Livres - BD / Illustrations

La Bête de Frank Pé et Zidrou

Titre : La Bête

Auteurs : Frank Pé et Zidrou

Éditeur : Dupuis (Grand public)

Année de parution vf : 2020

Nombre de tomes  : 1 (en cours)

Histoire : Capturé en pleine Palombie par des Indiens Chahutas et vendu à des trafiquants d’animaux exotiques, un marsupilami débarque dans les années 50 au port d’Anvers. Réussissant à s’enfuir, il arrive dans la banlieue de Bruxelles et est recueilli par François, un jeune garçon fan d’animaux dont le quotidien est loin d’être facile. Le début d’une aventure passionnante, parfois sombre mais toujours porteuse d’espoir, et d’une belle amitié.

Mon avis :

Tome 1

Je suis depuis toute gamine fascinée par les créatures imaginaires telles que le monstre du Loch Ness, le yéti, les licornes, Pégase ou encore le Marsupilami. J’ai d’ailleurs lu un bel hommage à ce dernier récemment parmi les albums jeunesse proposés par Little Urban (lien). Alors forcément quand j’ai que chez Dupuis, on proposait une relecture plus sombre et mature de ce mythe, j’ai eu très envie de la découvrir. Je remercie Dupuis et NetGalley de l’avoir permis.

Quand j’ai débuté ma lecture, aveugle que je suis, j’ai cru que c’était un volume unique. Quelle surprise j’ai eu de découvrir à la fin que le récit appelait directement une suite. Il faut dire que je n’avais pas été bien maligne sur le coup puisque, discrètement certes, les auteurs l’avaient mentionné sur la couverture à l’intérieur du « A » du titre. Mais j’étais tellement focalisé sur la créature, que je n’avais même pas fait attention. Erreur !

Cette couverture, parlons-en en deux mots, elle est crue et sauvage, donnant de suite le ton du récit. Non, nous ne sommes pas avec une créature comique comme dans la saga originelle signée Peyo. Nous sommes ici avec un texte adulte, âpre et très organique où les dessins soulignent encore mieux cette ambiance. Ceux-ci sont sombres, non pas sombres et plein de noirceur, mais sombres et plein de grisaille, de morosité, ce qui est parfait pour le décor choisit pour cette histoire.

En effet, celle-ci prend place dans la Bruxelles des années 50, une ville pas encore tout à fait remise de la guerre qu’elle a subi quelques années plus tôt et qui doit encore panser ses plaies. En dehors de la bête, le vrai héros est un petit garçon, François, fils d’une Belge et d’un Allemand, qui souffre énormément de ces origines. Les autres enfants n’hésitent pas à le harceler, tout comme leurs parents le font avec sa mère. La haine des « amis » des Boches est encore extrêmement vive et rappelle, pour nous Français, ces heures sombres où chez nous aussi on leur a donné la chasse. C’est assez terrible.

Mais François est un petit garçon lumineux, plein d’entrain et surtout de compassion. C’est un véritable Noé, qui donne asile à tous les animaux abîmés et estropiés qu’il trouve, pour compenser peut-être ce manque d’amour qu’il ressent de ses camarades. Alors quand après une ultime et terrible brimade, particulièrement marquante, qui m’a mis la boule au ventre, il fait la rencontre de notre Marsu qui a lui-même échappé à la pire des situations, ces deux âmes désolées se trouvent et ça fait clic.

J’ai beaucoup aimé l’histoire triste mais réaliste de François et sa mère. C’est raconté avec une certaine pointe de drame mais aussi beaucoup de retenue. D’ailleurs les deux auteurs ont une plume vraiment belle. Ils savent manier le verbe. Ils savent jurer. Ils savent mettre en scène le drame, mais aussi l’amour et la joue. Ils ont vraiment une belle palette très variée qui s’adapte bien à la richesse de ce récit. J’en profite d’ailleurs pour dire que je n’ai pas été sans trouver des similitudes avec le trait de Loisel dans son fameux Peter Pan.

L’histoire de François, de sa mère courage et de ce Marsu qu’il sauve pour l’accueillir dans sa vaste ménagerie fut dont très émouvante. La narration portée à bout de bras par les auteurs est souvent pleine d’émotion. Le décor choisit accentue cela avec ce petit coin de Bruxelles où ils évoluent, qui ressemble à un petit village où tout le monde se connait et cancane. L’école où se rend François a des faux airs du pensionnat des Choristes, et le professeur qui lui vient en aide rappelle le surveillant Clément Mathieu interprété par Gérard Jugnot. Il apporte la pointe d’humour, de légèreté et de lumière nécessaire pour ne pas sombrer, car l’aventure de ce pauvre François et de son Marsu n’est pas des plus optimistes pour le moment.

Pour ma part, j’ai vraiment beaucoup aimé cette relecture du mythe. J’en ai aimé la maturité du ton. J’ai aimé le choix fait de re-rendre au Marsupilami toute sa bestialité. Cela a donné au titre un côté très organique que j’ai trouvé saisissant. Ceci associé au décor difficile de l’après-guerre a donné un ton vraiment marquant à cette lecture. On ne peut pas rester insensible face à une telle histoire et un tel objet.

(Merci à Dupuis et NetGalley pour cette lecture.)

Ma note : 16 / 20

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© Dupuis 2020

9 commentaires sur “La Bête de Frank Pé et Zidrou

  1. « Quand j’ai débuté ma lecture, aveugle que je suis, j’ai cru que c’était un volume unique. Quelle surprise j’ai eu de découvrir à la fin que le récit appelait directement une suite. »
    Moi aussi, ce n(‘est pas mis très explicitement
    « on proposait une relecture plus sombre et mature de ce mythe, j’ai eu très envie de la découvrir. Je remercie Dupuis et NetGalley de l’avoir permi » +1 là aussi pareil

    Aimé par 1 personne

  2. « Pour ma part, j’ai vraiment beaucoup aimé cette relecture du mythe. J’en ai aimé la maturité du ton. J’ai aimé le choix fait de re-rendre au Marsupilami toute sa bestialité. Cela a donné au titre un côté très organique que j’ai trouvé saisissant. Ceci associé au décor difficile de l’après-guerre a donné un ton vraiment marquant à cette lecture. On ne peut pas rester insensible face à une telle histoire et un tel objet. » +1
    Pareil ^^

    Aimé par 1 personne

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