Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

La petite faiseuse de livres de Suzuka et Miya Kazuki

 

Titre : La petite faiseuse de livres

Auteurs : Suzuka (dessins) et Miya Kazuki (scénario)

Editeur vf : Ototo (shonen)

Année de parution vf :  Depuis 2020

Nombre de tomes vf  : 3 / 7 (en cours)

Histoire : Une étudiante bibliovore se réincarne en petite fille dans un monde caractérisé par l’illettrisme, et où l’imprimerie semble n’avoir pas encore été inventée… Mais pour celle qui est morte écrasée par sa bibliothèque, les livres sont vitaux !! Il n’y a qu’une seule solution : s’il n’y en a pas, elle va les fabriquer. Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !

Mon avis :

Tome 1

Parmi les isekai (histoire avec un personnage de notre réalité qui se retrouve brusquement dans un autre monde) qui arrivent en masse chez nous ces derniers temps, La petite faiseuse de livres se distinguait de la masse pour moi avec son clin d’oeil appuyé en direction des fans de livres. Un peu comme Magus of the Library, les éditeurs ont voulu faire plaisir aux amoureux de livres et c’est une chouette idée.

Ce shojo du duo Suzuka et Miya Kazuki est en fait l’adaptation d’une série de light novels (format court de romans au Japon) de Miya Kazuki : La petite faiseuse de livres – Ascendance of a Bookworm où l’on suit les péripéties de la petite Maïn, une femme de notre monde amoureuse des livres, qui se réincarne dans le corps d’une fillette dans un monde où le livre est très rare et très cher. Elle mène alors une quête pour se réapproprier l’écriture et la lecture en fabriquant ses propres écrits. Parue à l’origine sur le site Shôsetsuka ni Narô avant d’être publiée au format light novel avec les illustrations de You Shiina, la saga est actuellement adaptée en animé et diffusée sur Crunchyroll. Le manga, lui, nous propose un monde enrichit par rapport à celui imaginé par Miya Kazuki.

Dans ce premier tome, nous faisons la rencontre de la sympathique Maïn et avec elle nous découvrons cet univers où le livre est absent. C’est une découverte un peu rude. Le monde dans lequel elle se réveille n’a rien à voir avec le nôtre. Ce n’est pas seulement l’absence de livres qui choque mais également le manque de propreté et la simplicité avec lesquels les gens vivent. Maïn a l’impression de se retrouver dans une ville européenne moyenâgeuse. Ça la surprend. Pour nous lecteur, c’est l’occasion de découvrir avec une petite touche d’humour la vie dans ce monde imaginé par l’autrice. Le fait que cela soit fait d’un regard extérieur et qui plus est à travers le regard d’une enfant rend cela encore plus savoureux. Les explications qui pourraient être lourdes ne le sont pas car elles sont complètement intégrées à la narration. Ainsi on fait avec Maïn la connaissance de cette ville et de ses habitants. Ceux-ci sont plein de chaleur malgré leur quotidien plus rude que le nôtre. C’est sympa de découvrir ses parents, le travail de son père, les corvées de sa soeur, le quotidien de sa mère, etc. Cela rend la lecture plus immersive.

Mais qu’en est-il de la quête de Maïn ? En effet, chaque chapitre est l’occasion d’une question sur cette absence de livre et sur comment la combler. L’héroïne est un personnage persévérant, elle va donc creuser la chose et chercher des solutions. L’autrice se sert d’éléments culturels établis de notre Histoire : les livres étaient rares autrefois, très coûteux de par leurs matériaux mais aussi uniques car faits à la main et de ce fait réservés à une élite. Maïn découvre peu à peu cela mais ne se laisse pas abattre. Les solutions qu’elle trouve viennent de ces anciennes lectures et nous n’en sommes qu’au début, mais je pense qu’elles nous permettront de revivre un des processus de fabrication d’un livre autrefois. Par exemple dans ce tome, l’héroïne commence à s’atteler à la fabrication d’un support d’écriture inspiré du papyrus et cela me plaît.

Cette recherche de solution pour améliorer le quotidien ne tourne pas qu’autour du livre. L’autrice ne se cantonne pas à ce thème et c’est bien heureux car peut-être aurait-on vite tourné en rond. On voit ainsi Maïn fabriquer du shampoing par exemple ou encore Maïn chercher à se coiffer. Ce sont des petits riens mais qui contribuent grandement au plaisir de lecture de cette série très tranche de vie tout de même.

Les dessins, eux, étaient l’élément que je craignais le plus. En effet avec une héroïne aussi jeune en couverture, j’avais peur d’avoir la même déception qu’avec Made in Abyss où le décalage entre les aventures et le corps nubile des héros me gênait énormément. Ce n’est pas du tout le cas ici. Le dessin est en cohérence avec le propos et la maturité, la personnalité des personnages. J’ai d’ailleurs trouvé l’ensemble très joli. J’adore la rondeur de l’héroïne, en opposition avec les personnages adultes plus fins. Les décors sont soignés et adaptés à l’univers, ils prennent tout leur sens dans les aventures que vit Maïn. C’est une réussite.

Alors que je ne partais pas très sûre de moi concernant ce titre, j’ai été surprise par sa qualité. Les autrices ont bien su associer les dessins avec le récit mis en scène. Ce dernier est un savoureux mélange entre tranche de vie et isekai. Les thèmes autour de comment améliorer la vie d’autrefois me parlent et sont bien traités ici sans que cela fasse catalogue. Un bel équilibre a été trouvé. Cependant ce n’est qu’un premier tome et il reste encore bien des choses à écrire.

Tome 2

C’est avec un certain plaisir que j’ai replongé dans le nouveau monde de Maïn, un monde où les livres sont tellement chers qu’ils sont inaccessible et que notre héroïne entreprend donc d’en fabriquer elle-même.

Dans ce nouvel opus, la quête de l’ancienne bibliovore moderne est toujours présente mais les aléas de la vie la font bien souvent passer en arrière-plan. Comme je l’avais évoqué pour le premier tome, leurs autrices aiment surtout nous parler des difficultés à vivre dans ce monde où la vie ressemble à celle qui avait lieu autrefois chez nous. Ainsi même si le fil conducteur est l’envie de Maïn de retrouver des livres et donc d’en fabriquer, on passe beaucoup de temps à s’attarder sur comment améliorer déjà sa vie de tous les jours et ici la couverture nous donne bien des indices. En effet, ce tome sera l’occasion de voir Maïn cuisiner, broder ou encore faire de la vannerie pour ses proches. C’est encore une fois tout doux, plein de bons sentiments et on s’amuse bien avec elle, apprenant de nouvelles choses nous aussi par petites touches.

Les autrices font progresser leur histoire et développent les relations entre Maïn et son père mais aussi entre Maïn et son ami Lutz. Elle se découvre un nouvel ami, plus âgé, un collègue de son père, qui va l’aider dans sa quête en lui apprenant à lire et écrire. Sa mission sacrée avance également grâce à sa persévérance, Maïn se bat contre son propre corps d’abord mais également contre la nature ensuite pour concrétiser sa nouvelle idée, ayant dû abandonner la première qui était la confection de papyrus, elle souhaite désormais réaliser des tablettes en argiles. En suivant la même recette que précédemment, les autrices font ainsi découvrir aux lecteurs les premiers moyens qui furent utiliser pour coucher l’écriture. Elles ne simplifient pas la vie de Maïn pour autant, montrant que ça n’a rien de simple et que les connaissances factuelles ne suffisent pas dans la pratique. Maïn doit donc avancer à tâtons et chercher comment corriger chaque échec. J’aime cet esprit là !

Ce nouveau tome reprend donc la même dynamique bon enfant que précédemment, s’enrichissant tout de même au passage grâce à des relations qui se creusent, ainsi que des ajouts à la quête de l’héroïne qui se complexifie face aux obstacles qu’elle rencontre. C’est simple mais mignon et prenant à lire.

Tome 3

La dernière fois, je trouvais que les autrices n’allait pas assez à fond dans le sujet qui était propre à ce titre : la quête de Maïn pour fabriquer du papier. J’ai été entendue et nous avons droit à un sacré revirement ici.

Depuis déjà 2 tomes, nous suivons notre héroïne amoureuse des livres qui souhaite trouver un moyen pour que cet objet si cher dans le monde où elle a atterri devienne abordable pour tous et elle en premier. Depuis le dernier tome, elle forme un joli duo avec Lutz, un garçon de son âge, qui l’aide dans ses tests, cependant elle coince un peu. Ce dernier, lui, souhaite changer de vie et voir du pays. Ils vont sans le vouloir trouver en l’autre la solution à la réalisation de leur désir secret.

J’ai beaucoup aimé la façon dont les autrices amènent cette nouvelle évolution dans l’histoire. Au début, on ne se doute pas un instant que cela va prendre cette direction. Mais il suffit d’une rencontre, d’un échange pour que l’idée jaillisse et change tout. L’arrivée de Benno est vraiment un coup de maître. Beau-frère d’Otto, c’est un marchand qui va reconnaitre le potentiel de Maïn et tout faire pour en tirer profit, bousculant celle-ci. L’histoire change alors de donne et on se reconcentre à nouveau sur un moyen de fabriquer du papier pour ensuite le commercialiser et trouver un avenir à chacun des héros. Bien joué !

Avec ce revirement, l’histoire s’éloigne de son petit train train. Elle redevient plus dynamique. L’autrice relègue du coup un peu à l’arrière-plan la famille de Maïn mais c’est pour la bonne cause. On se concentre sur comment fabriquer du papier japonais. C’est une technique qui ne m’est pas inconnue mais les autrices la détaillent vraiment et mettent en lumière les difficultés qu’il y aura pour la mettre en oeuvre. C’est très intéressant, en plus cela aboutit sur de nouvelles relations, Maïn et Lutz ayant besoin d’aide dans leur projet.

Pour finir, en plus de tout cet enrichissement autour du thème du papier, j’ai trouvé très agréable de voir que les mangakas pensaient à faire évoluer le monde dans lequel vit Maïn. Dans ce tome, on découvre un autre quartier de la vie, d’autres types de relations entre ses habitants, mais surtout il y a un sous-entendu très prometteur concernant la cause de la faiblesse du corps de Maïn et j’espère bien voir cela développé plus longuement par la suite.

J’ai donc à nouveau lu ce nouvel opus avec entrain et curiosité, une curiosité ravivait grâce aux nouveaux développements bienvenus pour ne pas tomber dans une certaine routine où on se serait enlisé. L’intrigue est bien menée, nous sommes presque à mi-chemin et on a bien avancé. Je pense que la suite nous réserve encore de belles surprises.

(Merci Ototo et Sanctuary pour cette lecture)

Ma note : 15 / 20

6 commentaires sur “La petite faiseuse de livres de Suzuka et Miya Kazuki

  1. J’ai eu un peu de mal avec le tome 1. Je trouvais que l’héroïne se plaignait beaucoup et pleurait sans cesse. Mais par la suite, elle s’ouvre plus aux autres et laisse parfois de côté sa quête personnelle pour partager des moments ultra mignons !

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