien peu face à une réalité bien plus sombre et complexe. En arrivant au palais des dagnirs, leurs ennemis héréditaires, elles découvrent qu’on ne leur a pas tout dit. L’esclavage des djinns qu’elles croyaient fini perdure, il a juste pris une autre forme mais on leur ponctionne toujours leur fluide, source de leur pouvoir, on limite toujours ceux-ci à l’aide d’un marquage, etc. L’héroïne, Rozenn, va être profondément choquée et va entrer en résistance.

Cette dernière est également celle qui porte le récit et quel excellent choix de la part de l’autrice. Le personnage de Rozenn ne m’a pas sauté aux yeux au début, je la trouvais un peu trop râleuse et immature. Mais petit à petit, on voit que c’est la seule des trois soeurs à ne pas se laisser embobiner ou réduire au silence. Elle a un caractère affirmé et ose tenir tête même aux plus puissants. Elle ne se laisse pas endormir par tout ce nouveau luxe, ni par les belles paroles enjôleuses de certains, non quand elle découvre une réalité qui la dérange, elle décide de creuser pour en apprendre plus et ne pas se laisser prendre à la toile du Sultan dagnir. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

L’autrice a fait un beau travail de ce côté là. Elle a réussi à peupler son histoire de quelques personnages très forts et marquant, aussi bien du côté des 3 soeurs que de leurs « ennemis ». Elles ont chacune leur caractère, un peu comme dans les 4 filles du Dr March : l’aînée étant la calme érudite, la cadette celle au caractère tout feu tout flamme, et la dernière la plus naïve et facile à impressionner. Il en va de même chez les princes qui n’échappent cependant pas au cliché d’être tous beaux et plaisants. L’aîné est celui au caractère revêche et piquant, le cadet est le gentil joli coeur, quand au benjamin c’est le discret rebelle qu’on n’attend pas. Ils sont peut-être un peu plus effacés que les soeurs et j’aurais aimé entendre leur voix mais ce sera peut-être le cas dans le tome 2 vu ce qu’il annonce. Leurs parents ne sont pas en reste, le Sultan est juste mystérieux à souhait avec ses drôles de paroles et de cadeaux, on le sent manipulateur à souhait. Sa femme est juste détestable, tout comme une certaine rivale qui va apparaitre pour Rozenn. A l’inverse, cette dernière va avoir un entourage top sur lequel compter, de son garde en passant par son ami d’enfance ou sa drôle de servante, certains étant un brin mystérieux, juste ce qu’il faut.

Tout cela ensemble a su créer une intrigue qui a démarré très vite, avant de se calmer un temps pour repartir de plus belle. Ce fut une lecture très addictive où les chapitres, assez courts, se sont enchaînés très rapidement. Après avoir refermé ce tome qui se termine sur un renversement très bien vu, je n’ai pu que me précipiter pour commander la suite. J’ai vraiment beaucoup aimé l’univers moyen oriental, la magie des djinns, les mystères autour des dagnirs, les intrigues de cour qui se sont tissées au palais et en dehors ainsi les tensions qui sont nées entre les protagonistes. Les relations entre les personnages étaient bien écrites avec des romances pas trop présentes ni agaçantes à lire, l’héroïne s’intéressant plus au sort de son peuple qu’à ses sentiments. De ce fait, j’ai vécu une vraie aventure dépaysante dans laquelle j’ai envie de vite replonger. Il y a vraiment un bel équilibre dans tout cela et une complexité et une profondeur que j’ai rarement lues en Young Adult. Je trouve souvent les récits de cette tranche d’âge prometteurs mais pas aboutis, ce n’est pas le cas ici. L’idée de parler de l’esclavage en évoquant le sort des djinns est excellente. C’est une belle promesse d’aventure et surtout de révolte pour la suite. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire tant j’ai aimé cette lecture jusque dans ses petits détails. Ce fut vraiment une belle découverte et une belle surprise !

Un mot sur l’édition pour terminer. Je ne connaissais pas les éditions Plume Blanche et j’ai été agréablement surprise par la qualité de leur titre, passé cette couverture que je trouve très kitch (c’est pire sur le tome 2…). Le papier est épais et décoré sur chaque coin de page par un motif moyen oriental, il y a des petits bonus au début pour nous aider lors de la lecture comme la liste des personnages par famille. La couverture est douce au touché et la reliure juste souple comme il faut mais pas trop ce qu’il faut qu’il va bien tenir le coup en bibliothèque ensuite et ne pas s’affaler. Je ne pensais pas qu’un petit éditeur pouvait produire un objet de cette qualité. Il va falloir que je me penche un peu plus sur leur catalogue. Du coup, même si je préfère de loin les couvertures de l’édition poche chez J’ai Lu, je ne regrette pas de l’avoir dans ce format.

Ma note : 16,5 / 20

Tome 2

Après mon coup de coeur pour le tome 1, je mettais beaucoup d’espoir dans la conclusion de la série, malheureusement si j’ai passé un bon moment de lecture, je n’ai pu apprécier pleinement le voyage à cause de plusieurs défauts assez prépondérants dans la narration.

Le tome 1 se terminait par l’enlèvement de l’héroïne Rozenn et de l’acariâtre prince Callum, par les rebelles épaulés par le prince Cayden. Je m’attendais donc à ce que le tome soit longuement consacré à cette rébellion et qu’on ne voit quasiment plus le palais. Je pensais que le focus serait plutôt du côté des rebelles, de leurs lieux de vie et cachettes. Sauf que si la première partie leur est consacrée, ce n’est pas le cas de la suite et ça m’a déçue. J’ai eu l’impression de me retrouver au début avec en prime des répétitions et longueurs. Rozenn est à nouveau au palais, elle tente à nouveau de se rebeller, juste de manière moins frontale, et on est à nouveau plongé dans les complots de la cour, mais sans le charme inquiétant des débuts puisqu’il y a peu d’apports nouveaux à l’univers.

Ce charme a disparu notamment à cause des pseudos romances du titre qui ici m’ont semblé occuper trop d’espace et être maladroitement menée. Alors que Rozenn a d’autres chats à fouetter, la voilà qui se préoccupe un peu trop à mon goût de ce qui est arrivé à ce cher Cameron (le 2e prince) avec lequel elle a un peu trop jouer, le pauvre, et en prime elle se permet d’être jalouse des avancées de Cece avec Callum alors que là aussi, elle a longtemps tout fait pour l’ignorer. On a l’impression qu’elle se découvre brutalement des sentiments mais trop peu de scènes permettent de vraiment saisir leur importance et du coup ça sonne un peu creux. Du coup, alors que j’aurais aimé aimer cette romance sur fond d’amants maudits, j’ai plutôt souffert de celle-ci car elle occupait la place d’une intrigue plus solide aux abonnées absentes.

Car qui dit révolution, dit lutte contre le pouvoir. Je m’attendais donc à en prendre plein les yeux de ce côtés-là. Or, avec le retour de Callum et Rozenn en agents infiltrés pour mener à bien une certaine mission, on tarde énormément à voir celle-ci se mettre en branle. Tout se passe trop en coulisse, sur des moments trop rares et trop brefs, au point de parfois les oublier. A la place, on a des chamailleries à répétition entre membres de la cour, ce qui n’est pas très intéressant…

Heureusement, l’action redémarre dans le dernier tiers du livre et vraiment à partir de là, on ne peut plus le lâcher. L’autrice ne nous épargne pas, nous faisant connaitre une lourde perte. Elle dynamite le pouvoir de l’intérieur d’une façon certes pas originale mais logique avec le déroulé de la série. Elle met joliment en scène l’utilisation des pouvoirs nouvellement acquis des soeurs Kaplang. Elle organise un jeu d’alliance surprenant et inattendu qui permet ainsi de mener le plan à bout. L’ensemble est vraiment percutant et dynamique dans ces dernières pages, et la mise en scène très visuelle.

J’ai vraiment aimé le décor de cette saga. J’ai trouvé le voyage du début vers la grande cachette des rebelles très dépaysant. On était en plein dans l’ambiance des contes du monde arabe avec ses mythes et légendes. J’ai d’ailleurs aimé trouver ce fil rouge tout au long du tome avec les utilisations (certes trop rares) des pouvoirs des différents djins et notamment l’arrivée du personnage d’Azur que j’aurais aimé voir un peu plus développé tant son passé et son être étaient prometteurs.

Les révélations sur les méfaits du sultan, eux, sont dignes des meilleurs titres dystopiques à la Matrix,où la belle réalité se fracasse devant les horreurs qu’on découvre cachées derrière. On découvre ainsi un discours fort sur l’esclavage et derrière les petits textes qu’on peut lire avant chaque chapitre, il y a une mise en garde contre les dérives qui pourraient facilement y amener. C’est vraiment un thème intéressant et bien développé ici.

Si mes attentes des débuts n’avaient pas été déçues et si on n’était pas revenu à un schéma trop similaire au premier tome mais la surprise et l’inquiétude en moins, j’aurais vraiment beaucoup aimé cette saga. Là, je la clos un peu sur une note en demi-teinte. Il y a plein de bonnes idées mais peut-être l’autrice a-t-elle voulu aller trop vite ou n’a-t-elle pas su développer les bons éléments de son intrigue à mon goût. J’ai le sentiment d’un trop peu concernant l’univers des djins et surtout leurs pouvoirs mais aussi la rébellion et ce qu’il adviendra après, et au contraire d’un trop plein pour des romances mal maitrisées au final. Il aurait fallu soit un tome de plus, soit un schéma narratif différent dans ce tome pour me satisfaire pleinement. Mais j’ai été contente de découvrir cet univers et je me suis attachée aux personnages principaux que je regrette de devoir quitter et c’est là le principal.

Ma note : 15 / 20

14 commentaires sur “Rozenn de Laëtitia Danae

  1. Je suis tellement contente de savoir que tu l’as aimé aussi 😁 ! Très, très belle chronique en tout cas, je ne saurai quoi rajouter 😛.

    Sinon, j’adore les éditions Plume Blanche. Bien sûr, j’y ai trouvé quelques déceptions, mais également des perles rares, comme Rozenn… et Le Porteur de Mort 😛. Oui, maintenant j’essaie de te convaincre de t’attaquer à une saga de 6 tomes lol ! J’ai encore L’Ange déchu dans ma PAL qui m’a l’air très prometteur 😉.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci, ça me touche que tu dises ça vu que tu me l’a fait découvrir. Je croise les doigts pour recevoir le tome 2 dans la semaine et pourvoir ainsi enchaîner ><
      Oh le Porteur de mort, c'est la série dont les premiers tomes sont sortis en poche juste avant le confinement ? Si oui, ils sont dans ma wishlist ! J'ai eu du nez xD
      Et je lirai ton avis sur L'ange déchu of course !

      Aimé par 1 personne

  2. Je te rejoins sur la couv’ du tome grand format ! xD Celles de poche sont telelment jolies ! Sinon, je te rejoins dans ton ressenti sur l’entourage top, le caractère des filles, l’intrigue qui démarre vite et l’univers. Bonne lecture de la suite ! ❤ (Et moi, vivement septembre lol)

    Aimé par 1 personne

    1. Les couvertures doivent être mon seul et plus grand bémol lol Quand j’ai vu leur version poche alors que je n’avais pas encore lu le mien en grand format j’étais un peu dégoûtée ^^!
      Mais oui, vivement la suite pour tout le monde 😀

      Aimé par 1 personne

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