Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

À tes côtés de Megumi Morino

Titre : À tes côtés

Auteur : Megumi Morino

Editeur vf : Akata (M)

Année de parution vf : Depuis 2020

Nombre de tomes vf  : 7 (en cours)

Histoire : Quand un après-midi d’hiver enneigé, Hotaru tend son parapluie à Hanoï, un de ses camarades de lycée qui vient de se faire larguer, elle n’imaginait pas encore que c’était le début d’une nouvelle histoire. En effet, ce garçon de la classe d’à côté débarque le lendemain, pour lui faire une déclaration d’amour… alors qu’il ne la connaît pas vraiment. Déstabilisée, elle finit pourtant par accepter d’essayer de sortir avec lui jusqu’à Noël. Et si derrière des apparences trompeuses, la rencontre de ces deux-là était en réalité le fruit du destin ?

Mon avis :

Tome 1

Il y a 2-3 ans, j’avais vraiment fondu devant la série Good Morning Little Briar-Rose de Megumi Morino. J’y avais trouvé une vraie originalité et finesse et un ton doux et mélancolique que j’avais beaucoup aimé. Quand j’ai vu que l’éditeur allait proposer sa nouvelle série en cours, j’en fus ravie !

Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance d’Hananoï, un lycéen qui vient de se faire larguer par sa copine en plein café sous les yeux de tous, alors qu’il est ultra populaire. Attendrie, sa camarade Hotaru qui passait par là, lui offre son parapluie quand elle le recroise dehors. C’est le coup de foudre pour Hananoï avec qui on n’avait jamais été aussi altruiste et innocent apparemment. Il se met donc en tête de la conquérir alors que celle-ci n’en a que faire des relations amoureuses.

Sous ses airs de bluettes lycéennes, A tes côtés propose une histoire complexe qui ne peut laisser indifférent. Cependant, je vais être honnête, je n’ai pas été complètement convaincue. Quelque chose me dérange vraiment dans la caractérisation du héros, Hananoï et j’ai vraiment bloqué là-dessus. Connaissant un peu le travail de l’autrice, je me dis que la façon dont elle le présente ne peut pas être anodine. Elle en fait un garçon qui dans la vraie vie aurait vraiment de quoi faire peur vu son potentiel de harceleur et autre petit copain ultra possessif et jaloux. Ça m’a donné des frissons dans le dos en permanence. Je me suis dit tout au long de ma lecture que ses réactions et actions totalement excessives devaient forcément cacher quelque chose, mais quoi, je n’en sais rien.

Ce n’est pas normal pour un garçon de se comporter ainsi envers la fille qu’il aime et peut-être est-ce un moyen pour l’autrice de le dire en forçant le trait, tant il est l’archétype du héros qu’on peut trouver dans certaines romances lycéennes qu’il y a dans les shojos. C’est le beau gosse, qui a des bonnes notes, du succès avec les filles, qui a le coup de foudre pour une héroïne banale en soi mais toute gentille au fond et chez il voit la beauté intérieure, ce qui va la rendre encore plus belle à l’extérieur. Alors peut-être l’autrice veut-elle dénoncer cela en en faisant des caisses comme ça avec lui mais impossible pour moi de passer outre le malaise qu’il suscite.

A l’inverse l’héroïne, Hotaru m’a vraiment parlé. C’est une ado normale, qui aime manger, discuter avec ses copines, et pour qui l’amour et les garçons sont bien loin de ses préoccupations. Elle est banale mais parfaitement à l’aise dans ses baskets. C’est une fille lambda. J’ai beaucoup aimé ses réflexions et interrogations sur l’amour, quand elle se questionne sur ce que ça change, ce que ça fait ressentir, ce qu’il faut faire, etc. J’ai beaucoup moins aimé quand elle s’est sentie obligée d’entrer dans une relation pour « tester », voir si des sentiments allaient arriver, alors qu’au fond elle ne semble pas vraiment en avoir envie. Je n’ai pas trouvé ça très sain.

Du coup, malgré une autrice que j’adore, j’ai été mal à l’aise avec cette histoire. Je me dis vraiment que ça ne peut pas juste être une romance comme une autre la connaissant, alors j’ai envie de poursuivre. En plus, ce tome 1 n’est qu’une longue introduction et tout reste à faire. C’est surtout centrée sur la découverte des personnages, leurs particularités, leurs premières interactions entre eux, leurs premières fois, le destin, mais on sent bien que ce n’est qu’une amorce et qu’on est loin d’avoir tout vu. Du coup, je croise les doigts pour que leur histoire devienne plus saine.

Les dessins, eux, sont toujours aussi doux. J’aime beaucoup le look choisi pour l’héroïne : petite et avec des sourcils marqués. Elle a des expressions toutes mignonnes, hyper craquantes. Elle a une vraie bouille. Hananoï, lui, est l’archétype du beau gosse. Je regrette un peu son changement de coiffure mais ça lui va bien. La dessinatrice possède une belle palette d’expressions pour eux. Mon seul petit regret est que les décors sont très souvent aux abonnés absents. Mais le découpage est fluide et rend la narration très souple et agréable, comme si ça coulait de source.

Je m’attendais à un coup de coeur sur ce titre. Je ressors un peu mitigée de ma lecture. Il y a un vrai potentiel, je pense, mais pas du tout exploité encore. C’est un tome de mise en place, qui je l’espère cache encore plein de secrets. Le ton est donné, l’ambiance est douce et étrange. Il ne reste plus qu’à développer tout ça dans la bonne direction comme elle avait sur le faire avec Good Morning Little Briar-Rose.

Tome 2

Malgré le plaisir certain que j’ai pris à lire ce deuxième tome, je continue à trouver qu’il y a un je ne sais quoi qui me dérange dans ce titre. Ou plutôt, je sais très bien, j’ai toujours du mal avec le caractère très possessif et limite malsain, pour lui, du héros….

Pourtant, j’aime beaucoup ce que fait l’autrice en général. C’est quelqu’un qui développe à merveille la complexité des émotions de ses personnages. Ici, le fait qu’elle se centre sur une héroïne qui découvre peu à peu ce qu’est l’amour me plait bien. Hotaru est quelqu’un de très attachant. C’est un peu comme une petite soeur qu’on voit grandir et faire plein de découvertes. Elle est naïve et innocente mais toujours honnête. Elle tâtonne énormément, se pose plein de questions, mais en pose aussi aux autres. Son expérience passée compliquée et traumatisante avec une amie a forgé son caractère. Le dialogue prime donc avant tout pour elle et j’aime l’importance qu’elle lui donne. Elle est aussi très attentionnée mais pas excessivement.

Ce dernier adverbe définit plutôt le héros, Hananoï. Je sais que ça plait à certain(e)s de voir un héros à ce point aux petits soins pour celle qu’il aime, mais pour moi il en fait beaucoup trop. Ça me donne en permanence un sentiment de malaise. J’ai peur à la fois pour l’héroïne tant il se montre possessif et exclusif, mais également pour lui vu que tout tourne autour d’elle quand on l’écoute. C’est assez effrayant. On sent bien que cela cache quelque chose, des fêlures de son passé peut-être. Je l’espère même fort, sinon ce serait une déception qu’on en reste là et qu’on ne détricote pas tout ça. Mais en attendant, ça me dérange à chaque moment et cela entache les jolis moments qu’ils sont censés passer ensemble à développer leur relation et leurs sentiments.

Heureusement que pour compenser ça, l’autrice fait preuve d’un doux humour qui fait mouche avec moi. J’aime particulièrement les petites scénettes qui entrecoupent les chapitres. J’aime aussi beaucoup les interventions des amies de l’héroïne, qui elles voient tout d’un regard extérieur. Ça remet les choses en perspective.

Le trait de Megumi Morino, lui, est toujours aussi beau et sensible, ampli d’une douce mélancolie et d’une certaine lenteur qui se prête bien au récit qu’on a entre les mains. C’est superbe.

Reste donc ce point concernant le héros qu’il va falloir voir à changer pour que le récit évolue et qu’on ne fasse pas la promotion d’une relation tout sauf saine pour moi. Megumi Morino est une autrice sur laquelle je place beaucoup d’espoir, j’espère ne pas être déçue.

Tome 3

Depuis le début de la série, le héros me met très mal à l’aise et m’empêche de pleinement apprécier ce que je lis alors que l’héroïne est juste adorable dans sa découverte des sentiments amoureux. Or, ce tome m’a enfin parmi de passer outre ce sentiment grâce aux développements mis en place par l’autrice. Merci Megumi Morino !

L’air de rien, petit à petit, tout au long de ces quatre chapitres, la mangaka défait les noeuds si problématiques de sa romance bancale entre Hananoi et Hotaru. Elle explore lentement mais sûrement la possible origine des troubles du jeune homme et ses manifestations, ainsi que la façon dont sa petite amie va y être confrontée. J’ai beaucoup aimé.

Je trouvais Hananoi terriblement malaisant depuis le début. Il a tout du type toxique qui étouffe sa copine en cherchant à la monopoliser et la couper de tout. Mais je me doutais bien que l’autrice n’en resterait pas là. Dans ce tome, petit 1, Hananoi reconnait son étrangeté, petit 2, sait que ce n’est pas normal et que ça risque de l’empêcher d’avoir une relation normale, petit 3, on découvre que cela vient peut-être de sa relation bancale avec ses parents. L’autrice développe donc un sujet, peut-être un peu tabou, les origines des types toxiques. J’ai beaucoup aimé, cela m’a vraiment permis de commencer à apprécier ce personnage.

Ce revirement est également peut-être dû aux changements de regard qu’Hotaru porte sur lui. Elle tombe amoureuse de lui et l’admet, même si ça lui prend un temps infini pour l’avouer. Le fait d’être amoureuse ne lui donne pas d’oeillères au contraire, ça ouvre son regard sur cette personne, ça la pousse à l’observer plus et à se rendre compte de ses bizarreries (pour rester polie) mais à travers le doux regard d’une personne amoureuse tout de même. On a donc avec elle, le regard sensible d’une personne qui tatonne dans ses sentiments et qui cherche à comprendre l’autre. Cela vient aussi de son propre passé douloureux en matière d’émotions. L’autrice jongle parfaitement entre les deux passifs de ses héros. J’ai beaucoup aimé tout le développement autour de l’importance de se parler même si on croit que c’est inutile, pour s’assurer que l’autre (ami ou amant) ait bien compris. Le travail sur les premiers émois d’Hotaru et sa réticence à en vivre est également très beau et plein de subtilité.

Megumi Morino a donc une nouvelle fois fourni un très joli travail. Je n’en attendais pas moins d’elle après mon coup de coeur pour Good Morning Little Briar-Rose mais ici cela a vraiment tardé à venir et j’ai failli abandonner. Heureusement que j’ai tenu le coup, cela m’a permis de vivre de très jolis moments dans ce tome entre les tentatives de déclaration d’Hotaru, leur Saint-Valentin à deux, etc. Je pense que maintenant le titre est vraiment sur de bons rails.

Tome 4

Depuis le début, j’étais réservée sur ce titre mais j’avais envie de faire confiance à l’autrice que j’avais beaucoup aimé sur Good Morning Little Briar-Rose. Je disais déjà dans le tome précédent que j’avais bien fait d’insister, c’est encore plus le cas ici.

Le titre monte vraiment en puissance grâce à une très belle écriture de Hananoï. Ce personnage que je trouvais glauque et dérangeant au possible, se révèle finalement écrit assez finement comme je m’y attendais de la part de l’autrice. Elle révèle petit à petit ce que cache son comportement possessif et j’adore. C’est un enfant qui a été en quelque sorte laissé de côté par ses parents. Il a donc une grande peur de l’abandon et cherche quelqu’un auprès de qui il pourrait passer en premier, ce qu’il n’a jamais connu. Cela m’a beaucoup touchée. Il m’a beaucoup touchée.

Ainsi ce tome qui se concentre sur le nouveau petit couple et leurs premières fois, ce qu’ils peuvent / aimeraient faire et leurs tâtonnements, était mignon tout plein. Alors que ce sont des passages obligés assez classiques, donc déjà vus et revus, l’autrice ajoute pas mal d’humour entre les personnages secondaires loufoques, les petits bonus savoureux sous la jaquette et les questions pertinentes, cependant, d’Hotaru sur ce que c’est d’être amoureux, en couple… C’est drôle et tendre, teintant la série d’une teinte très particulière. On n’est pas dans du 100% humour comme dans @Ellie, mais celui-ci est bien présent, il y a juste une note de douceur supplémentaire et plus profonde, qui correspond à la profondeur cachée des personnages due à leur trauma respectif.

Ainsi, elle tisse également habilement sa toile aussi bien quant à l’enfance d’Hananoï et ses conséquences sur son lui présent, que quant au passé d’Hotaru et son traumatisme à elle, ainsi que la façon dont les gens sont intervenus ou non. Ce sont des questions que j’aime voir traitées. J’aime qu’on ose parler des parents qui abîment leurs enfants par leurs mauvais choix parentaux. J’aime qu’on ose évoquer le harcèlement même chez les enfants et qu’on pointe les défaillances de ceux au courant. C’est une prévention nécessaire !

Ainsi, j’aime de plus en plus la série, qui sous ses dehors classiques se révèle plus profonde et moins dérangeante que prévue ou du moins différemment et d’une façon plus saine. Oui, j’emberlificote les choses mais c’est vraiment un très beau titre finalement.

Tome 5

Décidément comme je m’étais trompée sur ce titre. Il est de plus en plus fin et mignon au fil des chapitres, j’adore !

Au rendez-vous de ce tome, le passage des héros en 2e année et les changements que cela occasionne. J’ai de plus en plus l’impression de suivre Hotaru en mode maman poussin avec Hananoï et je trouve ça ultra cute. Assister aux premiers pas de celui-ci me confère un perpétuel sentiment de joie, comme celle d’une maman qui assiste aux premières fois de son enfants.

En effet avec Hananoï on partait de loin, mais désormais on le voit petit à petit faire attention aux autres et se préoccuper d’eux. C’est léger mais vraiment signifiant quand on le connait. Après chassez le naturel et il revient au galop, ça lui arrive donc souvent de rechuter, se refermer et faire sa crise de jalousie, mais ce n’est plus dérangeant comme au début. Il est moins étouffant et plus désarmant.

Ainsi, j’aime énormément l’évolution de ce personnage et de sa douce relation avec Hotaru. Ils prennent leur temps et aucun ne force l’autre. Quand Hotaru se force à l’appeler par son prénom alors qu’elle n’est pas prête, il lui offre de prendre son temps. Quant Hotaru a peur qu’il l’embrasse, il l’attend et la laisse prendre les devants, se retenant quand lui-même est sur le point de craquer. J’aime beaucoup cette prévenance. On assiste ainsi à des scènes vraiment trop trop adorables.

Après, Hananoï est quand même bouffé par la culpabilité qu’il ressent à cause d’une décision passée qu’il juge mauvaise avec le recul. Cela conditionne pas mal de choses dans ce tome et on sent que l’autrice travaille très bien le moment où cette bulle va éclater, mais pour le moment, comme elle le rappelle, c’est trop tôt et elle préfère ne pas forcer ses personnages, ce qui est tout à son honneur.

Enfin, malgré ce qu’on pourrait croise en me lisant, il y a également un joli travail sur les personnages secondaires qui sont très présents dans l’histoire, que ce soit leurs amis du lycée ou ceux du travail. Avec eux, on aborde le changement de classe, la difficulté à se faire de nouveaux amis et l’obligation sociale (fausse) qui nous y pousse. L’autrice cherche cependant avant tout à nous faire comprendre qu’il faut être soi-même et ne pas se forcer, ce qui est un très beau message. Elle n’occulte pas cependant les travers de ceci qui peut rendre les gens solitaires et seuls faute de trouver des personnes avec des atomes crochus. Ce n’est pas facile.

Du coup, j’ai vraiment trouvé ce tome a-do-ra-ble ! Avec un beau développement du couple, sensé et sensible, et un joli travail autour des personnages et du thème qu’il faut rester soi-même, la série gagne de plus en plus en qualité. Et je ne vous ai pas encore parlé des dessins dont la finesse me met des étoiles dans les yeux et me fait souvent m’attarder sur eux pour mieux graver une scène ou une expression dans ma mémoire. Décidément, j’adore le travail de Megumi Morino.

Tome 6

Plus les tomes passent, plus je suis sous le charme de ce shojo sur lequel pourtant je ne misais pas vraiment au début. L’autrice a su construire des personnages d’une pureté magnifique et elle aborde avec beaucoup de justesse des thèmes peu vus jusqu’à présent.

En effet, depuis le premier tome Hananoï est un personnage atypique. Il m’a d’abord semblé glauque pour ne pas dire toxique dans sa relation qu’il voulait exclusive avec Hotaru. Mais petit à petit, on a découvert ce personnage, son passé, sa situation familiale et on l’a compris. A côté, à force d’être près d’Hotaru, il a évolué et tout doucement on le voit se transformer, ce qui est magnifique.

Dans ce tome, après l’échange de son premier baiser avec elle, il aimerait bien apparaitre plus viril à ses yeux. Il décide donc de participer et gagner un tournoi sportif, mais pour ça il doit côtoyer et travailler avec d’autres garçons, lui, le misanthrope. J’ai adoré assister à ces moments. J’ai beaucoup aimé le discours très bienveillant de tout le monde autour des différences d’Hananoï. Il ne rentre pas dans un cadre et grâce à Kei, tout le monde l’accepter. Lui-même peut enfin souffler et être lui-même car on accepte ses « bizarreries », des bizarreries que je peux partager parfois, je l’avoue, alors ça m’a fait du bien de voir une autrice dire que oui on a le droit de ne pas trop aimer les relations sociales, on a le droit de ne pas vouloir pléthore d’amis, on a le droit de vouloir garder ses distances et d’avoir des craintes. J’ai presque poussé un soupir de soulagement comme son héros.

Je retrouve donc de plus en plus, l’autrice que j’aime dans cette série. Une autrice qui sait traiter avec justesse et émotion des situations personnelles et familiales qui ne rentrent pas dans les normes. Ici, elle revient avec brio sur le passé d’Hananoï et ce qui fait peut-être qu’il est tel qu’il est aussi bien avec ses amis qu’avec Hotaru. Il y a plein d’émotion là-dedans et en même temps, l’autrice ne franchit jamais la ligne du mauvais pathos, au contraire. Tout sonne juste et reste juste émouvant comme il faut. C’est un vrai bonheur.

Du coup, dans ce tome, Hotaru passe un peu en retrait au profit de son chéri, ça ne m’a pas dérangé. Le peu où elle intervient pour montrer les chamboulements qu’elle ressent depuis l’accélération de sa relation avec Hananoï était adorable. Elle est d’une nature tellement franche et honnête que ça ne peut qu’être mignon à voir. Mais surtout, avec elle, on aborde la figure de la grande soeur toujours célibataire et j’aimerais bien que celle-ci soit au centre d’une petite histoire à son tour car ça pourrait être intéressant. Déjà ses réflexions sur son rôle et son image de grande soeur m’ont beaucoup plu.

N’oublions pas pour finir, les charmants petits yonkama bonus entre chaque chapitre qui sont juste plein d’humour et qui m’ont pliée parfois. C’est une belle respiration et un beau bonus qui apporte vraiment quelque chose pour une fois. Cela permet de voir des scènes en off, de rire gentiment des personnages en se moquant avec tendresse de leurs travers. Bref, un humour que j’adore !

Ce nouveau tome confirme A tes côtés au rang des très bons shojos que je lis actuellement. L’autrice a su déconstruire et reconstruire son héros et en faire quelqu’un de particulièrement émouvant et poignant abordant des sujets sur le rapport à l’autre qui m’ont beaucoup touchée. Plus qu’une romance, c’est donc une très belle histoire d’ouverture de soi, d’ouverture à l’autre et d’acceptation de la différence. On valide +++

Tome 7

La série a décidément bien évolué depuis son premier tome bancal et nous offre désormais une très belle romance épanouissante. Mais après tant d’efforts, ce tome marque un peu une pose avec un développement ou plutôt une stagnation assez classique, qui n’est pas désagréable mais m’a moins emballée que les précédents tomes où les héros étaient en pleine ascension.

En effet, Hotaru et Hananoï sont désormais bien ensemble et c’est en tant que couple établi et reconnu que nous allons les suivre. Nous avons ainsi droit à des ressors scénaristiques connus, tels que solidité du couple mis en doute par des jeunes filles qui ne trouvent pas Hotaru à la hauteur, ou une ex- qui a un mauvais souvenir d’Hananoï et qui ne voudrait pas qu’Hotaru revive cela. Tout cela est une fois de plus écrit avec beaucoup de bienveillance et un développement très accès sur le dialogue entre les deux membres du couple. En effet, chacun est conscient de ses failles, l’exprime à l’autre et travaille pour devenir plus fort. Cela donne une relation vraiment très belle à suivre et bien loin du schéma toxique que j’imaginais au début, même si parfois certaines petites choses me font tiquer. Ainsi quand Hotaru propose à Hananoï d’installer quand même un logiciel traqueur sur leurs téléphones à tous deux pour le rassurer, ça m’a fait très très bizarre, pour ne pas dire que ça m’a mise mal à l’aise, mais après tout si c’est fait avec l’accord des deux, pourquoi pas.

On suit ainsi notre charmant petit couple en train de renforcer leurs sentiments et leur relation dans la bienveillance et la communication. J’ai aimé assister à leurs échanges verbaux et non-verbaux. Il se dégage une grande douceur d’eux qu’on retrouve aussi bien en paroles que dans les dessins magnifiques de Megumi Morino. Elle fait évoluer son couple dans la bonne direction et continue à les mêler aux autres personnages de son histoire pour ne pas les laisser en vase clos, ce qui est aussi une dynamique importante ici, quand on voit d’où chacun d’eux part. Ainsi, quand ils se mêlent des sentiments de Satomi ou qu’ils vont à la piscine avec Kyô et Keigo, cela participe aussi à leur construction pour les rendre plus matures et j’ai beaucoup aimé. Cela casse cette image du couple qui ne voit pas les autres trop occupé par sa romance.

Enfin, j’ai une fois de plus aimé les nombreux traits d’humour de la mangaka qui créent vraiment une ambiance chaleureuse dans ce titre. L’ensemble des petits strips qui parsèment l’oeuvre, que ce soit sous la jaquette ou entre les chapitres, est vraiment très drôle. C’est un humour parfois pince sans rire qui me parle totalement et qui met en scène la grande maladresse de chacun des héros et leur décalage avec les autres ados de leur âge. J’adore !

Ainsi dans ce nouveau tome, j’ai encore une fois été charmée par Hotaru et Hananoï dont l’histoire évolue si joliment. J’ai un peu eu l’impression de faire du surplace avec le chapitre sur leur manque de confiance et les digressions avec les histoires de leurs amis. Mais au final ils avancent tranquillement à leur rythme et le retour sur les relations passées d’Hananoï était bienvenu pour montrer son évolution. Maintenant les dernières pages annoncent une suite qui devrait également aller dans cette direction avec une attention toute particulière à leur passé. J’ai hâte de voir ça !

© 2018 Megumi Morino / ©2020 Editions Akata

15 commentaires sur “À tes côtés de Megumi Morino

  1. Bonjour =)

    Merci pour ton avis sur ce tome 1. Au tout début, quand j’en avais entendu parler via des lecteurs japonais, j’hésitais à me lancer dans ce manga. ll ne me tentait pas spécialement mais il a pas mal de succès là-bas donc j’étais un peu curieuse. Mais par la suite on m’a dit que le comportement du héros était assez malsain et tu le soulignes bien dans ton avis. Je pense que ça me mettrai mal à l’aise aussi, et surtout, ce n’est pas le genre de choses que j’ai envie de voir dans une romance. Je commence aussi à en avoir marre des couples « garçon populaire parfait en apparence et gentille fille banale », ça devient lourd je trouve. Même si pour toi l’héroïne est sympathique, je trouve ça dommage qu’elle décide de sortir avec le héros juste pour essayer. Après peut-être que ça se développera par la suite et que le héros évoluera qui sait mais d’un point de vue personnel je pense que même avec ça, ça ne réussira pas à me convaincre.

    En tout cas je pense que je ne le lirai pas ce manga (peut-être que je testerai plutôt Good Morning Little Briar Rose) qui est dans ma liste depuis un moment mais que je n’ai toujours pas lu ^^’

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton long commentaire.
      Je vois qu’on partage le même agacement vis-à-vis d’un certain type d’éléments moteurs dans les romances lycéennes shojos. Du coup vu ta lassitude à ce sujet, je comprends totalement que tu passes ton tour.
      Je suis allée regarder la vidéo de présentation de l’éditeur après avoir écrit ma chronique et j’ai vu qu’eux aussi soulignaient ce comportement malsain mais avaient l’air de dire que ça se calmait après pour partir vers autre chose.
      Connaissant l’autrice, je vais lui laisser une chance et voir un peu, mais c’est clair qu’avec quelqu’un d’autre j’aurais laissée tomber.
      J’espère que tu testeras Good Morning Little Briar Rose par contre parce que c’est vraiment totalement différent (tu as ma chronique sur le blog si ça peut t’aider ;))

      Aimé par 1 personne

      1. Je t’en prie. =)
        Je suis contente que tu comprennes. Je sais que suis difficile (et pas seulement sur les shôjos) mais bon si certains éléments ne me plaisent pas dès le début je vais avoir beaucoup de mal à m’investir dans l’histoire. Donc même si l’éditeur souligne que les choses évoluent je préfère m’intéresser à d’autres séries qui seront plus en accord avec mes goûts.
        Après je comprends ton point de vue aussi. On est parfois plus tolérants avec des auteurs qu’on connaît déjà (surtout si ses autres œuvres nous ont plu). J’irai lire ton avis sur Good Morning Little Briar Rose en tout cas et si je m’y mets je t’en donnerai des nouvelles =)

        Aimé par 1 personne

  2. C’est complètement idiot, mais la couverture me perturbe. J’y perçois une sorte de décalage entre les deux personnages qui me donne le sentiment d’un ado qui sort avec une fillette… J’apprécie, en revanche, la douceur des traits et des couleurs.
    Quant au côté malsain que tu soulignes, je serais curieuse de découvrir si le deuxième tome te permet de trancher : romance banale reprenant les stéréotypes souvent problématiques ou critique subtile…

    Aimé par 1 personne

    1. J’avoue que j’avais aussi un peu tiqué sur la couv mais comme c’est quelque chose qu’on retrouve chez d’autres, j’ai laissé passé.
      J’ai été surprise de trouver si peu de chroniqueurs évoquer ce côté malsain, alors j’espère vraiment que l’autrice en fera une critique parce que sinon ça risque d’être un peu plat et banal…
      On croise les doigts !

      Aimé par 1 personne

      1. Je pense que le côté malsain passe sans problème auprès d’un large lectorat. D’ailleurs plus jeune et en étant moins sensibilisée à la question, je suis persuadée que la plupart du temps, je n’aurais rien remarqué…

        Aimé par 1 personne

      2. Pareil pour moi, d’ailleurs même encore actuellement, je pense que je dois lire des titres sans me rendre compte que certains comportements ne sont pas sains. Alors si je l’ai remarqué ici, c’est que ça doit être vraiment frappant ^^!

        Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cette chronique ! 😁
    J’ai beaucoup aimé ce premier tome, et je trouve ce côté petit ami jaloux, prêt à tout pour elle, qui est contrecarre par les réflexions et sentiments de Hotaru, et je trouvais que ça équilibré bien tout ça 😂 dans le style petit ami jaloux possessif, y a Un petit ami trop parfait ? qui lui fait vraiment psychopathe dans le premier, et même méchant, et ça se perd dans les tomes suivants 😂
    C’est le CDD de l’amour, cette partie la m’a fait rire, c’est sur que tu te mets avec quelqu’un si tu éprouves une attirance et des sentiments, mais pas juste pour tester 🤣🤣

    Aimé par 1 personne

    1. Je vois ce que tu veux dire, c’est vrai que l’autrice essaie de mettre pas mal d’humour pour casser ce côté psycho, mais j’ai eu du mal à passer outre, je bloquais xD
      J’ai même pas tester Un petit ami trop parfait justement à cause de ça, j’avais déjà pas réussi à supporter So Charming où c’était l’héroïne qui était flippante si je me rappelle bien ^^!

      Aimé par 1 personne

      1. Je comprends c’est assez déroutant 😂
        Je n’ai pas du tout lu So Charming qui ne me tentait pas du tout, et finalement j’ai bien fait 😂
        Le concept d’Un petit ami trop parfait me plaisait bien avec le petit ami jaloux, mais en vrai c’est un psychopathe 😂 mais c’est vrai que dans les tomes suivants il se calme bien, mais le rival est carrément plus sympa à suivre que lui… aïe..😕

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s