Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Act-Age de Tatsuya Matsuki et Shiro Usazaki

Titre : Act Age

Auteurs : Tatsuya Matsuki (scénario) et Shiro Usazaki (dessins)

Editeur vf : Ki-Oon (shonen)

Année de parution vf :  Depuis 2020

Nombre de tomes vf  : 2 (encours)

Histoire : Plongez dans les coulisses impitoyables du monde des acteurs et assistez à l’éclosion d’une future star !
Des dizaines de milliers de candidats pour une poignée d’élus… L’agence Stars est connue pour la sévérité de sa sélection, mais aussi pour son aptitude à dénicher les étoiles du cinéma de demain. Derrière les paillettes et la lumière des projecteurs se joue une lutte féroce pour la survie… C’est dans ce climat ultra-compétitif que la jeune Kei tente sa chance, poussée par la nécessité de trouver un gagne-pain pour nourrir ses frères et sœurs.
Quand Sumiji Kuroyama, réalisateur aussi génial que méconnu, découvre la lycéenne au cours d’un casting, c’est le coup de cœur : cette Kei Yonagi est une véritable pépite ! Elle ne joue pas, elle devient son personnage. Il le sait, cette technique à double tranchant peut mener à la gloire comme à la folie… Malgré tout, il prend l’adolescente sous son aile pour polir ce diamant brut et dévoiler son éclat. De plateaux en auditions, Kei débute à marche forcée l’apprentissage du dur métier d’actrice !

 Mon avis :

Tome 1

Titre événement de cette rentrée post-covid chez Ki-Oon, l’éditeur semble vraiment miser dessus à voir les superbes kits presse qui circulent et ils ont raison car, sur le marché français c’est un titre au thème original car encore peu présent, donc il y a un public attendant potentiellement ça. Pour ma part, je suis restée sur ma faim avec cette lecture mais surtout j’ai noté une grosse influence d’un titre que j’ai déjà lu et préféré autrefois…

Tatsuya Matsuki et Shiro Usazaki, voilà un duo de nouveaux venus sur la scène du manga. Le premier a débuté sa carrière comme scénariste dans le milieu du cinéma avant de se tourner vers le manga. En 2016, il a publié un premier oneshot sur le parcours d’une apprentie cinéaste, illustré par Shiro Usazaki qu’il a repérée quelques années plus tôt sur Twitter. Cette première collaboration fonctionne très bien et le retour des lecteurs est bon, ils remettent donc le couvert en 2018 avec une série plus longue toujours en cours au Japon, Act-Age, 11 tomes à son actif, que nous retrouvons cette année chez nous.

En France, c’est l’un des rares titres que l’on peut lire et où l’on traite du thème du cinéma et du jeu d’acteur. De mémoire, je n’ai lu que Kasane, Skip Beat et The Red Rat in Hollywood qui l’abordent aussi. Pour un amateur non éclairé, ce titre peut donc faire figure de Saint Graal et on peut se dire, chouette enfin un titre qui parle de cinéma et de jeu d’acteur ! Sauf que les auteurs se sont allègrement appuyés sur un titre ultra connu au Japon, dont nous n’avons connu que la version animée chez nous : Glass no Kamen de Suzue Miuchi (Laura ou la passion du théâtre en vf) et malheureusement, ce titre a une tout autre puissance dramatique. Forcément, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les deux, au détriment du petit nouveau, ce qui a grandement joué sur mon appréciation de celui-ci.

Cette grosse influence de Glass no Kamen se ressent d’entrée de jeu pour ceux qui connaissent le titre. Tatsuya Matsuki et Shiro Usazaki réutilisent exactement les mêmes ingrédients : une actrice à la méthode très personnelle qui s’immerge totalement dans rôle, ce qui la fait sortir du lot, écrasant les autres rien que par sa présence ; une fille pauvre découverte pour un(e) metteur(se) en scène pas/plus connu, qui va se retrouver face à une star montante épaulée par l’élite du milieu ; un maître qui l’entraine et lui fait d’abord réaliser ses limites pour la faire grandir, puis l’utilise pour lui faire jouer LE grand rôle qu’il a imaginé. Tout ça est vraiment repris tel quel, comme ça l’était dans Glass no Kamen, il n’y a aucune nouveauté ici, les auteurs ont fait preuve de zéro imagination et je suis très déçue.

En plus, comparé à Glass no Kamen tout est surjoué, exagéré mais lissé aussi dans un sens car calibré pour le public shonen actuel. Dans le titre d’origine, il y a une dramatisation qui prend place dans le contexte de création et de publication de l’oeuvre ainsi que dans la vie des personnages qui est bien plus rude que celle des personnages d’Act-Age. Ici, ça fait très artificiel en comparaison. La preuve, on retrouve dans Act-Age un humour léger de shonen, où ça crie et braille à tout va, faisant encore perdre en impact à la série.

Pour autant, malgré mes critiques acerbes (parce que le recopiage m’agace ainsi que le fait que personne ne le souligne sur la blogosphère…), je n’ai pas détesté cette lecture. Je l’ai juste trouvé lisse et standardisée.

La narration va vite mais au moins on ne s’ennuie pas. Après un premier chapitre assez long, les chapitres suivants sont deux fois plus courts, ce qui permet de dynamiser la lecture. On vit par exemple déjà la rencontre entre l’héroïne et son mentor, ses premiers entraînements, ses premiers castings, ses premiers rivaux, l’apparition de sa future grande rivale. Les auteurs ne chôme pas pour maintenir notre attention. La narration et la mise en scène sont donc classiques mais efficaces et si ça manque d’impact, ça reste sympa à lire car on découvre le milieu du cinéma et ses rouages de l’intérieur à travers le regard d’une gamine qui rêve de faire parti de ce milieu et qui aime vraiment se mettre dans la peau des personnages qu’elle joue, ce qui est très positif. On en découvre également les magouilles parce que sinon ce serait trop beau pour être vrai, et il fallait au moins ça pour titiller le lecteur.

Les dessins étaient l’un de mes gros arguments pour tester le titre, il suffit de voir les couvertures pour comprendre. Cependant quand j’ai ouvert le tome, j’ai été assez déçue. J’ai trouvé le trait de la dessinatrice fort moyen en dehors des visages des personnages principaux. J’aime beaucoup par exemple le côté tout en angles, tout en amande comme ses yeux, de l’héroïne. Cependant le reste fait vide et fade. On sent qu’elle n’a pas trop prêté attention aux décors et arrières-plans. C’est dommage pourtant parce qu’on sent qu’elle a un trait prometteur et les capacités pour faire mieux mais elle semble ne pas avoir envie de s’embêter à faire plus ou ne pas avoir le temps.

Ainsi même si je ne peux pas dire que ce fut une lecture déplaisante, on est loin du coup de coeur car le titre manque de profondeur et d’impact comme on peut en trouver dans Kasane (dispo en vf) ou Glass no Kamen (dont le titre s’inspire clairement), mes références dans le genre. Même Skip Beat, malgré son côté barré, est meilleur dans l’intensité dégagée par l’héroïne car l’autrice laisse plus le temps à celle-ci de construire ses rôles, on suit vraiment sa construction, alors qu’ici tout va trop vite et on n’a quasiment aucune explication. Je ne suis donc pas convaincue par ce premier tome. Il n’est pas vraiment marquant pour moi, contrairement à la majorité des avis sur le net, car déjà lu mieux dans le genre. Je suis un peu déçue après tant de battage.

Tome 2

Ne voulant pas rester sur un échec et le tome 2 étant disponible, j’ai donné une autre chance au titre de me convaincre, malheureusement ce deuxième tome ne l’a pas plus fait, j’ai peut-être même encore moins aimé.

On se retrouve ici avec de nombreux chapitres forts courts pour nous faire découvrir artificiellement, à mon goût, l’enfer des castings où comme par hasard la gentille héroïne va quand même se trouver un groupe d’amis. On se retrouve malheureusement avec un schéma qui se répète trop : une héroïne assez simple et peu développée pour le moment, qui utilise ses expériences de vie et ses visionnages pour se transformer en tout personnage qu’elle croise ou droit jouer. Et on peut multiplier ça par autant de rôle qu’elle rencontre… Heureusement, elle commence également à se rendre compte de sa différence avec les avantages et inconvénients que ça occasionne. Mais pour le narrateur/spectateur, on est trop dans l’analyse et le décryptage texto de ce que fait Kei, ce qui empêche le lecteur de vivre l’instant et de faire sa propre lecture. Quand on y regarde, ça influence même notre lecture de l’héroïne, Kei, qui se retrouve bien trop souvent un peu trop rigide/figée quand elle est en train de genre, en mode « arrêt sur image ». Du coup, impossible pour moi encore une fois d’adhérer au manga, alors que j’aurais vraiment voulu.

C’est encore une fois dommage parce que c’était intéressant dans ce tome de voir son monde s’élargir enfin grâce aux rencontres d’autres acteurs, réalisateurs et surtout de sa grande rivale. J’aurais bien comparé celle-ci à celle de l’héroïne de Glass no Kamen dont on sent encore que les auteurs s’inspire mais elle est bien fade en comparaison… Je trouve la rivale de Kei très fade et clichée pour le moment. Je n’aime pas son petit air arrogant, supérieur, ça sent le personnage creux et stéréotypé à fond pour correspondre à un certain standard. J’espère juste me tromper pour les lecteurs de la suite sinon vous allez vite vous ennuyer. En tout cas, elle est à fond dans le surjeux et manque totalement de crédibilité pour le moment. En comparaison, l’héroïne qui continue son entrainement est plus intéressante car au moins, on la voit progresser au fil de ses rencontres, telle une éponge.

L’intrigue du tome n’était pas mal, elle. On est complètement immergé dans le casting que passe Kei et le film qui se tourne, au point d’oublier un peu les autres personnages croisés dans le tome 1 (sa famille et le réal qui l’a repérée.). Mais c’est sympa car ça nous montre encore une fois les rouages du métier avec sa cruauté, ses manipulations par certains, ses coups bas. On commence à aborder les difficultés du milieu, c’est encore un peu superficiel mais au moins ça commence à venir. En plus, il y a toujours un bon sens du rythme dans l’ensemble et les auteurs savent couper au moment où les enjeux sont les plus importants pour nous donner envie de lire la suite.

Cependant, sauf surprise je ne ferai pas partie des lecteurs de la suite. Je n’ai pas trouvé assez de qualité à la série pour me donner envie de poursuivre. Elle ne propose pas ce que je recherche. Si j’ai envie de me prendre une claque en découvrant l’ascension d’une grande actrice, je préfère relire Glass no Kamen (toujours en cours au Japon et inédit dans nos librairies) ou Kasane (terminé chez nous), qui propose un travail plus soigné et intense sur leurs personnages. Désolée pour les amateurs du titre… Je n’aurais rien lu avant, j’aurais peut-être un autre avis ^^!

Ma note : 13 / 20

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14 commentaires sur “Act-Age de Tatsuya Matsuki et Shiro Usazaki

  1. Pour ma part je ne connais pas du tout glass no kamen, cela m’a peut être permis d’apprécier un peu plus Act-age. Pour le moment je suis plus intrigué par le réal qui ne semble pas connu dans son pays malgré ses récompenses à Cannes, Venise et Berlin, ainsi que par son fameux rêve. Mais aussi par la directrice de l’agence stars qui semble avoir vécu une carrière plutôt douloureuse d’actrice. J’attends donc pas mal du développement des personnages secondaires. Pour l’héroïne j’attends de voir la suite mais on est sur un classique shonen (attention ce n’est pas péjoratif) avec l’apprentissage, la découverte de soi, etc… Mais je ferai parti des lecteurs des tomes suivants 😁

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    1. Je comprends parfaitement que quelqu’un ne connaissant pas le titre dont c’est inspiré trouve Act Age sympa et ait envie de poursuivre, mais comme tu le dis c’est un shonen classique, trop pour ma part, j’y retrouve certains tics de cette catégorie éditoriale dont je ne suis pas très fan…
      Mais effectivement, il y a matière à peut-être faire quelque chose d’intéressant s’ils creusent les personnages secondaires que tu cites, croisons les doigts pour les lecteurs 😉

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  2. Je t’avoue que je ne connais Laura et la passion du théâtre de nom seulement (je ne connaissais même pas le titre original) et du coup je trouve ça bien que tu mette en avant une telle ressemblance car c’est bon à savoir.

    Tu le sais, j’ai beaucoup aimé ces deux premiers tomes, mais j’aime aussi lire des avis divergents, en plus ton article est très bien fait !

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    1. Merci. Effectivement mon petit « coup de gueule » s’adresse surtout à ceux (rares peut-être) qui connaissent Laura et qui devraient remarquer que c’est vraiment trop ressemblant pour que ce soit une coïncidence…
      Je sais que toi, tu as beaucoup aimé et tant mieux. Pour ma part, j’ai plus envie de relire Glass no Kamen et je suis très frustrée qu’il n’ait jamais été publié en France. On a donné et donne encore plus facilement sa chance à de longs shonens qu’à de longs shojos et c’est bien triste V.V
      En tout cas, je te souhaite une bonne lecture de la suite et je regarderai tes avis 😉

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      1. Oui, effectivement j’ai remarqué que les séries longues catégorisés en shojo ont plus de mal à trouver leur public et du coup, il y en a aussi moins qui nous parviennent. C’est dommage parce que ça n’encourage pas la diversité…

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  3. Avis qui tranche avec ceux que j’ai pu lire ce que je trouve intéressant appréciant d’avoir différents points de vue et perspectives sur un titre. Je comprends que le fait que cette série s’inspire fortement d’une autre t’ait agacée tout comme le manque d’approfondissement… Je reste intriguée mais prendrai en considération tes réserves avant de me lancer si ma mediathèque propose la série.

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    1. Merci, effectivement je ne partage pas l’engouement général et ce n’est jamais facile à dire ^^!
      Je peux comprendre que ça plaise à certains, je ne suis juste pas la cible et le titre ne propose pas ce que je cherche.
      J’espère que tu aimeras si tu testes.

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  4. Je me demande toujours comment vous pouvez écrire autan de chose xD Act-age m’as aussi un peu déçue c’est vrai mais je pense que le tome deux m’as beaucoup plus plu que le premier, peut être par ce que le scénario est plus intéressant ? Je savait pas du tout que l’idée avait était largment inspiré d’une Autre œuvre ( faut dire que ma culture générale laisse a désire ;-;) Beau article en tout cas.

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