Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

My Dear Neighbor de Megumi Morino

Titre : My Dear Neighbor

Auteur : Megumi Morino

Editeur vf : Akata (Oneshot)

Année de parution vf : 2020

Nombre de pages vf  : 172

Histoire : Lorsqu’elle était petite, Momo a été sauvée in extremis par le jeune Yuki, son voisin : alors qu’elle tombait du balcon de son appartement, le lycéen l’a rattrapée et a amorti sa chute. Dix ans plus tard, Momo est devenue lycéenne à son tour… C’est alors qu’elle recroise la route de son ancien sauveur ! Très vite, elle comprend qu’elle a des sentiments pour lui… Mais ce dernier les acceptera-t-il ?

Mon avis :

Megumi Morino est une de ces autrices que les éditions Akata ont découvert et surtout décidé de suivre. Ils nous l’avaient présentée avec le très bon Good Morning Little Briar Rose qui m’avait surprise et fait fondre. Conforté par son succès, ils ont décidé de continuer l’aventure en proposant sa toute première oeuvre a été publiée en format relié, le oneshot : My dear neighbor, que l’autrice avait justement remanié il y a peu au Japon.

On le sait, le format court n’est pas toujours simple à gérer, on pouvait donc craindre de tomber ici sur une oeuvre de jeunesse inaboutie et peut-être un peu frustrante, mais ce ne fut pas du tout le cas. Je ne sais pas si c’est grâce au remaniement de l’oeuvre ou si c’était déjà le cas avant – je penche pour la 2e proposition – mais j’ai trouvé celui-ci très réussi, bien pensé et bien construit, ce qui fut une excellente surprise.

Sur des bases de shojo forts classiques et un brin casse-gueule, l’autrice met en scène des retrouvailles très touchantes entre une adolescente et son voisin de quand elle était petite devenu adulte. Et alors qu’on aurait pu voir se dessiner une banale romance entre deux personnages ayant un écart d’âge important, on se retrouve avec quelque chose de bien plus subtile et profond.

Quand elle était petite, Momo, qui habitait dans l’appartement voisin, a été sauvée par Yuki, le garçon d’à côté, un lycéen à problèmes. Des années plus tard, alors qu’elle entre au lycée, elle décide de réemménager dans cet appartement pour l’avoir à nouveau comme voisin puisqu’il n’en a pas bouger. Depuis, il est devenu plus stable et adulte. On se demande donc comment vont se passer ces retrouvailles et ce que cela va déclencher chez eux.

Je le confesse quand j’ai commencé cette lecture, j’appréhendais l’idée de départ. J’avais vraiment peur de tomber sur une romance telle que je n’aime pas entre deux personnages au fort écart d’âge, mais j’ai eu envie de faire confiance à l’autrice et très vite, j’ai compris que j’avais eu raison. En effet, le coeur de l’histoire ce ne sont pas les possibles sentiments amoureux des personnages mais la relation de confiance qu’ils ont su bâtir.

Les deux héros sont deux enfants qui ont été chacun maltraités à leur façon par leurs parents et l’autrice le traite avec beaucoup de finesse et de subtilité, expliquant bien la difficulté de juger tout cela et le tout sans dédouaner personne, ce qui n’est pas simple. Momo vient d’une famille qui exerce une forte pression scolaire sur elle depuis toute petite. Elle se sent obligée d’avoir des bonnes notes quitte à se rendre malade et a du mal à s’affirmer tant elle veut faire plaisir. Elle en développe une peur panique de sa mère. Yuki, lui, a d’abord été abandonné par sa mère, puis par son père avec qui il avait une relation très compliquée qui pouvait même être violente parfois.

Mais ces deux enfants cabossés par la vie ont su trouver une oreille et une épaule compatissantes dans leur voisin(e) de balcon. La mangaka met en scène celle-ci de manière extrêmement touchante, dépassant le cadre de la moindre étiquette qu’on voudrait y coller dessus et c’est vraiment ce qui m’a plu. J’ai beaucoup aimé le fait que Momo, malgré son jeune âge, puisse être un soutien pour Yuki et qu’il le reconnaisse. J’ai eu plus de mal dans le sens inverse à cause de l’idolâtrie de la jeune fille qui allait parfois trop loin. Mais le talent de l’autrice est de nous expliquer au fil de l’histoire l’origine de tout ça et on comprend alors beaucoup mieux les sentiments de chacun et ce n’est alors plus aussi dérangeant, du moins pour moi. J’ai vraiment eu un gros coup de coeur pour leur relation.

Le seul bémol que j’y mettrais, c’est clairement le choix final, qui s’il peut paraitre logique à certains, voire être souhaité par des lecteurs, m’a un peu gênée, tant il va, pour moi, à l’encontre de tout ce qui avait été mis en place avant. J’aurais aimé qu’on reste sur cette liberté de ton qu’on avait eu tout au long de l’histoire et cette absence de moule dans lequel se fondre.

Cependant, j’ai vraiment été séduite par le thèmes abordés ici, que ce soit la façon de gérer des retrouvailles, le vécu d’une relation entre deux personnes avec une grande différence d’âge, les différentes formes de maltraitance ou carence éducative que peuvent vivre les enfants dans leur famille, leurs rapports à leurs parents, la pression scolaire, etc. C’est très riche et ça sonne juste. On sent déjà poindre chez l’autrice ce qui fera la force de son futur univers : la bienveillance, le brisage des codes et des normes, l’importance de la communication.

De plus, alors que ce n’est qu’une première oeuvre reliée, j’ai trouvé l’aspect graphique parfait. Je n’ai rien trouvé à redire dans le trait de l’autrice, la variété des expressions des personnages, ni les quelques décors présents. Les cases font tout sauf vides et alors que parfois, chez certains, ça peut être un peu raide/rigide au début, ce n’est pas du tout le cas ici. On ne m’aurait pas dit que c’était une oeuvre de jeunesse, je ne l’aurais jamais deviné. Alors est-ce qu’elle a retravaillé ses planches pour la réédition ? Je ne sais pas mais moi j’aime vraiment beaucoup ces très grands yeux hyper expressifs chez les plus jeunes et les regards d’assassins chez certains plus âgés. La composition est classique mais parfaitement réussie, pleine d’allant et alliant aussi bien humour que sérieux. Une belle surprise encore !

My Dear Neighbor est donc un très bel exemple de oneshot à sortir. Sur fond d’intrigue qu’on pourrait croire classique, on découvre une oeuvre bien plus profonde avec des sujets forts traités de manière subtile sans pour autant rien enlever à la force du message qu’il y a derrière. Tout est réussi ici, du traitement des personnages, aux dessins, en passant par le sujet. Seul le choix final me dérange un peu parce que ça a plus l’air de répondre à une attente des lecteurs qu’à un véritable désir de l’autrice.

Ma note : 15 / 20

© 2019 Megumi Morino / ©2020 Editions Akata

14 commentaires sur “My Dear Neighbor de Megumi Morino

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s