Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Swimming Ace de Hajime Inoryuu et Renji Hoshi

Titre : Swimming Ace

Auteurs : Hajime Inoryuu et Renji Hoshi

Editeur vf : Pika (shonen)

Année de parution vf : 2020-2021

Nombre de tomes vf  : 3 / 5 (en cours)

Histoire : En primaire, Eiichirô Mizuno était un véritable prodige de la natation : il battait tous les records grâce à sa croissance précoce ! Mais au collège, ses camarades nageurs de natation ont fini par le dépasser et face aux limites que lui a imposé sa taille, il a fait le choix d’abandonner la discipline.
Quelques années plus tard, alors qu’il fréquente le lycée Oohama situé en bord de mer, deux personnes vont le faire revenir sur sa décision.
Kôyô, un jeune nageur qui a toujours voulu se mesurer à lui et Haru, la fille qu’il aime depuis l’enfance, vont donner l’envie à Eiichirô de redevenir le champion qu’il a été !

Mon avis :

Tome 1

Alors que je ne suis pas sportive pour un sous, je suis par contre une grande adepte des mangas sportifs depuis toujours, peut-être grâce à la diffusion de titres comme Olive et Tom, Jeanne et Serge, ou les Attaquantes à la télé quand j’étais gamine. Alors forcément quand un nouveau titre dans cette veine sort, ça m’intéresse !

Swimming Ace d’Hajime Inoryuu et Renji Hoshi a en plus pour lui la promesse d’un format court qui me change de ce que je connais, car bien souvent les mangas sportifs sont des titres à rallonge et j’hésite quand même un peu dans ces cas-là. Mais ici avec 5 tomes d’annoncés je sais dans quoi je m’engage. Le titre est également parfaitement explicite, nous savons que ce sera l’histoire d’un as de la natation, mais les auteurs ont fait le choix judicieux de parler d’un ancien prodige qui est passé de la lumière à l’ombre et ça change tout.

HS : Petite anecdote, le scénariste Hajime Inoryuu est également celui de The Killer inside où il m’a bien surpris également par la tournure prise dans le deuxième tome.

Alors qu’en voyant la couverture, je pensais peut-être tomber sur une histoire légère, pleine d’entrain, mais peut-être superficielle, en découvrant l’intrigue au fil des pages, j’ai réalisé que celle-ci était plus profonde qu’annoncée. Dans ce shonen, qui comme beaucoup d’entre eux se déroule au lycée, nous suivons Eiichirô, ancien prodige de la natation, qui a abandonné ce sport dans lequel il n’arrivait plus à s’accomplir. Très jeune, il avait battu tous les records mais sans jamais parvenir à reproduire cet exploit, ce qui a gâché ce sport à ses yeux. Lui, qui y prenait tant de plaisir avant, ne faisait que passer son temps à courir ou plutôt nager après sa propre ombre. Il a donc abandonné au fil des ans. Nous le retrouvons des années plus tard, devenu lycéen et confronté à un jeune passionné de natation, qui tente de le défier car c’était son idole autrefois.

Un schéma classique mais très bien mis en scène. Les personnages sont crédibles. Ce sont de vrais adolescents avec des problèmes d’ados : filles, cours, famille. Leur passion pour la natation n’est pas feinte et elle n’est pas exagérée non plus. On sent juste des gamins vraiment investis qui veulent faire progresser leur club et enrichir leur culture sportive grâce à une saine émulation. Et c’est justement parce que c’est crédible et sans trop de surenchère que ça m’a plu. J’ai ressenti leur passion, leur amour même pour ce sport ainsi que l’amitié qui se nouait entre eux. J’ai aussi trouvé intéressant de parler du destin parfois pas rose des tous jeunes athlètes qu’on porte peut-être aux nues trop tôt avec les risques que ça occasionne.

Par contre, l’ambiance légère que je craignais est belle est bien présente lors de certaines situations et avec certains personnages qui m’ont moins convaincue. Je ne suis pas fan d’Ayukawa, l’amie d’enfance du rival autoproclamé d’Eiichiro. J’ai aussi un peu de mal avec Kôyô pris seul, il en fait des caisses et son background de gosse de riche me semble inutile. Certains gimmicks propres aux parutions shonens m’ont plusieurs fois fait lever les yeux au ciel tant je les trouve inutiles ici et plaquées comme ça, comme par obligation, je pense aux nombreuses vues de culottes et autres sous-vêtements féminins. On est loin du ecchi mais on est également loin du naturel plein d’humour d’Adachi, qui est un peu le maître en la matière, lui l’adepte de shonens sportifs se déroulant au lycée où les hormones travaillent beaucoup. C’est donc avec maladresse parfois que le décor lycéen est utilisé.

Cependant, l’ensemble du titre est vraiment sympa à lire, grâce à une narration simple mais efficace qui nous permet d’accompagner le héros dans ses questionnements et sa transformation le ramenant à sa passion première. L’idée de créer un groupe d’amis, passionnés eux aussi par la natation, autour de lui, est bonne. Cela crée une bonne dynamique et une bonne ambiance.

Graphiquement, on est par contre sur quelque chose de totalement générique qui ne brille pas par son originalité. C’est un trait assez vu et revu, qui ne s’anime vraiment que quand les personnages pratiquent un sport : natation ou athlétisme. Le reste du temps, c’est assez plat même si rien ne dépasse. On ressent bien le malaise du héros cependant.

Swimming Ace fut donc une agréable surprise. Même si j’aime les shonens sportifs, je n’attendais rien de ce titre car la couverture me faisait croire que ce serait trop léger. Or, j’ai été surprise par l’angle scénaristique choisi qui est plus profond que ce à quoi je m’attendais et me fait croire que ce sera vraiment prometteur. Ce premier tome n’est qu’une amorce, mais une belle amorce et je lirai la suite avec plaisir.

Tome 2

Avec un deuxième tome tout aussi chouette, Hajime Inoryuu et Renji Hoshi continuent à me séduire avec leur shonen sportif sur fond de natation.

Ce nouvel opus offre un très bon mélange entre compétition et tranche de vie au lycée. Les auteurs ont trouvé le bon équilibre entre les deux, ce qui satisfait aussi bien la fan de sport que je suis que la fleur bleue, et en faisant cela en plus ils développent à merveille l’ensemble du quatuor touche par touche. Classique mais très efficace.

Les débuts de ce tome sont vifs et incisifs grâce à la compétition interlycée à laquelle participe la fine équipe. Cette course de relais est un excellent passage où l’on assiste à la révélation des deux garçons de l’équipe. J’ai beaucoup aimé ce moment. Il y a à la fois de la rivalité avec la grosse équipe du coin et du challenge personnel, notamment pour Kôyô qui découvre son corps et Eichiro qui découvre une nouvelle façon de nager. C’est palpitant. La mise en scène est top d’ailleurs, faisant très bien sentir les enjeux et les conséquences des révélations sur chacun. Cela augure du très bon pour la suite. On sent qu’on est sur un nouveau départ pour chacun d’eux.

Nouveau départ pour le club également avec une Haru qui se cherche, elle aussi, tout comme les garçons, mais sur un autre terrain. Cela me plaît que les auteurs ne se focalisent pas uniquement là-dessus. En effet, ils n’oublient pas de parler de ce que c’est d’être lycéens. A cet âge-là, on se cherche, on pense également à l’autre sexe, on ressent de la jalousie, on se cherche des amis, etc. Ici, c’est raconté de manière très douce et c’est parfaitement intégré au reste de l’histoire sans que cela fasse tâche parce que les deux s’équilibrent et se renvoient bien la balle.

Ainsi les deux mangakas ont su trouver une recette qui, pour ma part, me plaît bien : entre humour et sérieux ils nous font le portrait d’adolescents sportifs qui se cherchent encore. C’est classique mais touchant et honnête, surtout, ce qui fait de ce titre un récit plus profond que ses couvertures légères le laissent paraître. J’aime.

Tome 3

L’aventure sportive et humaine de nos amis se poursuivit dans ce tome qui envoie encore du lourd malgré le départ d’Haru qui a quitté l’équipe de natation. Entre recherche d’une nouvelle nage, émois adolescents et participation à un nouveau tournoi, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer.

On commence avec Eiichirô et Ruka partis à la mer pour aider ce dernier dans ses recherches. Au lieu d’un entraînement magistral ou d’un gros déclic, c’est plutôt un moment philosophique où il prend conscience que la vie a encore bien des choses à lui apporter et qu’il ne doit pas se cantonner à la vision ultra compétitrice qu’on lui avait proposée jusqu’à présent. J’aime beaucoup le discours sous-jacent de l’auteur qui glisse ainsi quelques piques contre cette industrie qui veut à tout prix (et c’est le cas de le dire) produire des athlète de haut niveau.

De retour au lycée, on part direct sur une nouvelle compétition : le tournoi département avec un relais 4 x 100 mètres 4 nages. L’occasion pour nous de faire connaissance un peu avec les autres membres du club qui avaient été oubliés jusqu’à présent. Même si on stagne et qu’on ne voit pas vraiment le héros et son éternel rival évoluer comme on était en droit de l’attendre après le tome 2, c’est très sympathique de découvrir plus le capitaine du club ainsi que Minato, un excellent nageur de dos crawlé. Ils ont chacun des personnalités différentes, à l’opposé l’un de l’autre, et offre une vision encore différente de ce sport : l’un ayant beaucoup trouvé et étant intransigeant aussi bien avec lui qu’avec les autres ; et l’autre étant un passionné mais dont les talents ne sont pas à la hauteur de sa passion ce qui peut le décourager. La préparation puis le tournoi proposent une belle dynamique de groupe et de belles pages de compétition et de camaraderie au lecteur, ce que j’ai vraiment apprécié.

Mais le mangaka ne se contente pas que de la natation, il nous offre aussi une belle épopée humaine. Ayant quitté le club, on pourrait croire qu’Haru serait évacuée de l’histoire mais elle reste bel et bien présente. Elle revient cette fois pour un bien triste événement : la mort de la grand-mère qu’elle chérissait. Cependant, cela lui offre une bien belle évolution puisqu’elle se découvre une passion commune avec celle-ci : la photo, et l’auteur met très bien en scène ce joli passage de relais qui permet à la jeune fille de se trouver. J’ai beaucoup aimé, surtout que ça permet de conserver un personnage que d’autres auraient peut-être évacué de la scène. Mais le mangaka aime bien développer également ses personnages en dehors de la piscine, comme le montre la place importante que conservent les émois adolescents dans cette histoire. C’est toujours plaisant de suivre leurs amourettes, en particulier celle d’Eiichirô. On ne tombe pas du tout dans le cliché des romances des shonens sportifs habituels. Ici c’est beaucoup plus juste et sincère. J’espère juste qu’on restera sur cette ligne jusqu’au bout.

Swimming Ace continue encore et toujours de confirmer toutes les qualités que je voyais en lui dès le premier tome. Même si nous sommes ici dans une transition après les révélations de la dernière fois et les promesses d’un futur encore plus vif, la lecture n’en est pas moins riche et prenante. Tout est maîtrisé dans et hors de la piscine, ce que j’apprécie vraiment. C’est un très beau choix de titre de Pika pour son label sport.

(Merci à Sanctuary et Pika pour ces lectures)

Ma note : 15 / 20

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© 2015 Hajime Inoryu Renji Hoshi / © 2020 Pika Editions

6 commentaires sur “Swimming Ace de Hajime Inoryuu et Renji Hoshi

    1. Je ne me rappelle plus non plus vu que ça date un peu (j’ai mis du temps à le recevoir ^^!)
      Je ne suis pas surprise, tu es fan de shonen sportif toi aussi il me semble.
      A voir effectivement pour la longueur, c’est rare ce type de titre en seulement 5 tomes.

      J'aime

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