Livres - Mangas / Manhwa / Manhua

Switch me on de Kujira

Titre : Switch me on

Auteur : Kujira

Éditeur vf : Akata (Large)

Années de parution vf : 2020-2022

Nombre de tomes vf : 8 (série terminée)

Histoire : Koyori est de nouveau célibataire ! Larguée par son copain qui la trompait avec une autre, elle cherche à noyer son désarroi dans l’alcool. Le lendemain, au réveille, elle réalise qu’elle a couché avec Hijiri, son ami d’enfance. C’est avec ce timing improbable que ce dernier, profitant de l’occasion, lui avoue qu’il l’aime depuis longtemps. Et s’il était temps, pour eux, de se mettre en couple ?

Mon avis :

Tome 1

J’ai toujours fait confiance à Akata pour le choix de ses shojos, c’est donc confiante que je suis partie pour découvrir Switch me on, malgré je l’avoue une couverture que je trouvais un peu kitch et fleur bleue. Quelle surprise de découvrir en le lisant un titre mature où l’autrice a parfaitement cernée la découverte de l’amour à l’âge adulte.

Avec 3 tomes à ce jour au Japon, ce titre a chez nous un parcours atypique (qui ne le sera peut-être plus dans quelques années), puisqu’il a bénéficié d’une prépublication en numérique avant d’arriver en tome relié dans les librairies. Pour les fans du format, cela permet de découvrir des histoires de manière plus rapprochée par rapport à leur parution et je trouve ça très chouette. Pour moi, qui n’en suis pas adepte, c’est une grosse de frustration, mais pour récompenser les lecteurs comme moi qui ont attendu, ce fut un vrai plaisir de découvrir de belles pages couleurs à l’ouverture du tome.

Kujira est une autrice que j’avais beaucoup aimé découvrir dans son précédent titre : Entre deux, qui mettait en scène deux amis d’enfance à un moment charnière de l’adolescence. J’avais été séduite par sa façon de les croquer et de saisir leurs émotions si complexes, puisque chacun avait maille à partir avec son genre de naissance ainsi qu’avec sa famille. Rebelote ici, la mangaka nous reparle de deux amis d’enfance mais cette fois à l’âge adulte et c’est tout aussi réussi.

Mes débuts avec ce titre furent pourtant un peu hésitants. Je dois dire qu’il fallait oser ouvrir avec une scène de lit bien explicite comme elle le fait. Mais en même temps, cette rencontre d’un soir est à l’origine de tout et marque clairement les esprits. L’héroïne, Koyori, vient de se faire larguer par son copain avec qui elle était depuis plus de deux ans. Elle va boire avec son meilleur ami pour oublier ça, mais une chose en entraînant une autre, elle finit par coucher avec lui alors qu’elle est bourrée. Le lendemain au réveil quand elle réalise, elle est particulièrement mal à l’aise, surtout qu’elle se rappelle une certaine déclaration qu’il lui a fait. Alors au lieu de pleurer sur son ex qui la trompait, elle n’arrête pas de penser à Hijiri, car ce qui vient de se passer la perturbe grandement.

C’est avec ce début un peu bancal à mon goût que commence une très belle histoire, celle de deux amis d’enfance qui s’aiment depuis toujours mais ce sont, à la fois, toujours ratés et n’ont jamais osé mettre leur amitié en péril pour une romance. Et l’autrice en parle avec un ton mature et réaliste qui m’a beaucoup plu. Elle arrive à mettre en scène à la fois le côté adulte et le côté immature, naïf et fleur bleue des héros, faisant bien sentir qu’on a beau être majeur, on n’en reste pas moins des enfants parfois face à l’amour quand il nous tombe dessus. Ça m’a beaucoup parlé.

Ainsi, j’ai vraiment beaucoup apprécié les deux personnages et la dynamique qu’il y a entre eux. L’autrice n’hésite pas à les montrer dans leur quotidien le plus simple et banal, entre ennui au bureau et discussions avec les collègues, petites soirées à la maison, premier rendez-vous classique, etc. Elle illustre à merveille ce que ça peut être d’être ami à cet âge-là, avec ses moments sans se voir parce qu’on est trop pris, ce naturel qui fait qu’on baisse les barrières face à l’autre pour être ultra nature, etc. J’ai beaucoup aimé que malgré la tournure romantique que ça prend, on les voie toujours se comporter comme les amis qu’ils sont depuis toujours. Koyori est une jeune femme qui vivote un peu, qui a du mal à gérer ses émotions et qui est encore très jeune au final. Elle m’a touchée dans sa panique des débuts, puis dans ses tâtonnements maladroits ensuite. J’ai beaucoup aimé la franchise et l’honnêteté dHijiri, un garçon qui a attendu bien longtemps pour saisir sa chance et a bien l’intention d’en profiter. Il a ce côté rassurant qui me plaît, tout en étant calme et tranquille, malgré son coeur qui doit battre la chamade. Il est trop mignon.

Les dessins sont peut-être la petite faille ici. Je ne saurais dire pourquoi mais je ne suis pas fan du trait de l’autrice dans ce titre. Le dessin des corps et des visages ne me plaît pas. Ça rougit un peu trop à tout va. C’est personnel mais je n’aime pas cette frange trop longue chez Hijiri qui cache son regard. Cependant, je reconnais que l’autrice fait passer énormément d’émotions, que c’est tout doux et adorable. La mise en page est dynamique mais il n’y a rien pour le faire sortir du lot.

Alors que vu le résumé et surtout la couverture, je n’attendais pas grand-chose du titre, Akata a réussi à me surprendre une nouvelle fois. Switch me on est vraiment un titre parfait pour les adultes, mettant en scène une première romance entre deux jeunes actifs qui se connaissent depuis longtemps. Le ton est juste, les personnages sont touchants et le thème de la transition d’une relation purement amicale à une relation de couple sonne vraiment juste. Je suis sous le charme.

Tome 2

Après un premier tome déjà fort réussi pour mettre en scène des amis de longue date qui se mettent en couple de manière maladroite, la suite est tout aussi pertinente !

J’ai été agréablement surprise de continuer à suivre le quotidien de nos héros et de voir comment à chaque fois ils sont parvenus à esquiver les embuches positionnées devant eux et qui auraient pu les faire déraper. A chaque situation potentiellement dangereuse où la réponse aurait pu faire pencher dans la balance vers le côté négatif, comme c’est trop souvent le cas dans les romances dans les mangas, les héros eux la font pencher dans le positif, en trouvant la bonne réponse, c’est qui est saine et moderne. J’adore !

On les voit ainsi approfondir une relation basée sur la communication. Ils sont bien ensemble. Ils forment un joli couple. Ils ont parfois des hauts et des bas mais se font toujours confiance parce qu’ils osent se dire les choses même celles un peu gênantes, je trouve ça adorable et tellement positif. J’adore Hijiri, c’est le petit ami parfait pour le moment, compréhensif, à l’écoute, enthousiaste. Koyori est présentée comme moins sûre d’elle et peut parfois m’agacer légèrement mais elle a aussi les bonnes réactions au fil des chapitres, ouvrant son coeur et osant confier ses incertitudes.

Ainsi, c’est mignon tout plein de les voir faire leur premier voyage en amoureux, de les voir aller en tant que couple à une réunion d’anciens élèves, de les voir se côtoyer l’un chez l’autre et passer une étape importante. Tout cela est agrémenté de jolis dialogues et de scènes de sexe toujours très belles car portées par de beaux sentiments et une envie commune de faire du bien à l’autre. Il s’en dégage une belle sensualité.

Le seul défaut du titre est malheureusement ce besoin qu’a eu l’autrice de pimenter son récit en faisant intervenir les ex de l’un et de l’autre. Franchement, je trouve ça vu et revu et pas forcément nécessaire ici. Il y avait déjà suffisamment de matière à mon goût sans utiliser le cliché de l’ex mesquine et retorse (pour Hijiri), et celui de l’ex imbu de lui-même qui ne supporte pas que son ancienne copine trouve quelqu’un d’autre (pour Koyori). Ça m’a légèrement saoulée et sortie de l’histoire sur la fin…

N’eut été cette petite erreur de parcours, j’aurais vraiment pu parler d’un beau coup de coeur avec cette série charmante qui met en scène un couple positif avec des valeurs morales saines pour une fois. C’est assez rare dans ce média pour le saluer !

Tome 3

Dans la semaine j’ai lu Love Fragrance, nouveau seinen de la collection Life de Kana que beaucoup de blogueurs saluent comme une romance mature et sensuelle, alors que moi, je la trouve un brin dérangeante. Alors quand j’ai lu ce nouveau tome de Switch me on qui lui n’est que bienveillance, j’ai eu envie de leur dire, le voilà LE titre actuel qui met en scène une vraie romance mature, sensuelle mais saine à 100%.

Pourtant le dernier tournant pris à la fin du tome précédent me faisait craindre le pire. Depuis plusieurs années, je n’aime pas l’utilisation faite des ex- comme ressort scénaristique pour pimenter une histoire, je trouve ça trop facile et les auteurs ont tendance à n’en montrer que le côté négatif, quitte à forcer le trait. Cela partait comme ça et je tremblais d’avance, et pourtant l’autrice a réussi à éviter cet écueil pour au final nous livrer une très belle histoire sur la confiance.

En effet, l’autrice a décidé de concentrer son histoire sur ce tome sur la belle confiance que se portent les deux personnages. Oui, ils ont chacun un passé mais ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas construire leur futur ensemble. C’est une belle leçon qu’ils nous prouvent en surmontant chacun leur jalousie instinctive pour voir au-delà et au contraire plonger dans les racines de leur relation et cimenter encore plus celle-ci. Hyper touchant !

J’ai beaucoup aimé le tournant pris. Kujira nous les montre de plus en plus proches et également de plus en plus à l’aise, comme s’ils avaient enfin réussi la fusion entre amour et amitié. J’adore ! Leur évolution a certes des petits accrocs mais comme dans tous les couples. Cela reste cependant hyper mignon et touchant mais surtout ultra positif avec des personnages qui se parlent, partagent, échangeant et avancent naturellement ensemble sur les chemins de la vie de couple. Ils se confrontent à leur passé et prennent les bonnes décisions quand à leur avenir sans renier leur amitié de toujours mais en en faisant une force.

Il se dégage vraiment quelque chose d’éminemment bienveillant d’eux deux et une douce alchimie comme on en voit rarement. Leur relation est ultra saine et cela s’en ressent dans leur quotidien, leur boulot mais aussi leur vie intime où les scènes de sexe sont très belles.

Kujira exprime de plus en plus dans ce titre ce qu’une saine relation entre deux adultes devrait être. Cela ne va ni trop vite ni trop lentement. Ça ne se veut pas faussement mature et cela conserve la fraicheur de la jeunesse. Mais surtout les personnages sont éminemment humains et c’est pour ça qu’on les aime tant.

Tome 4

Lire Switch me one, c’est à chaque fois plonger dans la douceur bienveillante de ce jeune couple d’adultes en construction. Ce n’est que du bonheur.

Après les retrouvailles, la découverte de leurs sentiments, leurs premiers temps en couple, les ex, place maintenant à la cohabitation et à l’information aux familles. L’autrice négocie un sacré virage dans son histoire et elle le fait avec beaucoup d’efficacité et de simplicité, rendant à nouveau son titre très positif et donc agréable à lire. Tout se fait avec naturel, sans prise de tête, dans la bienveillance, l’ouverture et l’acceptation.

J’ai trouvé la façon dont les héros décident d’emménager ensemble hyper naturelle, presque logique tant tout les a conduits à ça. Il en va de même pour l’information à leurs parents. Chacun connait l’autre depuis toujours, il en va de même pour les familles, ç’aurait pu être un passage inutilement dramatisé, mais l’autrice en fait plutôt un moment drôle et émouvant. C’est l’occasion de revenir sur leur relation d’amis d’enfance, tout ce qu’ils ont partagé ensemble mais aussi avec leurs familles respectives. C’est mignon et plein de tendresse. J’ai adoré la mise en scène immersive du récit à ce moment-là. On plonge gentiment dans leurs sentiments qui viennent se superposer naturellement avec ce qu’ils sont à présent. Big up ! à la figure du père de Koyori, qui m’a vraiment séduite. J’avais peur de retomber sur la sempiternelle figure du père possessif, mais ce n’est pas du tout ça et à l’inverse j’ai beaucoup aimé sa relation passé et présente avec Hijiri.

La seconde partie nous emmène dans les premiers temps de la nouvelle cohabitation de nos tourtereaux. On suit à nouveau avec tendresse leur emménagement, les règles de vie commune qu’ils mettent peu à peu en place, les petites habitudes qu’ils cherchent à prendre mais dans lesquelles ils tâtonnent encore. C’est plein de maladresse et d’amour. L’autrice montre qu’on a beau se connaître depuis toujours, ce n’est pas facile d’arriver à se sentir à l’aise de suite quand on cohabite pour la première fois alors qu’on est dans une relation amoureuse. Autant Hijiri semble être à l’aise, autant c’est plus dur pour Koyori a priori. En plus, leur vie professionnelle ne les aide pas forcément, leur prenant beaucoup de temps. Mais chaque moment partagé est un moment chaleureux et touchant.

Ainsi, les tomes ont beau être fins, le faible nombre de pages ne se fait pas sentir tant la lecture des chaptires est riche et complète. L’autrice continue à aborder tout plein de thèmes propres aux romances entre adultes telles que je les conçois. C’est réaliste et crédible car c’est tendre et maladroit mais toujours bienveillant et plein de passion amoureuse. Je suis sous le charme de leur histoire, même si la dernière évolution pour tenter d’apporter du piquant en dehors de leur petite relation ne me dit rien qui vaille…

Tome 5

Kujira continue à approfondir la belle relation très émouvante de ces deux amis d’enfance formant désormais un jeune couple vivant ensemble. Et la vie à deux, ça n’a rien de simple, ce que l’autrice va nous démontrer ici.

Passant chaque étape avec brio, surmontant les épreuves, Hijiri et Koyori sont désormais concubin et concubine, mais c’est plus compliqué que prévu. L’autrice nous propose ici un tome que j’ai trouvé plus sombre et moins entraînant que les précédents. Les problèmes de couple que les héros vont rencontrer et que la mangaka nous décrit surtout du point de vue restreint de Koyori ont de quoi empoisonner la vie et ce moment de lecture. Je dois avouer que même s’il y a une dose de réalisme certaine dans les situations décrites, j’ai surtout trouvé Koyori particulièrement pénible ici. Elle reproche des choses vraiment stupides à Hijiri, ce qui a eu le don de m’agacer tant j’ai eu l’impression qu’elle en faisait des tonnes pour pas grand-chose. Mais j’imagine que c’est la façon dont l’autrice veut montrer qu’un petit rien peut vite nous empoisonner l’existence et créer des malentendus quand on n’ose pas en parler.

Ainsi, on se retrouve finalement avec une jolie histoire sur l’importance de communiquer dans un couple, de tout se dire, mêmes les choses les plus anodines, pour crever l’abcès et vivre sereinement, sans blesser l’autre et se faire du mal à soi-même. En cela, je trouve le message intéressant et j’aime aussi les réaction d’Hijiri, qui lui est vraiment à l’écoute mais tout en réserve et timidité. Je me retrouve assez en lui.

J’ai aussi eu le sentiment de voir l’autrice évoluer et ne plus se contente d’utiliser le sexe comme moyen d’évolution et de réconciliation rapide à tout va, ce qui était parfois le cas lors des chapitres précédents. Là, il est moins fréquent mais plus significatif et les petites attentions du quotidien viennent à compter tout autant. Ça me plaît.

Avec sa douceur et son honnêteté habituelle, Kujira continue à nous compter avec une certaine justesse le quotidien de ce couple de jeunes adultes qui découvrent ensemble tous les aspects de la vie à deux. Emménager ensemble n’est clairement pas la dernière étape mais juste une nouvelle marche dans l’escalier de leur vie à deux. C’est tendre, touchant, parfois agaçant et horripilant, mais toujours positif et avec une belle morale. Voilà, le genre de romance mature que j’aimerais voir plus mis en avant.

Tome 6

Encore un joli moment doux et sucré aux côtés de ce charmant couple d’amis d’enfance devenus amants. C’est un vrai bonheur à chaque tome de les voir avancer dans leur relation.

Kujira a vraiment une narration réaliste et immersive qui me parle totalement dans cette série. J’adore suivre les tracas du quotidien de nos héros et de leur avancée dans leur relation. C’est totalement crédible et actuel dans la démarche donc ça me parle. Certes, il y a des questions que j’aurais aimé ne pas voir émerger de par mes propres convictions (le mariage) mais cela est amené avec logique sans paraitre fatal et obligatoire comme bien des fois, alors je pardonne.

J’ai ainsi apprécié une fois de plus de trouver un couple solide et plein de bienveillance où chacun est totalement à l’écoute des désirs de l’autre qu’ils soient en résonance avec les siens ou en contradiction. J’ai aimé voir l’équilibre atteint entre les deux avec chacun qui s’ouvre honnêtement, osant confier même ce qu’il aurait gardé secret avant, partageant son jardin secret car il se sent suffisamment à l’aise désormais, c’est beau. Cela s’en ressent jusque dans leur relation charnelle qui est de plus en plus harmonieuse et sensuelle des deux côtés, passion et sentiment s’y mêlent de mieux en mieux. C’est touchant.

J’ai donc trouvé logique que certaines questions émergent, que ce soit le changement des cadeaux qu’ils se font l’un à l’autre pour leur anniversaire ou la Saint-Valentin par rapport à quand ils étaient amis pour vraiment marquer leur changement de statut et de relation, ou l’épineuse question du mariage. En fait, chacun admet être heureux de leur relation actuelle, ils sont déjà heureux du bonheur d’être ensemble, de vivre ensemble, d’échanger ensemble et Koyori dit ne pas avoir besoin de plus. Je partage totalement son avis. Mais Hijiri, lui, qui est peut-être celui qui a le plus été conscient de ses sentiments entre les deux, a besoin de quelque chose de plus solide, sûrement par peur. Alors si ça peut le rassurer, je lui concède cela. Sachant qu’en plus la question est amené avec beaucoup de douceur et de sincérité comme tout ce qui caractérise ce titre.

C’est donc avec plaisir que j’ai aimé suivre les nouvelles aventures du quotidien sentimental d’Hijiri et Koyori, de leur bonheur de vivre ensemble, au plaisir d’un court voyage dans des sources thermales, en passant par la recherche d’un cadeau et la participation à un mariage. La douceur et la bienveillance de leur relation assaisonnée d’une sensualité de plus en plus harmonieuse me séduit totalement. J’adore ses personnages comme j’adorerais des petits frère et soeur que je voudrais soutenir dans leur parcours de vie. Bravo, Kujira !

Tome 7

Même si on sent qu’on approche de la fin, c’est toujours un plaisir de retrouver la belle histoire équilibrée et sensuelle de nos deux amis d’enfance devenus amants. Alors bien sûr, il est temps d’aborder certaines questions sérieuses mais l’autrice le fait toujours avec autant de bienveillance et de doigté, donc même si je ne valide pas tout, je passe un beau moment à leurs côtés.

Invités au mariage de leurs ex-, Hijiri et Koyori commencent à se poser la question du mariage. Pourtant comme le dit celle-ci, pas besoin d’un contrat pour être ensemble, sauf que chacun y voit la belle promesse d’un avenir ensemble. Ainsi entre déclarations archi maladroites et réflexions intenses, ils vont tout de même trouver leur voie et nous offrir un moment plein d’émotion ! Ah, que leur relation a évolué depuis le début, ça fait plaisir à voir ! Ainsi, même si je suis loin d’être une pro-mariage bien au contraire, ici j’ai trouvé beau et logique le développement de leur histoire dans cette direction. C’est un souhait commun, qui trouve notamment des origines charmantes chez Hijiri, alors je valide à 100%.

Pour autant rien n’est réglé et pas mal de questions vont arriver sur le tapis. Il y aura bien sûr dans le prochain tome celui de leurs familles, mais ça c’est un peu un passage obligé au Japon, j’ai l’impression. Surtout, il y a déjà celui de leur avenir professionnel, Hijiri recevant une superbe offre qu’il hésite à accepter. En effet, l’autrice nous montre combien la mobilité professionnelle, qui est devenue une contrainte évidente de notre quotidien désormais, peut être un frein ou du moins un obstacle pour une relation. Mais la réponse puissante et évidente, peut-être un peu trop facile quand même, de Koyori m’a fait chaud au coeur. Elle qui a toujours eu tant de doutes semble n’en avoir plus aucun concernant ses sentiments envers Hijiri et leur relation. C’est ce qu’il faut retenir.

Après cette belle série, qui croque à merveille la vie à deux de deux jeunes adultes actifs, a tout de même quelques défauts. J’ai de plus en plus l’impression d’être tombée dans une version moderne et imagée d’un titre d’Harlequin. L’autrice se sent obligée de les faire coucher ensemble à chaque chapitre dans toutes les positions possibles et imaginables. Je veux bien d’un récit sensuel mais c’est quand même parfois un peu too much et ça donne l’impression que c’est l’élément majeur de leur relation alors que pour moi ce n’en est qu’un parmi tant d’autres. Je ne sais pas, je ne suis pas prude, mais c’est un peu trop présent à mon goût en terme de pagination sur un tome, même quand les deux sont ultra bienveillant, ouvert et dans le plaisir de l’autre.

Ainsi, Kujira continue de nous proposer une belle évolution de son duo d’amis devenus amoureux. Ils passent avec brio chaque étape de leur relation et continuent ainsi de nous toucher par la justesse et le réalisme de celle-ci. J’aime beaucoup ce que l’autrice fait sur cette série et je compte sur elle pour continuer ainsi.

Tome 8 – Fin

Comment rater sa sortie ? Demandez pour cela à Kujira car alors que depuis le début, globalement, elle proposait une histoire assez juste, elle a malheureusement trébuché sur le tapis dans ce dernier tome nous offrant une soupe mélo assez indigeste T.T

Je suis toujours sévère quand j’aime une série, une tonalité, des personnages et que je vois l’auteur prendre une direction trop facile et convenue. C’est malheureusement ce qui est arrivé à Switch me on. J’avais déjà quelques indices depuis plusieurs tomes, mais je m’étais voilée la face, ne voulant retenir que ce que j’aime. Ce fut impossible dans ce dernier tome.

Le premier problème de Kujira avec cette fin, mais c’est valable aussi pas mal dans la série, c’est qu’elle passe plus de temps à mettre en scène les scènes de galipettes de nos héros que la vraie évolution de leur relation. Du coup, on a beaucoup de pages de sexe et peu d’introspection et de dialogues. Pourquoi ? Parce qu’on sent que l’autrice ne maîtrise pas franchement le sujet et est assez maladroite même. La preuve, elle tombe dans un récit totalement artificiel dans ce dernier tome et c’est dommage.

En effet, même si je ne suis pas une adepte de la chose, j’avais accepté que nos héros souhaitent désormais franchir une nouvelle étape et se marier. J’avais accepté aussi que chacun souhaite continuer à s’épanouir dans son travail et qu’ils doivent pour cela vivre une relation à distance à cause de différentes propositions. Le problème, c’est que de tout cela, l’autrice ne tire qu’une chose : une occasion pour faire du mélo. Et là, je dis non !

Plus de la moitié de ce tome a été insupportable à lire à cause de cela. Entre les parties de jambes en l’air de nos héros en rut et leur séparation dues au foirage de leur relation longue distance selon eux, c’était vraiment insupportable pour ne pas dire gênant. J’ai eu l’impression d’une autrice cochant tous les clichés du genre au point de me faire complètement décrocher alors que de base j’adore les deux héros. Mais là, c’est tellement artificiel ! Et leur réconciliation ? C’est aussi du grand n’importe quoi en mode tempo trop rapide et quiproquos résolu en deux coups de cuillère à pot, ça se pose là. Je n’ai vraiment pas aimé.

J’ai en fait été profondément déçue de la superficialité de tout ça. L’autrice a enfilé des perles. Ah tiens, celle des amis d’enfance, puis tiens celle d’une relation non assumée, puis cachée, et si on s’assumait ensuite, qu’on vivait ensemble, qu’on se mariait. Stop stop, il faut du drame, faisons-les se séparer avant de grandes retrouvailles pleines de grands sentiments. Mon dieu, c’est vraiment trop trop gros. Alors, oui je suis grinçante mais c’est à la hauteur de ma déception ! Et je ne parle pas du fait que bien sûr, c’est la femme du couple qui comme par hasard se fiche un peu de son travail finalement et serait prête dans le pire des cas à l’abandonner alors que son chéri adore le sien… Je sais que c’est japonais, mais il faut vraiment arrêter de véhiculer tous ces clichés au XXIe siècle.

Bref, vous l’aurez compris ce dernier tome est la douche froide. Je ne sais pas trop où est passée la sensibilité des échanges des débuts. J’ai eu l’impression d’un condensé de romance à l’eau de rose clichée et surtout d’un condensé des défauts présents depuis le départ. Le spin-off sur Enomoto se fera donc sans moi et j’essaierai plutôt de me rappeler les beaux débuts de cette série aux personnages si attachants que cette fin ratée…

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© 2020 Kujira / © 2020 Editions Akata

20 commentaires sur “Switch me on de Kujira

  1. Sur le sujet de la publication en numérique d’abord, j’ai effectivement le sentiment que c’est de plus en plus fréquent. Pika le fait pour ses titres les plus importants dont L’Attaque des Titans, Glenat le fait un tout petit peu et Akata le fait pas mal je trouve.

    Ca peut-être bien pour toucher un public plus large et se calquer sur le modèle japonais au chapitre. Mais je crois que les éditeurs constatent que le numérique reste vraiment quelque chose dans la marge pour le moment.
    Je pense justement que la simultrad au chapitre est un argument intéressant sur ce point, car sortir les tomes en numérique en même temps qu’en papier présente un intérêt moindre.

    Sinon pour ce qui est du manga, il m’intéresse aussi beaucoup 😄

    Aimé par 1 personne

    1. On se rejoint totalement. Je pense effectivement que nos éditeurs ont choisi la bonne formule avec le simultrad en chapitre, c’est le plus intéressant pour le potentiel lecteur de numérique.

      J’espère que tu auras l’occasion de le lire alors 😉

      J’aime

  2. Je faisais des recherches sur le titre, et je suis retombé sur ton article que j’ai relu depuis le début, et c’est décidé, à mon prochain passage en librairie, je prendrai le premier tome, voire les deux premiers !
    J’espère juste que la série y sera, parce que les mangas plus modestes, c’est pas toujours ça.

    Je me permets une question car je sais que tu ne me jugera pas : j’ai lu le premier chapitre sur le site de l’éditeur, et j’étais ravi qu’il y ait du sexe. J’aimerai donc savoir si c’est une thématique vraiment récurrente et qu’on a droit à des parties de jambes en l’air régulières comme c’est le cas dans la vraie vie au début d’une vie de couple ?
    Parce que comme tu le sais, pour moi c’est important cet aspect ^^’

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton passage.
      Pour te répondre rapidement, oui le sexe est bien présent dans la série avec de fréquentes parties de jambes en l’air pour montrer la vie du couple. C’est d’ailleurs très naturel et décomplexé, ce que j’apprécie.
      J’espère que tu la trouveras car comme tu dis, les libraires n’ont pas tous l’habitude de mettre en avant et de garder ce titre assez discret malheureusement. Pour ma part, je dois souvent le commander T.T

      J’aime

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