Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Le Promeneur de Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Titre : Le Promeneur

Auteurs : Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Editeur vf :  Casterman (univers d’auteur)

Année de parution vf : 2008

Nombre de pages : 87

Histoire : A la faveur des petits événements ordinaires de sa vie professionnelle et personnelle, un quadragénaire se laisse aller à des escapades impromptues au hasard des chemins de traverse qu’offre la grande ville. Cette pulsion vagabonde prend bientôt des allures de cheminement sentimental, ponctué d’images surgies de la jeunesse du promeneur.

Mon avis :

Jiro Taniguchi est l’un de ces auteurs ultra prolifique à la bibliographie très variée chez lequel j’aime picorer de temps en temps. Ayant déjà lu une grande partie de ses oeuvres majeures, je me retrouve à découvrir maintenant des titres plus discrets, qui ont moins fait parler d’eux, comme Le promeneur qu’il a co-signé avec Masayuki Kusumi.

Un peu comme dans Le gourmet solitaire, où il avait également collaborée avec Masayuki Kusumi (ce que je découvre en écrivant ces mots), l’auteur décide de nous faire voyager dans les rues et ruelles de la ville de son héros, le temps de huit promenades qui sont autant d’histoires indépendantes.

J’aime assez ce concept. Cela offre une lecture très apaisante où le lecteur suit un héros qui aime flâner et se rappeler ainsi des souvenirs de son enfance, des souvenirs de ses années d’étudiants, ou encore du Japon d’autrefois. Avec de petites anecdotes qui n’ont l’air de rien, le mangaka retranscrit toute une période. Il ravive en nous la flamme des souvenirs d’autrefois et la passion qu’on peut avoir pour l’ancien. Pour autant, ce n’est pas un message contre la modernité, juste peut-être contre l’urbanisme galopant et non raisonné.

L’auteur fait surtout l’éloge de la marche, la promenade, la flânerie, comme moyen de se déplacer d’abord, pour montrer qu’il y a des alternatives aux transports en commun quand on a le temps, mais également comme moyen de réfléchir, philosopher ou se vider la tête. La marche se présente alors comme une forme de thérapie douce et j’aime beaucoup cette philosophie que j’aimerais bien appliquer à mon quotidien, même si moi je n’ai pas près de chez moi de lieux aussi charmants que ceux du héros.

Car en effet, Taniguchi, magnifie la ville et ses endroits cachés. En suivant les pérégrinations de son héros, nous découvrons de jolies petites ruelles, des allées cachées, des vues inconnues et charmantes, mais également des vieux bouibouis ou des échoppes plus anciennes et traditionnelles. Tout est vraiment propice à l’émerveillement alors que ce sont juste des endroits de notre quotidien, mais à travers le regard du mangaka ils prennent une toute autre dimension. C’est beau et apaisant à la fois.

Le revers de ce genre de titre, c’est que le héros n’a pas vraiment de personnalité et qu’il n’y a pas de tension narrative. On sait juste qu’il est en couple, qu’il bosse dans une petite entreprise dans un job alimentaire, qu’il a fait de la musique autrefois et qu’on lui a volé récemment son vélo, ce qui l’oblige à se mettre à la marche. Pas de fil rouge non plus entre les histoires, on passe d’un quartier à l’autre, d’un lieu à l’autre le temps d’un chapitre portant toujours le titre de l’élément emblématique de l’histoire qui va suivre, élément souvent anecdotique mais qui apporte quand même une forme de morale à l’histoire.

Stylistiquement si vous avez déjà lu du Taniguchi, vous ne serez pas dépaysé ici. On retrouve sa patte si emblématique que ce soit dans le rythme lent et posé ou dans les dessins clairs et réalistes. Rien que de très classique pour lui mais ça fonctionne à chaque coup sur moi. Je me sens calme et apaisée en le lisant et j’admire à chaque fois les décors et les paysages qu’il met en scène avec beaucoup de vie.

Au final, les histoires de ce Promeneur ne sont pas des histoires que je garderai précisément en mémoire je pense, mais l’ambiance, elle, je m’en rappellerai et j’aurais probablement envie de m’y replonger de temps en temps, pour m’évader ou me détendre. C’est déjà une bien belle réussite.

Ma note : 15 / 20

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© Casterman 2008

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